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Un muscle car au mazout
Dans un marché européen des routières où les trois berlines allemandes (AUDI A6, BMW Série 5 et MERCEDES Classe E) se partage plus de 70% des ventes, il est difficile de s’y faire une place. Bien des constructeurs automobiles s’y sont les casser les dents toutefois, dans cette catégorie, les modèles disponibles avec une carrosserie break, ne sont pas légion et également grâce à la présence d’une motorisation diesel, le CHRYSLER 300C Touring espère ne pas y faire uniquement de la figuration.
Une base solide
Autant la précédente CHRYSLER 300M avait une ligne sans âme et insipide, autant la 300C nouvelle mouture est une digne représente des "Muscle Car" américains des années 70.Avec une longueur de plus de cinq mètres, le vaisseau amiral de la flotte CHRYSLER ne joue pas dans la cour des routières de petite taille, surtout dans la version Touring essayée ici. Sa longueur, digne d’une limousine, impose le respect. S’extirper des rues étriquées n’est pas de tout repos, mais dès que l’on quitte les ruelles pour profiter des routes de campagne, tout cela change. Le couple du V6 trois litres d’origine MERCEDES permet à la 300C de bondir d’un virage à l’autre. Malgré une boîte automatique à cinq rapports, les accélérations de ce vaisseau de près de deux tonnes sont franches. Cependant, cette boîte automatique n’est pas d’une première jeunesse et laisse ressentir de légers à-coups à chaque rétrogradage. Le terrain de prédilection d’un tel véhicule est sans conteste l’autoroute où le "cruising" est de rigueur. En effet, à 130 km/h, les bruits aérodynamiques sont bien maitrisés, malgré une face avant relativement droite et des pneus larges aux flancs très bas. Cette 300C est loin des américaines "empruntées". Elle partage l’ensemble de ses dessous avec la Classe E. Comme base, il y a pire ! Du coup, cette propulsion bon teint profite d'un comportement équilibré et efficace.
Une vraie personnalité
La 300C, c’est d’abord une ligne et une gueule d’enfer. Difficile toutefois de la confondre avec une européenne à la ligne aseptisée. Vue de face, les badauds la confondent avec une ROLLS ROYCE avec sa calandre chromée taille XXL. De profil, c’est tout autre chose. On est plutôt dans le royaume du tape-à-l’œil : jantes en aluminium polies de 20 pouces spécifiques à cette version SRT Design, surface vitrée réduite telles des meurtrières et ailes proéminentes. La ligne ne laisse pas insensible.
Welcome à bord…
Si l’aspect extérieur assure à la ligne une impression de robustesse avec une ceinture de caisse très haute et des portières à l’aspect massif, l’intérieur lui se veut plus conventionnel. Certes, CHRYSLER a fait de gros progrès depuis le PT Cruiser, mais on aurait imaginé un peu plus de noblesse dans le choix des matériaux. Le plastique y est présent, en abondance sur la planche de bord venant gâcher l’esprit haut de gamme. Dans cette édition limitée SRT Design, le cuir suédé de la sellerie ainsi que les inserts type graphite sur la planche de bord et de la console centrale viennent égayer cet intérieur. Le pack technologique, disponible de série sur cette version, comprend un système de navigation GPS avec écran de 14,7 centimètres, un changeur 6 CD compatible MP3 ainsi qu'un système audio Boston Acoustics avec caisson de basse et ampli de 368 W de haute qualité. L'écran peut également afficher des caméras de stationnement pour compenser la visibilité arrière assez réduite.
Les sièges avant tout comme la banquette arrière sont très moelleux et offrent à leurs passagers un confort sans faille. L’intérieur est tout aussi accueillant pour quatre adultes même si les dimensions extérieures du véhicule pouvaient laisser augurer davantage d’espace intérieur. Les bagages des occupants pourront trouver de la place dans les 630 dm3 proposés par le coffre de ce break. Malgré le volume intéressant, les faibles hauteurs de chargement limitent le transport des grosses valises. Si ces aménagements vous donnent des envies de voyages, vous pourrez alors profiter du silence de roulement qui règne à bord.
Pour se faire une place sur ce marché très restreint, chaque constructeur se doit de proposer le maximum à moindre frais. A ce petit jeu, la CHRYSLER 300C, disponible à partir de 42.600 €, est bien placée. D’autant que dans cette catégorie, l’offre des modèles équivalents outre-Rhin débute à 42.300 € pour une AUDI A6 Avant, 44.800 € pour une BMW Série 5 Touring et 47.400 € pour une MERCEDES classe E.Alors pour qui recherche une voiture avec une vraie personnalité, cette 300C est une véritable alternative.
Olivier AMAND
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