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       ESPACE SPORTIVE       

Prix : 18500 €

Puissance fiscale : 8 CV

ABARTH 500 1.4 T-Jet


ABARTH 500



ABARTH 500


POUR

Look ravageur

Moteur pétillant

Tenue de route joueuse

CONTRE

Comportement sousvireur

Plastique des contre-portes peu flatteur

ABARTH 500


Fiche Technique

Moteur

Type

4 cylindres en ligne 16 soupapes Injection essence et turbo compresseur

Cylindrée

1368 cm3

Puissance maxi

135 ch à 5500 tr/min

Couple maxi

21 mkg à 3000 tr/min

Dimensions

Longueur

3.66m

Largeur

1.63m

Hauteur

1.49m

Poids

Total

960

Capacités

Coffre

de 185 à 610 dm3

Réservoir

35 L

Nb places

4

Performances

Vitesse maxi

205 km/h

0 à 100 km/h

7.9 s

Environnement

Emission C02

155 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine

5.4

Urbaine

8.5

Mixte

6.5


ABARTH 500


ABARTH 500


ABARTH 500


La morsure du scorpion

FIAT a eu la bonne idée de faire renaître le nom ABARTH et surtout de ne pas galvauder ce qu'il évoque. Ainsi, la pétillante Grande Punto ABARTH se voit épaulée par une turbulente 500 badgée du même sigle. La transformation de la petite 500 ne se limite pas à quelques retouches cosmétiques mais bien à une transformation en profondeur pour accorder le ramage au plumage. Si la nouvelle petite 500 récolte un succès mérité, grâce à une esthétique réussie, la version ABARTH ne devrait pas moins démériter et pourrait relancer la mode des bombinettes décomplexées à même de faire goûter au plaisir du pilotage sans s'exposer, toutes proportions gardées, aux foudres de la maréchaussée…

Que bella !

La FIAT 500 du début du vingt et unième siècle revisite avec bonheur le passé du constructeur italien en nous livrant une esthétique néo-classique, réinterprétation du pot de yaourt "Nuova 500" des années 60. Cet exercice périlleux n'a pas souri à tous, puisque seule jusqu'à présent, la MINI a admirablement tiré son épingle du jeu en devenant même une marque à part entière. Pourtant la 500 est déjà très présente sur nos routes et est plébiscitée par l'ensemble de la population et de la presse. Il faut dire que son look réveille pour la plupart d'entre nous, ou des souvenirs réels de son "ancêtre" auquel on relie des souvenirs de jeunesse insouciante ou une certaine "dolce vita" qui a su traverser les années et qui perdure grâce à bons nombres de chefs-d'œuvre cinématographiques italiens. Donc, mieux que le "botox", la FIAT 500 redonne de la vitalité aux plus blasés et permet de garder le sourire en cette période de crise. D'ailleurs, peu de gens se risquent à la critiquer et bien plus nombreux sont ceux qui aimeraient bien s'afficher à son volant, même si pour certains la conservation du standing et du statut social est un frein à cette pulsion. La version ABARTH ralliera les derniers sceptiques puisqu'elle affiche sans vergogne une plastique "racing" de gagneuse : impossible passer inaperçu avec elle, tout le monde vous l'envie et vous demande si c'est une vraie (avec du bon jus dedans…) !

Une ligne qui ne trompe pas

L'ABARTH 500 ne fait donc pas dans la dentelle et affiche fièrement son orientation sportive à l'aide d'un énorme spoiler, de bas de caisse et d'un aileron. Pour assoir le look ravageur et agressif, elle se pare de magnifiques jantes alliages en 16 pouces dévoilant de copieux disques de frein pincés par d'éclatants étriers rouges. Une ABARTH n'en serait pas une sans son logo représentant un scorpion inséré dans un écusson rouge et jaune : d'ailleurs, et l'on peut saluer l'audace de FIAT, ce blason remplace crânement le logo FIAT à l'avant et à l'arrière de la voiture. Si certains se retrouvent en mal de reconnaissance, il est encore possible de piocher dans le catalogue d'accessoires et gréer les flancs de l'auto avec une bande latérale adhésive marquée ABARTH, voire d'ajouter des damiers sur le toit et/ou un sticker "Scorpio" sur le capot. Enfin, d'énormes jantes de 17 pouces peuvent encore trouver place dans le set (et les passages de roues !). Et un détail qui a son importance, l'ABARTH 500 signale son arrivée sur route par l'allumage systématique d'énormes veilleuses sur la face avant : une façon de dire "garez-vous, j'arrive !". L'intérieur affiche lui aussi son orientation "racing" par l'emploi de matériaux et d'équipements qui ne trompent pas : on retrouve donc un pédalier alu avec l'indispensable cale-pieds, un superbe volant cuir aplati à sa base, d'efficaces sièges baquets et une présentation mariant le noir, l'aluminium et le rappel de la peinture le long de la planche de bord (comme l'avait fait il y a quelques temps le regretté Coupé FIAT). Les plastiques ne sont cependant pas très flatteurs, mais seulement au toucher. Pas forcément plus confortable, une sellerie cuir "ABARTH" des plus réussies peut agrémenter l'intérieur en l'échange de tout de même 1.200 €. Afin de suivre la santé et le comportement du moteur, on a droit à un manomètre de pression de turbo posé en verrue (c'est à la mode…) sur le côté gauche du tableau de bord, et qui intègre aussi un avertisseur de changement de vitesse. Original, le compte-tours, concentrique du compteur, est réglé de manière à suivre l'aiguille des vitesses, au moins sur les premiers rapports. La position de conduite est facilement trouvée avec un levier de vitesses haut placé sur un embryon de console, mais il manque tout de même un réglage en profondeur du volant pour que le tableau soit idyllique. Si cela n'est sûrement pas la préoccupation majeure de l'acheteur de ce genre de jouet, l'habitabilité aux places arrière est loin d'être ridicule, et leur accès n'est pas aussi difficile qu'on aurait pu l'imaginer en voyant l'encombrement extérieur de la bête. Néanmoins, au volant, la sensation d'être dans une petite chose est bien présente : nul doute que l'option toit ouvrant en verre ou toit panoramique en verre augmentera la sensation d'espace… Quant au volume du coffre, il m'a littéralement bluffé et accepte bien plus que nombre de ses concurrentes : les courses ne finiront donc pas invariablement sur le siège arrière et le départ en vacances s'envisage sérieusement, particulièrement si le road-book a privilégié les petites routes sinueuses…

Un cœur gros comme ça

Avant même d'avoir fait un tour de roue, on sait que l'on s'embarque pour une aventure hors-norme : la sonorité de l'échappement est rauque à souhait, très loin du bruit d'un moteur turbo traditionnel, ce qui confirme le soin des ingénieurs à ne pas trahir l'esprit ABARTH. Ensuite, dès que cela roule, plus aucun doute possible sur l'orientation initiale de cette petite mais méchante 500 : le sport, le plaisir de piloter et l'envie de s'inscrire en course. Car la dureté de l'amortissement et du volant rappelle la rigueur nécessaire à l'excellence du comportement en situation extrême. Enfin, bien aidée par le poids plume de la 500, la vivacité du moteur étonne dans une si petite voiture et c'est un régal que de pousser la mécanique dans ses derniers retranchements. Là encore, le petit 1,4 litre turbocompressé de 135 chevaux se comporte plutôt bien à mi régime et ne coupe pas brutalement dans le haut du compte-tours, ce qui fait que son exploitation donne pleinement satisfaction. Ah, j'oubliais, le petit bouton "Sport" sur le tableau de bord permet de passer en mode économique et moins brutal lorsqu'on l'éteint : à réserver aux timides et mous de la pédale, car cet artifice prive notre boule de nerf de ce qui en fait son attrait, la pétulance, et donne l'impression de toujours tirer une remorque d'une tonne. Autre gadget, un bouton antipatinage, qui, s'il évite ce pour quoi il est fait, n'en remplace pas moins un antibloquant, lequel il vrai, fait quelque peu défaut dans les petits coins : à réclamer d'urgence au service "Corse"...

Plaisir du pilotage retrouvé

Capable donc de vitesses inavouables, l'ABARTH 500 permet d'enrhumer tout ce qui bouge (ou presque, sinon par effet de surprise) au démarrage et autorise un pilotage des plus ludiques. Cependant, vu le faible empattement, les portions comportant de longs virages abordés à grande vitesse induisent une certaine réserve dans leur approche puisque la trajectoire devient incertaine avec le léger braquage des roues, et la prise des freins liés à ce manque de confiance amplifie le phénomène. Ce comportement, manifestement plus angoissant qu'il ne l'est réellement, est sûrement à mettre sur le compte de "l'inexpérience" de votre serviteur à la conduite de cette bombe. Un temps de prise en main plus long aurait probablement gommé cette sensation. Par contre, le terrain de jeu de cette 500 sur-vitaminée se situe incontestablement sur les petites routes sinueuses : on y découvre un caractère joueur, baladeur même, et qui nécessite quand même quelques notions de pilotage pour profiter pleinement de l'auto. Aucun soucis côté moteur, il tracte vaillamment, au point de déborder parfois le train avant à la remise des gaz en sortie d'épingle, mais gagnerait à avoir quand même une réponse plus rapide. Il faut parfois ralentir et les freins offrent une belle endurance et un bon feeling, parfois gâché par un ABS pas assez discret à mon goût. Car qui dit petites routes dit aussi imperfections et quand elles sont trop nombreuses, l'ABS entre malheureusement trop tôt en action : là, on aurait bien aimé un bouton pour le déconnecter… Comme toute sportive qui se respecte, elle demande une attention particulière et l'on s'occupe réellement du volant pour la tenir sur la route. Pour contrer un sous-virage chronique, attention aux ronds-points abordés avec optimisme, il faut avoir recours à des astuces du genre appel contre-appel et/ou talon-pointe afin de dicter la trajectoire et forcer le train arrière à encore plus de mobilité. On se surprend même à entretenir des dérives légères des quatre roues dans des portions serrées. En résumé, une fois bien en main, l'ABARTH 500 doit procurer à son conducteur, pardon pilote…, une satisfaction que l'on avait un peu oubliée : foin de la vitesse pure, mais mise en avant du pilotage et de l'efficacité, à l'image de ce que l'on avait avec une R8 Gordini, une SIMCA 1000 Rallye ou plus récemment avec une PEUGEOT 205 Rallye ou une HONDA Integra Type R.

Comme à la belle époque, le kit Esse Esse

Fidèle à la tradition, ABARTH propose un kit Esse Esse, livré aux quelques ateliers agréés en caisse bois. Pour 3.000 €, on bénéficie d'un kit moteur portant la puissance à 160 chevaux consistant en une reprogrammation du calculateur, d'un jeu de jantes en 17 pouces, de ressorts et d'amortisseurs spécifiques (qui, dit-on, ne sont pas la panacée…), de disques de frein perforés, d'un filtre à air et de logos Esse Esse. Ainsi gréée, la vulgaire petite 500 devient un monstre (sacré ?) prêt à imposer sa loi. L'heureux propriétaire pourra profiter d'une sonorité encore plus envoûtante, d'un moteur plus explosif et d'une tenue de route plus extrême (à réserver aux billards !). D'ailleurs, on pourra se demander si les jantes ne seront cette fois pas trop grosses tant il est déjà difficile de manœuvrer avec celles de 16 pouces : les séances de garage au parking sont un réel souci, car le braquage est ridicule… L'inconditionnel qui se sera laissé envenimé par le Scorpion pourra prolonger sa passion avec la version Asseto Corse de 190 chevaux, uniquement destinée à la compétition et pouvant participer au Trophée monotype créé pour les incurables. Car il suffit d'avoir un jour goûté à ce genre de voiture, qu'un sorcier entré dans la légende a transcendé, pour ne plus avoir le même regard sur l'automobile sportive. L'œuvre d'un Carlo Abarth se poursuit aujourd'hui pour notre plus grand bonheur, et on aimerait qu'il en soit ainsi pour tous ces grands hommes, je pense notamment à Amédée Gordini et à Jean Rédélé (ALPINE)…

A priori pas faite pour ça, la FIAT 500 digère parfaitement le traitement "racing" de ses gènes et absorbe sans pathologie grave la potion magique ABARTH. La recette n'avait pas été perdue et FIAT a su redonner la fièvre aux petits champions en herbe que nous sommes et pourrait même sonner le retour des petites GTI. Liée à une image forte empreinte de respect et de passion, la transformation ABARTH comble les souhaits les plus forts d'une clientèle sportive : disposer d'une voiture performante, gratifiante, donnant du plaisir tout en restant raisonnable en termes d'utilisation et d'achat. Attachante malgré ses défauts, elle reste cependant quelque peu exclusive : amateurs de confort et de souplesse, passez votre chemin. Pour les autres, il vous reste donc à vous précipiter chez votre concessionnaire et à en acheter deux : une pour tous les jours et une pour la compétition…

 

Stéphane BERGER

Liste des fiches

L'essai en PDF Non disponible !!!!

Essai réalisé en Mai 2009

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