|
Come back ?
SEAT a lancé depuis le printemps dernier un nouveau modèle de berline moyenne supérieure appelée Exeo. Si la rupture par rapport à l'ex-Toledo est bienvenue, sa ligne extérieure ne vous sera pas inconnue car cette voiture reprend la plate-forme et une partie de la carrosserie de feue AUDI A4 septième du nom. La version break essayée ici reprend la même recette. Comment alors éviter la redite ?
Une ligne soignée
Les breaks actuels jouent de plus en plus aux stars à taille de guêpe avec des lignes sur-travaillées. Reprenant la carrosserie de l'ancienne AUDI A4, l'Exeo Sport Tourer présente donc des hanches un peu plus épaisses, voire rustiques. SEAT n'a cependant pas poussé trop loin le bouchon de radiateur et a changé deux éléments essentiels au style de la voiture qui sont le capot avant et la porte de coffre arrière. Cela a ainsi permis de changer les feux et toute la face avant, et donne finalement un ensemble agréable à l'œil qui ne rappelle que la silhouette de l'ancienne A4 Avant.
A l'intérieur, les matériaux utilisés rappellent plus les productions d'Ingolstadt que de Martorell. On ne peut donc qu'apprécier l'effort apporté à la finition avec, sur cette version "Sport", l'utilisation à profusion d'inserts noir laqué et de chrome. L'ajustement reste, quant à lui, perfectible tout comme la qualité perçue de certains détails de finition : les commodos, la qualité des cuirs, les pieds de barre de toit ou bien le carénage plastique d'essuie-glace arrière.
Du volume… extérieur !
Malgré sa taille extérieure imposante et ses 4,66 mètres de longueur hors tout, l'habitabilité de ce nouveau break reste limitée, tout comme celle de l'ainée dont elle dérive, qui n'était pas réputée pour son espace intérieur. La garde aux jambes arrière s'avère faible, et la taille du coffre reste inférieure aux standards actuels du segment avec seulement 442 litres.
Une bonne surprise vient du système audio proposé en option. Doté d'un grand écran couleur et développé avec la célèbre marque de Hi-Fi BOSE®, il propose des graves profonds et une dynamique appréciables, d'autant que la grande caisse de ce break procure le volume nécessaire à un véritable auditorium mobile. La fonction GPS ne mérite cependant pas les mêmes éloges, avec un guidage peu précis, peu adaptatif et des fonctionnalités limitées. L'ergonomie générale du système reste de plus perfectible.
Côté équipements, la dotation de base de cette version "Sport" est dans la bonne moyenne mais il faudra avoir recours à la liste des options pour bénéficier de l'allumage automatique des feux et des essuie-glaces, des phares bi-xénon (pack visibilité) ou encore de l'aide au stationnement (pack confort). Ces options viennent alourdir la facture et rapprochent cette voiture de concurrentes plus chères mais mieux dotées comme une RENAULT Laguna Estate GT, une ALFA ROMEO 159 SW ou bien une MAZDA 6 FastWagon Sport.
Du coffre !
Le coffre sur cette voiture n'est donc pas à chercher à l'arrière, mais sous le capot. SEAT s'est en effet bien gardé de reconduire l'existant et propose une offre au goût du jour. La gamme de moteurs présentée est large : elle culmine en essence avec le deux litres TSI de 200 chevaux et en diesel avec le deux litres TDI de 170 chevaux à rampe commune qui est une des dernières productions du groupe VOLKSWAGEN. Ce moteur, présent également sur les cousines VW Passat, s'est déjà illustré par sa hargne et son appétit modéré et n'est, de plus, pas soumis à un malus économique sur cette voiture.
Le caractère de ce bloc s'accorde bien au design général sportif et acéré de cette ibère. Sa puissance importante ainsi que son couple généreux ont vite fait de vous propulser au-delà des limites raisonnables du père de famille usager de break, voire même de façon quelque peu brutale. Le châssis et le tarage des suspensions ayant eux aussi bénéficié d'un travail spécifique des ingénieurs de SEAT, la voiture se montre vive et précise malgré son gabarit et agréable à conduire.
Revers de la médaille l'amortissement reste sec et le moteur, qui manque cruellement de couple à bas régime et délivre brutalement sa puissance, donne de façon trompeuse une impression de lourdeur à la relance puis de manque de motricité lorsque les chevaux arrivent. Malgré la discrétion de cette nouvelle génération de moteur TDI à common rail et un bilan sonore positif, la transparence aux bruits de roulement est sensible, par exemple sur mauvaise route, et dégrade la sensation générale d'un confort pourtant appréciable.
Proposition intéressante
Confirmant l'impression faite lors de la présentation de la berline Exeo, SEAT signe avec ce break une proposition honnête, avec une voiture valorisante et qui présente bien. Sous la robe alléchante se trouvent de plus les derniers moteurs du groupe VOLKSWAGEN et l'ensemble reste homogène, bien en phase avec le positionnement de SEAT comme constructeur de voitures sportives et "design". Peut-être plus intéressante neuve qu'une A4 d'occasion ?
Frédéric JOUSSET
|