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Une nouvelle dans la cour des petites
Les citadines sobres et propres ont, en ces temps de crise économique, le vent en poupe. Les constructeurs multiplient leur offre sur ce créneau et se regroupent pour diffuser des modèles de marques différentes sur la même base. Ainsi, comme les CITROËN C1, PEUGEOT 107 et TOYOTA Aygo issues d’une usine commune en République Tchèque, la Pixo, clone de la SUZUKI Alto, est assemblée en Inde pour NISSAN par SUZUKI.
Prix d’attaque
En consultant le catalogue de la toute nouvelle Pixo, on ne risque pas de se perdre dans le dédale des versions et des options. Une seule carrosserie cinq portes est proposée, équipée d’un unique moteur à essence d'un litre de cylindrée. Le choix se fera uniquement sur deux niveaux d’équipement, entre la version de base Visia, très dépouillée, à 7.990 € et Acenta à 8.990 €, plus richement équipée. Les 1.000 € supplémentaires apportent la radio CD, les vitres électriques à l’avant, la fermeture centralisée à distance, la banquette arrière rabattable 50/50, les phares antibrouillard avant et les airbags latéraux en plus des airbags frontaux, de l'ABS et de la direction assistée de la version de base. La version Acenta ouvre droit en option à la climatisation manuelle (700 €) et à la boîte automatique, obligatoirement couplée à la climatisation (1.700 €). La seule option commune aux deux modèles est la peinture métallisée, affichée à 370 €. Ces tarifs sont particulièrement attractifs, d’autant plus que la Pixo bénéficie d’un bonus CO2 de 700 € et est éligible à la prime à la casse de 1.000 € en 2009. A titre de comparaison, une PEUGEOT 107 Trendy cinq portes est vendue à 10.450 € sans la radio (300 €). On peut donc s’offrir la petite NISSAN avec climatisation et peinture métallisée pour 690 € de moins que la PEUGEOT ou pour 1.760 € de moins si on se passe des options. De quoi réfléchir.
Ligne passe-partout
La recette est maintenant connue. On dessine une caisse, on adapte une face avant ayant l’air de famille de la marque, on n'oublie pas les indispensables logos taille XXL et on obtient ainsi deux ou trois voitures à la fois identiques techniquement et d’aspect suffisamment différent pour identifier la marque au premier coup d’œil. Il en est ainsi de la NISSAN Pixo et de la SUZUKI Alto. Ceci étant dit, la ligne générale de la Pixo est sympathique, mais classique dans cette catégorie des petites citadines, par contre on déplore le manque de protections latérales, ce qui est gênant pour une citadine.
Habitacle agréable
L’intérieur, intégralement habillé de matériaux certes simples, il n’y a pas de tôle apparente contrairement à la 107, fait plutôt bonne impression. La planche de bord bi ton grise et noire n’est pas désagréable à regarder malgré ses plastiques durs et l’instrumentation réduite à sa plus simple expression : un compteur de vitesse et une jauge à essence. NISSAN a fait l’impasse sur le compte-tours et le thermomètre, sans parler de l’ordinateur de bord. Plus gênant, il n’y a pas de témoin d’allumage des phares. On ne sait pas, notamment les jours de brouillard, si l’on est en feux de position ou de croisement. Par contre, on apprécie la position centrale et en hauteur de la radio, à portée de main, mais on regrette que le bloc climatisation situé en dessous soit, du coup, un peu trop bas. On regrette également de ne pas pouvoir ouvrir la vitre côté passager de la place du conducteur et l’absence de réglage électrique des rétroviseurs extérieurs est fâcheuse. Certes le câblage est simplifié, mais la sécurité pâtit de cette simplification. Conduire à moitié allongé sur le siège passager pour descendre la vitre ou régler le rétroviseur n’est pas recommandé… La 107 est affublée pareillement, à croire que les constructeurs se donnent le mot. Il y a plusieurs niches pour ranger ses objets sur la planche de bord, avec un grand emplacement face au passager, façon huche à pain. Il est dommage qu’aucun de ces rangements n’ait de couvercle et que les bacs de portes soient si étroits.
Quatre personnes sans bagage ou deux avec
Comme beaucoup de citadines, la Pixo ne propose que quatre places et à condition de ne pas être trop grands, on arrive à s’y installer décemment pour des trajets urbains et même périurbains. Mais dans ce cas, on ne pourra guère emmener qu’un petit sac par individu, le coffre n’offrant qu’un volume de 129 litres, soit dix litres de moins que celui de la 107, une sorte de record... A deux, évidemment c’est mieux, 774 litres une fois les deux dossiers arrière rabattus, mais à l’arrêt, les passants sont en prise directe avec le chargement. Il est vrai qu’on n’achète pas non plus une citadine pour sa charge utile.
Commandes douces, suspensions raides
Une fois bien installé, le conducteur trouve une position de conduite satisfaisante même sans le réglage en hauteur du siège et en profondeur du volant, on est aux commandes d’un engin très bien adapté au milieu urbain. Direction souple, sachant rester communicative sur route, boîte au maniement précis, freinage efficace, encombrement réduit et bonne insonorisation, au ralenti seules de légères vibrations indiquent que le moteur est en marche, permettent de se jouer des encombrements et des ruelles étroites tout en consommant très peu (5,5 litres aux cent kilomètres). Par contre la visibilité vers l’arrière est gênée par la remontée des vitres des portes arrière, ce qui ne facilite pas les manœuvres de stationnement. S’il vous prend l’envie d’une escapade plus lointaine, à condition de n’être que deux, pourquoi ne pas partir avec la Pixo. Sur l’autoroute, son petit 1.000 centimètres cube se débrouille plutôt bien, malgré une transmission désespérément longue, la faisant ralentir dès qu’il faut gravir une côte un peu accentuée. En contrepartie, la Pixo n’avale qu’un peu plus de six litres d’essence aux cent kilomètres en roulant à 130 kilomètres par heure avec un volume sonore qui reste dans les limites de l’acceptable. Par contre, il faut tenir fermement le volant en dépassant les camions. Les remous d’air qu’ils provoquent chahutent la légère Pixo. En sortant de l’autoroute, le tableau s’assombrit un peu. La suspension est vraiment raide, avec même une tendance sautillante sur revêtements inégaux et l’étagement des rapports de boîte, trop long, ne se marie pas très bien avec le petit couple du moteur (90 Nm à 3.400 tr/mn). Il faut avoir fréquemment recours aux intermédiaires pour relancer la voiture. La tenue de route ne pose pas de problèmes particuliers, toutefois, la sécheresse des réactions de la suspension incite à lever le pied sur routes déformées.
J’ai bien aimé la petite NISSAN Pixo, sympathique, maniable, sobre, assez bien présentée et proposée à un prix d’attaque. Très à l’aise en milieu urbain, elle est capable de sortir des villes, moyennant quelques concessions sur le confort et les bagages embarqués. Economique à l’achat et à l’usage, la Pixo est par ailleurs garantie trois ans.
Daniel DECHENE
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