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Sur la bonne voie
CHEVROLET, auparavant DAEWOO, propose une gamme complète d’automobiles, allant de la très petite Matiz jusqu’au gros SUV 4x4 familial avec le Captiva. On est cependant loin de l’offre pléthorique de nos constructeurs européens, mais on peut y trouver son compte puisqu'il sera bien plus facile de se décider. Pour l’heure, nous allons essayer l’Aveo, sympathique petite voiture d’11,7un gabarit supérieur à la Matiz, équipée du système GPL qui devient très intéressant en ce moment grâce à la prime "écologique" spécialeGPL de 2.000 € et, suivant les régions, à une exonération partielle ou totale de la carte grise.
Avantage esthétique
Bénéficiant d’une esthétique avantageuse, l’Aveo flatte le regard et rassure le client potentiel. Campée sur ses grosses roues (185/55x15) soulignées par des passages de roues marqués, elle exhibe une carrosserie entièrement peinte aux lignes contemporaines. On a d’ailleurs du mal à l’affilier à la Matiz ou la Lacetti tant celles-ci semblent venues d’un autre âge. La face avant est particulièrement réussie et s’apparente à celle de l’intéressante Cruze, nouvelle berline CHEVROLET.
A bord, l’ambiance est plutôt germanique, avec une dominante noire que vient tempérer le gris de la moitié supérieure de l’habitable. L’ensemble ne respire pas la douceur mais les assemblages sont très corrects. La planche de bord est des plus classiques hormis l’autoradio qui ne se dompte pas facilement. On retrouve l’essentiel de ce qui fait une voiture moderne, à savoir des vitres et des rétroviseurs électriques, une climatisation (manuelle), un siège conducteur et un volant réglable en hauteur ainsi qu’une banquette 1/3-2/3. En revanche, dressés derrière le volant, se trouvent des commodos tout droit issus des années 60, lorsque les commandes se retrouvaient au bout d’une longue tige de métal. Pour parachever l’anachronisme, ils forment un Y aux branches très fermées, ce qui oblige à remonter haut sur le volant pour les activer, et ce volant a une jante trop fine. Plus difficile à accepter est l’inconfort du siège conducteur, dans lequel on sent les ressorts du dossier "jouer" lorsqu’ils sont fortement sollicités, par exemple en virage. Pour l'habitabilité, rien à redire pour une voiture de ce gabarit : le coffre remplit sa fonction au-delà du pack d'eau et les places arrière ne sont pas que figuratives.
Avantage GPL
Représentant un effort de 2.300 € par rapport à la version essence, mais perdant quatre chevaux et un cheval fiscal, la version GPL est-elle digne d’intérêt ? Difficile question tant l’Aveo peut changer de visage suivant la carburation choisie. Car comme tout bon GPL qui se respecte, le fonctionnement à l’essence est toujours possible d’autant que le réservoir conserve sa pleine capacité. Celui de GPL prend la place de la roue de secours et permet d’embarquer 34 litres (utiles) du gaz bon marché. Donc, en mode essence, cette Aveo ne se distingue pas des autres voitures de sa catégorie, si ce n’est sa capacité à être capable de tutoyer la zone rouge à 6.500 tr/mn. Bien sûr, ce moteur n’est pas sportif, mais mené à la cravache, il peut sortir quelque peu de ses gonds, en vous gratifiant d’une bonne ambiance sonore propre à étouffer l’autoradio.
Pour basculer en mode GPL, il suffit d’appuyer sur un bouton situé gauchement en bas de console centrale, lequel comporte quatre leds indiquant le niveau de réservoir de gaz. Et rien ne se passe. Tout juste entend-on une détente de gaz dans le dos. Mais, dès les premiers tours de roues, la voix du moteur a changé : il est plus rauque, moins harmonieux et surtout beaucoup plus présent à l'oreille. Ce n’est rien quant aux sensations : il n’y en a plus. Ou plutôt si, on sent bien que l’on n’a plus de moteur. Le couple a quasi disparu, et même si l’on souhaite le brutaliser, le moteur rechigne à prendre des tours, ou alors au bout d'un temps qui peut paraître très long. Donc, en GPL, la souplesse est de rigueur et les côtes, chargé à plein, à éviter. On a un moteur anémique mais très économique que l’on réservera à la ville ou aux déplacements ne nécessitant pas de fréquentes relances, ou on a un moteur normal mais moins économe. Car, même si en mode GPL l’Aveo consomme 30% de plus, le prix à la pompe inférieur de 50% permet au final une économie de 35% en utilisation. Autre moyen de faire des économies, on notera la présence d’une chaîne de distribution à la place de la sempiternelle courroie : la première est normalement éternelle quand la seconde nécessite de coûteux remplacements périodiques, quand elle ne casse pas inopinément entraînant quasi systématiquement une casse moteur à la honteuse charge de l’automobiliste…
Liaisons au sol : à revoir
Une bonne bouille, un moteur que l’on sait sobre ou serviable, un habitacle relativement accueillant, qu’est-ce qui pourrait bien entacher le tableau pour le moment plutôt positif ? Eh bien il suffit de prendre un virage pour que l’on apprenne ce qu’est la prise de roulis. Incorrigible, il suffit de braquer le volant pour que l’Aveo se dandine et plonge ostensiblement du côté opposé à celui où l’on veut aller. Et que dire de sa propension à ne pas "lire" la route mais plutôt à en donner un ressentit assez flou. En somme, il faudra bien du courage ou du talent pour mener cette CHEVROLET à bon train sur des routes sinueuses et bosselées. Ceci dit, si l’on est en GPL, vu que l’on "attaque" moins, l’absence de maîtrise des trains roulants est moins criante. Comme tout n’est pas négatif, l’amortissement et le freinage sont au diapason, offrant des performances moyennes mais satisfaisantes.
Difficile pour CHEVROLET de faire venir à lui le client Européen. Ce dernier a du mal à se départir de ses marques continentales mais une offre alléchante en termes de prix peut le détourner. Quand en plus l’esthétique de l’auto, ici l’Aveo, est plutôt réussie et ne rappelle pas un échec commercial, le pas est presque fait. L’astuce est donc de proposer le GPL, carburant très économique et quelque peu plus écologique, pour achever la prise de décision. Sauf que la facture fait un bond en engloutissant les primes de l’état, rendant l’opération plus incertaine, surtout face à une DACIA Sandero GPL agressive. Enfin, une prise en main pourra définitivement écarter le client fougueux ou souhaitant un peu de rigueur. L’Aveo version GPL n’est cependant pas à écarter car elle fait partie de ces trop rares versions bi-carburation qui permettent de réelles économies sur le long terme. Et puis, pour la ville ou pour les conducteurs calmes, cette Aveo est parfaite avec son petit gabarit, son look avenant et son habitabilité.
Stéphane BERGER
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