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Repositionnement
Après la Colt et avant le L200, le MITSUBISHI Outlander bénéficie d'un remodelage pour adopter la face agressive développée pour la Lancer (et son Evo X). Cette nouveauté arrive à presque mi vie du véhicule (comme vous le savez, c'est un rendez-vous classique). Et avec son look nouveau, l'Outlander bénéficie de quelques retouches pour améliorer sa consommation et ses rejets. Il se repositionne également dans la gamme du constructeur japonais ou des gammes devrais-je dire plutôt. De plus, le MITSUBISHI est désormais assemblé aux Pays-Bas, pour les pays de l'Union Européenne, sur les mêmes chaînes que la Colt.
Double gamme
Deux ans après sa sortie, l'Outlander bénéficie d'un remodelage mais plus que l'apparence, MITSUBISHI souhaite repositionner son rejeton dans la famille des "cross over", voire des grands breaks. Oublié le caractère SUV, bannie la référence au 4x4, le nouvel Outlander est une familiale, évidemment bâtie pour la famille et le tourisme et non plus pour une aventure en tout-chemins. Il s'en déduit deux gammes parallèles qui vont désormais caractériser MITSUBISHI. On retrouve celle des 4x4 purs et durs tels les vedettes Pajero et L200 (le plus vendu en France), ne renions pas son capital, et de l'autre, la gamme en développement pour placer le constructeur dans la rubrique généraliste. Notre Outlander se place en haut de segment ("D") aux côtés du discret grand monospace Grandis. Outre la Colt et la Lancer, la catégorie "petite" est assurée par la i-MiEV dont on connaîtra bientôt la version électrique. En 2010 (au Salon de Genève), on pourra découvrir un cross over compact décliné du "RVR" japonais ; lui-même déduit du "cX-Concept" présenté à Francfort en 2007.
Double surpiqûre
Le nouvel Outlander se reconnaît facilement à sa face, les retouches à l'arrière étant limitées à un nouveau bouclier, un béquet de toit et un insert chromé sur le hayon. La calandre reprend le style "Jet Fighter" donnant l'identité de la marque, entourée par les deux optiques acérées donnant ce fameux air agressif. Pour la petite histoire, cette forme de nez de requin inversé a été inspirée aux designers par le dessin de la prise d’air de chasseurs construits par MITSUBISHI. Pour adoucir et renforcer le caractère tourisme de la voiture, MITSUBISHI a ajouté des touches de chrome. L'aérodynamique a également été travaillée avec notamment des nouveaux rétroviseurs plus effilés.
L'intérieur a subi quelques petites retouches portant principalement sur les garnissages. Un peu plus de chrome, des plastiques "moussés" de meilleure facture caractérisent cette nouvelle génération et particulièrement un matériau imitant le cuir et assorti d'une double surpiqûre. On retiendra également les compteurs avec un nouveau graphisme entourant une présentation différente des informations de l'ordinateur de bord. La casquette de ces compteurs a également été modifiée. Pour le reste, l'intérieur de l'Outlander ne change pas et par endroit, révèle un caractère un peu vieillot. Les passagers avant profitent de sièges confortables, chauffants et avec réglages électriques pour le niveau haut de notre véhicule d'essai. La modularité est conservée avec une banquette arrière fractionnable, coulissante et dotée de dossiers inclinables. La troisième rangée s'escamote relativement facilement du plancher, sacrifiant le coffre mais offrant deux mini places d'appoint. A noter que le hayon est en deux parties, avec une ouverture dans le bouclier abaissant ainsi le seuil de chargement.
Double embrayage
Les motorisations sont conservées et centrées sur deux moteurs diesel. Le premier est le deux litres TDI de VOLKSWAGEN, ultra connu, issu de l'ancienne génération à injecteurs-pompes. Quelques réglages ont été apportés à ce moteur pour réduire les émissions, les valeurs de consommation étant déjà assez basses. Nul doute que la poursuite du partenariat avec VW conduira à équiper l'Outlander du nouveau TDI à rampe commune (et de même puissance). Le haut de gamme des motorisations utilise déjà cette technologie puisqu'il est fourni par le partenaire français de MITSUBISHI à savoir PSA. Le 2,2 litres (HDi) développe 156 chevaux et dote l'Outlander d'un très bon agrément de conduite.
Inaugurée sur l'ancienne génération et associée à ce moteur, la boîte à double embrayage baptisée "TC-SST", moyennant 1.700 €, remplace la traditionnelle boîte mécanique à six rapports. Il s'agit de la boîte à double embrayage maison, (TC pour Twin Clutch), développée pour la Lancer Evo. Avec ou sans utilisation des palettes placées derrière le volant, la boîte est assez réactive et finalement agréable en utilisation courante. Bizarrement, elle atténue les performances mais pas les émissions en comparaison avec la boîte mécanique classique.
Double nationalité
Trois niveaux sont proposés par MITSUBISHI. En entrée, la finition "Invite" donne déjà une belle dotation de série puisque les jantes en alliage, le régulateur de vitesse ou l'allumage automatique des feux sont compris dans le prix. En niveau intermédiaire "Intense", l'Outlander récupère des phares bi-xénon, directionnels et un radar de recul. Le niveau haut "Instyle" bénéfice du toit vitré ouvrant, du cuir ou encore de la caméra de recul. Côté sécurité, toutes les versions disposent du système ESS qui allume les feux de détresse en cas de freinage brusque.
L'Outlander européen est désormais assemblé dans l'usine NedCar près de Maastricht aux Pays Bas. Ancien site DAF puis VOLVO, les S40 et MITSUBISHI Carisma étaient assemblées sur les mêmes chaînes quand le constructeur suédois était partenaire de MITSUBISHI. Désormais, l'entreprise est propriété du japonais et produit les Colt et maintenant l'Outlander. On réalise que la capacité du lieu peut être augmentée et on pourrait imaginer que les cousins français de l'Outlander (PEUGEOT 4007 et CITROËN C-Crosser) soient eux-aussi assemblés aux Pays-Bas plutôt qu'au Japon.
MITSUBISHI revendique le statut de constructeur généraliste et profite du remaniement de son Outlander pour le positionner dans sa gamme tourisme. La reconnaissance facilitée par la face caractéristique du constructeur baptisée Jet Fighter n'est pas seulement un moyen de distinguer les MITSUBISHI, le but est bien de profiter de ce renouveau pour booster la marque sur le terrain vert. Après la technologie "Cleartec" (dont le système Stop & Start) et avant l'électricité avec la i-MiEV, le japonais (avec ou sans partenaire français) compte bien se positionner sur le marché pour le moins disputé des véhicules à faible émission. En attendant, l'Outlander se montre une intéressante alternative aux grands breaks du marché (type "Allroad"), bien équipé, confortable et pouvant proposer jusqu'à sept places…
Philippe NIOLLET
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