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ESPACE MAGAZINE |
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Comportement des camping-caristes : bien mais peut mieux faire ! |
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Chez les camping-caristes, c’est un peu comme à l’école. Il y a les bons élèves... et les moins bons. Et les deux ne font pas toujours bon ménage. Derrière celle querelle sans gravité apparente, se cache pourtant un véritable challenge pour les acteurs du secteur du VDL. L’amélioration de l’image des camping-caristes est une garantie pour le développement du tourisme itinérant. Avec à la clé des actions concrètes à mener sur le terrain. Enquête. Pas toujours éthiquement correct le comportement des camping-caristes ? Dans le petit cercle fermé des inconditionnels du tourisme itinérant, aborder le thème du savoir-vivre, c’est un peu comme jeter un pavé dans la mare. Les mauvaises pratiques, on préfère parfois ne pas en entendre parler : “ le problème, c’est qu’à force de pointer du doigt les écarts d’une minorité, je crois que l’on finit par stigmatiser l’ensemble des camping-caristes. On devrait davantage se concentrer sur ceux qui, au contraire, ne font pas de vagues ” s’emporte un inconditionnel du camping-car. Il n’empêche. Pour certains, La question mérite d’être posée. Même si les mauvais comportements sont l'œuvre d’une minorité “une chose est sure, ça ne fait jamais plaisir de se rendre compte que le tourisme itinérant n’a pas toujours bonne presse auprès du public. Malheureusement, je ne pense pas que c’est en ignorant le problème, que l’on parviendra à le résoudre. Nous sommes autant responsables de notre image que ceux qui la détériorent”, explique un utilisateur fidèle depuis 25 ans. Du côté des professionnels du tourisme, on est unanime. Il y a bien deux catégories de camping-caristes les puristes, qui mettent un point d’honneur de respecter les lieux de séjour et les populations locales qu’ils rencontrent. Et les réfractaires qui choisissent délibérément de déroger aux règles élémentaires du Savoir-vivre. “Toutefois, il ne serait pas honnête de blâmer la conduite des utilisateurs de VDL. L’attitude des camping-caristes fait partie d’un problème de fond qui est le comportement des touristes en général sur leurs lieux de vacances”, précise un élu local. Anciens et nouveaux venusLes raisons d’une telle fracture ? Elles sont diverses, il s’agit avant tout d’un problème global, lié à l’évolution d’un tourisme confidentiel” vers un tourisme de masse. En se démocratisant, l’accès au tourisme de plein air a attiré une nouvelle population de non-initiés”, pour qui la notion du voyage et des vacances est peu compatible avec la notion de règles et de responsabilité : “c’est une confusion classique. Chez les camping-caristes, comme dans toute communauté d’intérêts, il y a parfois des cas difficiles. Mais, la majorité des utilisateurs ne se sont pas tournés vers ce mode de tourisme par hasard. Ce sont historiquement des campeurs qui sont passés de la toile de tente à la caravane, puis au camping-car, pour voyager en famille, en toute liberté. Ces personnes ne posent pas de problème. Leur longue expérience du camping, leur a enseigné le respect de la nature, des hommes et des règles de vie en communauté. Pour, eux, voyager en camping-car est avant tout un art de vivre, une philosophie. Et puis, il y a les autres. Ceux qui ont acquis un véhicule tardivement et qui rêvent de liberté sans entraves. Ils ne se rendent pas toujours compte que la liberté qu’ils revendiquent ne va pas sans pair avec un certain nombre de règles. D’où, parfois, quelques malentendus s'explique Denis Spire, secrétaire général du Sicverl. Ces “malentendus”, Marc Guillermain de l’association France Passion peut en témoigner. À Carpentras, l’association a construit, au fil des années, un réseau d’accueil avec la collaboration de fermiers et de vignerons dans presque toutes les régions de France. Cette formule d’hébergement sur invitation remporte un franc succès. Elle permet aux camping-caristes de séjourner au cœur des villages, sur des terrains qui leur sont prêtés gracieusement par des familles d’exploitants agricoles. Pour l’économie locale, c’est aussi une aubaine, puisque le réseau France Passion permet d’attirer des touristes toute l’année, Cependant, Marc Guillermain reconnaît qu’un incident peut se produire “la plupart du temps, tout se passe bien. Chacun y trouve son compte. Mais il est vrai que nous avons pu recevoir des plaintes de la part des accueillants, Oh... Ce n’est jamais bien méchant. Ça se traduit par une utilisation abusive des équipements mis à la disposition des camping-caristes, comme l’accès à l’eau et à l’électricité. Certains sont même allés jusqu‘à planter des arbres — alors qu’ils ne sont là que pour quelques jours — sans demander l’autorisation aux propriétaires des terrains. Du coup, les membres de notre réseau qui ont eu des déconvenues avec certains de leurs invités se méfient à l’idée de recevoir d’autres camping-caristes. Et au final, tout le monde est perdant !”, soupire Marc Guillermain. Mais les expériences malheureuses ne doivent pas désavouer le succès de ce mode de loisirs ainsi que l’accueil réservé aux utilisateurs de véhicules de loisirs dans l’Hexagone. L’afflux de la saison estivaleDans certaines Communes, notamment sur le littoral, la saison estivale et sa déferlante de camping-cars venus des quatre coins de l’Europe donne parfois quelques sueurs froides aux maires des communes. Ce qu’ils redoutent le plus : les phénomènes de regroupement le long des façades maritimes, les vidanges des eaux usées dans les lieux publics... Il faut dire que beaucoup de communes ne sont pas encore suffisamment équipées pour faire face à l’afflux des camping-caristes au moment de la pleine saison. “La rapidité avec laquelle l’industrie du loisir s’est développée et le nombre de véhicules vendus ces dernières années un peu partout en Europe n’ont pas laissé le temps aux collectivités locales de s’organiser pour mettre en place un dispositif d’accueil satisfaisant. Résultat : les places manquent. Et, face à cette pénurie, les camping-caristes se garent là où ils trouvent de la place ! ” explique Robert Lemaire, président de la Fédération française des associations de clubs de camping-caristes (FFACCC}. Pour Claude Saintrapt, maire de la petite ville de Cazaubon, dans l’Armagnac, il ne s’agit pas seulement d’un problème d’équipement. Par tradition, la commune dont il est à la tête a toujours accueilli des camping-caristes près de 400 chaque année. Elle dispose d’ailleurs d’infrastructures spécialement conçues à cet effet, autour d’un lac de soixante-dix hectares. Situé au cœur d’un site naturel remarquable, la vallée de l’Uby, le stationnement est payant et coûte cinq euros la nuit. En échange de cette somme, le camping-cariste reçoit une clef magnétique qui lui permet d’aller et venir librement. Durant son séjour, celui-ci a accès gratuitement à l’eau et l’électricité. Des conteneurs spéciaux sont mis à sa disposition pour qu’il y dépose ses déchets, Bref un vrai paradis, Malgré ces infrastructures, Claude Saintrapt témoigne de l’attitude d’un camping-cariste peu scrupuleux qui a préféré vider ses eaux usées dans le lac au nez et à la barbe des baigneurs, plutôt que dans les lieux réservés à cet effet. Et son comportement déplorable a nui la réputation des camping-caristes dans leur ensemble auprès des habitants de la commune. “Les camping-caristes qui s’autorisent tout et n’importe quoi sont minoritaires. Mais au final, ce que retiennent nos concitoyens, c’est justement les exactions de cette poignée d’indisciplinés. Il faut les comprendre c’est eux, en tant que contribuables de la commune, qui payent les pots cassés”, rappelle le maire de Cazaubon. Dans certaines régions, les camping-caristes commencent eux aussi à payer le prix fort de ce défaut d’image. C’est le cas dans les Gorges du Verdon, un site hautement touristique, où, selon un camping-cariste, les touristes itinérants n’ont pas toujours la cote “en mai dernier nous nous sommes arrêtés à Moustiers Ste Marie, un petit village à l’entrée des Gorges. Le lendemain de notre arrivée, des gendarmes sont venus frapper à notre porte pour savoir combien de temps nous comptions rester dans la région. De toute évidence, nous n’étions pas les bienvenus.. Pour couronner le tout, notre voisin avait eu la bonne idée de vidanger ses eaux usées sur le parking. Nous avons eu beau expliquer que nous condamnions ce genre de pratique, nous avons quand même été sommés de partir en fin de journée”, raconte-t-il. Ce genre d’épisode, Michel espère bien ne plus en vivre d’autres. Amoureux du voyage itinérant et défenseur du sentiment de liberté qu’il procure, il craint que les mauvais comportements de certains n’inspirent des règles plus coercitives en matière de stationnement. D’autres partagent cet avis “c’est un rIsque en effet. On sent bien que de plus en plus de communes sont favorables à un durcissement des règles de stationnement, à la fois pour se protéger des gens du voyage et des camping-caristes. Du coup, on imagine très bien que la seule alternative au stationnement en centre ville devienne le camping’, explique Robert Lemaire de la PFACCC. Éduquer pour mieux Que faire pour redorer le blason des camping-caristes ? Pour Denis Spire, le problème est complexe, mais les communes doivent absolument continuer de jouer le jeu. “Entre les communes et les camping-caristes, la relation se joue sur le mode du je t’aime moi, non plus”. Les communes reconnaissent volontiers qu’accueillir des camping-caristes représente un intérêt économique. Mais elles préfèrent les parquer en dehors des villes et peinent à faire des efforts pour se doter d’infrastructures susceptibles d’optimiser leur accueil”. Les enjeux sont multiples et dépassent très largement le cadre de l’image du camping-cariste pour se confondre avec l’urgence de développer un tourisme durable. Les solutions, quant à elles, restent subordonnées à la prise de conscience de tous les acteurs impliqués dans l’industrie du voyage. Éduquer pour mieux préserver c’est justement dans cette optique que les professionnels de l’industrie du tourisme de plein air se sont concertés en 1999 pour publier une charte éthique des droits et des devoirs du camping-cariste (voir encadré). Plus de dix ans après sa première publication, cette charte fait peau neuve, pour une meilleure lisibilité. Elle devrait être achevée au printemps prochain, et largement distribuée, notamment chez les concessionnaires la première charte avait été très bien accueillie par l’ensemble des camping-caristes. Cette deuxième version, plus concise et synthétique, va permettre de sensibiliser un public encore plus large : les nouveaux acquéreurs, ceux qui louent des camping-cars ponctuellement, mais aussi d’autres populations qui manqueraient d’informations quant à la manière dont ils doivent se comporter ”, affirme-t'on au Sicverl. Les actions en cours pour améliorer l’attitude des utilisateurs de véhicules de loisirs devraient porter leurs fruits. L’ensemble des acteurs s’accorde à dire qu’un tourisme propre” tourne vers les valeurs touchant la préservation de l’environnement et au respect des autres est un enjeu qui concerne les vacanciers en général. Et il n’est pas superflu de rappeler aux nouveaux propriétaires ou aux locataires de camping-cars, la philosophie des utilisateurs chevronnés, afin d’éviter tout débordement. Le hit-parade des mauvais comportements Il suffit dune minorité de camping-caristes peu scrupuleux pour donner une fausse image de l’ensemble des utilisateurs de ce mode de loisirs. Que penser de ceux qui s’installent systématiquement dans les sites classés ou s’agglutinent plusieurs parallèlement à la mer sur un petit belvédère, effaçant pour tous les autres, l’horizon sur la grande Bleue 70e même, s’installer devant la maison d’un riverain et lui toucher la vue, laisser ensuite ses enfants jouer bruyamment ou dîner dehors en parlant fort tard dans la nuit n’est pas plus convenable. Les camping-caristes n’hésitent pas à dénoncer le comportement grossier de certains d’entre eux. C’est le cas de cet utilisateur fustigeant “ les camping-caristes qui squattent les parkings publics du littoral durant trois semaines avec tout un déballage inimaginable et vont jusqu'à installer leur famille sur l’emplacement (avec chaises, table, etc.) pour ne pas perdre sa place pendant que monsieur va faire les courses ” Plus déplorable encore, et pourtant maintes fois constaté ceux qui, sur les parkings de grandes surfaces, sont stationnés à cheval sur deux, voire quatre emplacements, parfois réservés aux handicapés. Le zéro de conduite est toutefois réservé à ces “ amoureux de la nature “qui vidangent n’importe où. “ j'ai toujours un coup de colère quand je vois des camping-caristes vidanger la nuit sur des places de village, s’agace une utilisatrice. Et je ne parle pas de ceux qui vont en catimini vidanger leurs eaux noires derrière les rochers ou les dunes La charte éthique du voyageur C’est bien connu la liberté des uns commence là où s’arrête celle des autres Appliquer la charte des bons comportements du camping-cariste est donc la garantie de la pérennité de ce mode de loisirs. Dans les centres villes ou en milieu urbain, on choisira de préférence un lieu de stationnement à faible densité de population, ne gênant pas la visibilité d’un commerce et ne constituant pas une entrave à a circulation. Dans Ces lieux, le stationnement doit s’effectuer sans déborder en dehors du camping-car (pas de table dehors, de chaises, etc.), sans faire sécher de linge à l’extérieur, sans nuisances visuelles ou sonores pour les riverains, an surveillant la propreté des animaux domestiques. Les différents déchets du camping-cariste doivent être entreposés dans les lieux appropriés. Les ordures ménagères doivent être jetées dans les containers prévus à cet effet. Durant les trajets, le camping-cariste doit rouler en prenant soin de fermer toutes les vannes d’évacuation des eaux. Et c’est dans les aires de services, les bornes, les installations sanitaires publiques ou privées, qu’il doit se débarrasser de ses eaux usées. Il faut rappeler que les caniveaux et autres réseaux d’eaux pluviales ne bénéficient pas tous d’un traitement d’épuration. Il ne faut donc pas les utiliser pour la vidange. |
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