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ESPACE MAGAZINE |
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Miniature SOLIDO : soixante dix ans de tôles |
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Quand on est collectionneur de voitures miniatures (au 1/43e), il faut ab-so-lu-ment saisir l’opportunité de voir comment on fabrique “ sa ” miniature. C’est chose faite au travers de la visite du site d’Oulins (près d’Anet en Eure et Loir), sanctuaire de la marque SOLIDO. Elle fête cette année ses soixante dix ans de jouet en tôle dont quarante sept consacrés à la miniature auto en métal (essentiellement à l’échelle 1/43e). La période creuse des années 80 est heureusement lointaine, la marque propose désormais des nouveautés tout aussi intéressantes les unes que les autres. On en reviendrait presque au temps où le magasin de jouets apposait l’affichette de la nouveauté sur sa vitrine pour signaler aux impatients (dont j’étais) que la dernière SOLIDO était (enfin) arrivée ! Avant de décrire comment on arrive à une miniature, revenons sur le passé de SOLIDO. Pionnier en France dans la fabrication de jouets utilisant le métal sous pression, SOLIDO justifiera son nom en ne quittant pas ce matériau. En 1957, la marque crée sa première 1/43e, une JAGUAR Type D version Le Mans. Et quant à se démarquer, la suspension brevetée apparaît sur le modèle. La production ne cessera quasiment plus, malgré les moments difficiles. Justement, c’est en 1981 que le groupe a intégré MAJORETTE ; l’ensemble ayant rejoint SMOBY en juin dernier. L’usine de production est implantée sur le site d’Oulins depuis 1971 et emploie une centaine de personnes. De cette usine, l’une des dernières de France dans la grande diffusion, sort la plupart des 3.000.000 de modèles par an. Il faut rappeler que le monde de la miniature auto a délocalisé toutes ses productions en Chine, dont les ateliers sont incomparables pour la qualité et les détails des voitures et évidemment pour un prix inégalable si la miniature avait été réalisée en Europe… Saluons donc SOLIDO (et sa “ cousine ” VEREM) qui maintiennent la fabrication, de qualité, de 1/43e à Oulins, même si les moules, par exemple, sont conçus et réalisés du côté de Shangaï ou de Pékin… La matière première appropriée est le Zamac (alliage zinc (96%) et aluminium) qui a la caractéristique de s’injecter facilement sous pression et à température assez basse (410°C). Le début de la visite passe donc logiquement par la fonderie. Chaque machine possède son creuset rempli de Zamac fondu. Le métal liquide est ensuite injecté sous pression dans le moule récepteur, des excroissances de métal sont prévues un peu partout pour évacuer les éventuelles bulles d’air ou autres impuretés. Une ou deux minutes après injection, la carrosserie a perdu 50°C environ ; elle est solide et peut être éjectée. Tout est automatisé. Le rythme est impressionnant ; une machine délivre des 806, une autre, des Traction AV, une autre, des tours de chars. Après ébarbage (automatique), les excroissances sont récupérées pour être refondues, les carrosseries sont prêtes pour passer en peinture. Si la voiture comporte des ouvrants (portières en général), les pièces sont préalablement assemblées manuellement. Les carrosseries suspendues sur des balancelles sont peintes par un procédé antistatique classique, la carrosserie attire la peinture (aimantée en quelque sorte). Le passage en tunnel (apprêt, peinture, séchage) dure 1h45. Avant assemblage avec les pièces plastiques (roues, phares, vitres, etc..), certaines carrosseries passent par la tampographie. Le poste de tampographie est remarquable. Il s’agit de tamponner la carrosserie avec la peinture destinée à représenter le décor de la vraie. Pour être plus clair, la machine ajoute à la carrosserie kaki de SIMCA 1000, ses bandes de coffre, d’ailes arrière, son capot et des logos noirs pour la transformer en “ Rallye 2 ” ; soit six opérations au total, nettes et sans bavure ; le tout en moins d’une minute. Le principe est de ramener un peu de peinture dans une forme (en creux) prédéfinie exactement à l’image de la future décoration (par exemple les 2 bandes de coffre de notre SIMCA). Le tampon, après avoir pris la peinture (et l’exact motif), est appliqué sur la carrosserie en une fraction de seconde. Tout est automatisé. Et l’on voit la carrosserie de la SIMCA, placée (manuellement) sur un socle, passer de tampon en tampon et revenir au départ, parée de ses attributs de Rallye 2. Dernière zone de production, les pièces plastiques sont réalisées sous pression selon le même principe que les carrosseries. L’assemblage final peut être réalisé, les pièces sont nombreuses ; la voiture (ou le char) est terminée. La visite s’achève sur deux lieux plus stratégiques, l’atelier de maintenance des outillages (ils sont précieux). Ils sont complexes, car outre la forme et les excroissances de métal, ils doivent permettre l’éjection de la carrosserie (automatiquement). C’est ici que nous avons vérifié les dernières mises au point de la R12 Gordini (prochaine nouveauté attendue) et d’apercevoir l’ébauche de la FORD Vedette 54 (version avec malle arrière proéminente) prévues au catalogue 2004. L’autre lieu est le mini musée qui regroupe pas mal des créations SOLIDO (voitures, coffrets, catalogues) depuis le début. Nez collé aux vitrines, c'est difficile de ne pas pouvoir saisir les modèles qui manquent dans sa propre collection… L’année 2004 est riche de nouveautés en 1/43e et en 1/18e avec une vocation tournée vers le WRC. Côté 1/18e, le catalogue annonce une CITROËN C2 WRC, une SKODA Fabia WRC, une FORD Focus WRC et une PEUGEOT 307 CC WRC venant épauler la Xsara WRC. La gamme actuelle accueillera la BMW Z4, les Megane et 307 CC et les plus anciennes s’enrichiront des inoubliables 205 GTI et plus rare 203 cabriolet. Côté 1/43e, on retrouve les mêmes WRC. On n’aura malheureusement pas de 203 cabriolet en réduction mais on se consolera, entre autres, avec la Vedette de FORD (France), l’attendue RENAULT 12 Gordini, une 2CV camionnette (1954), la PANHARD PL17 et une rarissime (en miniature) SEAT 800 qui n’est autre qu’une version 4 portes de la FIAT 600. |
P.NIOLLET - mars 2004 |
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