CITROEN DS5 Gamme

ESPACE ROUTIERE
  • Ligne superbe
  • Intérieur de classe Premium
  • Moteurs
  • Combinaison Hybrid4
  • Visibilité arrière et latérale avant moyenne
  • Suspensions rêches

Prix : de 29 900 € à 43 950 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres - 16 soupapes turbo Diesel injection directe
Cylindrée 1997 cm³
Puissance maxi 163 ch à 3750 tr/min
Couple maxi 34.00 mkg à 2000.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.53 m
Largeur 1.87 m
Hauteur 1.51 m

Poids

Total 1530 kg

Capacités

Coffre de 468 à 1288 dm³
Réservoir 60 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 215 km/h
0 à 100 km/h 8.80 s

Environnement

Emission CO2 133 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 4.40
Urbaine 6.40
Mixte 5.10
Essai 0.00

DISTINCTION SUPREME

Il y a à peine deux ans, je découvrais la DS3, première d’une série et même d’une "Distinctive Series" de voitures à part. A l’époque, CITROËN nous avait promis de belles voitures nommées DS4 puis DS5. Promesse tenue, la première boucle est bouclée avec la présentation de la DS5, troisième voiture de cette première série. On a découvert cet inédit modèle au Salon de Francfort. La surprenante DS5 arrive en concessions fin novembre avec des ambitions et une distinction plus exacerbée. En parlant de distinction, le titre de voiture de l’année 2012 sera décerné bientôt… En attendant, mon impatience à se mettre à son volant va être enfin comblée…

Design Sculpté

Contrairement à ses deux sœurs, la DS5 est la plus "distinctive" car elle ne dérive d’aucune C. En effet, DS5 et C5 n’ont aucun rapport si ce n’est le chiffre qui positionne la voiture dans la gamme. D’ailleurs, la C5 Tourer pourrait quelque peu souffrir, malmenée par la nouvelle. La DS5, comme son illustre ancêtre, mérite une deuxième fois son caractère "distinctive" par son côté inclassable. Il est vrai qu’on aime bien ranger une nouvelle voiture dans un segment ou une niche, et là, on ne sait pas si la DS5 est un break, un monospace, une berline coupé ou un peu de tout cela…

Alors tant pis, laissons le classement pour se concentrer sur la classe parce que la voiture vise la clientèle de véhicules Premium. Et dans ce cas, la C5 Tourer peut tranquillement vivre sa vie, la DS5 a bien l’intention de séduire une clientèle non "chevronnée" à l’image de sa petite sœur DS3. Avant de visiter l’intérieur, la robe de la DS5 mérite qu’on s’y arrête. L’équipe de Jean Pierre Ploué s’est visiblement fait plaisir sans contrainte imposée par l’industrialisation qui aurait pu calmer l’ardeur du crayon. Du bouclier avant au bouclier arrière, tout a été travaillé dans le détail. Justement, le bouclier avant est sculpté avec des écopes sur les côtés, soulignées par des touches inox. La calandre traditionnelle des DS est surmontée du logo DS évidemment. Les optiques complexes contiennent les diodes diurnes en forme de boomerang mais le clou de la face est marqué par le fameux sabre. L’idée émane du concept CITROËN C-SportLounge (tout jaune) dévoilé à Francfort en 2005. En comparant le concept et le dessin final, les deux voitures sont très proches, autrement dit la DS5 a repris l’essentiel du dessin du concept car.

D’un coup de Sabre

Mais revenons au sabre inox, il marque ou souligne la transition entre l’avant et l’habitacle en remontant sur la première vitre. Le côté dynamique est également identifiable par le double bossage sur le capot. La ligne générale est, de mon point de vue, à rapprocher à celle d'un break de chasse, une des plus belles carrosseries (toujours de mon point de vue). La surface vitrée est assez faible en hauteur (c’est le côté break de chasse) mais elle couvre l’intégralité de la ceinture de pavillon, lequel est vitré selon la finition. A l’image de l’aileron de requin de la DS3, l’arche de toit, aux couleurs de la carrosserie, ne court pas jusqu’au hayon. Le décroché des vitres arrière repris du concept car ou la découpe des larges portières arrière ou encore la sculpture des vitres de custode sont autant de traits de design caractéristiques. Le court hayon, qui ne peut s’ouvrir qu’avec la clé ou depuis l’habitacle (bof), empiète sur le toit pour faciliter le chargement, caractéristique déjà vue sur le 156 SportWagon d’ALFA ROMEO, un autre très beau break de chasse. Dernier signal partagé avec la DS4 cette fois-ci, l’éclairage arrière par diodes, marqué par deux lignes en forme de sabre.

Désignateur Spatial

On a passé un peu de temps sur le style extérieur extrêmement travaillé et qui devrait remporter une importante adhésion. L’intérieur a tout autant été étudié en style et surtout en qualité. CITROËN place sa DS5 en classe Premium, c’est aussi le propre des DS. Les matériaux tout d’abord, ont été sélectionnés sans chipoter : cuir de qualité (sellerie intégrale ou a minima volant et casquette des compteurs), (vrai) métal (avec une version bouchonnée cousine de celle des ASTON MARTIN) sur console centrale et poignées de portes, plastiques sérieux. Le mélange et les différents ajustements pourront déplaire à certains qui pourront trouver l’ensemble trop surchargé. Cela dit, on s’y fait vite et bien. CITROËN a investi dans une valise (type bijouterie) avec des tiroirs par DS pour permettre de choisir couleur, cuir, matériaux, les combinaisons apparaissent innombrables… Parmi celles-ci, le cuir tissé en bracelet de montre (idem DS4) est également disponible.

S’installer à son volant (typé sport, avec méplat en partie basse) peut décontenancer devant la première impression de complexité et le nombre important des commandes. Pas de style épuré mais un ensemble de commandes disposées un peu partout tel un avion, c’est d’ailleurs la désignation retenue pour le toit vitré avec commandes sur le tunnel central : "cockpit". On s’habitue extrêmement vite car les "toggle switches" (typés aéronautiques) sont disposés logiquement : commandes de vitres sur la console centrale (et non sur les portières), commandes de volets de toit et de réglages de l’écran tête haute sur le tunnel de toit. Les boutons d’appels "CITROËN e Touch" sont également placés en partie haute. Au centre de la console centrale, la molette nommée "désignateur" assure la commande du GPS, des réglages de climatisation etc… En plus de l’écran central, le troisième compteur indique les informations de l’ordinateur et du GPS. Difficile de louper une donnée du véhicule. La vision tête haute ne pouvait être oubliée de la dotation d’une telle voiture. Presque banale, notre version d’essai "Sport Chic" correspondant au haut de gamme, se démarre sans clé.

Dures Suspensions

Les réglages du siège (électriques), du volant et de l’appui-tête assurent une bonne prise en main de la voiture. Tous ces éloges de style intérieur et extérieur nous laissent augurer d’un confort de conduite digne des chevrons. Il faut reconnaître qu’on est surpris de la rudesse des suspensions sur mauvais revêtements. La plate forme de la DS5 partage des éléments communs à celle des C4 Picasso, mais la suspension ne fait pas appel à l’hydraulique. Résultat : les suspensions "classiques" réglées sport peuvent décevoir. Quant à rester dans les points négatifs, la visibilité arrière est plus que limitée (le micro essuie-vitre arrière en est la preuve) vu la configuration de la voiture, que l’on peut compenser par la caméra de recul. La visibilité latérale avant est également perturbée par les montants de pavillon. Les places arrière sont confortables, la voiture est large, et finalement, c’est la garde au toit qui est un peu limitée, toujours eu égard à la configuration break de chasse de la voiture. Il manque le réglage en inclinaison des dossiers arrière qui aurait pu résoudre ce problème, certes réservé aux grands gabarits…

La DS5 est plutôt courte (4,53 mètres), ce qui n’est pas une caractéristique de véhicule Premium réservé à un segment supérieur. Cela laisse augurer d’une intéressante poursuite dans les "Distinctive Series" vers des DS6 ou DS7. A rester dans les perspectives, je verrai bien d’ailleurs une nouvelle ligne de "Sportives Modèles" qui pourrait s’appeler SM… Les porte-à-faux ont été réduits au profit de l’empattement (2,73 mètres), le volume du coffre est très satisfaisant (468 litres sous tablette). Les rangements intérieurs sont plus réduits malgré deux petits coffres supplémentaires dans le cockpit de toit ; le volume de la boîte à gants est assez confidentiel.

Digne Sobriété

La gamme des moteurs est à l’unisson de la classe supérieure de la voiture. La proposition est architecturée autour de deux moteurs essence, deux Diesel et une version hybride. L’offre la plus puissante est assurée par la version THP200, pour mémoire développée en collaboration avec BMW. Cette motorisation essence, déjà présente sous le capot de la DS4, utilise la technologie à injection directe. Associée à une boîte mécanique à six rapports, elle sied parfaitement à ce type de voiture car elle assure le train en silence et en puissance. La consommation moyenne de neuf litres aux cent kilomètres mesurée en essai soutenu à dominante autoroutière laisse présager d’améliorer la valeur. Moins puissante, la THP155 offre une alternative tout aussi intéressante, uniquement associée à la boîte automatique (six rapports). Côté Diesel qui assurera bien évidemment la majorité des ventes, le e-HDi 110 de 112 chevaux avec Stop&Start et boîte pilotée BMP6 ponctue l’entrée de gamme au gazole. Le HDi 160 de 163 chevaux sera privilégié pour ses aptitudes plus en rapport avec le classement de la DS5. Testé avec la boîte automatique à six rapports, il est remarquable de discrétion. C’est sûr, l’insonorisation a également été traitée avec soin.

Le plus technologique des moteurs est incontestablement dans les entrailles de la DS5 H. Le H ne signifie plus hydropneumatique comme il y a cinquante sept ans mais Hybrid4 que l’on retrouve estampillé sur les ailes avant. Ces trois indices distinguent la première CITROËN hybride Diesel et électrique. Le train avant accueille le HDi 160 à l’identique de la version classique, le train arrière troque sa suspension pour un multibras renfermant le moteur électrique d’une puissance de 37 chevaux. Vous noterez que la somme des deux donne 200 chevaux. Ensuite, l’électronique se charge des combinaisons entre moteurs, la boîte BMP6 se charge de gérer les régimes et le conducteur se charge de choisir parmi les quatre modes proposés grâce à une mollette posée sur la console centrale. Contact, molette positionnée sur ZEV (zéro émission véhicule), la batterie sur l’écran du compteur droit indique la charge, sélecteur sur A (comme automatique), la voiture avance en mode 100% électrique dans un silence reposant. Dans les embouteillages et ils n’ont pas manqué, avancer en électrique est tout aussi agréable jusqu’à ce que le HDi se mette en route pour recharger la batterie. L’autonomie est de quatre kilomètres et jusqu’à une vitesse de 70 km/h. Dès que la configuration l’exige, le moteur thermique prend le relais voire accompagne le moteur électrique. En mode Auto, la gestion s’occupe de tout, le compte-tours est remplacé par un indicateur qui donne la tendance en matière de consommation. Sélecteur en position M, les palettes situées derrière le volant permettent de donner toute la cavalerie des 200 chevaux, il suffit de positionner la molette sur Sport. Une dernière position 4WD donne une configuration 4x4 à la voiture pour gérer des passages difficiles où une transmission intégrale est utile. Dans tous les cas, dès que cela est possible, le moteur thermique est coupé de façon à régénérer les batteries. A la moindre descente, lâcher l’accélérateur revient à un impressionnant frein moteur qui recharge mais qui ralentit beaucoup la voiture… Le parcours embouteillage – pente n’a pas permis de faire mieux que 6,9 litres, l’ordinateur de bord qui affiche sous forme de barres verticales la consommation toutes les cinq minutes, nous a même donné un mauvais score de 10 litres… Quelque peu décevante cette consommation, il faudra refaire un essai plus long dans toutes les configurations de route pour se rapprocher des 3,8 litres annoncés par CITROËN (en monte de dix sept pouces). Côté budget, l’Hybrid4 coûte 4.950 € de plus que la simple HDi160 à iso finition mais récupère, pour l’instant, 2.000 € de bonus écologique, le surcoût vaut donc la peine d’investir dans cette version écologique qui affiche 99 grammes de CO2.

Il y a beaucoup de choses à dire sur la nouvelle CITROËN DS5 qui parachève avec classe cette première série de DS. Je n’ai pas parlé des équipements de sécurité nombreux dans la voiture tels l’alerte de franchissement involontaire de file de deuxième génération ou le système de feux de route intelligent. La voiture est incontestablement belle à l’extérieur et à l’intérieur et son contenu technologique ne peut que remporter l’adhésion. La plus distinctive des DS s’apparente plus encore que ses deux sœurs à son illustrissime ancêtre. CITROËN a vraiment mis tous les atouts (à la suspension près, un comble pour le spécialiste de l’hydropneumatique) dans cette voiture pour séduire le plus grand nombre et remporter tous les suffrages en 2012…

Philippe NIOLLET

2011-11-10