FORD Focus 1.0 SCTI 125 Titanium

ESPACE Berline
  • Moteur performant et sobre
  • Insonorisation
  • Sécurité
  • Habitabilité et coffre
  • Ergonomie des commandes
  • Sièges et suspensions un peu fermes
  • Quelques à-coups

Prix : 22 150 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 3 cylindres en ligne - 12 soupapes Turbo essence à injection directe
Cylindrée 999 cm³
Puissance maxi 125 ch à 6000 tr/min
Couple maxi 17.34 mkg à 1500.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.36 m
Largeur 1.82 m
Hauteur 1.48 m

Poids

Total 1280 kg

Capacités

Coffre de 363 à 1148 dm³
Réservoir 55 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 193 km/h
0 à 100 km/h 11.30 s

Environnement

Emission CO2 114 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 4.20
Urbaine 6.30
Mixte 5.00
Essai 6.30

CHAMPIONNE DU MONDE !

Si les moteurs Diesel, très prisés en Europe et particulièrement en France, ont moins d'impact en termes d'émission de CO2 que les moteurs à essence, du fait de leur moindre consommation, ils sont par contre plus polluants en ce qui concerne les rejets de particules et d'oxydes d'azote. Le prix plus avantageux du gazole à la pompe et les "bonus écologiques" à l'achat, basés sur le CO2, ont incité les automobilistes à acheter massivement ces véhicules (75 % des ventes en France en 2011), mais les nouvelles normes Euro 6, applicables en 2013-2014, plus contraignantes notamment vis-à-vis des oxydes d'azote, vont renchérir les motorisations Diesel, rendant leur rentabilité aléatoire, surtout pour les petites cylindrées. En parallèle, les constructeurs s'intéressent à nouveau aux moteurs à essence et en améliorent le rendement. FORD propose sur la Focus un étonnant petit moteur d’un litre de cylindrée alliant performances élevées et consommation réduite.

Le moteur de l'année 2012

Entrons immédiatement dans le vif du sujet. Equipée de ce nouveau moteur, la Focus 1.0 SCTI 125 s'est appropriée seize records mondiaux de vitesse, dans sa classe de cylindrée, sur l'anneau de Mortefontaine, dans l'Oise, du kilomètre départ arrêté (113,522 km/h) à un roulage de 24 heures pendant lequel elle a parcouru 4.104,7 km à la vitesse moyenne de 171,029 km/h en passant par 191,056 km/h de moyenne, la plus haute vitesse enregistrée, sur la durée d’une heure, prouvant ainsi sa résistance mécanique. Ces excellentes performances ont été obtenues grâce à des solutions techniques sophistiquées : moteur à trois cylindres réduisant la masse, les frottements et l'encombrement, injection directe d'essence, lubrification et refroidissement optimisés, distribution variable, système "Start/Stop". A l'usage, la Focus est très agréable à mener ainsi motorisée. Le couple est disponible dès les plus bas régimes, permettant une conduite souple en ville et la puissance disponible en haut du compte-tours autorise de belles accélérations. Sur route, la sixième vitesse, raisonnablement surmultipliée, permet de circuler sans trop avoir à rétrograder, sauf quand même pour les dépassements et, sur autoroute, le régime pas trop élevé (moins de 3.000 tr/mn à 130 km/h) modère les décibels et la consommation. Parlons-en de la consommation. Comme d'habitude les chiffres théoriques annoncés sont en-dessous de la réalité. Lors de l'essai, à peu près équitablement réparti entre trajets routiers et autoroutiers et un peu de circulation urbaine, la consommation moyenne s'est établie à 6,3 l/100 km. C'est un bon litre de plus qu'annoncé (5 l/100 km) et que la Focus Diesel comparable (1.6 TDCI 115) mais c'est malgré tout un résultat très honorable et il faudra faire beaucoup de kilomètres avec la version Diesel pour amortir son prix supérieur de 1.700 €… La Focus 1.0 STCI est également disponible avec une puissance ramenée à 100 chevaux, affichée (cinq portes) à 21.350 € en finition Titanium, consommant, théoriquement, un peu moins (4,8 l/100 km). Autre point fort de ce 1.000 cm3, son absence de vibrations, bien qu'il n'ait pas d'arbre d'équilibrage, remplacé par six contrepoids sur le vilebrequin. Le fonctionnement général de ce moteur est très doux, sauf lors de changements de vitesses vifs, générant quelques à-coups assez secs. 

Un châssis à la hauteur

Un excellent moteur c'est bien, mais quand les prestations du châssis sont au diapason, on obtient un véhicule très agréable à conduire. C'est le cas de la Focus. Les suspensions, assistées par un différentiel électronique actif qui améliore la stabilité et l’agilité du véhicule en virage, maintiennent bien la caisse lors des sollicitations latérales et longitudinales - courbes et virages sont négociés sans roulis et les cabrages et les plongées sont limités lors des accélérations et freinages - tout en assurant un confort correct aux passagers malgré un peu trop de fermeté à basse vitesse. Les sièges ont également un maintien un peu ferme, toutefois sans excès. Le silence de fonctionnement est remarquable, même à vitesse soutenue sur autoroute. La direction précise, la boîte facile, et les freins efficaces complètent le tableau. Evidemment, l'ESP et l'ABS aident le conducteur dans les phases de conduite difficiles et les airbags protègent les passagers en cas de choc. La Focus a d'ailleurs obtenu cinq étoiles aux "crash-tests" EuroNCAP en 2012. 

Une ligne dynamique

La troisième génération de Focus, commercialisée depuis le printemps 2011, a bien évolué au niveau du style. Les traits sont plus marqués, les lignes plus étirées, particulièrement avec l'aileron de toit optionnel (150 €), et l'aspect est plus cossu que la version précédente. Une fois n'est pas coutume, c'est l'arrière qui a le plus changé. Les minces feux verticaux encadrant le hayon de la Focus II ont été remplacés par des optiques épousant les lignes de la carrosserie, débordant largement sur les ailes et abaissées, habillant mieux l'arrière, un peu dénudé sur le précédent opus. L'avant a aussi été retouché, principalement la calandre et le bouclier. La qualité de la peinture fait bonne impression, le rouge métallisé du modèle d'essai étant du plus bel effet.

Beaucoup de boutons…

L'habitabilité, les nombreux rangements et le volume du coffre sont satisfaisants pour quatre passagers et leurs bagages. On voyage à l'aise dans la Focus. Un effort a été fait sur les matériaux utilisés qui sont agréables à l'œil et au toucher, malgré quelques plastiques durs sur les contre-portes et le bas de la planche de bord et quelques ajustements d'éléments manquant un peu de précision. L'instrumentation est classique avec le compteur de vitesse et le compte-tours encadrant la jauge à essence, le thermomètre et l'écran de l'ordinateur de bord. La console centrale supporte les commandes de la climatisation, celles de la radio et de la navigation, pilotées par une kyrielle de boutons et un pavé de déplacement dans les menus. Les informations de ces systèmes s'affichent sur le petit écran central, trop petit pour le guidage GPS. Des boutons et des manettes, on en trouve également à profusion sur et derrière le volant qui, par ailleurs, cache la molette de mise en marche de l'éclairage ; heureusement, il y a une position "allumage automatique". Il faut un certain temps d'adaptation pour appréhender toutes les fonctions et visuellement l'ensemble fait un peu chargé.

Beaucoup d'équipements…

Soyons positifs : s'il y a beaucoup de boutons, c'est qu'il y a beaucoup d'équipements ! De série la Focus Titanium est richement équipée, avec l'ensemble des dispositifs automatiques actuels, et en option on peut encore en ajouter. La voiture d'essai disposait du pack "Sécurité Intégral" (1.200 €). Si certaines de ses fonctions sont intéressantes comme le "BLIS" avertissant qu'un véhicule est dans un angle mort (à droite et à gauche) ou le "Lane Keeping Aid" faisant vibrer le volant lorsque l'on franchit une ligne sans actionner le clignotant, ou agissant directement sur la direction si la caméra détecte un déport involontaire, d'autres sont moins convaincantes. Le système de reconnaissance des panneaux de signalisation "oublie" d'en lire quelques-uns quand on est à gauche ou en lit de trop - panneaux de limitation de vitesse des bretelles de sortie d'autoroute quand on roule sur la file de droite - et les retire trop rapidement de l'écran d'affichage. L'aide au démarrage en côte retient trop longtemps la voiture et la libère d'un seul coup, occasionnant un soubresaut assez sec. J'ai testé involontairement le système de détection de collision et freinage automatisé à faible vitesse "Active City Stop" qui a eu "peur" de la barrière de péage et a freiné sèchement la voiture avant que le récepteur "Liber-T" ait eu le temps de détecter mon émetteur. D'autres dispositifs sont également présents, tels le système de détection de la somnolence qui analyse la conduite et envoie messages et rappels sonores, gradués en intensité, si les paramètres du niveau de vigilance sont estimés insuffisants ou dans le pack "City Easy" (490 €) le "Ford Active Park Assist" assistance de stationnement semi-automatique (non testé). Ces systèmes apportent certes un plus en termes de sécurité, mais il faut s'y habituer, ne pas s'y fier aveuglément et continuer à être vigilant en conduisant.

Equipée de ce brillant petit moteur 1.0 SCTI Ecoboost, la FORD Focus lance un gros pavé dans la mare du Diesel. Cette motorisation est performante, sobre et silencieuse et, à moins de rouler beaucoup, il faudra bien peser le pour et le contre avant d'acheter un Diesel équivalent, beaucoup plus onéreux. Pour le reste, c'est une Focus, c'est-à-dire une excellente compacte sûre, agréable et sans faiblesse marquante.

Daniel DECHENE

2012-07-09