ALFA ROMEO MiTo 0.9 TwinAir 85 Distinctive

ESPACE COMPACTE
  • Ligne ALFA ROMEO
  • Agrément de conduite
  • Ambiance intérieure sportive
  • Moteur vivant
  • Un peu gourmande
  • Suspensions fermes
  • Accès et habitabilité arrière
  • Beaucoup d’options

Prix : 17 500 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 2 cylindres 8 soupapes système MultiAir Turbo essence injection
Cylindrée 875 cm³
Puissance maxi 85 ch à 5500 tr/min
Couple maxi 14.80 mkg à 2000.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.06 m
Largeur 1.72 m
Hauteur 1.45 m

Poids

Total 1130 kg

Capacités

Coffre de 270 à 684 dm³
Réservoir 45 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 174 km/h
0 à 100 km/h 12.50 s

Environnement

Emission CO2 98 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 3.80
Urbaine 4.90
Mixte 4.20
Essai 7.00

UN VAILLANT PETIT MOTEUR

Commercialisée en 2008 l’ALFA ROMEO MiTo (pour Milano et Torino, sites industriels historiques d’ALFA ROMEO et de FIAT), première citadine de la Marque, croise le fer avec les petites "chics et branchées" représentées par les AUDI A1, CITROËN DS3, FIAT 500 et l’inévitable MINI de BMW. En 2012, la MiTo a reçu le bicylindre essence TwinAir, moteur de l’année 2011, inauguré par la FIAT 500, qui tente de concilier vivacité et sobriété. Qu'en est-il réellement ?

Ligne ALFA ROMEO

La MiTo est bien une ALFA ROMEO. Elle adopte l'actuel air de famille de la marque - repris également par la Giulietta - dévoilé par la fabuleuse 8C Competizione. Le capot triangulaire est fortement nervuré et se termine sur la célèbre calandre en pointe encadrée par deux grands blocs optiques. La plaque d’immatriculation est décentrée, signe distinctif remis au goût du jour, depuis 1997, sur la 156. L’arrière, trapu, avec un hayon bombé encadré par les feux ronds, est également réussi, et le profil est caractérisé par une ceinture de caisse haute et des passages de roues bien marqués. Tendance sportive oblige, la MiTo ne dispose que d’une porte par côté, comme ses rivales susnommées. Quelques touches de chrome (option à 200 €) et de belles jantes en alliage (de série) soulignent son esthétique avenante. ALFA ROMEO n’a pas jugé les baguettes de protection nécessaires, estimant sans doute que ses clients sont des as du volant. Attention donc en manœuvrant, d’autant plus que la visibilité vers l’arrière est plutôt réduite. Le radar de recul (option à 350 €) sera utile, même pour les champions.  

Ambiance intérieure sportive

En ouvrant la porte de la MiTo, on n’est pas déçu. L’ambiance sportive, typiquement latine, donne tout de suite envie de conduire. En s’installant dans le siège très enveloppant, à l’assise agréable et aux réglages toutes dimensions, comme le volant, le conducteur apprécie le beau combiné d’instruments avec les indications en italien (benzina, acqua, giri… un charme inégalable), le volant, frappé du blason ALFA ROMEO, recouvert de cuir et paré d’inserts en alu, tout comme les poignées de porte, l’entourage du combiné radio/navigation et sur la console centrale. L’ensemble est bien présenté et la qualité des matériaux et de leurs assemblages est plutôt satisfaisante.

 

Beaucoup d’options

 

La Mito TwinAir essayée, en finition Distinctive (17.500 € en décembre 2012), propose un équipement de série suffisant (climatisation manuelle, radio CD MP3 six HP avec commandes au volant, jantes alliage 16 pouces, vitres électriques, régulateur de vitesse…). Toutefois, à ce prix, certains éléments tarifés en supplément pourraient quand même faire partie de la dotation de base, tels l’ordinateur de bord (150 €), les tapis de sol (60 €) ou le pédalier en alu perforé (100 €). Si on peut admettre que le système RadioNav (radio CD MP3 et navigation GPS avec écran couleur) soit en option, son prix, 1.100 €, fait quand même un peu tousser… En se laissant tenter, l’addition monte vite. Ainsi, la voiture essayée, équipée de plusieurs packs et options du catalogue, dépassait largement les 21.000 €.

Coupé deux plus deux

Avec ses 4,06 mètres, la MiTo est plutôt une grande citadine, mais elle ne convient vraiment qu’à deux personnes, plus deux occasionnellement. D’ailleurs, de base, la banquette arrière n’a que deux places et il faut ajouter 300 € (encore) pour qu’un troisième (petit) passager puisse s’installer. Quant à l’accès à ces places arrière, il est difficile, comme sur toutes les voitures ne disposant que d’une porte par côté. L’aspect pratique a été oublié lors de la conception de la MiTo : il y a peu de rangements, les bacs des portes sont très étroits et si le coffre est d’un volume acceptable dans cette catégorie (270 litres), le charger et le décharger équivaut à une bonne séance de musculation compte tenu de la hauteur du seuil à franchir. Donc, si vous voulez une citadine pratique et habitable, il faudra faire des concessions…

MultiAir et DNA

Le MultiAir est un système électro-hydraulique qui gère les soupapes et contrôle le flux d'air et la combustion de chaque cylindre, permettant une réduction des émissions polluantes et la consommation. Le DNA pour Dynamic, Normal, All weather, quant à lui, permet de sélectionner un mode de conduite en fonction des circonstances de circulation. Le mode Normal est adapté à la circulation urbaine : le couple moteur est réduit (11,2 mkg à 2.500 tr/mn au lieu de 14,8 mkg à 2.000 tr/mn), rendant la pédale d'accélérateur moins réactive, et la gestion de la climatisation est optimisée, ce qui favorise la réduction de la consommation bien aidée également par le "start/stop". Par ailleurs, l'assistance de la direction est accentuée pour une conduite plus légère. Le mode All weather favorise la tenue de route en conditions de mauvaise adhérence en agissant sur le paramétrage du moteur, de l'ABS et de l'ESP. Dynamic, pour sa part, est orienté vers le plaisir de conduite. J'ai bien essayé le mode N, pour voir, mais une ALFA ROMEO asthmatique, c'est triste ! En route donc avec Dynamic.

Moteur dynamique et (un peu) gourmand

De prime abord, un bicylindre évoque plutôt les voitures économiques des années 50, genre FIAT 500 ou CITROËN 2CV et en tournant la clé, on se demande bien quel bruit va sortir de l'échappement. Les acousticiens ALFA ROMEO sont heureusement passés par là et la sonorité de la MiTo TwinAir fait plutôt dans le registre moto. En mode Dynamic, il se débrouille plutôt bien ce petit moteur. Il est quand même un peu pointu par le fait qu'il ne se passe pas grand-chose avant 2.000 tr/mn, puis il monte vigoureusement en régime jusqu'à sa puissance maximale (5.500 tr/mn), pour s'effondrer brusquement passé ce cap. Heureusement, la boîte six vitesses à l'étagement serré permet de le maintenir dans une plage de régimes favorable. On profite bien de cette tonicité, du coup la consommation "en prend un coup". Sur de petits trajets, assez roulants, en Ile de France, la consommation moyenne s'est établie à 7 l/100 km. Ce n'est toutefois pas trop exagéré et on doit pouvoir grappiller quelques décilitres en surveillant sa conduite et en utilisant le mode Normal, mais on restera de toute façon bien loin des chiffres officiels…    

Comportement dynamique et confort "sportif"

Dès les premiers kilomètres, on est renseigné sur l'option prise par ALFA ROMEO pour les réglages des suspensions : comme pour le moteur en mode Dynamic, c'est l'option plaisir de conduire qui prévaut. Les suspensions maintiennent fermement la caisse qui n'est guère sujette au roulis et permettent à la MiTo de virer rapidement, bien guidée par une direction précise et avec une motricité sans faille due au différentiel autobloquant électronique Q2, un des nombreux dispositifs électroniques chargés de contrôler le comportement de la MiTo (dix dénombrés dans la fiche technique). Pour sortir de la route avec une telle armada de surveillants, il faut le faire exprès ! Si malheureusement cela arrive, sept airbags protègent les passagers, la MiTo a d'ailleurs reçu cinq étoiles aux crash-tests EuroNCAP. Le freinage rassure également par son côté puissant et progressif. Donc, tout est pour le mieux ? Pas tout à fait, car dès que le revêtement n'est plus lisse comme un billard, la Mito secoue généreusement ses passagers. Cela participe à l'ambiance sportive pendant quelques kilomètres, mais c'est éreintant à la longue.

J'ai beaucoup aimé cette petite ALFA ROMEO avec son style, son agrément de conduite, son bruit très italiens, sa sécurité aussi. On s'amuse bien à son volant grâce à son atypique bicylindre, très vivant, au détriment malgré tout de la consommation d'essence. Tout n'est cependant pas parfait, tels l'habitabilité et l'accès aux places arrière, la suspension sèche, et si le prix de base n'est pas exagéré, la note finit par être salée si on se laisse tenter par l'épais catalogue des options.

Daniel DECHENE

2012-12-15