CITROEN DS3 Cabrio 1.6 THP 155 Sport Chic

ESPACE Cabriolet
  • Véhicule atypique
  • Déco Monogramme
  • Motorisation THP
  • Trépidations sur mauvais revêtement
  • Accessibilité au coffre
  • Lisibilité GPS (toit ouvert)

Prix : 24 250 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres en ligne - 16 soupapes - injection directe d’essence, turbo 1,8 bar
Cylindrée 1598 cm³
Puissance maxi 156 ch à 6000 tr/min
Couple maxi 24.40 mkg à 4000.00 tr/min

Dimensions

Longueur 3.95 m
Largeur 1.72 m
Hauteur 1.48 m

Poids

Total 1156 kg

Capacités

Coffre de 245 à 0 dm³
Réservoir 50 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 214 km/h
0 à 100 km/h 7.40 s

Environnement

Emission CO2 137 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 4.80
Urbaine 8.00
Mixte 5.90
Essai 7.50

DECOUVERTE

La CITROËN DS3 se découvrirait-elle au pluriel ? En effet, le sympathique diminutif Cabrio affecté à cette version de la DS3 en dit long sur qu’est ce modèle. Ce n’est pas vraiment un cabriolet, car les vitres fixes à l’arrière et les montants sont toujours là. La DS3 Cabrio ne peut renier un cousinage avec la C3 Pluriel, moins fun il est vrai, et sa glorieuse aïeule la 2CV. Les arches démontables de sa devancière, dont on ne savait que faire une fois déposées, n’ont plus lieu d’exister sur la DS3. La vitre arrière, qui coulissait dans la porte de coffre sur la Pluriel, repose sur la plage arrière lorsque la toile est totalement rétractée sur la DS3. Ceci en fait un véhicule découvrable. Doit-on en déduire pour autant que CITROËN a gardé ce qui était mythique sur la 2CV, et positif sur Pluriel, pour concevoir la version Cabrio de DS3 ?

Inspection statique

Vous ayant déjà présenté la DS3 THP 150 en Juillet 2010, je me suis amusé à mettre en évidence les éléments marquant l’évolution de la version Cabrio, en regard de sa sœur non découvrable. Au premier abord, dans sa livrée rouge rubis et grise, notre modèle d’essai est à croquer. C’est son toit de toile en déco "Monogramme" qui trahit la version Cabrio, ainsi que le jonc chromé en partie supérieure de la porte de coffre, l’encadrement de la vitre de custode et l’absence d’essuie-glace. De face ou de profil, elle apparaît semblable à la version normale. Et nous allons voir comment CITROËN a beaucoup travaillé la partie arrière de la voiture. Découvrir la DS3 imposait de garder sa rigidité à l’utilisation. La poutre haute transversale arrière devant disparaître, CITROËN a placé un pont rigide plus bas, au niveau de la plage, formant la base de la plage arrière, derrière les hauts de dossiers de sièges. Cet élément, habillé de plastique en partie supérieure, reçoit les vêtements lorsque le véhicule est couvert, et la vitre arrière rigide lorsque le toit en toile est totalement rétracté. Vous l’avez vous-même déduit, il n’est point question sur la DS3 de version à hayon basculant façon plateau en position ouverte. Le coffre cubique est accessible par une petite bouche de l’extérieur, et par une ouverture plus généreuse derrière les dossiers de la banquette arrière fractionnable. Il est plus facile de passer les objets encombrants par cet accès, qui demande de découvrir le toit pour une plus grande aisance. Il n’en reste pas moins qu'il faut faire preuve d’une certaine souplesse et force physique pour manœuvrer les objets encombrants par ce chemin détourné. La porte du coffre est articulée façon pantographe et vient se plaquer le long de la carrosserie, au niveau de la vitre arrière. Cette manœuvre d’ouverture n’est pas réalisable avec le toit totalement rétracté car le becquet dépasse. La DS3 doit donc, de sa propre initiative, remonter le toit partiellement pour replacer le becquet dans sa position haute et donc la vitre en position verticale avant de s’ouvrir. Pour en finir avec cette partie fort intéressante, on notera que la contenance du coffre passe de 285 à 245 litres, et n’est plus mesurée avec la banquette arrière rabattue. CITROËN a dû faire des concessions, et le coffre a souffert quelque peu de la mutation.

Côté équipement, le dessous du coffre voit le retour d’une roue de secours galette, ce qui n’est pas pour me déplaire, à la place du kit crevaison de la version normale. Même si extraire et replacer la roue requiert un peu de contorsion, je reste favorable à la présence de cette cinquième roue. Ensuite, pour revenir au volume habitable, la traverse haute de pare-brise paraît renforcée, et son habillage intérieur se creuse pour recevoir les pare-soleils qui ne dépassent pas. La manœuvre de vitre côté passager avant n’est toujours pas à impulsion, toujours aussi mesquin. La boîte à gants aurait mérité une serrure, ainsi que les verrous de dossiers arrière, non ? Les sièges avant sont toujours aussi bons, et la banquette arrière toujours aussi insipide. Personnellement, j’aurais profité de la genèse de la version Cabrio pour placer à l’arrière deux fauteuils individuels mieux dessinés et plus confortables, comme à l’avant, quitte à en faire une quatre vraies places plutôt qu’une cinq places occasionnelle.

Essai dynamique

Il ne nous reste plus qu’à avaler quelques centaines de kilomètres, par un beau week-end d’été. Direction la Normandie, départ en configuration fermée. Deux éléments se manifestent rapidement. Le premier concerne l’aspect sonore. Le toit de toile n’apporte pas un filtrage de même niveau que le toit en dur. Les bruits extérieurs sont donc plus manifestes à l’intérieur, sans être réellement gênants. En contrepartie, la sonorité du moteur, bien travaillée, nous gratifie de sa mélodie prometteuse. Le second apparaît sur revêtement aléatoire. La voiture est prise de trépidations, contenues il est vrai, mais présentes tout de même. Ces trépidations sont bien filtrées par les sièges avant, mais moins par la banquette arrière. Et les vibrations remontant dans le miroir de rétroviseur intérieur rappelle sans cesse au conducteur qu’elles sont présentes. Nous essaierons de comprendre ce phénomène un peu plus tard.

Comme diraient les motards, GAZ ! Sur ce point, la DS3 est fort bien pourvue, et la mécanique vive. La DS3 est faite pour ce type de motorisation qui lui permet de s’exprimer totalement et de mettre en exergue sa vocation délurée. Le passage des rapports demande une coordination main/pieds ajustée afin d’éviter les à-coups qui se manifestent au moindre décalage. Le mieux est de décomposer, le passage du rapport, puis prise d’embrayage et accélération. Pour le reste, c’est un plaisir, identique à celui distillé par la version normale. La tenue de cap est sans faille, le freinage également. Le comportement général est précis, les remontées de sensations suffisantes sans être marquées comme sur la version Racing. Passons maintenant à l’objet primordial de notre essai, concentré autour des différentes configurations du toit. Pour commencer, ouverture faible du toit, de quoi dégager le filet anti-remous. Le petit passage de vent est acceptable pour tous les passagers, à l’avant comme à l’arrière, et apporte de la clarté dans l’habitacle. En revanche, le passage du vent est sonore, pas en ville mais sur route et, suivant l’angle du soleil, l’écran du GPS se révèle illisible pour cause de reflet gênant. Pas de bruits de structure à signaler. Passons maintenant à l’ouverture intermédiaire, toit replié jusqu’au becquet. Dans cette configuration, l’aspect sonore s’atténue, les remous sont contenus en ville, et perceptibles sur route. Ils nécessitent de se protéger un peu (cou et tête), ou de se serrer contre la vitre latérale, mais l’ensemble reste acceptable sur courte distance. Pour la lecture GPS, pas d’amélioration. Pour la clarté de l’habitacle, c’est nettement mieux ! Côté bruits de structure, toujours rien à signaler. Enfin, le toit rétracté au maximum, l’aspect sonore ne varie pas. Les remous restent contenus en ville et s’intensifient sur route, surtout aux places arrière. La lecture du GPS est toujours aussi perturbée. La clarté reste au bon niveau. Un point important à signaler dans cet état concerne la vision arrière. La toile repliée masque la vue et il n’est plus possible de se servir du rétroviseur intérieur. Il convient de tout vérifier avec les rétroviseurs extérieurs, bien dimensionnés il est vrai. Et toujours pas de bruits de structure. La raideur des panneaux latéraux (montants et vitres) est donc satisfaisante.

Retour à la maison, pour inspection des dessous de la belle… Sous le compartiment moteur, pas de cache intégral, mais une protection inférieure supplémentaire côté distribution, à déposer lors de la vidange moteur. La barre qui relie les deux parties avant du H supportant les triangles inférieurs est toujours là, et n’a pas été modifiée. Rien d’autre à signaler à ce niveau. Sous le plancher arrière, le réservoir à carburant, bien qu’annoncé à cinquante litres de contenance, paraît petit. L’essieu arrière en H est bien protégé au niveau de ses fixations antérieures. Les ressorts ne sont pas couplés aux amortisseurs, ce qui facilite le remplacement de ces derniers, merci CITROËN. Enfin, et c’est le point intéressant, des masselottes, de compensation de masse ou d’équilibrage, sont installées sur chaque longeron, en arrière des trains. Celle de gauche a une forme de disque (façon masse d’haltérophilie), fixée via un silentbloc caoutchouc, donc non bridée. Celle de droite est cubique, évidée en son centre, fixée via un silentbloc caoutchouc et donc non bridée également. Ces masses sont absentes des versions Racing et THP non découvrables. Leur emplacement ainsi que leur mode de fixation peut être confronté avec le phénomène de trépidations. Il est clair que la présence de ces pièces peut contenir la manifestation de tremblements ou mieux assoir la partie arrière de la voiture. Ceci étant, si c’est le cas pour les trépidations, le modèle de calcul est un peu juste, et le résultat seulement presque bien. Ce point est donc à améliorer. 

Acceptation finale

La CITROËN DS3 Cabrio, comme sa sœur non découvrable, est une voiture plaisir. Elle va même un peu plus loin avec ses compromis plus marqués. J’aimerais pouvoir écrire extrême sur les compromis, mais cela reste réservé à une DS3 plus exclusive avec deux fauteuils à l’arrière, deux vitres électriques avant à impulsion, le démarrage sans clé, et un équilibre exempt de trépidations. Encore un petit effort ! Et son tarif de base à 24.250€, un peu élevé dans sa livrée actuelle, sera pleinement justifié. Côté clientèle, la DS3 Cabrio est parfaite pour emmener deux personnes et leurs bagages. 

Jacques FORGE

2013-09-11