CITROEN C4 Cactus e-HDi 92 ETG6 Shine

ESPACE Compacte
  • Look
  • Innovations
  • Consommations
  • Confort
  • Economie d’équipements de confort
  • Lenteur boîte ETG6

Prix : 22 300 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres - 8 soupapes - turbo Diesel, injection directe, rampe commune
Cylindrée 1560 cm³
Puissance maxi 92 ch à 4000 tr/min
Couple maxi 23.00 mkg à 1750.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.16 m
Largeur 1.73 m
Hauteur 1.53 m

Poids

Total 1130 kg

Capacités

Coffre de 348 à 1180 dm³
Réservoir 50 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 182 km/h
0 à 100 km/h 12.60 s

Environnement

Emission CO2 94 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 3.50
Urbaine 3.90
Mixte 3.60
Essai 4.40

CACTEE CHEVRONNEE

Après la C3 Pluriel il y a onze ans, c’est une C4 singulière qui vient d’arriver chez CITROËN. Derrière le rassurant sigle désignant le quatrième niveau de la gamme C, c’est une famille très hétéroclite qui apparaît avec un deuxième nom plus révélateur et plus fun : Picasso, Grand Picasso, Aircross et maintenant Cactus. Le patronyme "cacté" du concept-car dépouillé façon 2 CV a été repris pour un véhicule atypique n’ayant pas de rapport avec son aîné excepté son côté baroudeur qui fait le lien avec la plante des régions chaudes. La constructeur renouerait il avec son passé révolutionnaire ?

Baba cool

Elle a été une des stars du dernier Salon de Genève où on l’a découverte sous toutes les coutures. Evidemment le look est sa marque de fabrique, en ligne avec le côté baroudeur ou baba cool qu’on lui prête. Mais on attend aussi des astuces et des signes d’innovation dignes du double chevron. La face est dans la lignée des Picasso avec des LEDs diurnes haut perchées. Les optiques sont reléguées en partie inférieure, cachées dans des protections en plastique. Les chevrons, nouveaux pour l’occasion avec un intérieur noir mat, font office de calandre. L’arrière plus classique est lui aussi rehaussé de larges parties en plastique de la même couleur qu’à l’avant. Ce n’est plus un mystère, l’innovation la plus voyante de la Cactus est sa ceinture de protections qui recouvre une bonne partie de la carrosserie et particulièrement les portières. La C4 est armée pour la ville, ça gâche le côté baroudeur, mais il faut se faire une raison, la voiture passera le plus clair de son temps en ville et dans des parkings. Et là, on se rit des coups de portière des voisines jalouses, l’Airbump®, nom de la fameuse protection latérale, est constitué de cellules remplies d’air assurant le rôle d’amortisseur des petits chocs du quotidien. CITROËN a déposé dix brevets et testé la durée de vie des bulles. Pour bien marier son Airbump à sa Cactus préférée, le catalogue prévoit quatre couleurs dont le "Chocolate" de ma voiture d’essai blanc nacré. Vu qu’il n’existe qu’une combinaison blanc/noir gratuite, le mariage réclamera, selon la teinte choisie, une dot comprise entre 300 et 870 € pour une des vingt autres combinaisons possibles.

La ligne générale de la C4, à ranger (si on veut) dans la rubrique Cross Over, s’apparente à celle d’un SUV sans la position haute de l’assise, du fait de la faible hauteur de caisse rapportée au grand passage des roues. Les barres ou plutôt les lames de toit y ajoutent le côté baroudeur. Et vu que la voiture débute sur nos routes, l’intérêt du quidam ou de l’automobiliste resté un temps à ma hauteur sur l’autoroute, est manifeste avec une envie irrépressible d’appuyer son doigt sur l’Airbump (à l’arrêt) et de voir si l’intérieur est à l’unisson de l’extérieur…

Cabas full

La réponse est oui ! Pas de sophistication inutile (l’ancienne réputation est oubliée), ni apparente, l’habitacle se veut simple et limite baba cool là aussi. Les poignées intérieures de portières sont des vraies sangles (façon malle), la planche de bord est réduite à sa plus simple expression, tout comme la console centrale quasi inexistante. En effet, le bloc compteur se limite à une mini tablette et la console à une autre tablette, de sept pouces cette fois ci. A part quelques boutons, et encore ma voiture haut de gamme avait des options, et ceux du volant multifonctions, il n’y a rien d’autre ! La mini tablette compteur indique la vitesse en chiffre, les voyants, les infos du régulateur et la jauge de carburant. Le reste comme la climatisation, est commandé par la tablette tactile (non amovible). Elle est extrêmement simple à utiliser car très intuitive. Le très joli volant cuir bicolore est très agréable, dommage juste qu’il ne soit pas réglable en profondeur (encore une économie).

La version essayée était équipée de la transmission ETG6 désignant la boîte pilotée. Ce que l’on croit être le sélecteur de vitesses placé en avant des sièges, est en fait le frein à main. La commande de boîte est réduite à trois touches D, R et N placées sous la tablette tactile. En cela, rien de nouveau, ce type de commandes existait déjà dans les américaines des années 50 mais l’idée de les remettre au goût du jour est fameuse. En complément indispensable, des palettes fixes sont prévues derrière le volant.

Mais restons dans l’habitacle éclairé dans ma version d’un toit vitré panoramique (option à 600 €) non occultable car à haute protection thermique et non ouvrant. Le confort est indéniable grâce aux deux sièges avant pullman par leur largeur, qui donne une impression de banquette avant. La politique économique (poids et finance) appliquée à la C1 prive aussi notre Cactus de réglage en profondeur du volant, de vitres à impulsion à l’avant et d’ouverture de vitres à l’arrière autrement que par compas. La contrepartie ajoute des rangements supplémentaires dans les contre-portes arrière. Si dans notre cas, le massif accoudoir central commun aux deux sièges avant façon banquette des américaines des années 50 (et oui encore), ne contient pas de rangements, la boîte à gants est vaste sans compter le mini bac en partie inférieure. Son positionnement en haut de planche a été possible en ayant caché le grand airbag passager dans le toit "Airbag In Roof" à la manière d’un airbag latéral. En guise de punition, le passager avant se passera d’aérateur droit et, étonnant, de miroir de courtoisie sur son pare-soleil. L’accessoire est réservé au conducteur ou à la conductrice. Les passagers arrière ont la sensation d’une assise surélevée. C’est l’occasion de signaler que la banquette arrière est d’un seul tenant (toujours l’économie de masse et de prix). La Cactus est une voiture relativement courte (4,16 m) soit la longueur de son cousin 2008 et seulement huit centimètres de plus qu’un C3 Picasso. Le coffre est logeable et acceptera tous vos cabas avec un volume de 348 litres sans roue de secours (option à 120 €), juste handicapé par un seuil de chargement assez haut.

Papa roule

Notre cactée chevronnée récupère les dernières motorisations du groupe. Signe des temps, ce sont quatre propositions essence et seulement deux Diesel que l’on trouve sous le capot de la C4 Cactus. La gamme sans plomb est constituée de la série Pure Tech de 75 et 82 chevaux et au sommet de l’e-THP de 110 chevaux. Aucun des moteurs n’est pénalisé par un malus. Les Diesel non plus, avec en entrée l’e-HDi de 92 chevaux de ma Cactus d’essai et en "haut" le BlueHDi de 100 chevaux. Etonnant de proposer deux moteurs de puissance aussi proche même s’ils sont issus du même 1,6 litre, pourquoi choisir le 100 chevaux si le 92 peut suffire ? Il s’agit en fait de moteur accommodé de façon différente. La première réponse se nomme transmission : la "e" est exclusivement associée à la boîte ETG6 et la "Blue" à une boîte mécanique à six rapports également. Les prix sont équivalents : 100 € en défaveur de la Blue qui compense par son bonus de 150 € mais qui coûte un cheval fiscal de plus.

Si vous préférez l’automatisme, c’est l’e-HDi qu’il faut choisir. On a affaire à la boîte mécanique pilotée et non à une boîte automatique conventionnelle. La première approche est négative quand on sent nettement le passage des premiers rapports pouvant aller jusqu’à vous faire faire un mouvement en avant. Alors du dosage et une conduite coulée sont indispensables en ayant bien à l’esprit que la voiture n’est pas une sportive ; ça ternit un peu l’image du baroudeur ! Les rapports passent très vite et avec l’habitude, on ne les sent plus passer ou presque. Si on veut utiliser la boîte mécanique plus classiquement, ne serait ce que pour avoir de la puissance au moment voulu il faut enfoncer l’accélérateur en guise de kick down ou pour seulement maintenir le rapport ou mieux et surtout plus efficace, utiliser les palettes. Mais attention, la voiture reprend vite la main. Le rapport engagé est indiqué sur la tablette compteur. La consommation moyenne donnée par l’ordinateur de bord à 4,4 litres, est très honorable. La baroudeuse est une routière familiale ! Mais le plus étonnant est le Stop&Start. Je n’avais pas encore rencontré de système aussi rapide. Il agit en toutes circonstances (la clim était coupée), même moteur froid, dès que la voiture fait montre de stopper, à en devenir gênant lors d’un créneau par exemple. La gêne est finalement plus que relative car le démarrage se fait tout aussi discrètement que l’arrêt. C’est l’utilisation de l’alterno démarreur qui explique ce confort, CITROËN ayant été le précurseur dans le domaine.

Habana pool

A l’image de la nouvelle C1, la tarification de la Cactus affiche un modèle de base "Start", le seul équipé du Pure Tech 75 et monté en quinze pouces à 13.950 €. Le reste de la gamme est en fait constitué de trois niveaux ("Live", "Feel" et "Shine"). Fort heureusement, la tablette tactile de sept pouces fait partie de la dotation de série. Les Cactus profitent aussi d’un régulateur de vitesse et d’un système audio MP3 avec spatialisation du son. La climatisation est offerte à partir de la Feel. Le haut de gamme Shine est évidemment mieux doté avec la caméra de recul, des jantes en alliage de seize pouces, le détecteur de pluie, l’allumage automatique des feux et un pack navigation. La Shine la moins chère est à 18.700 € (sans les options ni les personnalisations) en Pure Tech 82. Et si on peut choisir contre option la combinaison colorée extérieure, on peut aussi agrémenter son intérieur par l’une des trois ambiances de garnissage des sièges, des portes et de la planche de bord comme le "Habana" de ma voiture d’essai.

CITROËN s’est réveillée depuis plusieurs années maintenant, et explore des voies intéressantes. La trouvaille s’appelle C4 Cactus qui se veut simple et économique dans un look décalé de baroudeur. La simplicité est relative car elle dépend de pas mal d’innovations ayant généré quelques brevets. L’économie a cherché le gain de masse en sélectionnant des matériaux tels les aciers spéciaux plus légers et en faisant l’impasse sur des équipements de confort. Le résultat est un véhicule réussi qui devrait plaire et que l’on peut agrémenter à son goût à condition d’y mettre le prix…

Philippe NIOLLET

2014-09-06