VOLVO XC90 D5 AWD Inscription Luxe

ESPACE SUV
  • Ligne réussie
  • Intérieur qualitatif et bien équipé
  • Voyageur au long-cours
  • Habitabilité et coffre même en 7 places
  • Consommation
  • Architecture moteur
  • Comportement pas assez dynamique
  • Prix

Prix : 74 430 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres - 16 soupapes - Turbocompresseur injection rampe commune i-ART Diesel
Cylindrée 1969 cm³
Puissance maxi 225 ch à 4250 tr/min
Couple maxi 40.80 mkg à 1750.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.95 m
Largeur 2.00 m
Hauteur 1.77 m

Poids

Total 2038 kg

Capacités

Coffre de 314 à 1886 dm³
Réservoir 71 L
Nb de places 7

Performances

Vitesse maxi 220 km/h
0 à 100 km/h 7.80 s

Environnement

Emission CO2 149 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 5.40
Urbaine 6.20
Mixte 5.70
Essai 8.50

LA VIE DE CHÂTEAU

Après douze ans de bons et loyaux services, le XC90 passe la main. Ce remplacement est important pour VOLVO, c’est le premier modèle d’une nouvelle ère au cours de laquelle toute la gamme va être renouvelée. Le XC90 deuxième génération en profite pour changer radicalement de ligne et se positionne clairement dans la catégorie premium. Sur ce segment où la concurrence est rude et les cartes déjà distribuées, voyons s’il est suffisamment armé pour affronter les stars de la catégorie. 

Elégance et modernité

Si la première génération ressemblait plutôt à un break baroudeur chic, le nouveau XC90 dispose des proportions d’un véritable SUV. Avec ses 4,95 mètres de long, il joue dans la catégorie des véhicules de taille XL. En plus avec sa taille imposante et sa ligne attirant les regards, il ne passe pas inaperçu.

Les codes de la marque sont bien présents, à l’avant, une large calandre signée diagonalement du nouveau logo maison, à l’arrière les feux allongés encadrant le hayon. La face avant respire la robustesse sans pourtant tomber dans la lourdeur. Elle est soulignée par une signature lumineuse en forme de T. L’argument marketing fait état d’une allusion au marteau de Thor de la mythologie nordique. Sans aller chercher aussi loin, c’est très élégant et reconnaissable de loin. La partie inférieure du bouclier avant varie quelque peu suivant le niveau de finition, oscillant entre luxe et sportivité, cela reste en harmonie avec le dessin de l’ensemble. Son design moderne et épuré marque un renouveau, résolument dans l’air du temps pour VOLVO.

La face avant est une pure réussite mais l’arrière n’est pas en reste. La fine jupe inférieure du bouclier arrière intègre les sorties d’échappement. Le bureau de style est parvenu à distiller un savant mélange de luxe et de notes "off-road". Ces éléments se marient parfaitement avec les feux à technologie LED et leur galbe tout en hauteur, reconnaissable au premier coup d’œil. Pas facile de préserver l’élégance sur un véhicule de cette taille. C’est pourtant ce que les designers ont réussi. C’est une prouesse qui permet au XC90 de se différencier avantageusement sur ce point.

Design scandinave

Réputé pour son excellence dans l’architecture et le mobilier, le design scandinave s’applique également à l’intérieur du XC90. Il est accueillant, sobre et raffiné. Le soin du détail est omniprésent. Les sièges sont confortables et les fonctionnalités complètes. On s’y sent vraiment bien, un peu comme à la maison. Le dessin de la planche de bord est original et épuré et les matériaux judicieusement choisis. Des inserts décoratifs en bois ajoutent une note satinée naturelle.  Les appuis-tête conservent un dessin typiquement VOLVO, les habitués de la marque se sentiront en terrain connu. La grande nouveauté se situe au niveau de l’écran tactile central. A l’image du XC90, l’écran joue dans la catégorie XL. Pour les habitués de la marque à la pomme, ses neuf pouces le place entre un iPad Mini et un iPad Air. Il est même un peu plus grand que celui du nouveau RENAULT Espace, pourtant une référence. L’ergonomie adopte des principes de navigation similaire à ceux d’un iPad ou d’une tablette sous Androïd avec un bouton "home" au centre sous l’écran, encore un détail qui permet de se sentir chez soi. La surface d’affichage généreuse, ce n’est pas juste pour le côté esthétique, cela permet d’afficher en même temps un résumé de toutes les informations liées au confort, de la navigation à la musique en passant par la climatisation. La page de réglages permet d’accéder à un maximum de fonctionnalités principalement liées au confort ou à la sécurité. Le gros avantage est d’éviter l’épidémie de varicelle sur la partie centrale du tableau de bord en limitant le nombre de boutons.

Le bouton de démarrage est original avec sa décoration diamantée. La molette de sélection du mode d’amortissement dispose du même motif décoratif. Cependant, sa manipulation n’est pas des plus agréables car pour valider, il faut appuyer sur la molette et cela a tendance à la faire tourner en même temps.

Un pari osé

La motorisation Diesel dispose de deux niveaux de puissance, 190 chevaux pour la transmission aux roues avant, 225 en quatre roues motrices. Cette dernière sera sans aucun doute la version la plus vendue en France, à la clé, la transmission passe de deux à quatre roues motrices. La cylindrée est de deux litres pour toutes les versions, aussi bien en Diesel qu’en essence. Un moteur de compacte dans un gros SUV, sur le papier cela laisse sceptique. C’est un pari d’autant plus osé qu’aucune alternative de cylindrée n’est proposée, si ce n’est la version hybride qui s’adjoint les services d’un moteur électrique de 87 chevaux en renfort du bloc essence de 320 chevaux.

Pour compenser la faible cylindrée, les ingénieurs maison ont greffé un deuxième turbo et optimisé la gestion de l’alimentation. Résultat, le couple et la puissance sont suffisants mais cela manque quand même de panache. Comparé à la rondeur et à la sensation de facilité d’un six cylindres allemand, l’écart est significatif. Les AUDI Q7, BMW X5 et MERCEDES ML surpassent le XC90 sur le plan de l’agrément moteur. Cependant, l’insonorisation permet de vous épargner la sonorité banale d’un quatre cylindres Diesel. D’un autre côté, cette motorisation procure certains avantages. Le principal est de permettre un  abaissement de la consommation. Elle affiche 5,7 litres en cycle normalisé, il faudra compter un peu plus en utilisation réelle. Sur un parcours routier de 200 kilomètres environ, nous avons consommé 8,5 litres. Une belle performance pour un véhicule de deux tonnes. Les rejets de CO2 sont également limités. Ils pointent à 149 grammes seulement, de quoi limiter le malus écologique à 900 € sur le D5 AWD. Ce petit bloc participe également au poids contenu de l’ensemble. Ce beau bébé affiche à peine plus de deux tonnes sur la balance.

La boîte Geartronic à huit rapports est une réussite. Les rétrogradages sont bien gérés et les passages à la fois doux et rapides s’adaptent naturellement à la sollicitation du conducteur. Il manque juste des palettes au volant pour forcer le mode manuel occasionnellement. Mais sur un véhicule dont la tendance n’est pas la sportivité, cela devient secondaire.

Voyageur au long-cours

Le comportement est sain mais un peu pataud sur notre modèle d’essai équipé de la suspension pneumatique. Cela est principalement dû à la souplesse de l’amortissement et de la direction. Heureusement, plusieurs modes de conduite sont proposés. Le mode "dynamique" est à privilégier pour faire disparaître cette sensation de flottement, le mode "confort" étant plus adapté à la conduite en ville ou sur mauvais revêtement.

Quoiqu’il en soit, le XC90 a la faculté d'avaler les kilomètres avec une facilité déconcertante. L’ambiance luxueuse et sobre et le niveau d’équipements y sont également pour beaucoup dans cette réussite.

En plus d’offrir un espace confortable à tous les passagers, la version sept places préserve un espace de 314 litres pour les bagages, soit un volume équivalent à celui d’une compacte. C’est assez rare pour être souligné car généralement les versions sept places transforment le coffre en boîte à gants.

Le système de navigation Sensus associé au grand écran tactile est facile à manipuler. Couplé à l’affichage tête haute ou au rappel d’affichage sur la partie conducteur du tableau de bord, le suivi des indications de direction à prendre est grandement facilité. Avec l’option Bowers & Wilkins, la qualité audio est époustouflante. Pour transformer le XC90 en salle de concert, il faudra quand même débourser la modique somme de 3.400 €.

Le tarif démarre à 49.900 €. A ce prix vous ne bénéficierez que de deux roues motrices, de la finition de base et de 190 chevaux uniquement. Pour un tel véhicule, il est plus logique de s’orienter vers la motorisation D5 de notre essai et d’un niveau de finition Inscription ou R Design pour un look plus sportif. Dans ce cas, le ticket d’entrée est à 67.100 €, ce n’est pas donné, mais il faut souligner que c’est quand même légèrement en dessous de ses concurrents d’Outre-Rhin à équipements équivalents bien entendu.

La sécurité dans les gènes

L’objectif affiché de VOLVO est de ne plus avoir aucun mort ni blessé grave sur un modèle de la marque à l’horizon 2020. Même si ce vœu pieux sera difficile à exaucer et à vérifier, cela va dans le bon sens. Le XC90 dispose en toute logique d’un véritable arsenal sécuritaire présenté sous la bannière IntelliSafe. Ce sont plusieurs systèmes combinant détection électronique d’un risque et assistance au conducteur. Notons l’innovation du système City Safety qui permet de détecter les véhicules venant en sens inverse aux intersections. Dans le domaine de la sécurité, la concurrence a mis les bouchées doubles ces dernières années, surtout sur les véhicules haut de gamme. Le temps où une auto se démarquait parce qu’elle disposait d’une ceinture de sécurité est révolu. La barre pour être au niveau est de plus en plus haute et les écarts se resserrent. Sur le plan des équipements sécuritaires proposés, le XC90 est comparable à celui de ses concurrents allemands, ce qui est déjà très positif. VOLVO prend même soin de votre santé en proposant un filtre d’habitacle luttant contre l’asthme et les particules allergènes. 

La ligne et la qualité de vie à bord sont les principaux atouts du XC90. Mais aussi beau soit-il, débourser une telle somme pour se retrouver avec un petit quatre cylindres deux litres sous le capot, la digestion est difficile pour les amateurs de nobles mécaniques. Dans cette démarche il faut reconnaître à VOLVO un certain réalisme économique même s’il est choquant pour les puristes. Le XC90 trouvera plus sa clientèle parmi les personnes plus focalisées sur l’esthétique, l’ambiance intérieure "lounge", et l’ADN sécuritaire de la marque. Pour ces amateurs, la route ne sera pas assez longue à bord de ce vaisseau amiral.

Marc JANIAUD

2015-07-01