AUDI A4 9ème génération - 2016

ESPACE Berline
  • Finition
  • Contenu Technologique
  • Gamme moteurs
  • Prix
  • Implantation écran sur planche de bord

Prix : de 30 850 € à 60 000 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type A4 Avant 2.0 TFSI 190 Ultra - 4 cylindres - 16 soupapes - Essence turbocompressé
Cylindrée 1984 cm³
Puissance maxi 190 ch à 4200 tr/min
Couple maxi 32.64 mkg à 1450.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.73 m
Largeur 2.02 m
Hauteur 1.43 m

Poids

Total 1460 kg

Capacités

Coffre de 505 à 1510 dm³
Réservoir 54 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 238 km/h
0 à 100 km/h 7.50 s

Environnement

Emission CO2 121 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 4.50
Urbaine 6.60
Mixte 5.30
Essai 7.50

'BE THE ONE'

C'est en 1972 que le constructeur d'Ingolstadt crée une berline familiale moyenne sous le code projet B1 qu'il dénomme alors AUDI 80. La lignée a continué au fil des ans et des générations, passant même par un changement de patronyme (A4) en 1994 avec la cinquième mouture, pour aboutir aujourd'hui à la neuvième édition. La voiture est devenue le modèle le plus vendu de la marque bavaroise avec 330.000 unités par an dans le monde, et un véhicule emblématique des voitures de fonction. Au programme de cet essai sur les routes ensoleillées de Provence : deux silhouettes et plusieurs moteurs dont un nouveau venu prometteur en essence. Il y a donc clairement ici un standing à tenir. La nouvelle venue saura-t-elle avantageusement remplacer son ainée ? 

Le changement dans la continuité

Cette neuvième génération d'A4 repose sur une nouvelle plateforme dénommée "MLB Evo", uniquement rencontrée pour l'instant sur le tout nouveau Q7, le "L" symbolisant ici l'implantation longitudinale du moteur chère au haut de gamme du constructeur bavarois. Faisant gagner entre 110 et 120 kilogrammes sur la balance par rapport à la précédente génération d'A4, elle lui permet également de prendre quelques centimètres la rapprochant encore un peu plus de sa grande sœur A6 qu'elle imite déjà stylistiquement. Les plus importantes évolutions concernent l'empattement qui gagne 12 millimètres pour l'espace aux jambes arrière, ainsi que la garde au toit qui gagne 24 millimètres. Chose assez remarquable le break Avant fait la même longueur que la berline, soit 4,72 mètres. Entre les deux autos seule la ligne de pavillon arrière change donc, et avec elle la capacité de chargement verticale du coffre. Il passe ainsi de 965 à 1.510 litres avec la banquette arrière rabattue, et propose une modularité travaillée avec un système d'arrimage sur rails. Le break ne sera donc pas plus difficile à garer en ville que la berline, à la différence de certaines de ses concurrentes, et ceci explique sans doute que cette carrosserie représente les deux tiers des ventes en France de la génération actuelle.

Au niveau du style extérieur, les évolutions de la silhouette générale sont mesurées, comme d'habitude chez AUDI. Il faut alors regarder dans les détails pour se rendre compte que l'on a affaire à une auto complètement repensée. La large calandre single frame est encadrée de feux acérés à LED (en option), la ligne de caisse "Tornado" est encore plus marquée, et la partie la plus visible de l'évolution se trouve finalement sur la poupe du vaisseau avec le nouveau traitement des feux arrières "à la mode" A3. Le break Avant se voit également doté d'un spoiler teinte carrosserie sur le hayon, ainsi que de déflecteurs aérodynamiques à l'arrière des vitres de custode pour améliorer l'écoulement. Les rétroviseurs sont maintenant posés en "drapeaux" sur les portières avant, pour des raisons de design et d'aérodynamique, et portent même de petits déflecteurs afin d'améliorer encore la trainée et réduire le bruit du flux d'air. De nombreux capotages et spoilers ont été revus ou ajoutés, le dessous de l'auto étant ainsi entièrement caréné pour des raisons d'efficience et de confort. Le pare-brise reçoit un feuilletage acoustique, et les portes avant peuvent proposer le même traitement en option. Tout ceci permet à cette A4 B9 de prétendre faire jeu égal avec la reine A8 sur le plan du confort acoustique dans l'habitacle selon les dires de son géniteur.

Grâce à cette nouvelle plateforme sur laquelle elle est construire, la nouvelle A4 propose également des suspensions à cinq bras, et non plus quatre, de façon à obtenir un amortisseur complètement suspendu, améliorant ainsi la filtration et diminuant la génération de bruits de roulement. Un croisillon de poutres en acier a également été ajouté au niveau du berceau avant de façon à rigidifier le train. Les suspensions sont soit passives soit pilotées, mais reposent désormais sur une technologie plus classique de chambres hydrauliques avec vanne de régulation, AUDI abandonnant sur ce modèle la technologie "Magnetic Rail" jugée moins efficace dans le compromis confort/efficacité. Deux châssis sont ainsi proposés en France dont un "sport" rabaissé de 23 millimètres. L'option d'amortissement piloté conduit également à une caisse plus basse de 10 millimètres par rapport au châssis standard.

L'avance par la technologie

L'habitacle frappe d'abord par sa qualité de réalisation et son apparente simplicité, et se montre en totale rupture par rapport à la génération précédente pour ce qui est du poste de commande. Les matériaux utilisés sont flatteurs tout comme le cuir des sièges. Même la finition A4 d'entrée de gamme, dont les sièges sont en tissu, en remontrerait à certaines en qualité de finition. Les commandes de la planche de bord ont été simplifiées au maximum, laissant une console assez dépouillée avec seulement les commandes de climatisation séparées et une rangée de poussoirs pour les fonctions de premier niveau comme l'Audi Drive Select. Une série de cinq aérateurs court sur toute la largeur de la partie droite de la planche de bord sous son habillage supérieur comme sur le nouveau Q7, ce qui déroute un peu visuellement au premier abord mais témoigne du soin apporté au confort thermique dans l'auto. Celle-ci peut en effet proposer en option trois zones climatisées séparément, afin de laisser les passagers arrière décider indépendamment de leur confort. Petite attention supplémentaire déjà rencontrée sur la nouvelle A3, le passager avant peut régler le volume du système audio grâce à une petite molette implantée sur le tunnel central. Le pommeau du levier de vitesses semble également assez large et proéminent mais tombe finalement bien en main. Juste devant se trouve la molette tactile du système d'infotainment "MMI" grâce à laquelle vous pouvez passer des appels en dessinant l'initiale de la première lettre du nom de votre correspondant, ou en le demandant simplement à la commande vocale. La seule petite fausse note à notre goût dans cette excellente partition est l'implantation de l'écran central fixe de sept pouces, qui fait un peu "rajouté" sur la planche de bord. On regrette ici l'excellent travail réalisé sur l'A3 ou même le dernier Q7, pourtant basé sur la même plate-forme, avec un écran escamotable dans la planche de bord : celle-ci devait être bien plus remplie sur cette A4 mais c'est quand même dommage. Dans les finitions supérieures, le "glass cockpit" ainsi qu'un affichage tête haute couleur sont du voyage derrière le grand volant multifonctions. Sous l'accoudoir central un emplacement spécifique accueille votre téléphone, à partir de la finition "Business", en vous isolant de ses ondes néfastes et le rechargera par induction, pour les appareils compatibles. En parlant de téléphone, justement, les services Google Car Play et Apple Airplay sont également proposés. De quoi s'agit-il ? Théoriquement de la possibilité d'utiliser les applications de votre téléphone directement sur l'écran de la voiture… ce qui reste à tester cependant lors d'un futur essai approfondi car cette technologie d'avant-garde, qui représente à notre sens l'avenir des systèmes multimédias embarqués,  peut cependant ne pas tenir pour l'instant toutes ses promesses.

La gamme s'articule comme pour la génération précédente autour de deux filières et demie, et trois niveaux d'équipements, mais ceux-ci changent de noms et de contenu ! La fête commence avec la finition A4, qui embarque déjà la climatisation automatique, les phares au xénon et les aides à la conduite en ville. Sur cette base, la finition Business y ajoute la prise en compte des téléphones avec le Car Play ainsi que la MMI navigation. Il vous faudra ensuite choisir entre la filière "Design", axée luxe et confort, et la filière "Sport" axée sur… le dynamisme, avec chacune deux niveaux de finition. Vous avez du mal à suivre ? En clair, les tarifs vont d'un intéressant 30.850 € pour l'A4 Berline avec le petit moteur 1,4 TSFI à 60.000 € tout ronds pour l'Avant Design Luxe avec le gros V6 TDI de 272 chevaux, hors options bien sûr ! Parmi celles-ci, on retrouve une de nos préférées : le son 3D Bang et Olufsen, la célèbre marque danoise de produits audiovisuels de luxe arrivant à faire entrer 19 haut-parleurs pour 955 Watts de puissance totale dans l'auto, avec compensation dynamique du bruit de roulement comme dans les casques à réduction de bruit, afin de profiter sereinement de la chevauchée des Walkyries de Wagner, de "Stairway to heaven" ou… de Céline Dion si vous préférez, le tout pour 1.030 à 1.380 € seulement selon la finition !

Le vrai feu d'artifice concerne cependant les technologies présentes sur cette nouvelle plate-forme MLB Evo, et celles-ci sont légion ! Afin de vous épargner une énumération scolaire, il est important de comprendre que le contenu technologique embarqué par cette auto est si élevé qu'elle est pratiquement capable de se conduire toute seule dans beaucoup de situations ! Une multitude de capteurs ultrasoniques, de caméras et de radars sont maintenant reliés à un cerveau central afin de rendre possible ce niveau d'autonomie. Par exemple, le régulateur adaptatif régule bien sûr votre vitesse en fonction du véhicule qui se trouve devant, mais pas que… la voiture suit ainsi toute seule les voies délimitées (par exemple sur autoroute ou nationale) et sait gérer l'apparition soudaine d'un bouchon en s'arrêtant, puis ré-avançant sans intervention en fonction des accordéons. Le capteur de panneaux routiers, relié au GPS, lui permet d'adapter automatiquement la consigne du régulateur, et d'anticiper les virages dangereux en adaptant la vitesse. Pour le moment cette autonomie est volontairement limitée pour des raisons de responsabilité légale, et la voiture sonne au bout de quelques secondes, puis s'arrête, si elle ne détecte pas une activité de votre part principalement dans les retours d'effort au volant. Avec le système AUDI "pre-sense", elle sait bien sûr gérer les situations d'urgence et pourra même réaliser une manœuvre d'évitement à votre place en cas de collision imminente si l'angle mort le permet, en vous prévenant par une vibration dans le volant et un message sur le combiné d'instruments une fraction de seconde avant de devoir engager la manœuvre. De même, lors de la traversée de la chaussée en cas de changement de direction, sur une route de campagne par exemple, la voiture peut effectuer un freinage d'urgence si un véhicule que vous n'avez pas vu se présente en sens inverse… La même situation peut se produire dans les deux sens en sortant d'un parking, la voiture refusant alors tout simplement d'avancer !

A l'usage, tout est bien sûr paramétrable et vous trouverez vite les réglages vous permettant de profiter du très bon niveau de confort et de sécurité apporté par ces systèmes lors des longs trajets. Nous avons trouvé que les réglages de base tendent plutôt vers une prudence excessive et une vitesse diminuée sans réel besoin au moindre virage, des paramètres de confort devant également être pris en compte pour l'adaptation de cette dernière. En ville, cette A4 saura aussi prendre soin de vous, bien sûr en se garant toute seule comme beaucoup d'autres, quelle que soit la configuration en créneau ou en épi, mais également en utilisant ses capteurs pour vous aider dans vos manœuvres, par exemple lorsque vous sortez d'une place en reculant ou lorsque vous ouvrez votre portière côté route : elle vous signalera alors par des bandes lumineuses LED implantées dans les portes toute voiture arrivant bien avant que vous ne puissiez l'apercevoir. Bien sûr sécurité et efficience vont souvent de pair, par l'adoption naturelle d'une conduite plus "lean" ou coulée, et un assistant d'efficacité prédictive, genre de coach écolo, vous aide à optimiser vos consommations. Bref, sur ce plan de la technologie, cette nouvelle A4 est tout simplement un monstre, qui aura cependant tendance à dévorer votre portefeuille puisque l'ensemble de ces alléchantes fonctionnalités se paie en option entre 6.000 et 7.000 euros selon les versions.

Bien sûr et dans la grande tradition AUDI, de multiples autres options sont proposées, tant sur le plan de la conduite que sur celui du design et de la personnalisation, comme les phares Matrix LED ayant la capacité de détecter les véhicules roulant devant vous ou arrivant en sens inverse de nuit afin de masquer le faisceau des phares pointés sur eux, tout en continuant d'éclairer à pleine puissance les alentours. La gestion feux de croisement/pleins phares est donc entièrement automatique et vous conservez une visibilité grandement améliorée en toutes circonstances.

Mobilis in mobile

Le choix de moteurs proposé au lancement repose sur trois blocs essence et quatre Diesel. Le 1,4 TFSI de 150 chevaux d'entrée de gamme n'est pour l'instant disponible que sur la berline, et il faudra vous contenter en essence de quatre cylindres, le V6 ayant pour l'instant disparu du catalogue en attendant sans doute la future RS4. Au niveau des Diesel, on retrouve des blocs 2 litres quatre cylindres de 150 et 190 chevaux, puis un V6 TDI de trois litres de 218 ou 272 chevaux. Lors de cet essai d'une journée de la gamme, il nous a été possible d'essayer le Diesel d'entrée de gamme de 150 chevaux. Celui-ci nous a paru quelque peu terne par rapport au ramage de l'auto, et c'est bien son cousin essence de 190 chevaux 2.0 TSFI Ultra qui nous a fait la plus forte impression de cet essai. Ce moteur est doté d'une bi-injection et d'un calage variable des soupapes à l'admission comme à l'échappement, de façon à optimiser la précision du mélange air-essence et obtenir un meilleur remplissage des courbes de couple et de puissance. Proposant ainsi un très bon compromis entre souplesse et allonge, son optimisation poussée fait qu'il ne s'est contenté que d'un peu plus de sept litres aux cent kilomètres sur une A4 Avant avec boîte S-tronic 7. Egalement très silencieux, ce moteur pourrait bien s'avérer un best-seller compte-tenu du désamour croissant envers le Diesel. Cette excellente première impression sera à confirmer lors d'un essai dédié.

Quelles que soient la version et la finition, nous avons pu cependant apprécier le haut niveau de confort de cette berline supérieure, tant sur le plan de l'acoustique que du maintien et des suspensions. Ce n'est cependant pas une sportive et elle est plutôt faite pour "cruiser" en famille sur les longs rubans d'asphalte dans un confort ouaté. Les passagers arrière apprécieront les quelques millimètres gagnés au niveau des jambes et la garde au toit dans la version Avant, qui a notre préférence pour sa synthèse entre praticité et premium.

Elle ne vous emmènera pas jusqu'à la lune, mais pas loin ! Aguicheuse avec un contenu technologique très élevé, cette nouvelle AUDI A4 ne le propose malheureusement qu'en option, même sur les finitions hautes. De quoi alourdir une facture déjà salée, mais la belle n'est pas qu'une aguicheuse : les fondamentaux sont bien là en termes de confort et présentation notamment, et elle est bien armée pour continuer à séduire les entreprises et professions libérales qui représentent les deux tiers des ventes de ce modèle.

Frederic JOUSSET

2015-12-23