FORD Mustang Fastback 2,3 litres EcoBoost

ESPACE Coupé
  • Prix
  • Personnalité
  • Polyvalence
  • Comportement routier
  • Accès adulte aux places arrière
  • Encombrante en ville

Prix : 37 000 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres - 16 soupapes à calage variable - Turbocompresseur injection directe d’essence
Cylindrée 2261 cm³
Puissance maxi 317 ch à 5500 tr/min
Couple maxi 44.24 mkg à 2500.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.78 m
Largeur 1.92 m
Hauteur 1.38 m

Poids

Total 1655 kg

Capacités

Coffre de 0 à 408 dm³
Réservoir 59 L
Nb de places 4

Performances

Vitesse maxi 233 km/h
0 à 100 km/h 5.80 s

Environnement

Emission CO2 179 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 6.80
Urbaine 10.10
Mixte 8.00
Essai 10.50

HEUREUX SACRILEGE

La lecture de la fiche technique a de quoi faire retourner Carol Shelby dans sa tombe. Un quatre cylindres dans une Mustang, de quoi crier au sacrilège pour les puristes. Dans le dur métier d’essayeur auto, il faut savoir prendre sur soi et dépasser ses préjugés. C’est ce que nous avons fait en essayant la version EcoBoost de la nouvelle Mustang.

Personnalité exceptionnelle

Avant d’ouvrir le capot, prenons le temps de l’admirer. Elle est reconnaissable au premier coup d’œil avec sa calandre "bouche de requin", ses trois ouïes lumineuses et son long capot agressif. Tout en reprenant les signes caractéristiques qui lui sont chers, cette nouvelle version est une pure réussite esthétique. Le dosage est parfait entre l’esprit Muscle Car et l’élégance globale de la ligne. Sous tous les angles, à la fois trapue et élancée, le rendu est splendide, surtout en rouge Racing et roues noires. Dans la rue, la belle américaine ne passe pas inaperçue. Mais, à la différence des pur-sang italiens, cette monture d’outre-Atlantique a l’avantage de susciter la sympathie et non pas la jalousie.

Avant de pénétrer dans l’habitacle (de nuit), il faut marquer une pause pour admirer la projection lumineuse au sol du célèbre cheval au galop lorsque l’on ouvre la porte. Le genre de petit détail stylé qui met dans l’ambiance. Le dessin de la planche de bord reprend la double casquette du modèle originel de 1964. L’ambiance mélange cuir, aluminium et chrome, c’est moderne et sportif. Le raffinement de l’intérieur est loin d’atteindre celui d’un coupé allemand mais le dépaysement et la personnalité sont tels que cela devient instantanément secondaire, voire insignifiant. D’autant plus que la belle américaine rassemble l’essentiel des fonctionnalités que l’on attend d’une auto moderne tout en restant dans l’esprit Muscle Car. La qualité des matériaux est correcte sans être exceptionnelle. Le système multimédia intègre neuf haut-parleurs et surtout un écran tactile de grande taille, le tout de série, avec la commande vocale en prime. Son utilisation est intuitive. Globalement la dotation en équipements de série est très complète. L’éclairage intérieur est soigné. Il est d’ailleurs possible d’en choisir la teinte soi-même. La Mustang évite le passage par la case option pour bon nombre de fonctions comme la reconnaissance vocale ou le démarrage sans clé, un très bon point.

Performance et polyvalence

Lorsque l’on met le contact, on est forcément déçu par le son banal du quatre cylindres, quasi absent au ralenti. Il en est de même en dessous de 3.500 tours. Au-delà, la sonorité devient plus rauque. On entend bien l’effort réalisé pour essayer de donner un côté V8 à la sonorité du quatre cylindres, mais cela reste loin du rendu envoutant de la version GT 5.0 litres. Malgré les 1.655 kilogrammes, la sensation d’accélération est significative à condition de rester dans les tours. Cela se solde par un honorable 5,8 secondes sur l’exercice du 0 à 100 km/h.

Quand il est question de ralentir, les gros freins à six pistons du kit Performance répondent présents tout en délivrant un effet de plongée limité. Cet équipement est de série en Europe, les américains ont bien cerné nos attentes en matière de performance. Les suspensions indépendantes et la direction en mode Sport permettent de placer l’auto correctement, d’avaler les courbes efficacement. En sortie de virage, la motricité est excellente, même en accélérant assez tôt. L’amortissement est un bon compromis entre la fermeté et le confort. La Mustang est aussi bien capable de galoper que de se promener gentiment au trot. La consommation est modérée pour une auto de plus de 300 chevaux, nous avons juste consommé un peu plus de 10 litres durant notre essai.

La Mustang EcoBoost est affichée à 37.500 € au catalogue avec une sérieuse dotation de série. Même avec les 3.000 € de malus écologique à acquitter, son prix reste ultra compétitif face aux coupés allemands. Avec sa polyvalence, elle se pose même en sérieuse concurrente des berlines classiques, avec en prime une personnalité exceptionnelle. C’est presque trop beau pour être vrai.

La position de conduite est basse comme dans toute sportive qui se respecte. Si l’accès aux places arrière et la hauteur sous pavillon ne posent aucun problème aux enfants, pour les adultes c’est un peu plus compliqué. Cette  quatre places est résolument faite pour deux adultes et deux enfants. Avec quatre adultes à bord, vous vous contenterez d’aller au restaurant. Son coffre de 408 litres est généreux pour une carrosserie de ce type. Si l’ouverture n’est pas immense, il est cependant profond, de quoi charger deux gros sacs de voyage et compléter avec deux petits.

Derrière le volant, les signes les plus marquants sont la longueur du capot et la largeur de l’ensemble. Le gabarit est quelque peu encombrant au premier abord mais se fait vite oublier après quelques kilomètres. Cependant la visibilité arrière lors des manœuvres reste faible mais la caméra de recul est à la rescousse et apporte une aide précieuse.

Même si elle n’a pas sonorité envoutante du V8, cette version EcoBoost de la nouvelle FORD Mustang délivre une alternative cohérente face aux contraintes écologiques actuelles. Ses armes secrètes, un énorme capital sympathie et son prix contenu, de quoi rendre abordable une auto d’exception. Se faire plaisir tout en restant raisonnable, cela est devenu suffisamment exceptionnel pour être souligné. Pour ces raisons, cette déclinaison mérite ni plus ni moins le titre du coupé "coup de cœur" de l’année !

Olivier JANIAUD

2016-03-14