RENAULT Talisman Zen Energy TCe 150 EDC7

ESPACE Berline
  • Habitabilité
  • Moteur réussi
  • Richesse des équipements
  • Certains plastiques
  • Gabarit imposant
  • Hauteur de coffre

Prix : 31 500 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres - 16 soupapes - Turbo injection directe essence
Cylindrée 1618 cm³
Puissance maxi 150 ch à 5200 tr/min
Couple maxi 22.44 mkg à 1750.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.85 m
Largeur 1.87 m
Hauteur 1.46 m

Poids

Total 1430 kg

Capacités

Coffre de 0 à 608 dm³
Réservoir 51 L
Nb de places 0

Performances

Vitesse maxi 210 km/h
0 à 100 km/h 9.60 s

Environnement

Emission CO2 127 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 4.60
Urbaine 7.50
Mixte 5.60
Essai 8.00

CRITIQUE DE LA RAISON PURE

La nouvelle grande RENAULT continue de se dévoiler et d'étendre son offre de motorisations. C'est ainsi qu'après la version de 200 chevaux, le bloc essence TCe de 1,6 litre est aujourd'hui décliné en version dégonflée à 150 chevaux. Une puissance sur le papier convenable même pour une grosse berline, surtout lorsque celle-ci est équipée en série d'une moderne boîte automatique à double embrayage. Cela sera-t-il suffisant pour ringardiser le Diesel ?  

Changement de style

Par rapport à sa devancière Laguna le pas stylistique est abyssal. Dans la lignée du réussi Espace V et du Kadjar, cette Talisman arbore fièrement la nouvelle calandre de la gamme, toute en largeur autour du losange, et bordée de C lumineux avec des feux de jour descendant très bas en liserés sur le pare-chocs. La ligne est ensuite nervurée à souhait à partir du capot et sur les côtés de caisse. Nous avons remarqué sur les flancs l'animation "façon Jaguar" entre la porte et l'aile avant, positionnant clairement ce modèle dans les codes de la gamme supérieure. La ligne de pavillon fuyante participe également au dynamisme du profil. L'arrière est un des principaux signes distinctifs de l'auto, construit également tout en largeur avec des feux se prolongeant horizontalement très loin vers l'intérieur du coffre, assurant ainsi une signature lumineuse très distinctive. Basse et plutôt longue, cette auto de fière allure n'en demeure pas moins imposante, ce qui se sent lors des créneaux en ville. Le caractère de la face avant est également obtenu au prix de lignes parfois un peu torturées, en particulier sur la découpe du capot, voire pataudes par certains aspects. Il faut donc privilégier une couleur flashy et de grosses jantes pour dynamiser la ligne, car dans sa livrée "beige dune", notre talisman apparaissait bien sage… Enfin la nouvelle orientation d'enchâsser le losange dans un contour noir brillant sur la calandre ne nous convainc pas tout à fait par rapport aux précédents traitements de l'emblème de Billancourt. 

A l'intérieur, les passagers avant et arrière bénéficient d'une habitabilité confortable, malgré la ligne de pavillon limitant la garde au toit aux places arrière. La longueur importante de l'auto favorise ainsi la place aux jambes. Le tissu des sièges semble robuste et la planche de bord, assez envahissante de prime abord, est bien ajustée par rapport aux habillages latéraux. La qualité apparente des plastiques en zones basses de l'habitacle, en retrait par rapport au traitement des parties supérieures, a déjà été soulignée sur cette auto. Pour notre part, c'est plus l'agencement proéminent de la connexion bas de console/tunnel que nous avons le plus remarqué de par la sensation d'engoncement qu'il provoque. Il n'y a rien à redire en revanche sur la console centrale en forme de "tête d'éléphant", avec une intégration réussie de l'écran couleur de sept pouces du système R-Link 2. RENAULT a de plus gardé des réglages de climatisation séparés sur la console, mais leur commande par touches tactiles peut demander un petit temps d'adaptation. Comme pour la calandre, le traitement sur le volant du logo losange sur fond noir laqué nous a laissés sur notre faim. La luminosité et la visibilité sont correctes mais à l'arrière la hauteur de bandeau (haut de la tôle) est assez importante. Le coffre déçoit également un petit peu, non au niveau de sa profondeur ou de son volume global qui restent généreux, mais plutôt sur sa hauteur et sa capacité à accueillir ainsi des objets volumineux. Malgré la roue de secours galette, le plancher du coffre nous a en effet semblé positionné assez haut. Enfin comme dans toute berline tricorps moderne, la banquette arrière peut se rabattre en 2/3-1/3 afin d'améliorer l'espace total de chargement.

Générosité

La finition "Zen" de notre modèle d'essai constitue le deuxième niveau de finition d'une gamme qui en compte cinq. Dès ce niveau pourtant l'équipement de la voiture est très complet, ce qui constitue un de ses principaux arguments. Sont ainsi présentes des jantes alliages de 17 pouces, dont l'effet visuel est tempéré par la hauteur des flancs des pneus, RENAULT ayant délibérément opté pour des roues de grand diamètre sur ses nouvelles productions, ce qui appelle des jantes toujours plus grandes. Le constructeur au losange a également fait évoluer son système d'accès sans clé "mains-libres" avec un accueil externe et interne, la voiture déployant ses rétroviseurs et s'illuminant à votre approche ce qui peut s'avérer bien utile de nuit. A l'intérieur, après une animation s'étalant sur les différents écrans de l'habitacle, vous apprécierez le confort d'assise des sièges et leurs multiples réglages. Sans céder aux sirènes du "glass cockpit" total RENAULT a organisé le combiné de sa Talisman autour d'un écran LED couleur, encadré de deux indicateurs analogiques pour la température moteur et l'essence, qui sert à afficher le compte-tours et différentes autres informations de conduite. On entre donc dans l'ère du tout digital, et bien sûr cet écran est paramétrable en particulier pour ce qui est de son ambiance lumineuse coordonnée avec les différents liserés à LEDs présents sur la planche de bord et sur les portières, afin de créer l'ambiance que vous souhaitez dans le cocon de l'habitacle.  Le seul équipement qui ne nous a pas convaincu s'est avéré être le siège conducteur "papouilleur", associé au typage "Multi Sense" lui aussi finalement assez effacé compte-tenu de la puissance limitée de l'auto : le gonflage des petits coussinets d'air s'avère finalement plus dérangeant que relaxant, surtout en mode Sport où, à pleine amplitude, ils vous font bouger de votre siège. 

A ce niveau de gamme vous ne disposez pas du grand écran vertical de neuf pouces proposé à partir de la finition "Intens". A la place cependant RENAULT a implanté en position horizontale une dalle tactile de sept pouces dont la taille ne démérite pas. Le système R-Link 2 s'avère assez pratique et ergonomique avec ses premières pages paramétrables entre lesquelles vous zappez d'un geste du doigt comme sur une tablette. Pour profiter de l'ensemble des services proposés, il faudra cependant vous acquitter d'un abonnement après une période d'essai à la vente de la voiture. Certains menus et fonctionnalités sont cependant plus difficiles à trouver, comme la désactivation des incessants et envahissants messages de "sécurité" du système coyote incorporé, venant perturber l'écoute de votre musique. En parlant de cette dernière, la qualité sonore globale du système nous a paru légèrement en retrait de certaines autres réalisations de Guyancourt, en particulier les systèmes Bose de feue Laguna.

Boîte auto essentielle !

Sur le plan dynamique, aucun miracle n'est à attendre : cette grande routière n'a aucune prétention sportive, malgré le Multi-Sense ! Cependant, malgré une légère impression de lourdeur  bien compréhensible vu le gabarit et le poids d'une tonne et demie, le moteur se révèle d'une linéarité appréciable, et se montre bien secondé par la boîte à sept rapports même si les deux derniers sont assez longs. Sans rupture de couple réellement perceptible, le système à double embrayage permet d'exploiter au mieux les plages de fonctionnement optimales du moteur pour procurer une douceur très appréciable au quotidien et en ville. Au besoin cependant, les 150 chevaux sont bien là, et la boîte réagit rapidement à toute sollicitation franche de l'accélérateur en rentrant un rapport pour relancer l'auto haut dans les tours. C'est bien sur ce point que ce petit moteur "downsizé" avoue sa cylindrée : à défaut de pouvoir jouer sur un couple important, il doit s'exprimer en allant chercher sa puissance dans les tours. RENAULT l'a bien compris et ne propose cette motorisation qu'avec cette transmission automatique pour vous éviter de jouer sans cesse du levier de vitesses, et optimiser également la consommation par rapport au Diesel. En conduite normale au quotidien, le besoin en puissance reste limité, fort heureusement d'ailleurs car l'isolation phonique du chant de ce petit berlingot reste ici perfectible. Oubliez donc la caravane avec ce véhicule ! En conduite normale, la consommation reste donc en accord avec la cylindrée et s'avère assez mesurée pour un véhicule de ce gabarit avec huit litres aux cent kilomètres lors de notre essai sur route mixte. Souveraine et bien équilibrée, cette Talisman reste pénalisée par sa longueur et son empattement, et l'agilité n'est pas la première de ses qualités lorsqu'elle n'est pas équipée de quatre roues directrices comme notre modèle d'essai. A contrario, le confort de suspensions est royal et constitue un réel point fort de ce modèle, bien aidé par les flancs hauts des pneus avec des jantes de 17 pouces.

Est-ce réellement un bas de gamme ? Proposant une riche dotation et une puissance finalement bien suffisante pour un tarif inférieur à celui de ses rivales directes françaises ou allemandes, cette version de la Talisman semble bien avoir de sérieux atouts pour nous faire oublier un Diesel accusé maintenant de tous les maux. La seule condition à respecter est de ne pas en attendre un dynamisme et une vivacité de premier plan mais ce caractère placide est largement compensé par un confort de haut niveau.

Frederic JOUSSET

2016-04-28