JEEP Compass 1.6 MultiJet 120 4x2 Limited

ESPACE SUV
  • Look réussi
  • Praticité
  • Équipement
  • Pataud
  • Finition
  • Puissance

Prix : 33 250 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres - 16 soupapes - Traction - BVM6 - Diesel Turbocompressé
Cylindrée 1598 cm³
Puissance maxi 120 ch à 3750 tr/min
Couple maxi 32.00 mkg à 1750.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.39 m
Largeur 1.82 m
Hauteur 1.63 m

Poids

Total 1505 kg

Capacités

Coffre de 290 à 0 dm³
Réservoir 60 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 185 km/h
0 à 100 km/h 11.00 s

Environnement

Emission CO2 117 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 4.00
Urbaine 4.40
Mixte 5.20
Essai 0.00

CITOYEN DU MONDE

Une nouvelle JEEP est toujours un événement, surtout lorsque celle-ci entend venir défier sur leurs terres les cadors européens des SUV compacts, catégorie où la compétition est très relevée. Nen déplaise à certains, et grâce à une stratégie de groupe industriel, cette icône du rêve américain est cependant produite au Mexique. Dautres usines FCA en Chine, au Brésil ou en Inde le produiront également. Cest donc une gamme à vocation mondiale qui déboule sur nos pistes. Cest équipé du modeste moteur MultiJet 120 Diesel dorigine FIAT que nous allons découvrir ce modèle. 

 

Quoi, ma gueule ?

Au niveau du style un abîme se fait jour d’avec le précédent Compass, qui datait de 2006, tout comme le Patriot peu diffusé sous nos latitudes, qu’il est également amené à remplacer. Occupant une position médiane entre le petit Renegade à qui il emprunte sa plateforme modifiée, et le plus luxueux Grand Cherokee, il vise cependant clairement un positionnement vers le haut avec une proue imposante reprenant la fameuse calandre à sept fentes, et une ligne robuste, toutes deux directement inspirées de son grand frère. Cette filiation avec le Cherokee a d’ailleurs été voulue par le groupe FIAT dès le rachat de JEEP et le restylage de 2010 du précédent modèle. Bien sûr les arches de roue rectangulaires ainsi qu’une ligne globalement carrée typiquement JEEP sont du voyage. On remarque la finition particulière de la ligne chromée soulignant les portières arrière et le hayon à la façon d’une OPEL Adam et qui ne fera pas forcément l’unanimité, ainsi que la taille de meurtrière des custodes arrière. Le toit nervuré encadré de barres latérales, et pouvant également être noir en livrée bicolore, est du plus bel effet baroudeur. La ligne de ceinture de caisse est également assez haute et remonte encore sur l’arrière des portières, dans la tendance stylistique actuelle, ce qui pourra gêner les petits passagers arrière pour profiter de tout le paysage. En parlant de vision justement, celle de 3/4 arrière est donc quasiment inexistante, ce qui rend obligatoire la caméra de recul.

A l’intérieur, la présentation bicolore de cette finition Limited, incluant le cuir monogrammé des sièges, est plutôt agréable à l’œil. Le combiné de commandes est ici agrémenté d’un écran couleur situé entre les deux compteurs, qui sert à afficher les informations de l’ordinateur de bord concernant les trajets ou la consommation de l’auto. La planche de bord est simple et épurée, organisée autour du grand écran tactile de 8,4 pouces de la navigation/multimédia qui trône au milieu, bien visible de tous. Ce système s’avère réactif et est compatible avec l’ensemble des objets connectés, mais le son "BEATS" du système audio nous est apparu beaucoup trop saturé de basses pour être agréable, cette couleur nuisant à la perception des détails. Certains plastiques brillants et assemblages auraient par ailleurs mérité plus d’attention pour être au niveau de la meilleure concurrence comme le PEUGEOT 3008. Enfin le hayon surprend par sa finesse lorsqu’il est ouvert, ce qui jure un peu par rapport à la robustesse apparente de l’auto. Heureusement vous y ferez peu attention car à ce niveau de finition, il sera motorisé.

En ce qui concerne le confort à bord, les multiples réglages des sièges permettent de trouver facilement la position qui vous conviendra, à l’exception de l’appui-tête conducteur beaucoup trop en avant à notre goût, obligeant à incliner le dossier vers l’arrière. De plus, si l’espace aux jambes semble suffisant à l’arrière, la largeur disponible aux épaules reste modeste ramenée au gabarit extérieur de l’auto. Le coffre n’est pas parmi les plus vastes de la catégorie mais se montre assez logeable, sans fioriture ni aménagement particulier. Les rangements abondent cependant dans l’habitable sans être démesurés, tout comme l’alcôve range-sac côté passager avant.

Pataud

Avec 1,5 tonne sur la balance, inutile de dire que malgré son couple confortable grâce à la suralimentation, le petit bloc Diesel Multijet d’origine FIAT ne fait illusion qu’en ville. Dès que les routes s’ouvrent, il s’essouffle vite à moins d’être véritablement cravaché, et montre alors sa mauvaise humeur en grondant et donnant de la voix. Le bilan sonore est en effet dégradé par la présence envahissante de ce petit moteur, ainsi que les bruits d’air à haute vitesse. Ces désagréments sont cependant le prix à payer pour s’affranchir de malus écologique, ce petit moteur étant le seul à y échapper dans une gamme ou il variera, en 2018, de 860 à 2.300 € pour les versions les plus puissantes en boîte automatique. Heureusement, il tient ses promesses en termes de consommations qui restent retenues.

Plus embêtant, le mordant du freinage n’est pas son point fort. Les suspensions très souples vont également pénaliser l’agilité de l’auto et lui procurer des mouvements de caisse à la mise sur appui. Le point positif en est par contre un confort royal sur route dégradée tant que vous ne voudrez pas faire un chrono. Au global, l’auto se montre donc agréable et toujours sûre, mais pataude dans son comportement, ce qui tranche dans un segment où les qualités routières sont maintenant de très haut niveau.

Parmi les petits détails qui énervent, on signale le caractère bien trempé de la climatisation. JEEP a prévu avec raison de laisser des commandes séparées bien pratiques, mais lorsque le mode automatique est activé, le système refuse de vous laisser enclencher le mode de recyclage d’air, puisqu’il est sensé gérer également ce paramètre. Cependant, lorsque vous suivrez un vieux Diesel, vous regretterez alors ce blocage et repasserez en climatisation manuelle. Heureusement le niveau d’équipement de ce nouveau Compass vous fera oublier ces petits désagréments en vous assistant avec zèle dans votre conduite quotidienne, que ce soit avec son alerte de franchissement de ligne ou bien le régulateur de vitesse adaptatif. L’antipatinage et l’antiblocage de roue interviendront même relativement tôt sur chaussée glissante, laissant en cela apparaître les limitations du châssis.

Au final, ce nouveau venu reste bien une JEEP, à savoir une auto robuste et facile au quotidien avec un style et un caractère affirmés. Cependant le jeans et le chapeau ne font pas seuls le cowboy : il manque quelques chevaux et une vraie rigueur de comportement pour venir titiller les stars actuelles du segment, surtout à ce niveau de prix. Les aficionados seront cependant comblés par son style et sa modernité qui revigorent le concept.   

Frédéric JOUSSET

2017-12-18