RENAULT Alaskan Intens DCi 190 BVA7

ESPACE PICK-UP
  • Ligne agréable
  • Finition très correcte
  • Efficacité en tout terrain (boîte courte / blocage de différentiel)
  • Equipement complet en version Intens
  • Ligne d’accessoires intéressante
  • Prix élevé
  • Boîte auto lente
  • Gabarit conséquent et peu adapté à la ville

Prix : 45 960 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres en ligne - 16 soupapes - Turbo Diesel injection directe rampe commune – 4x4 - BVA7
Cylindrée 2298 cm³
Puissance maxi 190 ch à 3750 tr/min
Couple maxi 45.00 mkg à 2500.00 tr/min

Dimensions

Longueur 5.40 m
Largeur 1.85 m
Hauteur 1.84 m

Poids

Total 2011 kg

Capacités

Coffre de 0 à 1170 dm³
Réservoir 73 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 180 km/h
0 à 100 km/h 10.80 s

Environnement

Emission CO2 183 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 5.90
Urbaine 8.70
Mixte 6.90
Essai 8.50

ENTREE REMARQUEE

Tout comme le marché des SUV, le monde du pick-up est voué à un joli développement dans notre Hexagone… Une des raisons est le particularisme de la fiscalité, puisque le malus écologique ne s’applique pas bizarrement aux utilitaires, allez y comprendre quelque chose ! Alors, prêt à franchir le pas et délaisser votre SUV pour un pick-up ? Ne vous précipitez pas non plus et prenez le temps de bien lire cet essai pour comprendre où vous vous engagez.

Une première pour RENAULT mais une plateforme commune

Si l’Alaskan représente le premier pick-up distribué par la marque au losange, il n’est pas totalement inconnu puisqu’il reprend grandement les caractéristiques de son célèbre cousin le NISSAN Navara. RENAULT a quand même personnalisé son modèle en lui offrant une carrosserie et des jantes spécifiques. On reconnait au premier coup d’œil qu’il s’agit d’un modèle RENAULT et il est vrai que les designers ont plutôt eu le coup de crayon habile pour produire un véhicule fort agréable à l’œil et finalement bien proportionné, malgré des dimensions plus que généreuses !

Il en va de même côté motorisation avec un Diesel 2.3 "maison" développant 160 ou 190 chevaux qui équipe également le Navara, mais aussi le récent MERCEDES Classe X.

Ce qu’il faut retenir de tout cela est que les dimensions de l’ensemble sont hors norme, en particulier pour ceux qui souhaiteraient circuler en ville… Avec une longueur de 5,40 mètres (c’est quand même 40 cm de plus que le Grand Espace IV !), et une hauteur de 1,84 mètre, cela peut devenir très rapidement un cauchemar quand il s’agit de trouver une place de parking, d’effectuer un créneau ou d’entrer dans un parking sous-terrain. Le terrain de prédilection de l’Alaskan, c’est plutôt les grands espaces et la campagne. 

Ambiance intérieure moderne et bien finie

Quand on monte à bord de l’Alaskan (et il s’agit bien de monter en l’occurrence en prenant appui sur le très utile marchepieds), on est agréablement surpris par son habitacle. L’ambiance 4x4 est tout de suite présente, et même si l’ensemble reste assez simple et traditionnel, les assemblages sont de bonne facture et les matériaux de qualité pour la catégorie.

L’habitabilité est excellente, on a de la place à l’avant et à l’arrière (même si la banquette arrière nous est apparue un peu trop "verticale"). La benne arrière se tient prête à engloutir tout ce que vous pouvez rêver de transporter. Il convient simplement selon nous d’aller piocher dans le catalogue des accessoires (très bien fourni d’ailleurs) pour opter pour un hard-top ou plus simplement et plus économiquement pour un couvre-benne à enrouleur afin de protéger ce que vous transporter.

Dans notre version Intens haut de gamme, l’équipement est particulièrement complet et on retrouve toute la modernité des modèles récents : démarrage sans clé, GPS, régulateur / limiteur de vitesses, Bluetooth… Sur ce point-là, l’Alaskan n’a pas à rougir face aux dernières nouveautés dans le segment des SUV. Les équipements les plus importants sont sans nul doute les radars de recul et surtout un ensemble de caméra 360° qui vous aide dans les manœuvres toujours délicates au vu du gabarit hors norme du véhicule.

Un comportement caractéristique

Hormis son gabarit, pour l’instant l’Alaskan ne se distingue pas plus que cela d’un bon SUV… Mais c’est en prenant son volant que les principales différences apparaissent.

Doté d’une capacité de chargement d’une tonne et d’une capacité de traction de 3,5 tonnes, le châssis de l’Alaskan est nécessairement très rigide. Même si la suspension adoptée permet d’amortir correctement l’ensemble, il en demeure une certaine inertie et un côté "pataud" au final. On est loin de la précision et de la réactivité d’une plateforme type SUV. Son grand rayon de braquage ne le rend pas non plus très agile dans les manœuvres, mais dans ce domaine l’Alaskan ne fait ni mieux ni pire que la concurrence.

Ce pick-up dispose par contre de toute la panoplie pour vous permettre de passer à peu près partout ! En mode 4x2 (deux roues motrices) c’est en mode propulsion (aux roues arrière donc) que vous devez prendre l’habitude de conduire. Il faut juste apporter une petite attention à vide sur un terrain un peu accidenté, car la perte de motricité peut facilement intervenir. Pour plus de sécurité et si les conditions météo se dégradent, vous pouvez passer en mode 4x4 (dit long) par une simple molette en bas de la console centrale. Nous avons eu l’occasion de tester l’Alaskan sur des chemins particulièrement boueux et très gras, et nous n’avons rencontré aucune difficulté pour circuler. Il est vrai que l’ensemble était aussi doté de pneumatiques mixtes plus adaptés que de simples versions été.

Mais l’Alaskan est aussi un véritable 4x4 puisqu’il dispose également d’un mode 4x4 court qu’il convient d’enclencher à l’arrêt et qui vous permet une progression à faible vitesse dès que les conditions d’adhérence sont vraiment dégradées. Et si par malheur vous vous retrouvez "plantés" en pleine boue ou neige, il est possible d’activer le blocage de différentiel arrière (en option à 800 €). Cela permet de sortir de situation périlleuse, par exemple si vous êtes dans un chemin très boueux avec deux roues au sec et deux roues dans le bourbier. Sans blocage de différentiel, vous pouvez rester immobilisé car les deux roues avant ne seront pas sollicitées puisque les roues arrière patinent… Le fait d’activer le blocage de différentiel vous permet de donner de la puissance sur l’essieu au sec et de vous sortir de votre mauvaise posture. Bénéficiant aussi d’une belle garde au sol de vingt-deux centimètres, l’Alaskan ne craint pas les ornières ou les trous importants, bref, il est paré pour toutes les conditions hors des sentiers battus… Et si vous attaquez également une descente avec une forte inclinaison, il dispose d’une assistance spécifique à enclencher depuis le tableau de bord qui permet de gérer au mieux le comportement du véhicule.

Un ensemble moteur / boîte cohérent mais à l’agrément limité

Comme nous l’avons déjà souligné, l’Alaskan reprend également le couple moteur / boîte du NISSAN Navara. Si vous êtes habitué aux dernières productions de SUV disposant de boîte de vitesses ultra-réactives, grâce notamment à leur double embrayage, il vous faudra alors faire de grosses concessions sur ce point. En fait la boîte de vitesses automatique à sept rapports est beaucoup plus lente et il y a un vrai temps de réponse entre le moment où vous la sollicitez et le moment où elle réagit. Au fil des kilomètres, on s’y fait et on anticipe un peu plus, mais l’ensemble est quand même un peu poussif, même si les 190 chevaux développés par la motorisation quatre cylindres Diesel, remplissent bien leur office.

Il est toujours difficile de juger de la consommation réelle d’un tel engin durant un essai où nous avons mixé autoroute, route, tout chemin et passages très boueux… Toujours est-il que notre consommation réelle s’est établie aux alentours des 8,3 litres aux cent kilomètres, ce qui ne constitue pas un record mais reste néanmoins tout à fait raisonnable par rapport au gabarit de ce pick-up.

Cette arrivée de l’Alaskan correspond bien aux tendances du marché et tombe à point nommé pour RENAULT qui complète ainsi son offre sans une prise de risques conséquente puisque la majeure partie des organes sont identiques à ceux du NISSAN Navara. Dans ces conditions, nous sommes un peu déçus par le prix proposé et nous aurions aimé un tarif plus agressif… Commercialisé à partir de 36.860 €, il faut quand même débourser plus de 46.000 € pour cette finition Intens très richement dotée, il est vrai. Gageons que RENAULT saura proposer au printemps peut-être quelques séries spéciales pour adoucir l’addition. En tout cas, le RENAULT Alaskan tire bien son épingle du jeu pour peu qu’on ne veuille pas le restreindre à une utilisation majoritairement urbaine.

Fabrice DUMAS

2018-02-06