ACTUA AUTO - ESSAI nouvelle RENAULT Latitude Initiale 2.0 dCi 150 Energy

RENAULT Latitude Initiale 2.0 dCi 150 Energy

ESPACE OCCASION
  • Confort
  • Habitabilité avant et arrière
  • Rapport prix / prestations en particulier en occasion
  • Style générique
  • Choix de motorisations
  • Technologie en décalage par rapport au segment

Prix : de 7 000 € à 15 000 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres en ligne - 16 soupapes - Turbo diesel injection directe - Traction - BVM6
Cylindrée 1995 cm³
Puissance maxi 150 ch à 4000 tr/min
Couple maxi 34.00 mkg à 2000.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.90 m
Largeur 1.83 m
Hauteur 1.48 m

Poids

Total 1680 kg

Capacités

Coffre de 477 à 511 dm³
Réservoir 66 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 203 km/h
0 à 100 km/h 10.30 s

Environnement

Emission CO2 126 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 4.40
Urbaine 5.70
Mixte 4.80
Essai 0.00

UNE INTERIMAIRE MECONNUE

L'arrêt anticipé de la Vel Satis en 2009 a laissé dans la gamme RENAULT un vide d'offre de grande berline familiale. Le renouvellement complet de ce segment tardant à venir, le constructeur a importé une version restylée et rebadgée de la berline SM5 issue de sa filiale coréenne RENAULT SAMSUNG MOTORS : la Latitude, commercialisée en France de 2010 à 2015. Avec ce modèle, RENAULT a abandonné toute volonté de casser les codes du segment, mais a donc aussi limité sa prise de risque en même temps que ses ambitions. Est-ce une proposition indécente pour autant ?

Une franco-japano-coréenne !

Ce modèle est l’une des premières voitures "mondiales" de l’Alliance RENAULT-NISSAN : train avant de Laguna III, train arrière multi-bras de NISSAN, industrialisation en Corée, etc. Son développement pour les marchés asiatiques et émergents fait appel à la large banque d’organes du groupe, y compris pour les sous-ensembles motopropulseurs. L’Europe de l’ouest n’étant pas le marché prédestiné de ce modèle, la silhouette reprend les codes de grande berline statutaire à malle dont sont friands, en particulier, les marchés asiatiques.

Un positionnement européen humble et pragmatique

RENAULT revient donc sur le segment des grandes berlines en Europe avec un produit qu’il sait ne pas pouvoir rivaliser avec les vaisseaux amiraux des productions germaniques telles que les AUDI A6, BMW Série 5 ou MERCEDES Classe E. Ce n’est clairement pas l’ambition de l’auto.

Pour européaniser ce modèle, RENAULT l’a doté d’une calandre spécifique, d’un tarage de suspension raffermi et d’une planche de bord retravaillée, le modèle coréen d’origine reprenant le cockpit de la Laguna III. La Latitude hérite aussi au passage des motorisations "made in Renault".

Dans un souci de pragmatisme et de rentabilisation de cette version "Europe", RENAULT a aussi limité la diversité et les choix possibles. Excluant d’office l’essence du catalogue, l’offre de moteur comprend trois possibilités avec le 2.0 dCi 150 en boîte manuelle 6, le même moteur avec la puissance augmentée à 175 chevaux et BVA6 et pour finir, le V6 dCi 240 toujours uniquement en BVA6. Et c’est tout. De la même façon, l’offre d’équipements ne comprend que deux niveaux de finition : "Business" et "Initiale".

Une grande routière confortable

C’est donc une silhouette traditionnelle de grande berline à malle qui caractérise l’extérieur de cette Latitude. Les inserts chromés chers aux marchés asiatiques sont bien présents sur les contours des vitrages, avec une virgule très prononcée sur le retour de la vitre de custode, et un bandeau sur la porte de coffre reliant les feux arrière (à guide de lumière et à LED) emportant le nom du modèle. Pour s’intégrer à l’ensemble, la calandre est elle aussi à barreaux chromés, mais ce dessin inédit ne développe pas une identité de marque en écho aux autres productions du constructeur. Dans l’ensemble, si le véhicule est bien proportionné, sa silhouette très générique manque toutefois de personnalité.

L’ouverture de la portière vous plonge dans un habitacle accueillant mais dont la finition ne peut pas être comparée aux premiums. Ceci étant, l’équipement de confort du niveau "Initiale" est absolument pléthorique : sellerie cuir, sièges avant chauffants, planche de bord gainée avec surpiqures, volant avec insert bois, siège conducteur massant à mémoire, climatisation tri zone, diffuseurs de parfum et un inédit en Europe : l’ionisateur d’air qui est censé (au choix) purifier l’air de l’habitacle ou relaxer les occupants. On retrouve aussi en série plus classiquement : frein de parking automatique, régulateur-limiteur de vitesse, entrée et démarrage sans clé, caméra de recul avec aide au parking avant et arrière, feux bi-xénon asservis à la direction. Le toit ouvrant panoramique est en revanche une option.

En termes de technologie et multimédia, cette phase 2 embarque en particulier le système R-Link tactile connu sur les autres modèles de la marque, qui gère parfaitement Bluetooth et port USB (au nombre de deux dans l’accoudoir) et intègre un GPS TOM-TOM, ainsi qu’un système hi-fi BOSE, et enfin un détecteur d’angle mort greffé dans les pieds de rétroviseurs extérieurs. La Latitude fait l’impasse sur les systèmes derniers cri d’aide à la conduite comme le régulateur adaptatif, l’alerte de franchissement de ligne ou la reconnaissance de panneaux…

Pour ce qui est de la vie à bord, le coffre offre un volume de 480 litres ce qui est largement suffisant pour aborder dans un confort complet de grands trajets avec quatre adultes. A noter que pour les besoins de chargement la banquette arrière est rabattable 1/3 – 2/3. La longueur de 4,90 mètres avec un empattement long de 2,76 mètres profite à l’espace aux jambes et garantit une très bonne habitabilité aux places arrière, même pour les grands gabarits. Si les sièges offrent un excellent confort aussi bien à l’avant qu’à l’arrière, un peu plus de maintien latéral aurait été bénéfique pour les passages en courbes.

Le travail d’européanisation des trains roulants a conduit à un véhicule avec un comportement qui reste très typé confort, absorbant relativement bien les aspérités de la chaussée et sans trop s’avachir en courbe. Le bémol est à porter à la monte pneumatique de dix-huit pouces qui filtre assez mal les petites irrégularités. Ce comportement est cohérent avec la philosophie de l’auto plus apte à avaler des kilomètres d’autoroutes en sérénité que de concourir pour des rallyes en montagne.

Une motorisation Diesel sans panache mais suffisante

Dotée du 2.0 dCi de 150 chevaux accouplé à une boîte mécanique à six rapports, la Latitude n’est pas un véhicule sportif. C’est la motorisation de raison pour ce modèle, l’offre dCi 175 avec BVA6 offrant des performances à peine meilleures pour une consommation bien supérieure, et le V6 dCi ayant disparu du catalogue avec la phase 2, émissions de CO2 obligent.

Il s’agit donc ici d’un quatre cylindres turbocompressé à injection directe, dans sa dernière déclinaison "Energy" qui réduit les émissions de CO2 et s’adjoint un système stop-start assez réactif. La consommation mixte est annoncée à 4,8 l/100 km, ce qui, avec un réservoir de 66 litres, laisse entrevoir une grande autonomie entre les passages à la pompe. Cela change des réservoirs minuscules de productions plus récentes. Il est en tout cas assez facile de rester sous les 6 l/100 km chargé, sur autoroute aux limites de vitesse autorisées. A noter que la conduite à haute vitesse se fait plutôt en silence, sans bruit d’air ou de roulements gênants dans l’habitacle.

Avec un couple de 340 Nm accessible dès 2.000 tr/mn, une vitesse de pointe de 203 km/h, et un 0 à 100 km/h en 10,3 secondes, les performances sont suffisantes et les reprises assez vigoureuses pour gérer la plupart des situations de conduite. Au quotidien, cette mécanique se révèle agréable, relativement peu bruyante, et effectivement frugale en carburant. La boîte mécanique est facile à guider, les premiers rapports sont assez réactifs, mais il faut compter sur une plus grande placidité sur les cinquième et sixième rapports, plus longs.

Alors, platitude la Latitude ?

En proposant la Latitude comme intérimaire, RENAULT n’avait pas de grandes ambitions de vente pour nos marchés. Dans les faits, ce modèle n’est le meilleur nulle part : le style n’est pas particulièrement expressif, on fait bien mieux en contenu technologique (y compris sur la Laguna III avec le 4 Control par exemple), et les motorisations manquent de prestige. Cela n’en fait pas une proposition de véhicule au rabais pour autant. Au quotidien, les prestations d’ensemble sont cohérentes et homogènes par rapport à la cible. Alors définitivement pas platitude, mais... zénitude !

Pour qui cherche une grande berline confortable et économique dans la lignée de la tradition RENAULT des "voitures à vivre", la Latitude est très une bonne candidate. Ajoutez à cela que les prix en occasion sont assez bas, ce qui réserve encore de bonnes affaires avec un rapport prix/équipements extrêmement compétitif. Pour finir, le peu de diffusion du modèle en France vous donnera à bord un sentiment d’exclusivité en roulant  "différent" sans rouler "Allemand".

Yann LISSARDY

2018-04-15