TOYOTA Prius Hybride Rechargeable SOLAR 1.8 122ch e-CVT

ESPACE HYBRIDE
  • Consommation exceptionnelle
  • Autonomie en tout électrique
  • Equipements pléthoriques
  • Prix élevé
  • Volume du coffre
  • Pas de cinquième place
  • Performances limitées

Prix : 40 500 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type Hybride 4 cylindres 16 soupapes essence (98 ch) / Electrique (92 ch) - Injection essence – Traction – BVA e-CVT
Cylindrée 1798 cm³
Puissance maxi 122 ch à 5200 tr/min
Couple maxi 14.00 mkg à 3600.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.65 m
Largeur 1.76 m
Hauteur 1.47 m

Poids

Total 1530 kg

Capacités

Coffre de 359 à 1204 dm³
Réservoir 43 L
Nb de places 4

Performances

Vitesse maxi 162 km/h
0 à 100 km/h 11.10 s

Environnement

Emission CO2 28 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 0.00
Urbaine 0.00
Mixte 1.20
Essai 3.00

TOUTES LES ECO-MOBILITES POSSIBLES

Avec l'apparition de la quatrième génération de Prius, TOYOTA répond à une concurrence de plus en plus nombreuse sur le segment en renouvelant et différenciant une version rechargeable électrique, dénommée PHV pour "Plug-in Hybrid Vehicle". La promesse ? Avec une batterie plus grande - et un câble de recharge - augmenter l'autonomie en tout électrique à cinquante kilomètres pour satisfaire la majorité des trajets du quotidien et baisser encore la consommation.

Une évolution de la Prius !

Contrairement à la plupart de ses (nouveaux) concurrents, TOYOTA n'est pas parti d'une page blanche pour la conception de cette version PHV. C'est la base de la Prius "classique" qui a servi de support technique à cette évolution, autant dire que l'expérience acquise par le constructeur japonais au cours des vingt dernières années de développement hybride procure un certain avantage dans la maîtrise de la technologie.

Concrètement, la Prius PHV est une Prius IV rallongée de dix centimètres, dont la batterie voit sa capacité augmentée à 8,8 kWh, avec une esthétique différenciée de son ainée et quelques équipements spécifiques orientés sur la maximisation de l'autonomie électrique. Tout le reste, et en particulier le système hybride sophistiqué, est hérité de la Prius. Celui-ci est déjà particulièrement éco-performant : il est composé d'un moteur essence de 1,8 litre de cylindrée à cycle Atkinson revendiquant 40 % de rendement ! Il est épaulé par une motorisation électrique de 68 kW, ce qui porte la puissance totale combinée à 122 chevaux.

Seules vraies concessions à l'augmentation de l'autonomie : la Prius PHV n'est disponible qu'en quatre places – un accoudoir trône à la place centrale arrière, maîtrise de la masse oblige. Le volume du coffre est bien amputé pour permettre de loger les batteries : seulement 359 litres soit pratiquement 100 litres de moins que l'hybride classique. Et comme ce volume est calculé "jusqu'au toit", la place réellement disponible sous tablette se trouve vraiment très réduite, gare au trop plein de valises !

Extérieurement, la Prius PHV revendique son état et se différencie clairement de la Prius IV. Si les deux véhicules ont un style très travaillé avec des lignes tendues, dans la suite des productions actuelles de la marque, la face avant spécifique de la PHV comporte de série des projecteurs adaptatifs et directionnels Matrix LED très technologiques. On trouve deux trappes sur les flancs : une à gauche pour le carburant et une à droite pour le branchement du câble de recharge. A noter que les dix centimètres supplémentaires en longueur, malgré le même empattement, ont été bien intégrés et ne déséquilibrent pas la ligne générale. Le hayon est lui aussi spécifique avec une forme très galbée en son milieu – du plus bel effet –  sans doute pour améliorer les écoulements d'air. Un badge proéminent "PHV" marque la poupe du modèle.

Pour terminer, sur notre modèle d'essai habillé d'une livrée spécifique baptisée "Bleu Aqua", le toit entièrement recouvert d'un panneau solaire (option réservée à la Prius PHV) ne passe pas inaperçu et permet selon le constructeur de prolonger l'autonomie.

A l'intérieur, l'ambiance claire de notre version d'essai – sellerie tissu noir/blanc et inserts blancs en planche de bord – est accueillante et souligne bien l'instrumentation "Full Digital" et un style très technologique. Peu de différences de ce côté-là avec la Prius classique.

Un concentré de technologie au compromis maîtrisé

1,2 l/100 km et 28 g de CO2/km : voilà ce que revendique l'homologation de l'auto.

Avec sa quatrième génération de Prius, TOYOTA propose ici un produit qui est un véritable rêve d'ingénieur. La capacité du système à basculer entre l'ensemble des modes de traction sans que l'utilisateur ne s'aperçoive réellement de "qui fait quoi" est remarquable. On comprend pourquoi le levier de vitesses déporté en bas de console centrale ressemble à un joystick : vous ne serez pas amené à y toucher souvent.

Tout au plus, quand le moteur thermique se déclenche face à un besoin d'apport de puissance, entend-on la montée dans les tours provoquée par la transmission à variation continue. C'est d'ailleurs sur ce point que la dynamique de conduite peine un peu. Le décalage entre le besoin de puissance en conditions de conduite sévère et l'arrivée du soutien du moteur thermique nécessite d'anticiper, et de ne pas oublier qu'avec 122 chevaux maximum en combiné thermique – électrique pour 1.530 kg à vide, il ne faut pas s'attendre à des performances exceptionnelles. C'est suffisant, sans plus.

Ceci étant, la sportivité n'est pas la vocation de ce véhicule. Tout y est fait pour inciter à la modération : l'ambiance est particulièrement zen et technologique, l'ensemble des instruments de bord engage à faire un score "éco-conduite", et le silence du mode tout électrique donne l'envie... d'y rester. La gestion de l'ensemble des modes de conduite est d'ailleurs revue par rapport à la génération précédente, et dans le cas de la Prius PHV, il est même possible de rouler en mode tout électrique jusqu'à 135 km/h. Enfin, de façon générale l'insonorisation est particulièrement soignée.

Le comportement dynamique est en cohérence avec la philosophie globale, très typé confort, pas vraiment aidé par la masse à vide, et devient assez pataud quand le rythme s'accélère. En outre le dosage du frein requiert un apprentissage, le système de récupération d'énergie au freinage donnant la sensation de manque de répondant à l'attaque de la pédale. Un anachronisme : le frein de parking à pied comme sur les MERCERDES des générations passées ; bizarre !

Pour ce qui est des équipements intérieurs, on retrouve les derniers raffinements multimédia et d'aide à la conduite du moment : grand écran central tactile de huit pouces pour l'ensemble des fonctions de bord, compteur digital central TFT, régulateur adaptatif, détecteur de pré-collision, lecture des panneaux, recharge téléphone par induction etc. Attention toutefois l'option "panneau solaire" interdit quelques équipements intéressants comme l'affichage tête haute ou la Hi-Fi JBL.

Enfin, TOYOTA est confiant sur la fiabilité de son système hybride pour lequel il offre une garantie de cinq ans et assure la disponibilité des éléments liés à la batterie pendant dix ans, de quoi renforcer encore la sérénité du conducteur.

Un investissement difficile à rentabiliser mais au niveau de la concurrence

A partir de 39.300 € prix catalogue, et surtout 7.500 € de plus à équipement équivalent que sa sœur : voici le prix de l'autonomie augmentée façon PHV, un bel écart quand même. Il sera bientôt possible de trouver des RENAULT Zoé d'occasion pour cette somme, en considérant que vous bénéficierez à plein de l'intérêt du tout électrique en privilégiant ce mode au quotidien. Il faudra encore plusieurs dizaines de milliers de kilomètres avant de penser à rentabiliser le surcoût à l'achat d'une PHV par rapport à une "simple" Prius IV. Pour autant, ce tarif est cohérent avec ce que propose la concurrence : au même niveau qu'une KIA Optima PHEV, une BMW 225Xe ou encore une VOLKSWAGEN Golf GTE.

Consommation : promesse tenue ?

La Pius PHV peut très bien faire office de véhicule 100% électrique pour les trajets du quotidien, en zone urbaine ou périurbaine. Lors de l'essai, les allers-retours domicile-travail ont été réalisés sur ce mode, verdict pour la consommation d'essence : 0. Jouissif ! Les cinquante kilomètres d'autonomie sont assez réalistes dans ces conditions mais, dès que le rythme s'accélère, cette autonomie baisse toutefois rapidement. Le véhicule est extrêmement facile à recharger à domicile : branchement sur une prise secteur classique, programmation du cycle de recharge pour bénéficier des heures creuses, temps raisonnable - environ trois heures pour une charge complète. S'ajoute évidemment une compatibilité avec les bornes publiques de recharge, le temps de recharge descend alors à seulement deux heures...

Et la Prius reste fondamentalement un véhicule hybride : pas de stress de la "batterie faible" même si le programme de bord propose le trajet le plus économe en énergie. En mode hybride classique (mais batteries chargées) sur routes variées, la consommation ne s'envole pas en restant assez facilement en dessous des 4 l/100km ce qui est là encore vraiment remarquable.

Dans la recherche permanente d'efficience en consommation de carburant, TOYOTA livre avec la Prius IV PHV sans doute le modèle hybride le plus frugal au monde. Cette véritable prouesse technologique est en outre assortie de qualités dynamiques tout à fait acceptables, d'une très bonne finition intérieure et d'un équipement pléthorique. Si vous êtes particulièrement sensibles à la préservation de l'environnement, que le surcoût ne vous rebute pas, vous ne serez pas déçus. Quelques détails empêchent encore un usage  familial à toute épreuve : un coffre décidément riquiqui pour une famille, l'absence d'une cinquième place à l'arrière, et l'impossibilité de tracter. Gageons que sur ces points-là, le sans-faute sera atteint avec la prochaine génération !

Yann LISSARDY

2018-04-04