CITROEN C3 Aircross PureTech 110 Shine

ESPACE COMPACTE
  • Style
  • Agrément moteur Puretech
  • Suspensions
  • Insonorisation perfectible
  • Qualité audio
  • BVA EAT6 parfois hésitante

Prix : 23 150 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 3 cylindres - 12 soupapes - Essence Turbocompressé - Traction - BVA6
Cylindrée 1199 cm³
Puissance maxi 110 ch à 5500 tr/min
Couple maxi 20.00 mkg à 1500.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.15 m
Largeur 1.75 m
Hauteur 1.64 m

Poids

Total 1203 kg

Capacités

Coffre de 410 à 1289 dm³
Réservoir 45 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 183 km/h
0 à 100 km/h 10.60 s

Environnement

Emission CO2 126 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 4.80
Urbaine 6.90
Mixte 5.60
Essai 0.00

NOUVEAU ROI DU COOL !

Vrai best-seller ayant dépassé les 50.000 ventes en Europe depuis son lancement en octobre dernier, ce C3 Aircross est la cerise sur le capot de la petite compacte C3 du constructeur aux chevrons. Arrivant en concurrence frontale avec des stars bien installées qui ont pour nom RENAULT Captur, PEUGEOT 2008 ou FIAT 500X, il est disponible depuis peu avec le moteur essence Puretech accoupléà une boîte automatique à six rapports bien dans lair du temps. Alors, toujours aussi cool 

Rigolote

Dès le premier regard le capital sympathie opère. Le design rondouillard et ludique amuse avec ses deux grands yeux et sa bouche ouverte comme perpétuellement étonnée. D’aucuns remarqueront plutôt les feux supérieurs effilés dans le prolongement du logo aux chevrons, trait de design caractéristique des CITROËN actuelles, qui donnent un petit aspect acéré à la voiture. Deux niveaux de lecture existent donc pour une voiture à deux visages, au design finalement assez léché. Afin d’entrer dans les codes des SUV, la silhouette est assez surélevée et complétée par les inévitables barres de toit qui ne porteront probablement pas grand-chose pour la plupart des ventes. Les flancs sont assez droits, avec un renflement sur la tôle en bas des portes qui restent cependant assez exposées aux chocs urbains. En effet, à l’opposé des arches de roues généreusement protégées par des enjoliveurs en plastique, ceux-ci deviennent cantonnés aux bas de caisse sur les côtés. C’est de l’arrière que ce petit SUV a peut-être le moins de personnalité, hésitant entre un 500X ou un MINI Countryman avec ses deux gros feux revenant sur le coffre. Heureusement le becquet équilibre la ligne et son pare-chocs surdimensionné présentant deux "dents" verticales comme sur la berline C3 renforce la robustesse et la singularité de l’auto. Notre voiture d’essai était proposée en livrée tricolore orange-blanc-noir du plus bel effet. La personnalisation de ce modèle s’organise en effet autour de huit couleurs de caisse, trois couleurs de toit et quatre packs "colors" pour les touches finales comme les rétroviseurs, les custodes ou les barres de toit. Quelques détails font ainsi mouche dans le style, comme les petites rayures blanches sur les custodes de notre modèle d’essai, bien qu’elles risquent quand même de limiter un peu la vision de trois quarts arrière. Si jamais la claustrophobie vous guette avec une ceinture de caisse relevée, le très agréable toit ouvrant en verre panoramique, en option moyennant 850 €, procure une luminosité appréciable à l’habitacle.

Le design intérieur se montre également sympathique quoique beaucoup moins coloré que l’externe si ce n’est pour quelques touches. On y retrouve ainsi une ambiance mixte avec des rappels de tissu imitation tweed blanc/gris sur les contre-portes et les sièges. De multiples rangements sont présents dans l’habitacle et la voiture propose dans cette finition une banquette coulissante permettant d’obtenir un volume de coffre variant de 410 à 1.289 litres, tout à fait remarquable pour le segment. La praticité de l’auto est encore renforcée par la mise en tablette du siège avant passager pour pouvoir faire entrer des objets longs comme votre planche de surf...

Les aérateurs de planche de bord bénéficient d’un design travaillé avec des décorations colorées rappelant les motifs rectangulaires déclinés par les feux et pare-chocs. La seule limite à cet exercice réside dans la forme compliquée du frein à main peu pratique à manier. De nuit, des éclairages LED judicieusement placés créent une ambiance feutrée et branchée dans l’habitacle. Dommage que certaines découpes d’habillages et ajustement ne soient pas parfaits, notamment au niveau du pavillon, car ils sont accentués par cet éclairage. De même, on note quelques plastiques rigides ça et là dans l’habitacle et notamment en haut des portes.

Bien équipée

Le niveau de finition "Shine" de notre voiture d’essai correspond au haut du panier de cette gamme, et effectivement la dotation est plutôt riche : jantes de dix-sept pouces diamantées, déverrouillage et démarrage sans clé (en option 350 €), viseur tête haute couleur, surveillance des angles morts… La navigation avec écran tactile de sept pouces s’équipe du dernier système GPS/infomédia "NAC" de PSA équipant plusieurs autres modèles récents du groupe. Son intégration est ici particulièrement réussie juste en-dessous des aérateurs de haut de planche de bord et donne l’impression par son traitement d’un immense écran dans le prolongement de ceux-ci même si la surface active est en fait plus petite. A contrario, ce système présente certaines faiblesses comme une qualité audio moyenne et une manipulation uniquement tactile intégrant certaines fonctions essentielles comme le contrôle de la climatisation, qui devient ainsi moins évidente à manipuler en conduisant. La connectivité est logiquement assez évoluée sur ce système de dernière génération, avec la présence des systèmes ANDROID Auto et APPLE CARPLAY, que nous n’avons, par contre, pas pu tester. Enfin, le vide-poche situé à l’avant du levier de vitesses propose un chargeur par induction, à réserver cependant aux téléphones ouvertement compatibles : notre bon vieux MOTO G4 est devenu fou à chaque fois que nous avons essayé de le faire voyager à cet endroit.

Le plus pratique de ces équipements sera sans conteste la caméra de recul arrière qui, non contente de compenser le manque de visibilité inhérent aux lignes relevées du véhicule, propose également une recomposition d’image en vue de dessus autour de la voiture, appelée "Top Rear Vision". Cette prouesse due aux avancées en traitement d’image, et non à un drone sortant automatiquement du toit lorsque vous vous garez, s’avère bien pratique pour mieux visualiser l’environnement du véhicule et identifier la borne en béton sournoise qui passera en-dessous du radar mais pas du côté de caisse... 

Là où par contre la technologie devrait pouvoir se faire discrète concerne le chapitre des aides à la conduite, ou ADAS. L’alerte sonore de franchissement de ligne n’est en effet désactivable que pour un trajet, et se réactive dès le contact coupé. Il est donc impératif de scolairement respecter les marquages au sol sous peine d’entendre sonner la voiture avec sévérité. De même, pourquoi avoir des alertes radar dès lors que l’on roule à la bonne vitesse ? On se demande quand même pourquoi autant de parano… mais en attendant, force est de constater que ces alertes incessantes nuisent quelque part à la zénitude du voyage. De même, nous avons trouvé le bloc de climatisation assez bruyant sur la durée de notre essai, et au chapitre des petites mesquineries, les capteurs pour l’ouverture sans clé ne sont présents que sur les poignées de portes avant.

Ludique

Le trois-cylindres Puretech PSA de 1,2 litre commence à devenir une bonne connaissance par ses prouesses démontrées sous d’autres capots, et ses trois titres de "moteur de l’année" obtenus successivement en 2015, 2016 et 2017. Dans sa version turbo "détarée" de 110 chevaux proposée ici, il présente une bonne réactivité en ville grâce au souffle de son turbo, bien secondé par la boîte EAT6. Ses envolées lyriques sont cependant aussi limitées que son nombre de cylindres, et il avoue quand même un petit manque d’allonge dès que l’on sort des centres urbains malgré un poids de l’auto contenu à 1,2 tonne. Dans cette configuration, la boîte six vitesses d’origine AISIN se montre étonnamment indécise dans certaines conditions, comme en faible pente, régulateur enclenché, où elle hésite constamment entre cinquième et sixième vitesse.

Quoique bien volontaire, ce petit moteur Puretech aura également tendance à donner un petit peu trop de voix mené  dans les tours en charge, s’ajoutant à un bilan sonore global de l’auto plutôt moyen à haute vitesse. A allure plus tranquille cependant, il démontre tout son talent pour emmener l’équipage de manière efficace avec une bonne endurance et un bon agrément du système Stop&Start en ville, associés à un appétit raisonnable. Positionnement SUV oblige, la voiture est assez haut perchée et propose un débattement de suspension supérieur à celui d’une berline, autorisant un amortissement très efficace des nids d’autruches apparus avec le dégel sur nos routes franciliennes, et autres dos d’ânes ou ralentisseurs qui fleurissent sur nos routes entre chaque radar. Avec la magie des trains roulants modernes, ceci ne pénalise absolument pas la tenue de cap ni la prise de roulis et l’auto se montre précise et joueuse, confortable et très agréable au quotidien. Si l’envie vous prend de sortir des sentiers battus, ou simplement d’une plus grande sécurité en conditions difficiles, l’option GRIP control à 300 €, qui est associée ici à un dispositif électronique de contrôle de descente "Hill Assist Descent", s’avère un investissement rentable.

Rendant plusieurs milliers dEuros au RENAULT Captur TCE 120 ou à son cousin PEUGEOT 2008 à mécanique identique, le CITROËN C3 Aircross entend bien jouer sa propre partition et faire valoir son bon niveau de prestations avec son style décalé et branché. Son succès actuel nest donc pas une surprise et entièrement mérité.

Frédéric JOUSSET

2018-04-17