ACTUA AUTO - ESSAI nouvelle FIAT 124 Spider

FIAT 124 Spider

ESPACE CABRIOLET
  • Son à l'échappement exceptionnel
  • Plaisir de conduite
  • Confort
  • Prix
  • Détails d’ergonomie

Prix : 37 500 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres en ligne - 16 soupapes Turbo essence MultiAir– Propulsion – BVM6
Cylindrée 1368 cm³
Puissance maxi 170 ch à 5500 tr/min
Couple maxi 25.49 mkg à 2500.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.05 m
Largeur 1.74 m
Hauteur 1.23 m

Poids

Total 1060 kg

Capacités

Coffre de 0 à 140 dm³
Réservoir 45 L
Nb de places 2

Performances

Vitesse maxi 232 km/h
0 à 100 km/h 6.80 s

Environnement

Emission CO2 148 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 5.10
Urbaine 8.50
Mixte 6.40
Essai 8.50

UN SCORPION BIEN PIQUANT

Une petite année après avoir eu la chance de tester deux versions différentes, le roadster et la RF, de la célèbre MAZDA MX5 aussi appelée Miata, nous voici au volant de sa cousine italienne sous testostérone, l’ABARTH 124 Spider. Les ingénieurs de la marque au scorpion se sont en effet penchés sur la FIAT 124 Spider qui partage bon nombre d’éléments avec la MX5. Le but d’ABARTH, comme pour chacune de ses réalisations est de produire une version plus stylée, plus pointue, plus sportive mais aussi plus exclusive. En route !

Un design agressif

Avant de démarrer faisons le tour du propriétaire. Reprenant la base extérieure de la FIAT 124, plus longue que la MAZDA du fait de ses porte-à-faux, elle affiche un design autrement moins passe-partout. Couleur bi-ton (deux peintures pastel et trois métallisées sont associées au noir du capot et de la malle), quadruple sorties d'échappement, grosses jantes, spoiler arrière, elle ne fait pas dans la discrétion ! Décomplexée, l'Italienne attire immanquablement le regard des passants.

 

Un moteur inédit

Pour ce qui est de la motorisation, l’ABARTH est motorisée par le 1.4 MultiAir turbo, moteur déjà vu à bord de l’ALFA ROMEO MiTo Quadrifoglio Verde. Plus puissante de trente chevaux (170 chevaux au total) et plus coupleux de 10 Nm (250 Nm en valeur maximale) que la version de base, cette mouture dont le cache culasse est signé ABARTH se distingue par deux caractéristiques principales. Premièrement le bloc a plus d'allonge, il répond favorablement jusqu'à 6.500 tr/mn, et ensuite le creux à bas régime est moins prononcé. Il en résulte une mécanique plus homogène et donc plus agréable à mener.

 

Une conduite enivrante et un échappement de feu

 

Malheureusement la météo lors de l'essai en région parisienne ne se prêtait pas forcément à cette 124. Trois jours de pluie non-stop, pour tester un cabriolet chanteur de hard rock, propulsion qui plus est, ce n’est pas l’idéal. C’est donc avec un peu d’appréhension et de frustration que j’effectuais mes premiers tours de roue. Mais très rapidement, l’ABARTH m’a fait oublier la morosité pour me donner une banane énorme. Le premier contributeur de ce plaisir, c’est le son bien sûr. Comme toujours chez la marque italienne, ça crie, ça hurle mais c’est génial. Les ingénieurs maison ont particulièrement travaillé le son du fantastique échappement Record Monza, qui, sans rouler à des vitesses prohibées, vous donne l’impression de participer à une spéciale de rallye. Cet échappement couplé au quatre cylindres turbo, vous donne le frisson, bien plus que certains coupés actuels trop aseptisés pour vous donner de réelles sensations mécaniques.

Alors oui si vous avez le pied un peu lourd en sortie de virage, sous la pluie, le châssis ultra précis et ultra nerveux ne demande qu’une chose, faire partir le train arrière. Mais étonnement ces glissades s’anticipent très bien et on n’a jamais l’impression que la voiture vous surprend. Etant donné l’excellente tenue de route que l’ABARTH propose sur le mouillé, je n’ose même pas imaginer ce que ce serait sur route sèche. La direction est très précise, tout comme la boîte de vitesses aux débattements courts, fournie par MAZDA, et l’amortissement se révèle ferme mais pas du tout inconfortable. Etrangement cette ABARTH m’a semblé plus confortable en suspension que sa cousine nipponne tout en restant diablement efficace. Autre surprise, contrairement à la MX5 RF, aucun bruit d’air ne se fait entendre au niveau de la capote. Finalement j’imagine qu’à la longue, les superbes mais puissants bruits d’échappement doivent fatiguer mais, pour le reste, de long trajet peuvent être envisageables. Le terrain de prédilection du petit cabriolet est sans hésitation les routes de campagne où c’est un réel plaisir d’enchainer les virages serrés et les ré-accélérations.

 

Quelques touches épicées à l’intérieur

A l’intérieur là aussi on retrouve naturellement dans les grandes lignes la patte MAZDA. Cependant, le bouton Sport, absent en temps normal, saute ici aux yeux. Les sièges sont en cuir noir ou combinent le noir et le rouge. Rangement derrière les deux occupants, coffre et fonctionnement on ne peut plus facile de la capote manuelle demeurent inchangés. L’habitacle orné d’Alcantara, de cuir et de plaquage imitation carbone est de bonne facture, les sièges baquets et les ceintures rouges démontrent tout le capital sportif de l’auto. Le compte-tours central voit rouge et le repère de centrage sur le volant permet de garder le cap à rythme soutenu. L’intérieur est encore une fois plus radical que celui de la FIAT 124 ou que la MAZDA MX5. Au niveau de l’ergonomie c’est parfait ou presque, toutes les commandes liées directement à la conduite tombent sous la main, parfaitement sous la main même. J’ai simplement trouvé que la molette du système d’info divertissement n’est pas très bien placée car trop en arrière. Sans être particulièrement grand, on se retrouve avec cette molette sous l’avant-bras, pas forcément pratique à manipuler donc.

Une note tout de même salée

Avec cette ABARTH 124 Spider on se retrouve donc un peu comme dans un bar chic turinois, les cocktails sont délicieux mais les prix très élevés. Car un scorpion ça pique et celui-ci ne déroge pas à la règle. Malgré des qualités indéniables, un charme fou et un plaisir de conduite énorme, le prix de cette ABARTH peut sembler excessif comparé à une FIAT 124 ou à une MAZDA MX5 2 litres de 160 chevaux. En effet l’Italienne au scorpion s’affiche en prix de base à 37.500 € soit 6.100 € de plus que la MAZDA. Il faut également prendre en compte une consommation qui peut vite atteindre les dix litres aux cent kilomètres en rythme soutenu. Mais finalement, même moyennement placée en termes de prix sur le marché des petits roadsters, je ne doute pas du fait qu’elle saura provoquer le coup de cœur des afficionados de la marque ou tout simplement des mélomanes qui tomberont sous le charme du caractère et des vocalises de la belle Italienne.

Richard STROESLER

2018-05-14