RENAULT Megane RS Energy TCe 280 EDC Châssis Sport

ESPACE Sportive
  • Ensemble moteur-boîte
  • Efficacité du châssis
  • Sensations
  • Consommation et autonomie
  • Ecran multi fonction peu intuitif
  • Prix et malus écologique

Prix : 39 400 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres - 16 soupapes - Turbo injection directe essence - Traction - BVA double embrayage séquentielle à 6 rapports (EDC)
Cylindrée 1798 cm³
Puissance maxi 280 ch à 6000 tr/min
Couple maxi 39.78 mkg à 2400.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.37 m
Largeur 1.87 m
Hauteur 1.45 m

Poids

Total 1430 kg

Capacités

Coffre de 384 à 1247 dm³
Réservoir 50 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 250 km/h
0 à 100 km/h 5.80 s

Environnement

Emission CO2 155 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 6.00
Urbaine 8.40
Mixte 6.90
Essai 13.20

PISTARDE EN COSTUME

RENAULT est une marque présente dans le sport automobile depuis des années, que ce soit en rallye, Formule 1 ou avec les RENAULT Sport Series. Dernièrement cette philosophie s'est concrétisée avec la renaissance de la marque ALPINE et la sortie de la dernière Mégane RS partageant le même moteur. Nous sommes donc là, plus en présence d'une sportive qui a mis sa tenue de ville que l'inverse. Cette philosophie permet-elle un usage quotidien ? C’est ce que nous allons vérifier.

Le ton est donné

Le premier élément marquant qui saute aux yeux lors de la découverte de cette Mégane est l’impression de puissance. Le deuxième élément, lorsque l’on se met au volant, c’est la faible autonomie. En effet, alors que notre Mégane affiche un réservoir plein, l'ordinateur de bord n'indique que deux cent cinquante kilomètres d'autonomie. On est bien plus proche de la consommation d'une voiture de course que de celle d'une sage citadine !

Il faut dire que sa devancière, la RENAULT Mégane RS 275 Trophy-R a pendant longtemps détenu le record du tour du Nürburgring pour une traction, et ceci devant des voitures bien plus puissantes. C'est dire que nos prédécesseurs ont dû tester de manière appuyée les capacités sportives de la voiture. Au premier abord, l'esthétique de notre Mégane RS gris Titanium peut paraître sobre, mais ce n'est qu'au premier regard car dès que l'on s’y attarde, de petits détails nous attirent indéniablement. Tout d'abord, de profil, les jantes alliage Interlagos Full Black de dix-neuf pouces interpellent et annoncent clairement qu'il y a quelque chose de différent sur cette Mégane. Et c’est en tournant autour que l’on a la confirmation que ce n'est pas la Mégane de monsieur tout le monde : pare-chocs caractéristiques à l'avant avec trois petits feux LED de chaque côté, des ailes très larges spécifiques à la version RS, les entrées d'air pour refroidir les freins, l'énorme extracteur arrière, la sortie d'échappement centrale… Et encore, elle est grise ! Avec les teintes Orange Tonic ou Jaune Sirius, tous ces éléments ressortiront encore plus et donneront un aspect sportif encore plus marqué.

Un intérieur à l'unisson ?

A l'ouverture des portes, un battement de cœur (déconnectable) vous accueille et vous met immédiatement dans l'ambiance. Les sièges-baquets en Alcantara noir et surpiqures rouges sont magnifiques. Les garnissages de portières sont étonnants, en tissu enduit avec un motif carbone que l'on retrouve également sur le tableau de bord. La signature lumineuse des portières sert de rappel à celle de l'écran multifonction. Le volant en cuir et Alcantara avec son logo R.S. chromé sur fond rouge et son marquage rouge en haut du volant complètent la dotation.

Malheureusement, cela s'arrête là. Pour le reste, c'est l'intérieur classique d'une représentante du losange. Grand écran vertical, gros bouton de climatisation, le tout un brin austère. En revanche, il y a un bouton R.S. mode qui laisse à penser qu’il peut y avoir quelque chose de caché. De même, sur l’écran multifonction, il y a ce gros rond jaune permettant d’enclencher la télémétrie qui annonce également la couleur. L’écran reste un des points discutables de l’équipement car, au premier abord, il n’est pas assez intuitif et on cherche souvent où sont les fonctions. Par contre, une fois configurées, les différentes pages permettent d’avoir un écran qui correspond à son besoin, ce qui n’est pas le cas chez tous les constructeurs.

Pas comme les autres

Si l’on se penche un peu plus sur les deux fonctions spécifiques à notre modèle, on a alors un bon aperçu du pédigrée de notre bolide. La fonction R.S. Drive présente cinq modes différents. Quatre sont totalement configurés, Confort, Neutral, Sport et Race, chacun ayant sa propre définition de direction, de cartographie moteur, de comportement de l’ESP, de la direction et de sensibilité de la pédale d’accélérateur, le tout étant associé à un affichage différent. Un dernier mode, totalement personnalisable, permet de régler chaque paramètre indépendamment. Différents éléments sont mis en avant pour chaque configuration, le plus spécifique étant celui du mode Race qui supprime les compteurs et met en avant le régime moteur avec deux barres horizontales indiquant que l’on se rapproche de la zone rouge. Ce mode déconnecte également toutes les aides à la conduite : le terme Race n’est pas usurpé.

Le second élément est le R.S. Monitor qui permet alors d’ouvrir l’ensemble de la télémétrie disponible sur le véhicule. Cette fonction est capable de gérer un certain nombre de paramètres orientés course tels que le chronométrage, les angles des roues permettant ainsi de mieux appréhender le système 4Control et d’autres mesures telles que le 0 à 100 km/h et autres mille mètres départ arrêté.

Ce qui est conservé sur cette Mégane, par rapport à la version classique, est l’habitabilité à l’arrière et le coffre de berline. Ceci en fait tout simplement, avec son châssis sport et sa boîte EDC, la version la plus civilisée de la famille RS. RENAULT espère probablement vendre plus de Mégane avec cette configuration. Le public, à la recherche à la fois de sensations mais aussi de confort pour une utilisation quotidienne, se retrouvera plus facilement dans cette combinaison qui présente en plus les palettes au volant. En revanche, pour ceux qui en veulent plus, le pack Cup (1.500 €) est disponible avec le châssis Cup abaissant la caisse de deux millimètres, raidissant la suspension de dix pourcents grâce aux combinés ressorts/amortisseurs spécifiques et incluant un différentiel à glissement limité Torsen en sortie de la boîte mécanique. Les purs et durs devront eux attendre jusqu’à la fin de l’année le lancement de la radicale version Trophy et ses trois cents chevaux.

Verdict de la piste

Un système auquel il faut s’habituer car il peut être perturbant au début, c’est le système 4Control qui va, à basse vitesse, de 60 à 100 km/h suivant le mode de conduite sélectionné, diminuer le besoin de rotation du volant pour prendre un virage en utilisant une orientation opposée entre les roues avant et arrière donnant ainsi la sensation que l’on tourne plus que ce que le volant n’est braqué, au profit de la vivacité et de la maniabilité. A vitesse élevée, les quatre roues pivotent dans le même sens, assurant une grande stabilité en courbes rapides.  

Le contact mis en version Neutral ne donne pas une impression flagrante de puissance. La suspension est ferme tout en restant confortable et le moteur sait se faire relativement discret. Les sensations sont proches de celles d’une Mégane GT et la conduite est aisée.

En mode Sport, la mélodie du moteur est différente et les grondements lors des passages de rapport ou en arrivant au rupteur donnent le la. La direction est plus ferme et surtout toute la puissance est disponible à la moindre sollicitation de la pédale d’accélérateur qui est bien plus réactive. Afin de rester en sécurité, tous les systèmes d’assistance restent activés et permettent au conducteur de profiter de la puissance sereinement. La sonorité est enivrante et même si elle est un peu artificielle, elle ajoute au plaisir de conduire.

Enfin, en mode Race, le pilote a toutes les cartes en main. Plus aucune aide à la conduite, toute la puissance est disponible et ne demande qu’à répondre aux sollicitations. La suspension ne correspond pas à un usage quotidien mais est très efficace et elle colle littéralement la Mégane à la route. Il faut alors rester concentré au volant pour exploiter tout le potentiel de la voiture. Clairement, on est là, plus en présence d’une pistarde que d’une voiture de rallye. Les suspensions à butée hydraulique ont tendance à arriver en fin de course sur route bosselée. On ne résiste pas à l’envie de tester les outils de télémétrie et à se faire plaisir. C’est finalement dans les premiers rapports que le jeu est le plus intéressant car dès que l’on atteint des vitesses tombant sous le coup de la loi, elle se montre plus linéaire et moins joueuse. L’efficacité est diabolique pour une berline qui reste confortable en usage quotidien mais le châssis Cup apportera encore plus de maîtrise si on veut exploiter encore mieux toute la puissance.

Tirelire percée

Le plaisir a finalement un prix avec un tarif global, malus compris, supérieur à la concurrence. Mais la Mégane reste plus efficace, même sans différentiel autobloquant ou suspension pilotée, que la plupart de ses concurrentes qui sont soit plus légères, soit plus puissantes. Dans sa future version Trophy, elle le sera encore plus et c’est à espérer qu’avec cette version, RENAULT tentera de reprendre son record sur le circuit allemand. Cela ne tardera alors pas à relancer la course à l’armement entre les constructeurs de berlines sportives. Mais finalement ce sera l’utilisateur en recherche de sensations qui en sortira gagnant et malgré le prix, il y aura toujours des amateurs de sensations fortes.

C’est clair, la Mégane R.S. est de retour, et de fort belle manière. Utilisable au quotidien comme sur circuit cette version est un bon compromis quand on ne veut sacrifier ni son confort, ni son plaisir de conduite. L’ensemble moteur et boîte est un régal au quotidien mais il faudra être raisonnable avec l’accélérateur sous peine de passer un peu trop souvent à la pompe. Mais finalement, quand on aime, on ne compte pas, alors laissez-vous tenter.

Je tiens à remercier le golf de Forges les Bains qui a permis de réaliser les photos dans un cadre superbe, et cette fois-ci avec le soleil.

Michel SANTONI

2018-01-01