PEUGEOT 508 GT BlueHDi 180 S&S EAT8

ESPACE BERLINE
  • Ligne
  • Toucher de route
  • Contenu technologique
  • Manque de caractère moteur
  • Habitabilité en retrait
  • Tarifs en hausse

Prix : 47 600 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres - 16 soupapes - Turbo Diesel injection directe - Traction - BVA8
Cylindrée 1997 cm³
Puissance maxi 180 ch à 3750 tr/min
Couple maxi 40.00 mkg à 2000.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.75 m
Largeur 1.91 m
Hauteur 1.40 m

Poids

Total 1535 kg

Capacités

Coffre de 487 à 1537 dm³
Réservoir 55 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 235 km/h
0 à 100 km/h 8.30 s

Environnement

Emission CO2 124 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 3.90
Urbaine 5.90
Mixte 4.70
Essai 6.10

ELLE A LES CROCS !

La voilà enfin, cette nouvelle Lionne ! Appelée à remplacer un modèle ayant eu une jolie carrière dans son segment, avec 530.000 exemplaires vendus en un peu plus de sept ans grâce à son bon rapport prestations/prix, elle devra faire non seulement mieux que son aînée mais accommoder également la volonté de montée en gamme du constructeur de Sochaux. Notre premier rendez-vous "tape" dans le haut du panier, avec cette finition GT associée au plus puissant des moteurs Diesel disponibles au lancement.

Plastique Inspirée

A son lancement en 2011, la 508 était appelée à remplacer deux modèles de la gamme PEUGEOT d'alors : la 407 et l'ancien fer de lance 607. Pour satisfaire ce grand écart, elle a donc naturellement fait l'objet d'une montée en gamme par rapport à la première tout en restant dans un classicisme de bon ton : une berline de plus de 5,80 mètres spacieuse et confortable, un break en dérivé et exit le coupé ! Cette nouvelle génération apporte un peu plus d'audace dans la gamme avec une berline-coupé au style très marqué, pour l'image, et un break de chasse qui arrivera dans quelques mois pour les adeptes de praticité et d'espace intérieur.

La ligne de cette nouvelle venue s'inscrit donc pleinement dans la tendance récente des berlines-coupés, et revendique ouvertement avoir dans sa ligne de mire une certaine AUDI A5 ou VW Arteon. Il y a pire comme références… Avec ses porte-à-faux réduits, son empattement augmenté et son pavillon fuyant et nervuré, cette auto fait décidément forte impression au point d'être très regardée dans la rue lors de notre essai. L'autre trait de caractère stylistique réside dans la présence de deux "crocs" encadrant la face avant pour servir de feux de jour, sensés symboliser les canines du félin, en réponse aux "C" lumineux des dernières RENAULT. Ceux-ci ne sont malheureusement éclairés par LED que sur cette finition GT, les autres se contentant apparemment d'un bandeau chromé.

On apprécie tout particulièrement le souci du détail apporté sur ce modèle, avec ces très aériennes portes sans cadre à la façon d'un cabriolet, qui ont permis d'abaisser significativement la voiture de six centimètres. C'est aussi la vitre de custode arrière qui se referme sur un enjoliveur en composite visible de l'extérieur sous la lumière, ou le montant arrière qui est orné d'un monogramme rappelant la finition. Large et basse, plus courte de huit centimètres que sa devancière, cette féline a donc du chien et beaucoup de dynamisme, bien campée sur ses roues de dix-neuf pouces optionnelles, même en GT et aux pneus taille basse sur lesquels nous reviendrons.

L'arrière est également très élégant, PEUGEOT ayant reconduit le bandeau en plastique sombre reliant les feux arrière et portant le sigle du constructeur, déjà apparu avec les derniers 3008/5008, et qui ressort particulièrement sur la peinture blanc nacré de notre modèle d'essai. Ce design élargit encore la voiture, malgré une largeur en réalité moins importante qu'à l'avant afin de souligner les épaulements des ailes arrière. Tout juste pourra-t-on regretter sur cette face arrière un dessin un poil torturé au niveau de la jonction avec un pare-chocs un peu trop proéminent. Style et pavillon plongeant obligent, cette nouvelle 508 a troqué le coffre pour un hayon très plat, qui a obligé le constructeur à y attacher directement la planche arrière cachant le contenu du coffre. Heureusement celle-ci se déclipse facilement pour être nettoyée, mais cette astuce n'apporte rien à la visibilité arrière qui s'avère, de façon bien prévisible, inexistante. Ce hayon s'ouvre sur un coffre large et profond, d'un volume en léger retrait par rapport à sa devancière. Rendu très accessible par la large ouverture, il ne propose cependant qu'une hauteur assez limitée pour vos bagages, et sa profondeur importante peut vous amener à mettre malencontreusement un de vos pieds sous le pare-chocs, provoquant ainsi la fermeture de l'ouvrant sur votre tête étourdie à cause de la présence de l'inutile (à notre sens) système d'ouverture "pieds-libres"… Ce coffre en retrait est d'autant plus regrettable que les rangements intérieurs ne brillent pas par leur volume et leur nombre pléthorique.

 

Techno Push / Mordue de Technologie

L'intérieur confirme cette bonne première impression. La porte s'ouvre sur un habitacle soigné dont les sièges sont ornés d'un très beau cuir "sellier" spécifique à cette version, avec des placages en vrai bois gris sur la console, la planche de bord et les contre-portes. La planche de bord présente un dessin travaillé et très moderne, et s'orne en place conducteur du désormais incontournable i-cockpit PEUGEOT de série sur l'ensemble de la gamme, associé à un volant de diamètre réduit, et en partie centrale de l'écran tactile de dix pouces du système multimédia/navigation iConnect. La partie supérieure est moussée à souhait et le rendu en est agrémenté de véritables surpiqures. Ce dessin, pour agréable qu'il soit à œil, peut néanmoins receler quelques nids à poussière derrière l'écran central, et s'avère beaucoup plus vertical que dans la précédente 508. Très haute, et associée à l'énorme console centrale, que même le rangement pour téléphone situé en dessous a du mal à justifier, cette planche de bord peut ainsi provoquer un sentiment d'engoncement une fois installé, et participe à l'impression visuelle d'un recul d'habitabilité par rapport à la version précédente. Ce constat se confirme aux places arrière principalement pour la garde au toit, à cause du pavillon plongeant, malgré l'effort manifeste réalisé pour conserver la place aux jambes et une assise basse.

Au niveau de l'ergonomie générale, il n'y a rien à redire sur la position de conduite qui s'avère facile à trouver avec les sièges électriques à mémoire. Les touches "piano" implantées sous l'écran central format très large 8/3 sont valorisantes et permettent d'accéder aux principales fonctions comme la navigation, la radio ou la climatisation. Sur ce modèle, PEUGEOT a de nouveau supprimé la commande séparée de climatisation, mais a laissé le réglage de celle-ci accessible sur le côté quel que soit l'écran sélectionné dans le système, ce qui en facilite grandement l'usage même sans molette. Au chapitre des récriminations se trouvent les touches tactiles implantées juste en-dessous des touches piano. Commandant des fonctions secondaires comme les sièges chauffants, l'arrêt du stop&start ou le recyclage de l'air de l'habitacle, elles s'avèrent un peu trop sensibles et peuvent s'activer par erreur en manipulant les touches piano juste au-dessus. A éviter en plein été pour les sièges chauffants... De même, là où la précédente 508 avait limité le nombre de commodos du volant, celle-ci en rajoute de nouveau un pour le régulateur de vitesse. Coincé entre la palette de boîte gauche et la commande des phares, il gêne un peu pour l'activation des clignotants et demande un petit temps d'adaptation. En contrepartie, le petit volant garde, lui, un dessin épuré et un nombre de boutons limités. Juste au-dessus, l'écran du i-cockpit très visible et proche de la route a permis à PEUGEOT de supprimer le viseur tête haute pour l'affichage de la vitesse.

Avec cette génération de système apparaît enfin sur cette berline la fonctionnalité "Android Auto" et l'équivalent Apple dénommé Car Play. La compatibilité et les fonctions proposées sont appréciables pour qui ne peut se passer de Waze dans ses déplacements, mais il vous faudra brancher votre téléphone, forcément récent…, avec un câble et non par le Bluetooth. On peut alors apprécier la lecture des sms par une voix suave féminine ou masculine selon vos goûts, ainsi que l'efficience de la reconnaissance vocale de Google ou Siri pour y répondre par quelques mots. A l'usage cependant, utiliser son smartphone pour la navigation s'avère moins agréable que le système intégré à la voiture car il lui manque les animations dans le i-cockpit lors des changements de direction et oblige à regarder l'écran central. Il manque encore du travail dans cette direction, OK Google ? La finition GT a l'avantage de proposer en série le système audio "Focal", spécialement développé pour le véhicule par le fabricant français d'enceintes, dont la qualité sonore a contribué à l'agrément du voyage.

Sur le chapitre des aides à la conduite, le tableau est complet sur cette auto, la lionne se mettant en quelque sorte au diapason de ce que proposent ses rivales germaniques : régulateur de vitesse auto-adaptatif jusqu'à l'arrêt, maintien en ligne, lecture de panneaux, détecteur de fatigue, système "night vision" en option, freinage automatique d'urgence, surveillance des angles morts, etc... A l'usage, seul le maintien en ligne s'avère quelque peu intrusif. Activé en permanence comme système anti-franchissement de ligne, il génère des impulsions dérangeantes dans le volant, et il se montre quelquefois hésitant, sur autoroute par exemple. Il reste donc également un peu de travail à faire sur ce point pour être parmi les leaders. 

 

Féline

La nouvelle 508 repose sur la plateforme modulaire de dernière génération "EMP2" du groupe PSA, également partagée avec les récents 3008 et 5008. Afin de permettre l'implantation des portes sans cadre, des mesures spécifiques ont été prises afin de limiter les mouvements de caisse comme un renforcement des soudures par un collage structural : vingt-quatre mètres de colle sont ainsi utilisés pour la caisse de cette auto. Afin d'améliorer la fiabilité et réduire les potentiels bruits parasites, un travail spécifique sur les joints a été fait avec le sous-contractant, et les vitres elles-mêmes ont été épaissies d'un millimètre.

Est-ce cela qui explique que, contrairement aux affirmations de PEUGEOT d'avoir gagné 70 kg sur la voiture, le poids de celle-ci n'est pas extraordinairement abaissé par rapport à la génération précédente : 1.540 kg pour une 508 Phase II HDI 180, 1.535 kg pour notre modèle d'essai (avec boîte automatique cependant) ? Il est dommage qu'après une attention toute particulière portée à l'écologie et à la masse des autos dans les années 2000, le poids de celles-ci au mieux stagne, au pire augmente de nouveau. Le moteur, un bloc deux litres BlueHDI de 180 chevaux, était déjà connu sur la génération précédente, mais il est associé ici à la nouvelle boîte automatique classique à verrouillage de rapports et huit vitesses, d'origine AISIN.

Mais le petit bémol du poids est vite compensé sur le comportement de l'auto par le remarquable travail effectué sur les liaisons au sol. Dotée d'un train avant incisif et d'un train arrière multibras, et bien aidée dans cette finition par la généreuse monte pneumatique en MICHELIN Pilot Sport 4 235x40 R19, cette 508 enchaîne sans effort les petits virages comme les bretelles d'autoroutes dans le plus grand confort malgré les pneus taille basse. Le berceau filtré ainsi que l'amortissement piloté "Active suspension Control", de série sur GT ainsi que sur tous les moteurs à essence, font un très bon travail tant dans les mouvements de caisse que dans l'oblitération des inégalités de la chaussée. Le plaisir de conduite est donc réel une fois le petit volant bien en main, les promesses de rigidité de caisse et de rigueur de comportement se trouvant tenues avec en plus un haut niveau de réactivité. En d'autres termes, elle a planté ses griffes dans la route !

Le tableau n'est cependant pas idyllique car le moteur BlueHDI de 180 chevaux s'avère certes puissant, mais beaucoup trop linéaire voire paresseux pour donner à cette auto le caractère promis par son design acéré. C'est d'autant plus dommage qu'il se montre toujours aussi sonore à l'extérieur (vous vous en rendrez compte en démarrant fenêtre ouverte) et présent en accélération à l'intérieur, avec un appétit dans la moyenne sans plus avec 6,1 litres lors de notre essai sur plus de 1.500 kilomètres. Revers positif de la médaille, il présente un agrément remarquable au quotidien grâce à son couple généreux, notamment grâce à un système Stop&Start très bien calibré et anticipatif. Néanmoins, à part les gros rouleurs ou les adeptes jusqu'au-boutistes des moteurs Diesel, la question d'opter pour le Puretech 180 essence, très bien né, avec près de 100 kilos de moins sur la voiture, fait réfléchir... De même, l'écart de prix demandé avec la version BlueHDi 160 chevaux peut également faire réfléchir, même si ce moteur ne peut accéder à la finition GT.

Le Lion signe ici un très bel ensemble. Homogène, bien finie et diablement séduisante, cette nouvelle 508 ne manque la cinquième étoile que de peu, principalement à cause de son moteur BlueHDI 180 un peu terne. A tel point que l'hésitation avec le BlueHDI 160, de même couple maximum, est permise. Au-delà de l'audace stylistique que l'on ne peut que louer au vu du résultat, le retrait sur l'habitabilité et les tarifs en hausse pourront en faire hésiter certains au moment du choix, car il n'est pas garanti que les chauffeurs de VTC, chez qui la précédente 508 a connu un gros succès, ne fassent pas le choix d'une berline plus classique et habitable comme une RENAULT Talisman ou une VW Passat ou Artéon. En tout cas, de notre côté, nous attendons avec impatience l'arrivée du break SW en essence 225 chevaux !

Frédéric JOUSSET

2018-01-01