RENAULT Grand Scenic TCe 140 Intens 7 places

ESPACE Monospace
  • Nouveau moteur
  • Espace intérieur
  • Sept places
  • Commande de boîte
  • Finition
  • Voiture trop lourde

Prix : 32 100 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres - 16 soupapes Essence Turbocompressé - Traction - BVM6
Cylindrée 1330 cm³
Puissance maxi 140 ch à 5000 tr/min
Couple maxi 24.47 mkg à 1600.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.63 m
Largeur 1.87 m
Hauteur 1.66 m

Poids

Total 1430 kg

Capacités

Coffre de 533 à 1737 dm³
Réservoir 53 L
Nb de places 7

Performances

Vitesse maxi 192 km/h
0 à 100 km/h 10.30 s

Environnement

Emission CO2 125 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 5.10
Urbaine 7.10
Mixte 5.60
Essai 6.90

CORRECTION DE TRAJECTOIRE

Sur nos routes depuis fin 2016, la quatrième génération de la star des monospaces compacts avait cependant un talon d’Achille : sa gamme de moteurs essence. De puissance limitée, dépourvu de boîte automatique, manquant de couple à bas régime et consommant trop, le 1,2 litre TCe ne faisait pas le poids face aux récents PureTech et autres EcoBoost. RENAULT a donc révisé sa copie avec ses nouveaux partenaires MITSUBISHI et DAIMLER, pour un nouveau quatre cylindres que nous découvrons ici dans le Grand Scénic.

Le grand frère

Ne lui parlez pas de ses mensurations de déménageur ! Ce grand Scénic mesure en effet vingt-deux centimètres de plus que son petit frère le Scénic court, et propose un empattement plus long de sept centimètres, atteignant la même valeur que la berline Talisman dont il partage la plateforme avec le Grand Espace. Il parvient cependant à faire oublier son gabarit avec élégance.

Côté style, nous avions en effet déjà loué la réussite du dessin de cette nouvelle génération en version courte, avec un monospace lorgnant clairement du côté des SUV tout en gardant son caractère propre, notamment par l’adoption en série des nouvelles roues de vingt pouces spécialement développées par RENAULT. Hautes mais étroites, elles font beaucoup pour le rendu visuel en vision latérale et ne pénalisent en théorie ni la consommation ni le confort.

L’allongement de la voiture a été fait de manière harmonieuse, sans que la voiture ait l’air de porter un sac à dos. La vitre de custode arrière s’est un peu allongée, la remontée de ceinture de caisse est un peu moins prononcée sur les portières arrière, et la voiture garde ainsi un visuel de profil similaire avec une remontée de couleur caisse sur le pied arrière. Contrairement à son petit frère, ce Scénic a gardé une animation lumineuse horizontale sur ses feux arrière, qui empiètent généreusement sur la porte de coffre. Enfin le toit noir, devenant en verre en option, contraste élégamment avec le reste de la carrosserie, les teintes bi-ton devenant un standard dans ce type de véhicule.

 

Toujours pratique

L’intérieur est logiquement un copier-coller du petit frère. La planche de bord présente un grain flatteur et est généreusement moussée. De vraies surpiqûres y sont présentes, ainsi que sur les sièges en similicuir et tissu. On regrette cependant des marches inesthétiques au niveau de la jonction de la planche de bord avec les contre-portes qui gâchent un peu le tableau côté finition.

Le combiné d’instrumentation commun à la gamme s’articule autour un écran couleur disposé dernière le volant, complété sur notre véhicule d’essai par un dispositif tête haute couleur à lame (en option 400 €). Ce combiné, pour agréable qu’il soit, ne peut afficher qu’un nombre d’informations limitées, et pour la carte de la navigation 3D, il vous faudra regarder le grand écran de 8,7 pouces du système Rlink2 sur la droite entre les aérateurs centraux. Orienté en mode portrait, à contre-courant de la tendance actuelle des écrans 16/9 ou plus large encore, il souffre d’une taille qui apparaît modeste dans son implantation sur la console. Le principal défaut de ce système réside, à notre sens et comme déjà rapporté lors de nos précédents essais de RENAULT récentes, dans l’omniprésence vocale de l’encombrante application Coyote, qui ne peut se désinstaller facilement. L’option Bose de notre modèle d’essai propose pour 600 € un son puissant très typé basses et percussions, qui manque cependant un peu de finesse et de détails.

Même si cette génération a un peu perdu en rangements intérieurs, quelques très bonnes idées demeurent. Le grand vide-poche central avant de treize litres en est un bon exemple : coulissant d’avant en arrière, il dévoile sur l’avant des porte-bouteilles ou un espace pour mettre son sac à main. Ce grand Scénic adopte également dans le coffre le système "one-touch folding" repris de l’Espace, qui permet de rabattre depuis le coffre et sans effort n’importe lequel des sept sièges arrière. Enfin… Il s’agit plutôt d’une banquette à trois places et un rang de deux strapontins qui peuvent cependant toujours bien dépanner pour emmener les copains du petit dernier au match de foot dominical. Ceux-ci se payent cependant par une hauteur de plancher de coffre un peu plus haute que sur la version cinq places, et une diminution logique du volume de coffre.

 

Plus de coffre… devant !

Le précédent moteur 1,2 litre TCe ne nous avait pas marqués par son allant, mais plutôt par sa grosse absence à bas régime et son appétit peu contenu, mal aisé en cela par le poids conséquent de cette auto bâtie sur la plateforme du segment supérieur de l’Espace et de la Talisman, ce qui lui donne environ 200 kilos de trop sur la balance dans cette catégorie. Avec une cylindrée à peine augmentée à 1.330 cm3, mais profitant de tout le savoir-faire conjoint de trois grand constructeurs, ce nouveau moteur embarque une bonne dose de technologie. Disponible en trois niveaux de puissance : 115, 140 et 160 chevaux, il dispose d’une distribution variable à l’admission comme à l’échappement, et d’un management fin de la suralimentation qui lui permet d’obtenir un couple maximal supérieur à un régime plus bas qu’auparavant. Au final il s’en sort avec les honneurs sur le plan dynamique tant dans les accélérations que les reprises, tout en conservant l’onctuosité et la progressivité d’un quatre cylindres et en étant relativement discret. Beaucoup plus alerte que son ainé sans être plus glouton, il anime donc convenablement ce grand Scénic même avec cette boîte manuelle dont la précision de commande s’avère toute relative. Avec ce moteur, RENAULT propose enfin en option  la boîte à double embrayage EDC sur les deux versions les plus puissantes, ce qui ajoute encore à l’agrément de ce moteur et lui permet de combler son retard sur le marché essence notamment face à PEUGEOT ou VOLKSWAGEN.

Il n’y a rien à redire non plus au niveau du comportement, les mouvements de caisse étant bien maîtrisés et le freinage mordant. Le filtrage des suspensions ne souffre pas du diamètre des roues. Tout juste quelques bruits d’air viennent perturber l’ambiance sonore et le confort.

La marque au losange reste fidèle à une architecture à quatre cylindres pour redynamiser sa gamme de monospaces compacts avec ce nouveau moteur bien né qui propose enfin une boîte automatique. Malgré une consommation qui reste supérieure, l’hésitation avec une version Diesel de 130 chevaux est permise au vu du surcoût de 2.100 € demandé.

F. JOUSSET

2018-09-29