ALFA ROMEO Stelvio 2.2 Diesel 210ch Lusso AT8 Q4

ESPACE SUV
  • Performance
  • Tenue de route
  • Pas tape-à-l'œil
  • Manque certain de confort
  • Ligne banale
  • Prix déjà élevé

Prix : 55 700 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres – 16 soupapes - Turbo Diesel injection directe rampe commune Intégrale – BVA8
Cylindrée 2143 cm³
Puissance maxi 210 ch à 3750 tr/min
Couple maxi 47.00 mkg à 1750.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.69 m
Largeur 1.90 m
Hauteur 1.67 m

Poids

Total 1639 kg

Capacités

Coffre de 525 à 0 dm³
Réservoir 58 L
Nb de places 4

Performances

Vitesse maxi 215 km/h
0 à 100 km/h 6.60 s

Environnement

Emission CO2 127 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 4.40
Urbaine 5.50
Mixte 4.80
Essai 7.00

PARFAIT POUR LES ROUTES SINUEUSES ET LES AFICIONADOS SPORTIFS

Surfant sur la mode et le succès des SUV, ALFA ROMEO rejoint pour la première fois les rangs avec le Stelvio et a décidé de le positionner sur le haut de gamme. Ce Stelvio ne révolutionne pas le genre par son style, mais affirme son identité grâce à la forme caractéristique de sa calandre. Notre Stelvio à l’essai dispose du plus gros moteur Diesel et joue donc dans la cour des grands, à l’image de sa finition presque luxueuse. Nous avons donc affaire à du beau, et surtout du sportif, ce qui colle bien à l’ADN ALFA ROMEO mais qui pourrait bien éloigner le client en quête de confort.

Née ALFA ROMEO, mais sans audaces stylistiques

Visuellement donc, impossible de se tromper sur la provenance du Stelvio, dès lors qu’on l’aborde de face : la signature ALFA ROMEO barre le museau de l’élégance de sa calandre triangulaire. De profil et de l’arrière, il sera cependant bien difficile au quidam d’y reconnaître une ALFA ROMEO et il pourrait même ne pas y prêter attention tant le manque d’originalité semble avoir guidé la main des jeunes designers maison. On se met immédiatement à rêver d’une intervention quasi divine de la part d’un GIUGIARO ou d’un ZAGATO (entre autres) pour dynamiser et démarquer le style. Néanmoins, Le regard peut être attiré en ajoutant quelques artifices, comme avec les énormes pinces de frein jaunes (en option, que l’on peut aussi choisir noires ou rouges) ou des jantes optionnelles spécifiques plus grandes (au dessin particulier, et en dimensions avec du dix-neuf voire du vingt pouces). L'intérieur ne dégage pas de particularité, mis à part une belle présentation et l'utilisation de matériaux de bonne facture.

L'ergonomie peut parfois poser quelques soucis, particulièrement dans les recherches sur le large écran au centre du tableau de bord, mais nul doute qu'après quelques temps (ou après ouverture du manuel), il soit possible de maîtriser sans hésitation l'ensemble des commandes et services. Le cuir est lui bien présent sur cette version Lusso et les différentes couleurs permettent de sélectionner l'ambiance qui convient à chacun. Si tout est bien présenté et sent bon le luxe, la fermeté excessive des sièges rend les longs trajets éprouvants : l'assise, le dossier et même les appuis-tête sont si durs qu'ils ne filtrent aucunement la sportivité du châssis.

 

Des gênes sportifs, sans pour autant avoir été badgé du Quadrifoglio Verde

Dynamiquement, le Stelvio ne peut renier sa filiation, puisqu'il a tous les atouts d'une voiture sportive. Il doit d'ailleurs son nom à un col Alpin, accessible par une route exaltante pour les pilotes (autos et motos) équipés d'une monture capables d'enchaîner efficacement les quelques soixante lacets… Le gros moteur Diesel distille ses 210 chevaux sans avarice et est bien aidé par un châssis parfaitement suspendu pour passer la cavalerie au sol et d'une boîte de vitesses automatique étagée comme il faut. La (relative) forte cylindrée de 2,2 litres permet donc de disposer d'un gros couple, et la copieuse puissance ne s'essouffle même pas dans les hauts régimes, ce qui rend ce moteur très agréable que l'on roule sur le couple ou avec une disposition plus "énervée". L'ensemble étant bien plus à l'aise dans cette dernière configuration, car la vitalité de l'ensemble l'emporte sur le feutré, et l'on se prend rapidement au jeu du pilotage que l'on réserve d'ordinaire à une bien plus petite (et adaptée) voiture sportive. Plaisir bien solitaire car vos passagers ne manqueront pas de vous rappeler à l'ordre tant le besoin de se retenir dans le siège devient vite impératif…

Une sélection de mode bien accessible par bouton tournant sur la console (appelé ALFATM DNA, placé directement sous la main droite) permet de passer du réglage normal au dynamique en un clin d'œil, utile pour disposer d'un regain de punch quand cela s'impose. Un troisième mode est également disponible et est à réserver pour un usage sur la neige ou en condition d'adhérence précaire. Si le mode dynamique remplit parfaitement son rôle, avec une réponse très franche à l'enfoncement de la pédale d'accélérateur et un durcissement adapté des amortisseurs, le mode normal semble parfois encore un peu trop "sportif". Le confort de roulement reste donc ferme et la mécanique toujours vive, même pour l'usage de tous les jours quand on n'est pas disposé à vouloir jouer le chrono. Il manque donc un mode confort qui rendrait ce SUV aussi parfaitement adapté à la ville ou à la flânerie.

 

Technique avancée pour un plaisir certain

Notre ALFA ROMEO Stelvio disposait d'un très bon cocktail de technologies pour servir un comportement dynamique exemplaire. Les suspensions sont pilotées pour s'adapter à l'état de la route et au mode sélectionné, et le système Q4 de gestion de la transmission intégrale répartit le couple sur les roues en fonction des conditions de route et du style de conduite adopté. En cas d'urgence, les freins freinent facilement les 1.700 kg de l'engin, avec cependant une petite sensation (effet ?) de "collage" qui peut rendre la fin du freinage un peu "sport". La boîte de vitesses automatique AT8 possède donc huit vitesses que l'on peut également piloter à l'aide de palettes situées derrière le volant si on prend cette option (250 €), mais personnellement j'ai trouvé que la gestion électronique de passage des vitesses faisait très bien le boulot sans avoir donc besoin de prendre la main…

A l'usage, j'ai également apprécié l'utilisation des diverses aides à la conduite, telle que la détection de voitures qui permet de réduire la vitesse et conserver une distance de sécurité raisonnable, ainsi que l'alerte collision qui prévient quand un obstacle se rapproche trop vite. Le système de freinage d'urgence s'est quant à lui déclenché sur un changement brutal d'inclinaison de route, en ville donc à vitesse réduite, avec une voiture proche mais pas arrêtée : très efficace, mais pas approprié à ce moment-là ! J'ai donc pu constater l'efficacité et la rapidité du système mais il ne faudrait pas qu'il intervienne sans raison… Un regret, celui de ne pas avoir eu de toit ouvrant panoramique car une ouverture vers le ciel ensoleillé aurait éclairé notre week-end et l'intérieur pourtant déjà chaleureux du Stelvio, mais pour cela il faut recourir à une chère option (1.600 €).

 

Plutôt séduisant, surtout avec une peinture plus pailletée que métallisée, l'ALFA ROMEO attaque le segment des SUV haut de gamme par la porte de la sportivité. Ne vous attendez pas à un salon roulant, mais plutôt à une voiture dévorant littéralement le bitume. On imagine donc bien plus une clientèle jeune et sportive, assez fortunée, qui franchira la porte de ce condensé de technologie au service de l'efficacité. Côté consommation, il reste relativement sobre avec en moyenne entre 6,5 et 7,5 litres de gazole aux 100 km, ce qui place ce Stelvio en bonne position (merci le Diesel). Le malus écologique reste contenu (avec 173 € en 2018 et 85 € en 2019, c'est rare qu'une taxe diminue !) et ne ferme donc pas la porte aux bourses trop justes et qui n'auraient pas anticipé ce surcoût arrivant post-achat. Très (trop) sportif, ce Stelvio 210 chevaux Diesel peut tenir la dragée haute à ses concurrents, peut-être même sur circuit (!), mais l'on devra faire l'impasse sur la notion de Confort avec un grand C…

Stéphane BERGER

2018-10-14