RENAULT Kadjar Phase II

ESPACE SUV
  • Confort
  • Amélioration de la qualité perçue
  • Dimension et modularité du coffre
  • Nouveaux moteurs performants
  • Pas de boîte automatique pour le moteur dCi 150
  • Pas de proposition hybride

Prix : de 26 200 € à 38 900 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres en ligne - 16 soupapes - Turbo injection directe essence FAP - Traction – BVM 6 rapports
Cylindrée 1332 cm³
Puissance maxi 140 ch à 5000 tr/min
Couple maxi 24.00 mkg à 1600.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.49 m
Largeur 1.84 m
Hauteur 1.61 m

Poids

Total 1442 kg

Capacités

Coffre de 472 à 1478 dm³
Réservoir 55 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 203 km/h
0 à 100 km/h 10.40 s

Environnement

Emission CO2 135 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 5.10
Urbaine 7.40
Mixte 5.90
Essai 0.00

LA GARDE NE SE REND PAS

Lancé sur le marché en 2015, le RENAULT Kadjar a su trouver une clientèle avec 450.000 unités vendus dans cinquante pays à travers le monde. Dans le monde automobile, le segment C est le secteur dont les ventes ont été multipliées par neuf en dix ans. D’ailleurs tout un chacun qui s’intéresse de près ou de loin à l’automobile depuis quelques années a pu constater cette mue où chaque constructeur propose son SUV, voire plusieurs. La concurrence est forte pour le Kadjar dans le créneau SUV-C et notamment chez les constructeurs français. Le Kadjar a neuf concurrents majeurs en Europe et de ce fait RENAULT ne peut pas se permettre de se reposer sur ses lauriers. Une évolution était nécessaire. C’est chose faite avec ce nouveau Kadjar qui présente des changements majeurs.

Légères évolutions du design extérieur

Le gabarit et l’allure générale du Kadjar phase II restent les mêmes. A l’avant, les évolutions du design ont été principalement réalisées sur la calandre qui a été élargie, les évolutions du bouclier, une partie des optiques, l’ajout de zones cerclées de chrome et l’intégration de feux Full LED (à partir de la finition "Intens"). Ces modifications ont pour but de faire apparaître visuellement le véhicule plus large. Les clignotants sont désormais Full LED et le nouveau bouclier intègre des antibrouillards rectangulaires cerclés de chrome. A l’arrière, les modifications concernent également les optiques et le bouclier retravaillé pour s’inspirer de celui du Koleos. Comme à l’avant, les feux sont passés en Full LED. Le reste du design extérieur n’a pas évolué, on peut penser légitimement que RENAULT souhaitait conserver un vrai lien avec le design de la phase I.

Au global, la filiation avec les autres véhicules de la gamme RENAULT est bien présente tout en conservant sa singularité de silhouette qui permet de ne pas confondre le Kadjar avec un Koleos par exemple. Dernier point : le Kadjar propose trois nouvelles teintes, le vert "Oural" (magnifique sous le soleil), le gris "Highland" et le bleu "Iron" (voir nos photos) et quatre nouveaux types de jantes en alliage.

Evolution de l’habitacle

A l’intérieur, il n’y a pas de mue totale entre les phases I et II. Le nouveau Kadjar évolue par de nombreuses améliorations mais qui ne sautent pas aux yeux. RENAULT nous a indiqué s’être appuyé sur le retour de sa clientèle de première génération et a donc choisi d’améliorer la qualité perçue du véhicule. Serait-ce par exemple pour se démarquer encore plus du cousin roumain mais néanmoins concurrent Duster ? L’histoire ne le dit pas. Les commandes de rétroviseurs et lève-vitres ont été rapatriées dans une zone unique sur l'accoudoir du conducteur, quelques espaces de rangements ont été modifiés, toutes les pièces en chrome ont été harmonisées. Le conducteur et le passager avant disposent désormais d’un accoudoir central coulissant. La plus grande évolution concerne la console centrale qui intègre une dalle tactile de sept pouces affleurante. L’écran propose le système multimédia "RLINK2" qui intègre, entre autres la navigation GPS et une caméra de recul de bonne qualité. Il y a aussi la possibilité de connecter son smartphone pour faire de la réplication. Le système est de bonne qualité sans pour autant être novateur. Cela reste suffisant.

Sous l’écran sont positionnés trois molettes pour piloter la climatisation. Nous avons apprécié car nous trouvons cela beaucoup plus pratique que le tout tactile, en revanche ces boutons semblent être une copie de ceux que l’on trouve sur le Duster phase 2, pas sûr que les clients Kadjar apprécient. A l’arrière, les trois passagers arrière disposent désormais de buses d’aération et de deux ports USB. Les assises ont quelques peu évolué avec notamment de nouvelles mousses.

Renouvellement complet de la gamme moteur

L’aspect motorisation est, sans aucun doute, l’évolution majeure de ce Kadjar phase II. Les anciens moteurs TCe 130 chevaux et dCi 130 chevaux laissent désormais la place à de nouvelles motorisations. L’offre essence est désormais composée du bloc essence quatre cylindres 1.3 TCe co-développé entre l’Alliance RENAULT-NISSAN et DAIMLER (MERCEDES). Il se décline en deux versions : 140 chevaux ou 160 chevaux pour la plus puissante, chacune équipée d'un FAP (Filtre A Particules). Ces deux versions peuvent chacune être associées soit à une boîte manuelle à six rapports ou à une boîte automatique à double embrayage sept rapports. En comparaison avec l’ancien TCe 130 chevaux, le nouveau TCe 140 chevaux délivre un couple supérieur de 30% et une plage d’utilisation supérieure de 25%. RENAULT nous a indiqué que sa consommation a été réduite. Du côté des blocs Diesel, RENAULT propose désormais un moteur 1.5 BlueDCi 115 chevaux (en BVM ou BVA) disposant d’une fonction overboost permettant d'avoir cinq chevaux et 25 Nm supplémentaires. Il est donné pour une consommation de 4,4 l/100 km en cycle mixte. La version la plus puissante est assurée par le nouveau moteur 1,7 litre de 150 chevaux, disponible uniquement en boîte manuelle. En revanche, il offre la possibilité de deux ou quatre roues motrices. Ce nouveau bloc remplace l’ancien bloc 1,6 litre de 130 chevaux.

Le nouveau Kadjar propose donc huit possibilités différentes si on mixe les quatre motorisations possibles, l’association à une boîte manuelle ou automatique EDC, ainsi que la transmission intégrale (uniquement sur le dCi 150 chevaux). RENAULT nous a indiqué que les études de marché ont montré que le client 4x4 ne souhaitait généralement pas de boîte automatique d’où le fait que l’EDC ne soit pas disponible avec la transmission intégrale.

En réalité qu’est-ce que cela donne ?

Nous avons testé trois configurations différentes sur les huit possibles : le TCe 140 associé à une boîte manuelle, le TCe160 associé à la boîte EDC et enfin le dCi 150 en version 4x4, ce dernier sur un parcours off road spécifique. Dans le sud de la Sardaigne, nous avons successivement roulé sur des parcours urbains à faible vitesse, des nationales, des routes sinueuses parsemés de cailloux, des zones forestières traversées par de petits cours d’eau, de la route de côte maritime, des zones montagneuses et avec comme point d’orgue un bel arrêt près du phare Carpo Spartivento dont l’accès par des routes caillouteuses nous a permis d’évaluer ses performances tout-chemin ; de quoi donc mettre réellement à l’épreuve ce nouveau Kadjar.

En termes de confort, le RENAULT est incontestablement une réussite. Sur l’ensemble de ces différentes conditions, il s’est trouvé à l’aise et a surtout assuré un bon confort pour ses passagers. Les moteurs à essence proposent une bonne plage de fonctionnement. Coupleux à basse vitesse pour permettre de s’extraire et circuler avec énergie à basse vitesse, ils proposent effectivement une plage suffisamment large en régime établi pour permettre des accélérations efficaces et donc, par exemple, d’effectuer des dépassements en toute sécurité. Sur les routes dégradées, le Kadjar réussit à ménager ses passagers. Le système d’amortissement permet de rouler sur route caillouteuse à une vitesse assez rapide sans faire souffrir les passagers ni la mécanique.

La position de conduite est bonne grâce aux réglages électriques du siège, avec notamment cette possibilité d’allonger l’assise sous les jambes, ainsi que le très bon maintien et le confort des sièges. La direction est précise et le toucher du volant, recouvert de cuir, très agréable. La boîte manuelle est bien étagée et la position du levier bien placée. Cependant nous avons préféré la boîte EDC (surcoût de 1.700 €) qui sélectionne les rapports de vitesse de façon presque toujours appropriée (pas de sous régime excessif par exemple). La boîte permet de passer les vitesses en mode séquentiel mais malheureusement le Kadjar ne dispose pas de palettes au volant. A noter que l’esthétique du sélecteur de boîte est un peu hors d’âge et il aurait mérité lui aussi de bénéficier du restylage de l’habitacle.

Il nous a été difficile de réellement départager les deux moteurs à essence. Evidemment le 160 chevaux est un peu plus réactif et permet sûrement des accélérations un peu plus rapides, cependant comme nous l’avons essayé avec une boîte automatique et donc la comparaison avec le 140 chevaux en boîte manuelle a été un peu faussée. Le 160 chevaux coûte 1.500 € de plus que le 140 chevaux. Ce surcoût permet d’avoir 20 Nm de plus, 0,5 seconde de moins sur le 0 à 100 km/h et 1 seconde de moins sur le 1.000 m départ arrêté. A vous de voir. Nous vous conseillons de choisir le TCe 140 chevaux avec la boîte EDC et le pack "Extended grip" à 250 € (jantes alliage 17" Evado non diamantées, pneus tout temps, ESP optimisé).

Passe-partout en 4x4

Histoire de nous épater un peu et de redorer le blason des moteurs Diesel qui sont mis au pilori en ce moment, RENAULT nous a proposé d’essayer le dCi 150 en version 4x4 sur un parcours spécifique avec des obstacles (talus surélevé, crevasse remplie de trente-cinq centimètres d’eau, forte pente avec gravillon, sillon de boue…) afin de mettre en exergue les aptitudes du nouveau Kadjar à franchir ces difficultés. Le Kadjar était équipé de pneumatiques classiques pour réaliser ce parcours. Nous avons enclenché le mode "LOCK" (fonctionnel jusqu’à 40 km/h) et nous avons franchi chaque obstacle sans difficulté démontrant donc de vraies aptitudes de franchissement. A vrai dire pour certains obstacles, nous n’aurions naturellement pas osé penser que le Kadjar les franchirait aussi aisément. Ces aptitudes intéresseront donc les clients amenés à utiliser assez régulièrement leur véhicule dans des conditions autre que du bitume (montagne par exemple). Bien sûr, il ne s’agit pas de faire le Dakar.

On peut dire que RENAULT a l’intelligence de valoriser ce moteur Diesel en proposant cette configuration 4x4 uniquement avec son plus gros Diesel. Pas sûr que cela soit uniquement lié à la performance mécanique de ce moteur, nous imaginons plutôt que la transmission intégrale doit pouvoir être associée au TCe160 mais, dans l’ambiance "verte" actuelle, il faut trouver sûrement trouver un moyen de booster les ventes des gros moteur Diesel.

Trois ans après la sortie de la première version, le nouveau RENAULT Kadjar phase II propose de vraies évolutions, tout d’abord les nouveaux moteurs, et ensuite l’évolution du design, la présence de nouveaux équipements dans l’habitacle (par exemple buses de climatisation pour les passagers arrière), et l'évolution des équipements existants (analyse des panneaux de vitesse par une caméra, élégance apportée par la série limité "black édition"). Les deux qualités majeures de ce Kadjar sont son confort et ses vraies aptitudes à rouler sans difficultés sur différents types de route. Il possède des atouts qui pourraient lui permettre de rester dans le gotha des meilleures ventes de SUV segment C sur le marché européen et ce malgré une concurrence très acharnée. Les mois prochains diront s’il réussit à tirer son épingle du jeu face notamment au PEUGEOT 3008 qui "cartonne" en France mais aussi face à l’arrivée d’un de ses potentiels grands rivaux : le CITROËN C5 Aircross dont la commercialisation démarre en même temps que celle du Kadjar phase II.

Harry ANDRE

2018-12-07