TOYOTA Land Cruiser 2.8 D4-D Lounge Pack Techno 177 ch

ESPACE 4x4
  • Force tranquille
  • Facilité de prise en mains
  • Niveau d’équipement
  • Manque de dynamisme
  • Taxe écologique
  • Mouvements de caisse sur route

Prix : 68 500 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres - Turbo Diesel injection directe à rampe commune - Intégrale - BVA6
Cylindrée 2755 cm³
Puissance maxi 177 ch à 3400 tr/min
Couple maxi 46.00 mkg à 1600.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.84 m
Largeur 1.89 m
Hauteur 1.85 m

Poids

Total 2140 kg

Capacités

Coffre de 640 à 1270 dm³
Réservoir 87 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 175 km/h
0 à 100 km/h 12.70 s

Environnement

Emission CO2 201 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 6.90
Urbaine 9.40
Mixte 7.80
Essai 9.50

LE BAROUDEUR

Une fois n’est pas coutume, nous essayons un vrai franchisseur. Le Land Cruiser de TOYOTA, né en 1951, en est à son septième opus, c’est donc une valeur sûre et éprouvée. Avec son groupe propulseur de 2,8 litres Diesel turbo accouplé à une boîte de vitesses automatique à six rapports, on ne peut pas dire que, sur le papier, il soit fortement motorisé. Il est vrai que le marché français est réfractaire aujourd’hui aux gros moteurs. Néanmoins nous en avons pris le volant. Côté finition, en revanche, nous avons profité de la version Lounge, complétée du Pack Techno, qui propose plus d’équipements, dédiés majoritairement à l’aide du conducteur en conditions de roulage difficiles ou en franchissement. Le Land Cruiser peut proposer jusqu’à sept places. Notre véhicule d’essai en proposait cinq, avec les interfaces de plancher pour accueillir les deux sièges supplémentaires. Voyons tout cela plus en détail.

Côté ligne

Pas de surprise, en bon franchisseur qui se respecte, le Land Cruiser se distingue par des lignes carrées, à l’aérodynamique cubique. Il n’est pas vraiment taillé pour fendre l’air, mais plutôt pour les broussailles et autres chemins escarpés. La calandre est très imposante, le capot moteur horizontal. Les phares font appel à plusieurs technologies. Les LED sont de mise, avec réflecteur pour les feux de croisement et les antibrouillards. Le lenticulaire est utilisé pour les feux de route. Le pare-brise est bien large mais pas très haut. Latéralement, sa ligne de break est plutôt bien proportionnée, avec un rapport hauteur / longueur qui passe bien à l’œil. La surface vitrée est suffisante, quoiqu’un peu tronquée à l’arrière. Les passages de roues aux formes particulières, aux bossages quelque peu surdimensionnés lui confèrent une stature solide. Les bas de caisse rentrants laissent place aux marchepieds, sans débordement, montrant qu’il est possible d’intégrer au mieux ce type d’équipement, avec un peu de jugeote. Les jantes de dix-neuf pouces lui vont à ravir et permettent tout de même la monte de pneus à flanc suffisamment important pour s’aventurer hors des routes. La poupe est relativement massive, ce qui correspond à la vocation du Land Cruiser. Le becquet de toit est assez imposant et, à première vue, on pourrait penser qu’il masque les charnières de coffre. Mais il n’en est rien car la porte se manœuvre latéralement, articulée sur des charnières bien intégrées. Les feux sont de grandes dimensions et placés assez haut. Le pare-chocs imposant est bien protégé en partie supérieure pour charger divers objets encombrants et paraît armé en face inférieure pour protéger des agressions de terrain en conduite hors-piste. A noter que la vitre de coffre peut s’ouvrir de haut en bas indépendamment de la porte.

 

Côté châssis

Faisons un petit tour sous la voiture pour apprécier l’implantation des divers éléments en prévision d’agressions en hors-piste. A l’avant, le pare-chocs est peu protégé en face inférieure. Deux déflecteurs en plastique sont plutôt exposés et seules leurs extrémités latérales semblent pouvoir jouer un rôle. La tôle inférieure de fermeture est juste derrière et c’est elle qui assure la protection. Devant les roues, TOYOTA a placé deux petites bavettes avec renfort. En revanche, rien ne vient protéger la biellette de direction, le cardan et l’embase de fixation du combiné ressort-amortisseur sur le triangle inférieur. Les demi-trains avant sont à double triangulation. Le combiné ressort-amortisseur est très compact, avec un diamètre de ressort de bonne taille. La barre anti-dévers est d’un diamètre important. Le cardan et la biellette de direction font un peu désuets dans cet environnement. Les disques de frein sont carénés. Les étriers à double piston, se trouvant en arrière du train, sont bien protégés. En poursuivant notre observation, il s’avère que la première tôle de protection est suivie d’une deuxième qui protège le bas moteur. Ensuite, plus rien. La boîte de vitesses, le transfert, le retour d’arbre de transmission vers les roues avant, la ligne d’échappement sont accessibles. Bien sûr, ils sont confinés entre les longerons. Compte tenu des attaches visibles et libres, il doit être possible moyennant finance de caréner cet espace. Derrière le transfert, la physionomie change. Le côté gauche est occupé par le grand réservoir à carburant, le centre par l’arbre de transmission vers le pont rigide arrière. Le côté gauche, quant à lui, continue d’abriter la ligne d’échappement. Aucun silencieux en fin de ligne, les différents modules de filtrage sont plutôt placés entre les trains. Côté train arrière, le pont rigide est maintenu et guidé par deux bielles longitudinales, une barre transverse, une barre anti-dévers, là également d’un bon diamètre. Côté suspension, les amortisseurs ont un bon débattement et des coussins à air à hauteur variable remplacent les ressorts. A l’arrière, pas de tôle de protection. La roue de secours sur jante alu, qui prend place sous le plancher, est très exposée. La partie plastique qui semble renforcer le pare-chocs en face inférieure ne reborde pas sous le plancher et donne le change sans vraiment jouer un rôle de protection. Pour finir, un constat presqu’oublié, celui de voir une coque fixée sur un châssis. C’est collector, sûrement le gage de rigidité pour une meilleure efficacité hors des routes.

 

Accueil soigné mais un peu daté

A l’ouverture de la porte, sans besoin de la clef, la première perception est mitigée. En effet, tout est bien rangé, à sa place, un peu trop "carré" à mon goût et l’atmosphère qui se dégage semble venir de quelques années en arrière. Si, côté équipements, le Land Cruiser paraît bien pourvu dans notre version Lounge Pack Techno, le design assez cubique ne fait pas très actuel. La note de bois rappelle la vocation de ce tout-terrain à évoluer hors des sentiers battus. Passé ce premier contact, le Land Cruiser sait accueillir ses occupants dans des sièges avant enveloppants et confortables, en cuir, avec chauffage et ventilation intégrés. Le conducteur est soigné avec de multiples réglages électriques et mémoires associées, complétés par un coussin d’appui lombaire réglable également. Le passager profite seulement des réglages de siège. Un miroir panoramique prend place au-dessus du rétroviseur intérieur, et permet de voir tous les occupants de la banquette ainsi que ceux de la troisième rangée. Les dossiers de sièges sont équipés de filets de rangement, mais pas de tablettes pour les enfants. Pour autant, un combiné lecteur DVD avec écran prend place au centre du pavillon pour distraire les occupants, petits ou grands, sur les longues distances. A l’arrière, la banquette est plus plate pour jouer la carte de l’accueil multiple à deux ou trois occupants. Ici, ce n’est pas la place en largeur qui manque, mais si l’assise centrale est juste un peu plus haute que les latérales, le dossier au centre n’existe pas vraiment. En effet, la petite partie centrale peut basculer seule, se divise en deux dans l’épaisseur pour offrir un coffret et deux porte-gobelets, se veut couteau suisse au détriment de sa vocation première qui est de supporter le dos. Point intéressant, les deux assises de la banquette coulissent au sol pour optimiser le volume dédié aux passagers ou au coffre. La cerise sur le gâteau, les deux empreintes latérales de siège sont chauffantes. Elles sont commandées via un petit panneau regroupant, outre le chauffage des sièges, la ventilation arrière. Le panneau, avec affichage à cristaux liquides, est situé en arrière de la console centrale. Les bouches d’aération sont au sol et en partie haute au-dessus des portes.

 

Côté coffre

Le volume est intéressant, relativement cubique, que ce soit avec le cache-bagages très souple en place ou non. La banquette arrière voit ses dossiers repliables mais le plancher ne peut être plat. Deux glissières sont présentes pour accueillir les fixations des deux sièges supplémentaires et en permettre le coulissement. La porte de coffre présente deux rangements, dont l’un renferme l’outillage et l’autre le triangle et autres. Cette porte est plutôt grande et il faudra garder de la place lors d’un stationnement pour pouvoir l’ouvrir. Le panneau de porte pouvant présenter une prise au vent certaine, un vérin horizontal avec fonction de blocage permet de verrouiller l’ouverture. Ainsi, pas de risque de pincement ni de coincement.

 

Vie à bord

Revenons au poste de conduite. Le Land Cruiser propose beaucoup de possibilités en matière de fonctions et réglages électriques, dont il faudra retenir la position sur la planche de bord ou la console. En effet, les commandes sont disséminées çà et là, sur et derrière le volant, comme tous les autres. Mais viennent ensuite un panneau de commande à gauche, puis un autre à droite, sur la partie basse de la planche de bord, et enfin la console centrale et son retour horizontal. Côté rangements,le Land Cruiser est généreux, non pas en nombre mais en dimension. Côté équipements, j’ai apprécié les réglages électriques du volant, l’existence des différents modes de conduite et d’assistance au hors-piste, même si je ne me suis pas retrouvé en conditions difficiles. Les poignées d’accès sont bien placées pour accéder à l’habitacle haut perché. Au niveau des aides à la conduite, le Land Cruiser dans cette livrée, est fort bien pourvu. Que ce soit en détection ou en vision périmétrique, en statique ou en mouvement, en sélection de motricité ou de configuration de terrain suivant le cadre d’évolution, le TOYOTA sait faire face. A noter en outre la gestion automatique des feux de route, le régulateur de vitesse adaptatif, l’alerte de franchissement de ligne pour la circulation routière. En hors-piste, par exemple, le crawl control, le contrôle actif de motricité, l’aide à la descente, le moniteur multi-terrain ou encore le multi-terrain select sont autant d’aides qui raviront les néophytes. Malgré tout, il est question ici de bien lire avant de tester pour comprendre comment cela fonctionne.

 

Présentation routière

Après tout cela, il nous reste à en prendre le volant. Une bonne position de conduite est aisée à trouver et l’intérieur spacieux permet à tous les occupants de trouver leur réglage propre de se sentir à l’aise. Le démarrage du moteur, sans clef, nous gratifie d’une sonorité peu enjôleuse, Diesel oblige. L’insonorisation est même un peu légère à mon goût. Le temps de chauffe est donc à laisser passer. Force est de constater que le 2,8 litres est un peu petit sous ce grand compartiment moteur. Peut-être existe-t-il un phénomène de résonnance. Ensuite, le niveau baisse un peu et les claquements se font plus discrets. La prise en mains est facile et le gabarit imposant se fait presque oublier en roulage. La position haute et la vue périmétrique aident à l’anticipation et sécurisent la conduite. TOYOTA a équipé les pare-soleil d’extensions pour permettre d’allonger ceux-ci en protection des vitres latérales, ce qui permet de masquer le soleil de côté efficacement. La boîte automatique à six rapports à convertisseur de couple patine un peu trop à mon goût. Ceci dit, elle est douce en position automatique. En position séquentielle, la réactivité est assez lente en mode normal, mais les rétrogradages s’opèrent en douceur. Le Land Cruiser est équipé de différents modes de conduite regroupés sur trois commandes, éco/confort, normal, ou sport/sport+. La perception de la différence entre les différents modes est ténue. Les performances en accélération sont justes correctes. Mieux vaut utiliser le Land Cruiser pour ce qu’il est, une force tranquille, sans excès. Le guidage et la liaison à la route sont au niveau de sa construction, avec des mouvements de caisse en virage et un peu de plongée au freinage, même si TOYOTA a réussi à limiter l’amplitude des phénomènes.

 

Côté suspension, le compromis confort / tenue de route est correct. Les pneus sont une aide avec des flancs de 55, ce qui est honorable sachant que le diamètre est de dix-neuf pouces. Ceci étant, le confort est meilleur à l’avant qu’à l’arrière, le train rigide restant ce qu’il est. En manœuvre, la vision à 360° est d’une aide efficace. Si besoin, la caméra sous la caisse permet même une dimension visuelle supplémentaire, la verticalité. Son utilité est appréciée hors des routes, au niveau de la maîtrise de l’environnement de la voiture sur l’avant et les pièges qui peuvent se présenter. De nuit, l’éclairage est d’un très bon niveau. Lors des essais, la partie route et chemin sec a représenté la majorité de l’essai, la période étant gratifiée d’une météo très clémente. Les pneus M+S étant compatibles du tout chemin, l’essai n’a pas montré de difficulté. La consommation moyenne a été de 9,5 litres pour cent kilomètres par le calcul, ce qui reste correct, pour un véhicule affublé d’un bilan CO2 de 201g/km. Les chiffres annoncés par le constructeur sont bien en deçà de la réalité.

Finalement Baroudeur

Cet opus du TOYOTA Land Cruiser Lounge Pack Techno reste fidèle à la vocation de l’auto et ses partisans seront toujours comblés. Son niveau d’équipement le rend accessible à une population moins spécifique. Son terrain de jeu favori n’est pas le bitume, mais couvrir des kilomètres à son bord n’est pas un calvaire et la marge est large. Le niveau de CO2 est élevé et, avec 10.500 € de malus à l’achat en 2019 s’ajoutant à un tarif de base proche de 70.000 €, gare au budget. Le prix de notre version d’essai était plutôt de l’ordre de 75.000 €. Ceci étant, eu égard à la place donnée aujourd’hui à cette catégorie de véhicule, son achat reste avant tout une histoire de périmètre d’utilisation.

Jacques FORGE

2019-04-01