AUDI R8 V10 Performance Decennium Edition

ESPACE Sportive
  • Sensations de conduite
  • Moteur, boîte, châssis
  • Performances
  • Esthétique
  • Volume habitable et pas de poignées de maintien
  • Défaut d’image
  • Budget (prix, malus, consommation, entretien)
  • Gabarit

Prix : 234 300 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 10 cylindres essence en V de 90° injection directe d’essence - Intégrale Quattro - BVA7 séquentielle S-tronic
Cylindrée 5204 cm³
Puissance maxi 620 ch à 8000 tr/min
Couple maxi 59.10 mkg à 6600.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.43 m
Largeur 1.94 m
Hauteur 1.24 m

Poids

Total 1595 kg

Capacités

Coffre de 0 à 112 dm³
Réservoir 73 L
Nb de places 2

Performances

Vitesse maxi 331 km/h
0 à 100 km/h 3.10 s

Environnement

Emission CO2 293 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 9.00
Urbaine 20.00
Mixte 13.10
Essai 0.00

SUPER AUDI

AUDI est un constructeur automobile généraliste premium qui commercialise une gamme très complète, citadines, SUV, limousines, cabriolets, supercars… L’entreprise d’Ingolstadt n’a cessé de progresser depuis les années soixante et a depuis produit des modèles sportifs qui se sont illustrés dans les diverses disciplines du sport automobile. La R8 dont la première génération a été présentée en 2006 au salon de Paris représente la quintessence du savoir-faire du constructeur allemand. C’est aujourd’hui le facelift de la deuxième génération que nous allons essayer sur les routes de la Forêt Noire.

Apprendre du passé

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est nécessaire de faire un petit retour en arrière pour voir les évolutions de l’AUDI R8. A l’instar de la Formule 1 qui est devenu le laboratoire de l’industrie automobile depuis de nombreuses années, les supercars sont également un incubateur de progrès techniques qui sont ensuite mis en œuvre sur les voitures de tous les jours.

Lors de sa première présentation, l’AUDI R8 disposait d’un moteur V8 FSI de 420 chevaux en position centrale arrière comme ses cousines LAMBORGHINI et utilisait la technologie Audi Space Frame pour augmenter la légèreté et la rigidité de sa caisse. Elle intégrait la technologie Quattro, bien connue depuis l’apparition de l’AUDI éponyme et une signature lumineuse à LED. Dès 2009, le V10 FSI fait son apparition et les feux de route sont 100 % LED de série. La boîte S-tronic est disponible à partir de 2012 et les feux Audi Matrix Laser dès 2014. En 2015 et l’apparition de la nouvelle génération, les nouveaux moteurs V10 5.2 FSI 540 chevaux et V10 Plus 5.2 FSI de 610 chevaux se retrouvent sous le capot couplés à la nouvelle boîte S-tronic et la nouvelle structure Audi Space Frame en aluminium et fibre de carbone CFRP (Carbon Fiber Reinforced Polymer).

Au fur et à mesure de son évolution, le principe d’une caisse plus légère mais plus rigide - la résistance à la torsion de la structure actuelle est 40% plus élevée que celle de première génération - s'est imposé en incluant des moteurs toujours plus puissants. Ainsi le V10 de la R8 actuelle propose jusqu’à 200 chevaux de plus que le V8 initial, V8 qui a par ailleurs disparu au profit des moteurs V10 permettant ainsi à AUDI de se rapprocher des voitures les plus puissantes du marché et de laisser par la même occasion une place libre pour l’AUDI TT RS et ses 400 chevaux.

Esthétique et séries limitées

L’évolution ne s’est pas faite qu’à l’intérieur ; extérieurement, la bête se fait plus agressive. Avec la deuxième génération, terminé les formes arrondies et douces, place aux lignes franches et tendues mettant en avant la carrosserie musculeuse de notre Allemande. Le facelift a encore renforcé cette impression avec une calandre "single frame" plus large, trois entrées d’air entre le capot et la calandre qui rappellent la mythique Quattro et un nouveau spoiler avant. A l’arrière, des ouvertures plus larges permettant au moteur de mieux respirer et d’en apercevoir les entrailles, de nouvelles sorties d’échappements et un nouveau diffuseur arrière redessinent la partie basse de la voiture. Deux nouvelles couleurs font également leur apparition : bleu Ascari et gris Kemora.

L’amélioration de la sécurité passe par un nouvel éclairage, l’Audi laser light composé de quatre diodes laser qui viennent en complément des feux de route à LED. Ce système a une portée de 600 mètres et est géré automatiquement par le véhicule qui l’active à partir de 70 km/h. Etant donné la puissance développée par le moteur et la vitesse maximale atteignable de 331 km/h, il faut bien cela pour voir arriver les dangers de la route.

Bien qu’elle soit par définition un véhicule à diffusion restreinte, 34.000 exemplaires pour la première génération et 11.000 pour la deuxième, la R8 a eu droit à des séries limitées. La R8 GT en 2010 (550 chevaux et 100 kilos de moins sur la balance), la R8 LMX en 2014, la R8 V10 RWS (540 chevaux mais surtout première propulsion) et la R8 Decennium qui célèbre les 10 ans du V10 FSI.

C’est cette dernière que nous avons essayée sur les routes de la Forêt Noire et les autoroutes allemandes. Cette version disponible à 222 exemplaires, dont huit pour la France, se caractérise à l’intérieur par sa sellerie spécifique en cuir Nappa fin avec piquage en losanges et surpiqûres bronze, la présence de carbone brillant et du cuir dans l’ensemble de l’habitacle, un badge Decennium sur la console centrale, un volant Alcantara "12 O'clock" et l’ensemble des éléments de série de la version standard. Extérieurement, la teinte matte Gris Daytona couplée aux jantes Bronze de vingt pouces est du plus bel effet. Un semblant de couleur bronze se retrouve également sur les caches culbuteurs mais le résultat n’est pas des plus flatteurs. Le Pack esthétique noir brillant AUDI Exclusive ajoute une touche spécifique avec les anneaux AUDI et les inscriptions en noir brillant. Un ensemble sobre mais sportif.

Dotation mini

Côté équipement intérieur, on est largement en dessous des berlines actuelles avec peu d’aides à la conduite. L’essentiel est cependant là avec la caméra de recul, les sièges électriques et une interface Smartphone à la hauteur. Pas d’écran déporté, tout est disponible dans le cockpit du conducteur. L’ensemble des commandes peut être commandé à partir du volant ou de la molette sur la console centrale. L’interface n’est pas immédiatement intuitive mais au bout de quelques temps, on s’habitue aux subtilités de navigation dans les menus. En revanche la position de conduite est tout simplement parfaite, les sièges s’ajustent de manière à trouver une position adéquate et le maintien latéral est cohérent d’une utilisation sportive.

La Direction Dynamique et l’Audi magnetic ride renforcent la sensation de maîtrise que l’on a au volant même si les écarts de réglage de suspension ne sont pas flagrants en raison du caractère sportif de l’auto. Différents modes assistés existent, Dynamic, Confort, Efficient, Personnalisé qui permettent de régler l’ensemble des paramètres du véhicule et trois modes performance Dry, Wet ou Snow, plus adaptés au circuit. Quelques données techniques pour mieux appréhender les capacités de notre sportive : V10 essence, lubrification avec carter à sec, injection directe, double arbre à cames en tête par rangée de cylindres. Pas de turbo ni de moteur électrique et probablement un des derniers V10 atmosphérique de sa génération. Transmission intégrale permanente Quattro avec embrayage électro-hydraulique multidisque piloté et refroidi par eau, embrayage à double disque et bain d’huile, boîte séquentielle sept vitesses S-tronic, barre stabilisatrice en Carbone CFRP faisant gagner cinq mètres de distance de freinage à 200 km/h, 620 chevaux, 580 Nm de couple et le 0 à 100 abattu en 3,1 secondes. Le décor est planté.

Sensations maxi

Même si l’énoncé de toutes ces caractéristiques techniques donne l’eau à la bouche, c’est en situation que cela devient le plus parlant. En tant que passager, les sensations sont brutales. L’accélération est diabolique et vous colle au siège. De plus, le manque de poignées de maintien est flagrant et on ne sait pas à quoi se cramponner pour ne pas subir les accélérations latérales. Bon, il est vrai qu’il n’y aura qu’un seul passager et soyons franc, ce n’est pas la place que vous occuperez le plus, alors qu’en est-il au volant ?

Cette R8 est un outil de plaisir, la tenue de route est phénoménale même s’il faut l’avouer c’est plus une mangeuse de circuit qu’un dévoreuse de petites routes. En effet, sur les petites routes de la Forêt Noire, ses mensurations généreuses sont un désavantage sur ces routes sinueuses, et même si la puissance est bien présente l’inertie résultante ne facilite pas l’enchainement des virages à haute vitesse. En revanche, dès que la chaussée s’améliore et que les routes se font plus larges, il devient enfin possible d’exploiter au mieux le couple et la puissance du moteur. Bien que la boîte automatique soit un vrai bijou, l’utilisation des palettes reste le moyen le plus distrayant d’utiliser cette belle mécanique. Le freinage est très performant, mais en conduite ultra sportive il reste tout de même nécessaire de le laisser souffler de temps en temps pour qu’il redescende en température.

L’utilisation ultime est le circuit ou l’on pourra exploiter sans risque la puissance du moteur et mettre à profit les modes performances. La montée en régime reste très linéaire et aucune perte de puissance n’est sensible même au-delà de 250 km/h et les 300 km/h sont atteints avec une facilité déconcertante. A l’opposé, la conduite en ville est simplissime et seul son gabarit imposant pourra être handicapant dans les petites rues.

L'AUDI R8 est une supercar qui s’adapte aussi bien à la ville qu’au circuit. Elle est généreuse en sensations même si son comportement linéaire peut parfois engendrer un peu trop de confiance. En tout cas, être à son bord reste toujours un vrai plaisir. Malheureusement, elle n’est pas faite pour les longues vacances, à moins de prévoir un mini sac de voyage car comme le dit la brochure, pas d’attelage disponible ni de possibilité de mettre des barres de toit. Mais après tout, est-ce vraiment cela qui nous intéresse ?

Michel SANTONI

2019-04-18