CUPRA Ateca 2.0 TSI 300 ch DSG7 4Drive

ESPACE SUV
  • Modèle polyvalent
  • Performances
  • Aspects pratiques
  • Confort ferme sur route dégradée
  • Habitacle trop classique
  • Piège à permis

Prix : 42 500 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres 16 soupapes - Turbo Essence injection directe - 4x4 - BVA7
Cylindrée 1984 cm³
Puissance maxi 300 ch à 5300 tr/min
Couple maxi 40.80 mkg à 2000.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.38 m
Largeur 1.84 m
Hauteur 1.62 m

Poids

Total 1615 kg

Capacités

Coffre de 0 à 400 dm³
Réservoir 55 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 247 km/h
0 à 100 km/h 5.20 s

Environnement

Emission CO2 155 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 6.50
Urbaine 8.90
Mixte 7.40
Essai 10.60

MONTÉE EN PUISSANCE

En érigeant le label CUPRA au rang de marque à part entière, SEAT a suivi un chemin semblable à celui qu'a pris CITROËN avec DS il y a quelques années. Abréviation de "Cup Racing", la nouvelle venue a pris pour symbole un logo cuivré d'inspiration tribale exprimant la puissance. CUPRA devient une vitrine pour SEAT avec des modèles tournés vers les nouvelles technologies mais aussi et surtout dotés d'un esprit sportif affirmé.

Gros potentiel

En développant l'élément fondateur de sa jeune gamme sur l'Ateca, CUPRA fait le pari de proposer un SUV compact de conception plutôt classique, mais dont la carte de visite va en étonner plus d'un : 300 chevaux et un zéro à cent expédié en 5,2 secondes ! Un cocktail détonnant qui place d'emblée le nouveau venu comme le SUV le plus performant du moment parmi les constructeurs généralistes. On trouve certes quelques concurrents à ce niveau de puissance comme le JAGUAR E-Pace, ou d'autres qui franchissent la barre des 350 chevaux comme le MERCEDES GLA 45 AMG, mais ces modèles premium ne jouent pas dans la même cour d'un point de vue tarifaire. Ils sont soit moins puissants, soit plus chers ! Proposé dans une version unique bien équipée à 42.500 € avec une garantie de cinq ans ou 100.000 kms, notre Ateca survitaminé va faire des jaloux, d'autant que le malus écologique dont il "bénéficie" se limite à 2.300 € seulement pour 2019.

Design sportif sans excès

Même si la silhouette générale est très proche des versions badgées SEAT, les designers CUPRA ont cherché à doter leur Ateca de signes distinctifs en adéquation avec son tempérament fougueux, sans tomber dans la surenchère.

Sur la face, fini le jonc chromé qui ceinture la calandre. Un entourage noir donne l'impression d'élargir une proue dont toutes les ouvertures sont garnies en nid d'abeilles. Le sabot de protection disparait au profit d'une entrée d'air horizontale supportant la marque. Il concourt ainsi à faciliter l'identification du logo situé sur la calandre, qui ne bénéficie que d'une notoriété naissante. De profil, l'élément visuel le plus spectaculaire vient des roues de dix-neuf pouces qui peuvent être équipées de singulières jantes très ajourées reprenant la couleur cuivrée du logo (on aime ou on n'aime pas…) laissant apparaître les étriers des freins Brembo proposés en option. Divers appendices de couleur noire comme les barres de toit, les coques de rétroviseurs et les moulures de bas de caisse accentuent visuellement le côté sportif. C'est à l'arrière que la version CUPRA se démarque le plus de SEAT avec son béquet proéminant et surtout un diffuseur noir encadré par quatre sorties d'échappement chromées qui ne laissent planer aucune ambiguïté sur la puissance du modèle.

Intérieur sobre et bien fini

Bien que badgé CUPRA, le tableau de bord de notre Ateca ne peut renier sa proximité avec le modèle original. Le combiné digital également proposé par SEAT est bien présent, de même que l'écran tactile multimédia de huit pouces. Celui-ci surplombe la console centrale dotée d'un sélecteur de mode de conduite à six positions : confort, sport, neige, individuel, Off Road et CUPRA, ce dernier intégrant un "launch control" destiné à faciliter les démarrages en fanfare. Le logo de la marque est rappelé au centre du volant, sur les dossiers des sièges, les tapis, les seuils de porte ou encore en ombre chinoise projetée sur le sol lors de l'ouverture des portes. Tout risque de confusion est donc exclu !

La sellerie en Alcantara gris dispose de surpiqûres cuivrées assorties au logo. Les sièges de série sont enveloppants mais fermes. Ils peuvent être remplacés par des sièges baquets proposés en option pour qui souhaite exploiter pleinement le potentiel sportif de l'Ateca. La qualité de la finition et les assemblages ne souffrent pas la critique. L'ambiance très sombre typiquement germanique gagnerait en gaîté avec quelques inserts de couleur ou une sellerie plus claire en option comme dans la finition Xcellence des Ateca proposés par SEAT.

En termes d'équipement, l'Ateca dispose en série d'une dotation fournie. Nous noterons en particulier le combiné numérique mentionné ci-avant, l'accès et démarrage mains libres, les caméras avec vue 360°, la recharge de téléphone par induction, l'aide au stationnement, le châssis piloté ou encore le pédalier en aluminium.

Par contre, budget oblige, les aides à la conduite font malheureusement trop souvent partie des packs optionnels. Pour un peu moins de mille euros, le pack "Full Drive Assist" propose la totale, avec feux de route intelligents, régulateur adaptatif, freinage d'urgence, détecteur d'angle mort, reconnaissance des panneaux ou encore maintien dans la voie de circulation et conduite autonome. Il faudra aussi mettre la main à la poche si vous souhaitez équiper votre Ateca de sièges baquets (1.500 €) ou encore du système de freinage Brembo (2.185 €) qui renforcent la sportivité de la monture.

N'oublions pas de rappeler que l'Ateca est avant tout un SUV doté d'une belle habitabilité en dépit de ses dimensions extérieures mesurées. Quatre occupants disposent d'une place suffisante pour des voyages au long cours, le cinquième un peu moins… Le volume réservé aux bagages reste acceptable même s'il n'est pas, avec 400 litres, le champion toutes catégories (la faute à la transmission intégrale). La manœuvrabilité de la banquette arrière 60/40 et dotée d'une trappe à skis, est facilitée par des leviers situés dans le coffre.

Mélange détonnant

C'est ni plus ni moins que le bloc de 300 chevaux de la radicale SEAT Leon Cupra qui a été greffé sous le capot pour animer notre version de l'Ateca. Et les performances suivent. Grâce à la transmission intégrale et à la boîte DSG7 à double embrayage, CUPRA annonce un 0 à 100 km/h en 5,2 secondes. Le châssis bénéficie d'un train arrière multibras et la rigidité des suspensions  est modifiable selon le mode de conduite choisi. Pour compléter l'ensemble, un coupleur Haldex module en temps réel le couple envoyé aux roues arrière en fonction de la puissance transmise et de l'adhérence du train avant.

Toutes ces caractéristiques flatteuses enflamment l'imagination. Mais en même temps, on peut être étonné qu'un tel pedigree soit proposé sur un SUV à usage familial dont le centre de gravité est plus haut que celui d'une berline, même si son châssis a été rabaissé de dix millimètres. A défaut de circuit ou de route fermée à la circulation façon "spéciale de rallye", quelques petites départementales peu fréquentées permettront d'en avoir une idée plus précise.

Satisfaction et frustration !

Lors d'un précédent essai, j'avais déjà pu apprécier les qualités dynamiques de l'Ateca version SEAT, motorisée par un "modeste" TDI de 150 chevaux. Il aurait été étonnant que cette version ultime du SUV ibérique, deux fois plus puissante, se révèle décevante.

Dès le contact mis, on savoure tout de suite au ralenti le son rauque transmis par les quatre sorties d'échappement. La prise de contact est facile et notre Ateca, avec son couple de 400 Nm disponible dès 2.000 tr/mn et sa boîte automatique, fait preuve dans la circulation urbaine d'une grande douceur de fonctionnement. La molette Driving Experience réglée en mode Normal permet de bénéficier d'un amortissement relativement confortable tant que le revêtement n'est pas trop dégradé. C'est une qualité d'autant plus importante que les sièges manquent de moelleux lors des rencontres avec les gendarmes couchés ou les saignées mal refermées. Si la boîte DSG7 en conduite courante ne mérite que des éloges, lors des ralentissements, les rétrogradages sont parfois aux abonnés absents, le rapport inférieur ne s'enclenchant qu'à un régime proche du ralenti.

Compte-tenu du potentiel de la voiture, il est légitime de penser que le mode Sport sera plus à même de valoriser ses qualités. Les suspensions et la direction durcissent, tandis que les lois de passage de la boîte automatique s'adaptent à une conduite dynamique avec une réactivité accrue aussi bien pour monter les rapports que pour les descendre. Le cas échéant, les palettes solidaires du volant, au demeurant un peu trop petites à mon goût, pourront apporter leur aide. C'est vraiment avec le mode Sport que l'Ateca se révèle. Malgré la masse conséquente du SUV et un centre de gravité haut perché, les suspensions rigidifiées font merveille lors des enchainements de virages. L'Ateca vire à plat avec agilité, sans roulis intempestif. Si la puissance est transmise avec aisance grâce aux quatre roues motrices,  mention très bien aussi pour les freins Brembo qui équipaient notre véhicule. Ils font preuve d'une vigueur remarquable qui accélère la mise en confiance. Les quelques séquences réalisées sur mon parcours routier en mode ultime Cupra ne se sont pas révélées plus probantes qu'en mode Sport, les conditions de conduite n'étant pas réunies pour pouvoir en tirer la quintessence. Dommage ! A part quelques dépassements musclés, des accélérations en sortie de virages et petites routes sinueuses, comment pouvoir profiter d'une telle voiture sur notre réseau routier et autoroutier ?

Concept quasi unique à ce niveau de prix, le CUPRA Ateca réussit la gageure de conjuguer les aspects pratiques nécessaires à une utilisation familiale et le plaisir de conduite d'une voiture sportive et performante. Un modèle à recommander sans modération aux papas ou mamans passionnés d'automobile, qui aiment se faire plaisir une fois les enfants déposés à l'école et qui font preuve d'optimisme quant à la gestion de leur permis.

B. ROUMEGOUX

2019-04-23