PEUGEOT 508 SW GT PureTech 225 S&S EAT8

ESPACE Break
  • Style racé
  • Finition germanique
  • Agrément global
  • Plus chère...
  • Habitabilité en retrait
  • Correcteur de trajectoire

Prix : 47 300 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres - 16 soupapes - Essence Turbocompressé - Traction - BVA8
Cylindrée 1598 cm³
Puissance maxi 225 ch à 5500 tr/min
Couple maxi 300.00 mkg à 1900.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.78 m
Largeur 1.86 m
Hauteur 1.42 m

Poids

Total 1430 kg

Capacités

Coffre de 530 à 1780 dm³
Réservoir 62 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 248 km/h
0 à 100 km/h 7.40 s

Environnement

Emission CO2 130 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 4.50
Urbaine 7.60
Mixte 5.70
Essai 0.00

JOLIE MÔME...

Présentée au dernier salon de Paris la variante "break de chasse" de la nouvelle lionne arrive enfin sur nos routes. Va-t-elle conserver les qualités remarquées de la berline ? Nous l’essayons aujourd’hui dans sa version la plus puissante à ce jour, et dans une livrée très avantageuse.

Plus guêpe que bourdon

L’ère est bien finie des breaks à papa déménageurs, trahissant leur énorme volume utile par une silhouette trop cubique ou semblant porter en permanence un inesthétique sac à dos. Face également à ces arrivistes de SUVs trop lourds et trop haut perchés, le break connaît ainsi un soudain retour en grâce en proposant des lignes résolument plus modernes et agréables couplées à des qualités dynamiques de haut niveau. Ce retour fracassant s’explique également par la mode des berlines-coupés, telles l’emblématique AUDI A5, de très belles autos ayant sacrifié l’habitabilité arrière sur l’autel du design. Cette voie, suivie par PEUGEOT pour sa nouvelle 508 berline, positionne naturellement le break comme une continuité de gamme plus spacieuse, mais sans excès.

Ce nouveau modèle reprend donc à l’identique l’avant très réussi de sa nouvelle 508, dont la chute de pavillon a été adoucie après le pied milieu afin d’obtenir surtout une porte de coffre plus verticale, ce qui donne naturellement plus de garde au toit aux places arrière. Les portières restent bien sûr sans cadre, grande nouveauté de cette 508 afin de garder une hauteur de caisse limitée, un apanage également des productions de haut de gamme. La découpe des portes arrière apparaît cependant quelque peu compliquée, l’accessibilité et le confort des passagers ayant forcé le constructeur à laisser une custode fixe à l’arrière de la porte pour que la vitre puisse se baisser, ce qui laisse au final toujours une vitre saillante à la fin de ces portes pourtant très aériennes.

L’arrière spécifique du break se doit également de respecter une certaine facilité de chargement, avec un seuil bas et large. Vu la hauteur limitée de l’auto (six centimètres de moins que le modèle remplacé), PEUGEOT a choisi de forcer le trait et d’élargir au maximum son auto avec un bandeau plastique noir brillant, assez vertical, courant d’un feu à l’autre comme sur la berline. Avec ses flancs un brin torturés, le rendu global de l’arrière paraît un peu moins inspiré que la berline dont il dérive. Basse et large, bien campée sur de superbes jantes de dix-neuf pouces, cette auto respire cependant le dynamisme, ce qui est bien l’effet recherché, et met un sacré coup de vieux à la précédente génération. L’aspect pratique n’est pas oublié avec une boîte à gants et un grand vide-poche central réfrigérés ainsi que, sur cette finition, des rails de fixation de charges dans le coffre sur lequel un filet de maintien vient prendre place.

Même si la garde au toit se retrouve nettement améliorée par rapport à la berline, certaines caractéristiques restent cependant en retrait, comme la place aux jambes arrière moins accueillante que sur certaines concurrentes. Enfin on regrettera surtout sur ce modèle l’abandon du toit en verre intégral panoramique pour un toit ouvrant uniquement aux places avant, ce qui était pourtant la signature des précédentes SW et très prisé des passagers surtout des enfants.

 

Pleine aux as

C’est le reproche le plus couramment formulé à cette auto : à environ 5.000 € de plus que le précédent modèle déjà doté de belles qualités, ce modèle va directement jouer dans la cour des premium et devra trouver sa route avec nombre de divas telles que l’AUDI A4, la MERCEDES Classe C ou la BMW Série 3… C’est oublier un peu vite le niveau élevé d’équipements proposé sur cette française. L’ensemble des aides à la conduite souvent proposées en options sont ici présentes, et cette lionne se targue d’une conduite "semi-autonome" sur des terrains bien balisés comme une autoroute ou une belle nationale. Ce mode reste cependant exigeant car il faut garder en permanence les mains sur le volant, et le PEUGEOT ne propose pas pour l’instant de changement de trajectoire. Certaines options, comme la vision nocturne par infrarouge dans l’écran des compteurs, appartiennent d’ailleurs pour le moment au segment supérieur.

L’intérieur, intégralement repris de la berline, propose ici dans cette finition GT le meilleur de PEUGEOT : iCockpit avec grand écran LCD replaçant les compteurs derrière le petit volant façon "kart", grand écran tactile de dix pouces très panoramique du système iConnect, siège mixtes similicuir/Alcantara de bonne tenue, système audio Focal au très bon rendu, placages en vrai bois sur l’imposante console centrale, chargeur sans fil de téléphone sous celle-ci,… La liste est ainsi très longue et justifie en partie la note salée, même si à notre sens toutes les aides à la conduite ne sont pas forcément indispensables. Qui n’a jamais été énervé par une voiture moderne qui "gigote" dès que vous déviez un tant soit peu de la trajectoire parfaite qu’elle entend suivre ? Ces voitures nécessitent une lecture approfondie des manuels pour trouver les bons réglages des multiples gadgets de conduite et vous permette d’en apprécier réellement les qualités dynamiques. Après avoir essayé une fois "pour voir", vous laissez vraiment votre auto se garer toute seule, vous ?

Hélas aucune copie n’est parfaite et certains détails font un peu cheap… Comme la descente en gamme des vitres avant feuilletées sur l’ancien modèle, qui apportaient un confort acoustique supérieur, ou ce cache bagage au fonctionnement erratique et connu des seuls ingénieurs de PEUGEOT l’ayant conçu… vraiment pas une réussite, d’autant plus qu’il est motorisé sur certaines concurrentes à ce niveau de gamme...

 

Un régal en toucher de route!

Là où cette lionne se réveille féline, c’est bien en mouvement ! Le petit volant et un train avant toujours aussi mordant et précis donnent une impression de légèreté et d’aisance à cette auto. La puissance respectable du pourtant petit quatre cylindres 1,6 PureTech, bien aidé par la boîte automatique EAT8, en fait même une bête prête à bondir malgré son poids respectable. On "sent" donc la puissance et l’aisance : la force tranquille en somme, mais qui ne demande qu’à rugir.

Pas si tranquille que cela au niveau confort cependant, car malgré l’amortissement piloté très performant, certains petits détails de la chaussée ne s’avèrent pas réellement gommés. Le confort est donc ferme, très germanique au final, mais avec un toucher de route qui s’avère un vrai régal. De même, en multipliant les rapports de transmission, les changements sont donc logiquement plus fréquents et déroutent un peu au début avec une boîte qui n’arrête pas en ville de changer de rapport comme si elle hésitait constamment sur celui à choisir. Enfin le moteur, discret aux régimes modérés, se montre plus présent lors des grosses accélérations, cet effet étant peut-être également voulu par le constructeur pour souligner le côté "vroum-vroum" de cette finition GT.

Malgré une habitabilité toujours en léger retrait pour son segment afin d’afficher une plastique quasi-irréprochable, cette version SW de la PEUGEOT 508 amène un surcroit d’espace bienvenu sans rien délaisser des qualités dynamiques de la berline. Une très belle réussite qui fait une entrée remarquée dans le segment et vient clairement faire de l’ombre également aux SUVs, mais qui se paye au prix fort, surtout avec ce moteur très (trop?) puissant qui vous apportera cependant une remarquable aisance au quotidien.

F. JOUSSET

2019-04-01