TESLA Model S 100D

ESPACE Electrique
  • Confort et agrément de conduite
  • Autonomie et performances
  • Aides à la conduite
  • Version 9.0 du logiciel
  • Prix élevé
  • Finition
  • Poids et dimensions
  • Encore quelques contraintes

Prix : 91 000 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type Electrique Dual motor - Batterie Lithium-ion 100 kWh
Cylindrée 0 cm³
Puissance maxi 422 ch à 0 tr/min
Couple maxi 67.30 mkg à 0.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.97 m
Largeur 2.18 m
Hauteur 1.43 m

Poids

Total 2106 kg

Capacités

Coffre de 0 à 894 dm³
Réservoir 0 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 250 km/h
0 à 100 km/h 3.80 s

Environnement

Emission CO2 0 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 0.00
Urbaine 0.00
Mixte 0.00
Essai 0.00

SANS EQUIVALENCE SUR LE MARCHE

Après l'essai de la TESLA Model X dans une utilisation plutôt urbaine où nous avons pu apprécier toutes les qualités des véhicules de la marque, nous avons à nouveau eu l’opportunité d’essayer un Model S 100D pour une utilisation en extra urbaine. Une façon de tester toutes les facettes de ces véhicules d’une autre génération, dont l’autonomie est la plus importante du marché, en condition réelle et bénéficiant encore d'un bonus de 6.000 € à l'achat.

Défi

Pour tester notre Model S aux limites de ses possibilités, le choix devait se porter sur une distance équivalente à son autonomie au regard de ce que le calculateur de bord pouvait nous annoncer. Précautionneux de nature, il nous fallait également trouver une porte de sortie avec un super chargeur en chemin au cas où... Notre choix s’est donc porté sur un Paris/Metz de 360 kilomètres avec une météo apocalyptique : un mélange de pluie, de neige et de froid glacial. Toutes les conditions étaient donc réunies pour ce test.

Première étape : Recharger notre TESLA au maximum de ses capacités. L’opération s’effectue avec un super-chargeur en moins de cinquante minutes. Comptez environ 300 kilomètres d’autonomie avec une demi-heure de charge. Un bel exploit ! Une fois le véhicule chargé, l’alerte sur notre smartphone nous avertit que notre monture est prête à prendre la route. Il ne nous reste plus qu’à entrer la destination choisie et notre Model S affiche la route optimale avec un calcul de la charge résiduelle à l’arrivée. Première surprise, dans notre cas, la charge à l’arrivée est à seulement 2%. Le système ne nous propose pas de pause en chemin pour un complément de charge bien qu’un super chargeur soit disponible à Reims. Nous sommes joueurs, alors GO !

Technologie

Comme son grand frère le Model X, les premiers kilomètres nous font apprécier tout le confort de notre voiture, principalement son silence et l’absence de vibrations mécaniques. Un vrai bonheur sur les longs trajets bien que les bruits aérodynamiques, même très limités, attirent l’ouïe. En temps normal, ces bruits normaux ne feraient même pas l’objet d’attention sur des voitures haut de gamme allemandes qui font office de référence. La route ne s’en trouve que plus reposante. On a l’impression de voyager dans un vrai cocon. Au niveau de l’habitabilité, on retrouve un style épuré et tous les réglages se trouvent facilement. La tablette centrale de dix-sept pouces connectée en 4G permet l’accès à l’ensemble des fonctionnalités (navigation, contrôle du véhicule, énergie, médias, téléphone) qui, comme tout smartphone, bénéficie d’une mise à jour entièrement gratuite offrant de nouvelles applications. Une grosse Gameboy pour adulte !

La version logicielle 9.0 équipait notre Model S d’essai. Cette version est la plus importante déployée sur les modèles de la gamme depuis le lancement. Elle gomme toutes les imperfections que nous avions pu remarquer sur les versions précédentes. Toutes les fonctionnalités sont maintenant accessibles rapidement via des raccourcis en bas de l’écran et des sous-menus. La "map" reste quant à elle toujours en arrière-plan. Dans une prochaine version, l’intégration de logiciels du type WAZE serait la bienvenue pour éviter le doublon actuel avec votre smartphone. Sur le tableau de bord, on retrouve sur la gauche les informations de navigation, la consommation et au centre ce que voit la voiture via sa technologie embarquée avec parfois quelques bugs sur le type de véhicule que vous seriez amené à croiser.

Conduite assistée

Dépourvu de tunnel central, la Model S offre une habitabilité parfaite pour une utilisation familiale. Un regret pour ma part au niveau de la visibilité extérieure pour les manœuvres (mais l’écran central vient à la rescousse) et surtout en ce qui concerne la grosse traverse centrale au niveau du toit panoramique qui gâche le plaisir visuel le soir lors des nuits étoilées. Sur la route, une fois toutes les aides réglées, il ne reste plus qu’à laisser "l’auto pilote" faire le reste. La seule contrainte et de garder une main sur le volant afin que le système détecte la présence d'un conducteur, une exigence logique de sécurité. Les grands axes routiers deviennent alors plus agréables. La voiture gère les distances, conserve sa place dans les files de voiture y compris lors des rétrécissements de chaussée, ce qui est impressionnant la première fois et adapte sa vitesse en fonction de la circulation. Un simple clignotant permet de lancer le changement de voie automatique pour doubler les autres véhicules en toute sécurité. Il faut quand même reconnaître qu’il est difficile de faire confiance à la machine lors des premiers kilomètres. La première tendance est de garder les deux mains toujours en alerte au-dessus du volant, un sentiment purement psychologique… Toute cette technologie n’est pas encore naturelle. On se prend cependant très vite au jeu à tel point que l’on a l’impression d’être un simple copilote (actif) de sa voiture.

On peut se demander pourquoi tous les véhicules n’en sont pas équipés, surtout à notre époque ou la sécurité prime ! Malgré le temps exécrable, on se rend compte que la technologie gère en toute sécurité même lorsque les autres usagers peuvent parfois se laisser aller à certains écarts. On regrette quand même que la TESLA ne sache pas encore lire les panneaux pour adapter la vitesse en temps réel. Les puristes diront que l’on perd le plaisir de conduire mais la question qu’il faudrait se poser est : où trouver du plaisir à conduire sur autoroute ? A l’inverse des routes sinueuses de montagnes où le plaisir d’enchainer les rapports sur une bonne vieille boîte mécanique n’a pas de pareil. Il faut juste positionner le véhicule dans l’utilisation que l’on veut en faire. Pour parler performance, plutôt qu’un long discours, je vous conseille juste d’essayer. Il est difficile de retranscrire les sensations que l’on peut avoir en quelques lignes. La TESLA est purement la berline la plus performante du marché et souvent moins onéreuse, bien loin de la concurrence avec une puissance disponible instantanée. Lors des entrées d’autoroute, les accélérations sont des purs moments de bonheur. On est littéralement collé au siège à chaque pression sur l’accélérateur. Il en va de même lorsqu’un usager se trouve un peu trop familier avec l’arrière de votre TESLA.

Quelques contraintes…

Après une centaine de kilomètres, on se rend compte que la capacité de notre TESLA se trouve bien amputée alors que le régulateur est réglé à 130 km/h. Notre réserve électrique étant faible dès le départ, notre aller pour Metz sans charge complémentaire est rendu impossible. La faute principale au froid ou à notre allure bien que raisonnable ? TESLA ne prend pas en compte les conditions climatiques dans ses estimations d’autonomie, une amélioration à proposer pour des prochaines mises à jour. Heureusement, notre modèle indique alors automatiquement un stop au super-chargeur de Reims. Plus de peur que de mal, au final tout est prévu chez TESLA ! Le réseau de super-chargeurs très développé permet de trouver une borne pas trop éloignée de votre position. On en trouve plus de 535 sur le territoire répartis sur soixante-six stations généralement situées proche des sorties d’autoroute. Toutes les destinations sont dès lors possibles moyennant quelques pauses pour reposer la monture et son conducteur. Une petite pause ne fait jamais du mal le temps de se rafraîchir ou de boire un café, et d’autant plus si vous voyagez en famille. Pour ceux et celles qui aimeraient se donner une idée des possibilités, je ne peux que vous conseiller d’aller sur le site TESTA. La carte des super-chargeurs y est disponible à l’adresse https://www.tesla.com/fr_FR/trips

Arrivé à destination, il était temps de recharger notre véhicule. La logistique commence alors à poser problème. Il faut reconnaître que l’électrique n’est pas encore le maître mot en France et dans nos communes. Un vrai parcours du combattant même dans une ville comme Metz. Bien que nous ayons réservé notre hôtel dans une grande chaine hôtelière, force est de constater qu’il n’était pas équipé de bornes de recharge. Une simple charge par prise 220V était donc notre salut, prise qu’il a fallu installer au travers des cuisines de l’hôtel via une rallonge… Un travail expéditionnaire avec la bienveillance de notre hôte. Après une nuit de charge, il ne faut compter que sur 25 % de charge. De quoi dépanner mais insuffisant pour pouvoir reprendre la route l’esprit tranquille. Le stop par un super-chargeur est à nouveau nécessaire pour notre retour vers Paris.

Sur le retour, nous choisissons de visiter les lieux touristiques de Verdun et ses petites routes sinueuses qui nous font apprécier toute la qualité du châssis et la tenue de route. Les batteries étant placées dans le plancher, le centre de gravité se trouve parfaitement réparti et fait oublier le poids élevé de la voiture. Des sauts de puce d’un site à l’autre ont eu vite fait d’entamer l’autonomie de notre Model S. Si bien qu’après plusieurs sites, il fallut se résigner à faire machine arrière et abandonner notre programme journalier de peur de ne pas pouvoir rejoindre le super-chargeur suivant. La contrepartie de rouler écolo est aussi de devoir accepter quelques contraintes et de faire évoluer ses habitudes. Il est également possible que notre essai sur un weekend ne nous ait pas permis de trouver tous nos repères et qu’un utilisateur chevronné au quotidien aurait poussé un peu plus sa monture.

Tout comme le Model X, nous avons à nouveau été séduits par ce Model S de la gamme TESLA. Il faut reconnaitre que les contraintes sont bien minimes par rapport au plaisir que la voiture procure. Les modèles 75 et 75D, 90D et P90D disparaissent du catalogue au profit des uniques versions de référence que sont les 100D et P100D. Votre choix se portera sur l’autonomie (respectivement 610 et 590 km) ou la performance (0-100 km/h respectivement en 3,8 et 2,6 s), la transmission intégrale étant de série sur les Model S. Chacun y trouvera son plaisir et avec son système de mise à jour logiciel, TESLA montre que cette technologie est une solution d’avenir.

Stéphane PEREZZAN

2019-01-15