MITSUBISHI L200 D150 DOUBLE CABINE

ESPACE PICK-UP
  • Style affirmé
  • Aisance en "offroad"
  • Confort global
  • Manque de punch
  • Malus CO2

Prix : de 33 990 € à 42 290 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres - 16 soupapes - Diesel Turbocompressé - 4X4
Cylindrée 2268 cm³
Puissance maxi 150 ch à 3500 tr/min
Couple maxi 400.00 mkg à 1750.00 tr/min

Dimensions

Longueur 5.30 m
Largeur 1.81 m
Hauteur 1.77 m

Poids

Total 2035 kg

Capacités

Coffre de 2230 à 2230 dm³
Réservoir 75 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 171 km/h
0 à 100 km/h 0.00 s

Environnement

Emission CO2 203 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 7.60
Urbaine 8.40
Mixte 7.90
Essai 0.00

LE GRAND MECHANT LOOK

Peu connu sur nos routes, à part dans les régions isolées et/ou montagneuses, le pick-up L200 s’inscrit dans une longue lignée de modèles qui a débuté il y a quarante ans pour la marque aux trois diamants. Avec 4,7 millions d’unités vendues, ce modèle, appelé Triton hors d’Europe, est actuellement le deuxième best-seller du groupe entre l’Outlander et l’ASX puisqu’il rencontre un vif succès en Amérique du Sud et en Asie du sud-est, ses terrains de prédilection. La retraite forcée en Europe du mythique Pajero en 2018, pour cause de non-compatibilité avec les normes d’émissions Euro 6, le met maintenant en pleine lumière puisqu’il a la lourde tâche de défendre les couleurs de MITSUBISHI et ses douze victoires au Dakar dans le segment des 4X4 bruts et costauds. Nous avons pu prendre le volant de la sixième génération de ce truck "badass" dans les chemins escarpés des montagnes de la Loja en Espagne.

Enfin une vraie gueule!

Sous l’impulsion du FORD Ranger qui a bien secoué le monde du pick-up, viril mais endormi, avec son design de cow-boy moderne, la réaction stylistique de MITSUBISHI arrive enfin avec cette nouvelle génération ! Finies les rondeurs bon enfant ! Basé pourtant sur la même plateforme que la génération précédente, ce qui se remarque par une largeur identique, 90 % de ses pièces de carrosserie ont été refaites pour trancher avec la bonhommie du modèle précédent. Déjà haut sur pattes, ce modèle présente une ligne de capot relevée de quatre centimètres, s’évanouissant dans des phares affinés vers de larges ailes. Un tel dessin permet d’élargir visuellement l’auto, et d’obtenir une face avant très verticale, robuste et impressionnante, tout à fait dans l’esprit du véhicule : "Rock Solid" pour "Solide comme un roc". La grille de refroidissement inférieure, de forme rectangulaire, se retrouve entourée de deux "boomerangs" chromés au sein desquels viennent se loger les antibrouillards. Ce nouveau L200 implémente ainsi également la nouvelle identité visuelle de MITSUBISHI appelée "Dynamic shield", déjà déclinée sur ses autres modèles.

Pour le reste inutile de s’extasier sur la ligne de chute abrupte de pavillon ou le design de la benne arrière. Un œil exercé remarque cependant les deux trappes à carburant sur le côté gauche. Ah bon, il consomme autant que cela ce monstre ? Pas tant que cela en fait, mais afin de passer les normes d’émission Euro 6 une oxydation catalytique avec Adblue® a été nécessaire, et MITSUBISHI a choisi de différencier la trappe de chaque réservoir plutôt que d’en faire une seule de plus grandes dimensions.

 

Entre deux chaises

La plus grosse nouveauté de ce nouveau venu réside dans son tout nouveau moteur Diesel MY20 de 150 chevaux, proposé en offre unique en France. "Downsizé", donc de cylindrée réduite par rapport à l’ancien bloc 2,5 litres, il affiche sur le papier moins de chevaux mais promet plus de couple que l’entrée de gamme précédent, dont la puissance pouvait cependant monter à 181 chevaux. Doté d’un bloc tout en aluminium, il est pourvu de seize soupapes et d’un double arbre à cames en tête avec calage variable des soupapes. Les masses des parties mobiles (pistons, bielles et vilebrequin) ont également été retravaillées afin de lui donner plus de souplesse de fonctionnement. Équipé enfin d’un système de réduction des oxydes d’azote avec additif, ce moteur permet à cet imposant L200 de passer l’homologation WLTP et de répondre aux exigences de la norme Euro 6d temp, au prix cependant d’émissions de CO2 dans le haut du panier, le faisant tomber sous le coup d’un malus maximal en version double cabine (10.500 €), identique à celui d’une PORSCHE...

Là où le bât blesse, c’est qu’effectivement depuis le début de l’année les véhicules pick-up double cabine sont, sauf exception motivée de service comme les véhicules de station de ski, assujettis aux taxes sur les véhicules de société ainsi qu’au malus écologique. Ceci ne concerne pas les "Club cab" 2+2, vrais engins de chantier dont les places arrière ne sont que d’inconfortables strapontins de dépannage. En conséquence, MITSUBISHI a ainsi constaté, comme d’autres constructeurs du secteur, un effondrement de ses ventes de L200 double cabines à cinq places depuis le début de l’année 2019 alors que cette version tirait la croissance observée ces dernières années.

Là où on commence à avoir du mal à comprendre, c’est que les principaux nouveaux équipements de ce modèle ne seront disponibles que sur la version double cabine, qui restera anecdotique en France. Cela concerne la nouvelle boîte de vitesses automatique à six rapports, la fonctionnalité de sélection des modes "offroad", ainsi que les principales nouvelles aides à la conduite de nouvelle génération comme la caméra 360° bien pratique avec ce genre de gabarit, l’assistance anticollision, la détection d’angle mort ou bien le contrôle de vitesse en descente. Ce positionnement produit peut paraître un brin bizarre, mais est sans doute dicté par les besoins mondiaux plutôt que notre petit marché hexagonal de 30.000 véhicules par an pour ce L200, qui se retrouve donc un peu, chez nous, la benne entre deux chaises. Nous avons pourtant particulièrement apprécié le système de navigation basé exclusivement sur votre smartphone et Android Auto, ou l’équivalent chez la pomme : enfin un constructeur qui propose un large écran tactile capable d’afficher le Waze de votre téléphone, et ne vous impose pas sa navigation. Attention cependant à garder de la couverture réseau ou de prévoir la sauvegarde locale...

 

Il ne manque pas quelque chose ?

La gamme s’articule autour de trois niveaux de finition "Invite", "Intense" et "Instyle". Dans cette dernière, bien nommée, on apprécie la finition de l’habitacle qui n’a ici rien d’utilitaire. Les trajets sur route sont avalés dans un bon confort mais les routes lisses et irréprochables ne sont pas le terrain de jeu de ce véhicule. Faisant preuve d’une volonté affirmée passé 1.800 tours, le moteur manque en effet cruellement de coffre en bas régime, à tel point que les deux tonnes obligent à rétrograder à la moindre pente pour relancer l’engin. C’est la grosse déception de ce modèle, qui tranche d’avec le pick-up traditionnel avec son gros moteur peu puissant mais très coupleux… et trop polluant ! Le salut viendra peut-être de réglementations encore plus strictes imposant une hybridation de tous ces véhicules. Cet effet de moteur "absent", très sensible en boîte mécanique, est tout juste atténué avec la transmission automatique.

Avec son châssis renforcé, ses nouvelles suspensions et sa transmission 4X4 complète et performante, cette voiture grimpe cependant littéralement aux arbres hors des sentiers battus. Les capacités de franchissement permises par la garde au sol haute sont de haut niveau, et le manque de couple moteur est compensé par l’étagement de la boîte courte en franchissement, qui permet de le garder dans son régime optimal au-dessus de 1.800 tours. Ce L200 est tellement à l’aise qu’il nous a fallu nous y reprendre à plusieurs reprises pour arriver à lui faire lever une roue sur un croisement de pont, la pose classique de tout 4X4 qui se respecte : la pudeur de ne pas montrer ses tambours arrière sans doute, seul petite fausse note au niveau du freinage quand certains de ses concurrents présentent des disques.

Revu et corrigé ce nouveau MITSUBISHI L200 présente un style beaucoup plus affirmé qu’auparavant en conservant ses fondamentaux de vrai baroudeur et de robustesse, mais principalement à destination des professionnels. La cabine cinq places est en effet appelée à un destin anecdotique en nos contrées, sauf à disposer d’une nouvelle motorisation en rupture technologique.

Frédéric JOUSSET

2019-09-24