PEUGEOT 508 SW GT BlueHDi S&S EAT8 180 ch

ESPACE BREAK
  • Ligne très réussie
  • Niveau d’équipements
  • Agrément de conduite
  • Position trop basse de l’écran media
  • Réglages des fonctions pas toujours intuitifs
  • Tarif

Prix : 50 150 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres 16 soupapes turbo Diesel injection directe - Traction - BVA8
Cylindrée 1997 cm³
Puissance maxi 180 ch à 3750 tr/min
Couple maxi 40.80 mkg à 2000.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.78 m
Largeur 1.86 m
Hauteur 1.42 m

Poids

Total 1540 kg

Capacités

Coffre de 530 à 1780 dm³
Réservoir 55 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 231 km/h
0 à 100 km/h 8.40 s

Environnement

Emission CO2 124 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 6.00
Urbaine 3.90
Mixte 4.70
Essai 5.90

AVION DE CHASSE

Avion de chasse, c’est le qualificatif que j’ai le plus entendu durant cette période d’essai. La 508 SW n’en est certes pas un, mais il est vrai que dans cette robe gris hurricane, elle essaie de se la jouer façon furtif. Quoi qu’il en soit, la ligne de ce break est très réussie, tendue à souhait. La face ne joue pas tant sur le regard, mais plutôt sur l’appétit, avec cette large calandre encadrée par des canines acérées, la marque actuelle des feux de jour des PEUGEOT récentes. Passer de la berline au break sur cette génération de 508 passe forcément par une rupture, eu égard à la ligne très, voire trop fuyante de la partie arrière de l’habitacle sur la berline. Notre modèle d’essai est ici animé par une motorisation Diesel de 180 chevaux accouplée à la boîte automatique hydraulique à huit rapports.

Look affirmé et ligne fluide

Avec notre modèle d’essai, en finition GT, nous avons profité de nombreux équipements et options disponibles sur cette 508 SW. Côté ligne et look, les jantes de dix-neuf pouces bi-ton ajoutent la sportivité. Le toit ouvrant assez long, sans être vraiment panoramique, apporte plutôt une touche de raffinement. Ce qui se voit moins, ce sont les rétroviseurs extérieurs qui, outre le fait d’être à réglages électriques, dégivrants et rabattables électriquement, sont équipés d’éclairage d’accueil à LED et de miroirs photosensibles. Mais revenons au look de ce break. La face est très typée et il est impossible de ne pas reconnaître une PEUGEOT. Outre ses "canines de jour", l’éclairage est assuré par un bloc à LED très fin qui renforce le côté perçant du regard.

La vue latérale est la plus belle à mon goût. Elle semble avoir pris en compte les points positifs de la concurrence au sens large et le résultat est très réussi. C’est pur et sans fioritures. Les jantes apportent la fantaisie qui permet de ne pas tomber dans l’excès de pureté de ligne. Côté coffre, la porte arrière joue avec les parties saillantes et en retrait. Un autre aspect est également intéressant, bien que gommé dans cette livrée gris hurricane, je veux parler du bandeau qui traverse de gauche à droite et inclut les feux. Ce bandeau contient les feux de position, éclairés en permanence, qui symbolisent les griffes du félin, autre marque des éclairages PEUGEOT, réservés à l’arrière. Sur cette finition, la sortie d’échappement est double, un pseudo extracteur vient souligner le design GT, et le haut de pavillon est souligné par un becquet assez long, quoique discret tout de même. Il est vrai que cette couleur sur base grise a tendance à gommer un certain nombre de détails de carrosserie qu’il devient difficile de percevoir. Une base blanche, bleue ou rouge apporte sûrement plus de fantaisie et dévoile un peu mieux les détails mis en place par les designers.

Côté cockpit

A l’instar de la berline, l’accueil est franchement avenant à l’ouverture des portes, à l’avant comme à l’arrière. La sellerie cuir/Alcantara donne le ton, finition sport pour cette version GT. En prenant place se dévoile le large tableau de bord. Le combiné d’indicateurs est maintenant haut placé chez PEUGEOT, ce qui évite de baisser les yeux pour le voir. En revanche, la ligne basse du pare-brise se trouve haut perchée, ce qui limite la hauteur du pare-brise et oblige les petits à monter l’assise de siège. Les matériaux et assemblages en partie haute et contre-portes sont d’un bon niveau. L’écran média de belle dimension est en revanche situé plus bas, au-dessus de la console centrale et sous les bouches d’aération. Ici, il faut baisser les yeux pour le regarder, ce qui n’est pas vraiment dans le respect de la philosophie du combiné d’indicateurs en haut de la planche de bord. Une inversion avec les aérations serait plus pertinente, mais casserait l’alignement des aérations. La question reste : est-il plus important d’avoir un bel alignement des aérateurs ou une position de l’écran media favorisant la sécurité d’utilisation ?

Côté commandes

La 508 est bien pourvue, celles placées sur la console centrale, sur et derrière le volant se mémorisent assez facilement. En revanche, quelques boutons poussoirs sont à gauche du volant et peu visibles. Un autre point qui ne se révèle pas au premier abord : l’intégration d’un compartiment de recharge de téléphone par induction comprenant les prises USB. Celui-ci se situe sous la console centrale vers l’avant, sous le levier de la boîte automatique et s'avère très utile. Comment ne pas évoquer les superbes sièges avant, aux multiples réglages électriques, à mémoire, massants, avec un bouton d’activation du massage incorporé, ce qui évite d’avoir recours à l’écran tactile à chaque mise en marche. Outre un très joli dessin, ces sièges offrent un confort et un maintien de très bon niveau. Pour les gabarits un peu plus grands que la moyenne, la partie avant du siège s’étire pour allonger l’assise, intéressant pour garder un bon appui lors des longs trajets. A noter que, mis à part la mémorisation de position, le siège conducteur et le siège passager offrent les mêmes commandes de réglage. A l’arrière, la banquette est accueillante avec une assise centrale assez large pour accueillir le troisième passager. Ceci étant, le dossier intégrant l’accoudoir et la largeur contenue de la banquette réservent cette troisième place à un petit gabarit pour de courts trajets. A noter que la console centrale intègre des aérateurs et deux prises USB. Il y a fort à parier qu’avec trois enfants à l’arrière, l’un d’entre eux sera lésé. Les vitres sont surteintées sur toute la partie arrière de la voiture. Les dossiers de siège avant, ainsi que les contre-portes contiennent des rangements de dimension correcte. L’éclairage est bien assuré, au centre et sur les côtés. Le toit ouvrant, plus long que de coutume, apporte un peu plus de lumière aux places arrière, sans toutefois jouer le même rôle qu’un toit panoramique.         

Côté coffre

Le volume est assez généreux. Comme tout break de haut de gamme, c’est la surface au plancher qui prime, la hauteur de chargement étant limitée. Sur la 508, pas de faux plancher. Sous ce dernier prend place une roue de secours galette et les outils adéquats. Le plancher amovible n’occupe pas toute la largeur et deux réglettes prennent place de part et d’autre. Elles intègrent des crochets qui peuvent être déplacés pour trouver la meilleure position d’accroche du filet de retenue des bagages en fonction de la forme et du volume de ceux-ci. Autre détail intéressant, le cache-bagages arrière en toile n’a pas besoin d’être enroulé dans son logement lorsqu’on veut accéder au contenu du coffre. Il suffit de débloquer les ergots et de les faire coulisser dans la rainure qui part vers le haut des montants latéraux. L’ouverture ainsi obtenue permet de prendre les objets. Autre effet, la position de la toile limite les courants d’air dans l’habitacle, ce qui peut s’avérer intéressant lorsqu’un petit bout de chou reste dans son siège auto pendant que s’opère la manipulation dans le coffre. Côté volume disponible, il est possible de rabattre la banquette arrière depuis le coffre, en manœuvrant les manettes situées sur les flancs. Sur cette 508, nul besoin de soulever les assises pour basculer les dossiers. Les assises sont asservies mécaniquement aux dossiers et s’escamotent automatiquement lors de la manœuvre de ces derniers. Le plancher obtenu est continu sur toute la longueur et offre un beau volume de chargement.

Côté compartiment moteur

C'est bien plein et bien rangé. L’accès aux différents fluides et filtres reste possible. L’accès aux éclairages devient anecdotique eu égard à la mise en place des LEDs. A noter le maintien du capot avant par deux vérins, ce qui évite la manœuvre de la tige de maintien toujours un peu sale. 

Prestation routière

Comme pour tout Diesel, la mise en route est un peu sonore, même si maintenant les filtrages sont de bon niveau. Moteur chaud et hors agglomération, pas de nuisance sonore, ce qui permet d’écouter la musique via le système hi-fi premium installé dans notre véhicule d’essai. La boîte automatique EAT8 montre une petite amélioration par rapport à l’EAT6 dans la fluidité de passage des rapports en ville à bas régime. La direction est précise, les commandes sont douces et on oublie un peu le gabarit de la voiture. Ceci étant, tout se passe bien. En cas de besoin, il est même possible de demander à la 508 de se garer toute seule. Même lorsqu'elle est équipée de jantes de dix-neuf pouces, le passage des irrégularités et autres bosses sur la route s’opère dans un confort d’un très bon niveau. Arrive maintenant le moment de vérité, à savoir prendre autant de passagers que la voiture peut en contenir. Tout d’abord, l’accès à bord, à l’avant comme à l’arrière s’opère normalement, quel que soit le gabarit. Ensuite, l’occupation de la banquette par trois passagers se passe correctement, notre trajet étant assez court. Pour placer les achats dans le coffre, malgré les mains occupées, la manœuvre de la porte motorisée est un plus apprécié. Retour à la maison, température douce, ouverture des vitres et du toit. A l’arrivée, ouverture des portes et plaisir des yeux lorsqu’on découvre la portière sans encadrement des vitres, façon cabriolet d’antan. Petit bémol sur la porte arrière, mais il n’est pas facile d’intégrer un élément fixe sans encadrement, et la forme de la porte ne permet pas de placer une vitre complète escamotable, cruel dilemme.

Changement d’utilisation, départ pour un trajet assez long avec autoroute. La route est son terrain de jeu favori. La 508 est toujours aussi douce à conduire, le freinage est d’un très bon niveau, le confort également. Les assistances à la conduite sont bien présentes, peut-être un peu trop lorsque, comme moi, on n’y est pas vraiment habitué. Alors petit test de conduite assistée sur autoroute, à allure contenue, mains sur le volant sans le tenir fermement. La 508 reste dans son couloir, ralentit seule si un véhicule plus lent se trouve devant, rappelle qu’il faut tenir le volant si l’on relâche trop la pression sur celui-ci quelques instants. Même si, côté sécurité, tout cela peut apparaître comme un progrès, être en position de conducteur et sentir la voiture contrecarrer les manœuvres de conduite que l’on lui imprime est déroutant, et devient vite agaçant. Cela dit, tout n’est pas négatif, car côté distances de sécurité, la voiture interdit tout rapprochement dangereux avec le véhicule qui précède. Deux situations déroutantes tout de même qui tendent à montrer que nous allons devoir modifier nos façons de conduire, si ces équipements deviennent omniprésents. Etant au régulateur et ayant laissé un intervalle de sécurité, une voiture vient s’intercaler en se rabattant assez près devant nous, la 508 freine assez fort pour restaurer la distance et, si l’on met son clignotant pour déboiter et que la voie est libre, l’accélération qui s’en suit est franche. Donc, dès que le trafic s’intensifie, il est plus prudent de couper le régulateur pour éviter ce type de situation. La difficulté réside aujourd’hui dans le mélange sur la route de véhicules à conduite assistée avec des véhicules à conduite non assistée, aux différences de comportement des automobilistes, etc… pas simple.

Avec ce modèle Diesel, l’indicateur de consommation sur long trajet à vitesse presque stabilisée sur autoroute a indiqué 5,9 l/100 km, avec deux personnes à bord et un coffre en position maxi chargé à mi-hauteur, ce qui reste raisonnable. Autre aspect de l’utilisation de la boîte automatique, les montées et descentes des rapports avec les palettes. Là encore, tout se passe en douceur, l’usage des palettes n‘apportant un plus que lors de situations particulières. Fin du trajet sur des routes départementales. En toutes circonstances de circulation, la 508 montre un comportement rassurant, avec la qualité de ses trains roulants et le très bon niveau de contact avec la route.

La PEUGEOT 508 SW tient ses promesses. Sa ligne est réussie, elle est logeable, le tandem moteur Diesel/boîte de vitesses automatique présente une compatibilité excellente. L’accès à bord est sans surprise, tant au niveau des passagers que du coffre. La conduite est douce et dynamique si besoin. La consommation est contenue. Côté réglages des différentes fonctions, l’utilisation n’est pas toujours intuitive. Dépassant les 50.000 €, cette motorisation et cette finition ne sont pas très accessibles, mais il faut dire que la dotation en équipements est riche. Côté vignette Crit’air, le niveau reste à 2, le classement des véhicules étant axé sur des critères qui, au lieu de favoriser la motorisation en fonction de l’usage, favorise tel ou tel type de moteur au détriment des autres. Mais bon, cela n’entache pas le succès que cette mouture de la 508 commence à obtenir.

Jacques FORGE

2019-10-01