OPEL Corsa 1.2 Turbo 130 BVA8 GS Line

ESPACE Citadine
  • Renouveau
  • Moteur / boîte / châssis
  • Prix
  • Quelques ratés de l’éclairage intelligent

Prix : 22 100 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 3 cylindres - 12 soupapes - turbo essence injection directe - Traction - BVA8
Cylindrée 1199 cm³
Puissance maxi 130 ch à 5500 tr/min
Couple maxi 23.50 mkg à 1750.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.06 m
Largeur 1.76 m
Hauteur 1.43 m

Poids

Total 1233 kg

Capacités

Coffre de 309 à 1118 dm³
Réservoir 44 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 208 km/h
0 à 100 km/h 8.70 s

Environnement

Emission CO2 134 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 0.00
Urbaine 0.00
Mixte 5.60
Essai 0.00

NUMERO 6 D’OPEL

On aime bien les sagas automobiles, les constructeurs aussi. Conserver le même patronyme est non seulement économique, mais permet de louer ces dynasties de modèles qui marquent la marque. Chez OPEL, c’est la Corsa la plus ancienne. En effet, la Corsa A (OPEL applique historiquement les lettres pour identifier les générations) est apparue en 1982. Trente-sept ans plus tard, la Corsa F ou plutôt numéro 6 pour trancher, a été présentée au dernier Salon de Francfort, avec le plein d’ambition pour le groupe PSA auquel OPEL appartient désormais.

Modèle phare

La Corsa est un modèle très important pour OPEL, comme toute citadine chez tout constructeur généraliste. Il s’en est tout de même vendu plus de 13,7 millions depuis 1982. Notre "deutsche modell" a remporté un beau succès mais probablement pas encore assez flamboyant en comparaison avec sa compatriote rivale, la VW Polo. De plus, la cinquième génération apparue en 2014 s’apparentait plus à une évolution de la Corsa D, comme si le précédent propriétaire d’OPEL avait négligé la voiture. C’est sûrement la raison de sa courte existence (cinq ans), PSA étant très motivé pour renouveler la citadine, d’autant que la banque d’organes avait de quoi alimenter le futur modèle et que la banque (financière) devait se lasser des pertes du constructeur.

Le changement est net quand on fait le tour de la voiture. Ce n’est pas du côté de la longueur qu’il faut regarder : la Corsa numéro 6 est à peine plus longue que sa devancière (+ quatre centimètres), mais de la hauteur. La nouvelle est nettement plus basse (presque cinq centimètre en moins), avec les roues aux quatre coins, dans un style plus "ramassé". On ne peut s’empêcher de la comparer à sa cousine française la PEUGEOT 208, avec laquelle elle partage beaucoup. Bien entendu, le style OPEL se retrouve dans les traits de la carrosserie, les designers ont conservé l’esprit de famille. La calandre, les optiques sont tout à fait caractéristiques de la marque avec, pour ces dernières, les feux de jour en angle droit. Le capot est marqué par un pli central. La fuite de toit vers le hayon est un clin d’œil à l’Astra par une bande noire sur la custode. Les feux arrière reprennent la même identité lumineuse en angle droit. La double sortie d’échappement et le bouclier sont les signes d’une finition à dominante sportive. Le coup de crayon est réussi, plus sobre que celui de sa cousine ; il devrait plaire à certains acheteurs, à l’instar du succès du GrandLand X.

Sportivité en lumière

Restons dans la sobriété qui plait, en découvrant l’habitacle. On retrouve le style OPEL là aussi dans les compteurs classiques. Il est possible d’avoir accès à un bloc totalement numérique. La finition haute de ma voiture d’essai gratifie la planche de bord d’un liseré rouge et d’un panneau clair partant de l’écran central. Tout est bien agencé, et pour qui a l’habitude de conduire une OPEL retrouve ses marques dans l’utilisation des commodos et des autres commandes. Le rabaissement de la voiture ne nuit pas à la position de conduite, les ingénieurs ont également revu l'assise des sièges vers le bas. Mais pas d’inquiétude, la visibilité est bonne dans cette berline qui se place aux antipodes d’un SUV.

Bien calé dans le siège sport spécifique (finition GS Line) en cuir (option à 1.600 €),  on apprécie la conduite d’une voiture dont le centre de gravité est lui aussi plus bas. Le comportement est sain, la voiture se place bien. On comprend que la plateforme PSA bénéficie à fond à l’OPEL, mais ce n’est pas tout. La Corsa fait le plein d’aides à la conduite comme l’alerte anticollision avant avec freinage d’urgence ou un régulateur de vitesse adaptatif. On ajoute à cela un moteur puissant, et le mariage approche la perfection. En effet, les ingrédients de ce cocktail proviennent eux aussi de la banque PSA à commencer par le moteur. Une veille connaissance, ce 1,2 litre ; il aligne ses trois cylindres alimentés en essence via une injection directe, aidés par un turbo. La puissance obtenue est de 130 chevaux, pas mal pour ce gabarit compact. C’est d’autant plus vrai que les ingénieurs ont soigné l’aérodynamique (Cx 0,29) et ont réussi à gagner quelques kilogrammes. Le moteur est discret sauf quand on utilise plus dynamiquement la pédale de droite… Il est exclusivement associé à la boîte automatique à huit rapports. Un mode "Sport" peut être sélectionné si cela ne suffit pas, et si cela ne suffit toujours pas, on peut prendre la main sur la boîte auto en utilisant les palettes fixes placées derrière le volant.

Le 130 chevaux représente la plus haute puissance proposée, ce qui signifie que d’autres moteurs essence moins puissants (de 75 à 100 chevaux) sont accessibles (bien sûr pour un prix plus bas). Bizarrement pour une voiture à dominance citadine, un Diesel (1,5 litre de 100 chevaux) est au catalogue. A l’opposé, la Corsa-e, 100% électrique, complète l’offre.

Eclairage intelligent

Mais ce n’est pas tout, la Corsa numéro 6 se dote d’autres technologies dont certaines sont inédites. La plus remarquable est sans conteste l’éclairage adaptatif "IntelliLux LED®" dont j’avais testé une première génération avec l’Astra lors de sa sortie. Une caméra pilote les huit LEDs des optiques afin d’en adapter les faisceaux en fonction du trafic. J’avoue mon étonnement de rouler avec le témoin plein phares alors que des voitures arrivent en face. Dans ce cas, le bénéfice est l’éclairage sur le côté. J’ai tout de même eu droit à quelques appels de phare d’automobilistes croisés… Dans le cas sans voiture devant ou en face, la vision est idéale. Les autres aides dans ce domaine sont devenues plus classiques comme la reconnaissance des panneaux, la détection dans l’angle mort ou l’aide au maintien dans la voie. Ma Corsa était dotée de la caméra de recul aidée par une vision 360°, c’est une aide efficace pour faire un créneau.

La version essayée "GS Line" représente le haut de gamme en attendant, on l’espère, une GSi. L’histoire ne dit pas encore si une ultra sportive OPC est prévue. Le toit vitré (fixe) est une option à 700 €, tout comme la peinture métallisée (de 300 € à 520 €) ou à deux tons (400 €). Les prix débutent à 14.600 € (base) puis la gamme Corsa se décline en trois propositions "Edition" mieux dotée et donnant l’accès aux options, "Elégance" à dominante luxe comme son nom l’indique (à partir de 19.200 €) et la "GS Line" (à partir de 19.400 €) pour la sportivité. La stratégie de groupe est claire : le prix est globalement plus attractif que celui de sa cousine 208.

OPEL retrouve le sourire grâce aux ventes qui repartent. L’appartenance au groupe PSA n’y est, bien sûr, pas étrangère. La Corsa numéro 6 fait le plein de la banque d’organes de son nouveau propriétaire : moteur, plateforme, boîte automatique, technologies. Mais, c’est tout aussi important, le style reste propre à la marque : les designers ont réussi une ligne typée OPEL sans avoir rien sacrifié à la rentabilité. La Corsa propose ainsi une alternative plutôt élégante, certes plus classique, mais aussi moins chère…

Philippe NIOLLET

2020-01-01