SSANGYONG Korando 1.6 e-XDi 2WD Limited BVA 136ch

ESPACE SUV
  • Intérieur lumineux
  • Niveau d’équipements
  • Comportement routier
  • Insonorisation
  • Etagement de la BVA
  • Matériaux durs

Prix : 29 990 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres Turbo Diesel injection directe - Traction - BVA6
Cylindrée 1597 cm³
Puissance maxi 136 ch à 4000 tr/min
Couple maxi 33.00 mkg à 1500.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.45 m
Largeur 1.87 m
Hauteur 1.63 m

Poids

Total 1535 kg

Capacités

Coffre de 551 à 551 dm³
Réservoir 47 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 181 km/h
0 à 100 km/h 0.00 s

Environnement

Emission CO2 159 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 5.10
Urbaine 7.40
Mixte 6.10
Essai 6.10

KOREAN CAN DO

Ceci (ce que les Coréens peuvent faire) est la genèse de son patronyme. Ce Korando étant le premier SSANGYONG que j’essaie, et bien voyons ce qu’il est possible de faire avec lui. Clairement, le Korando n’est pas le véhicule que l’on croise à tous les coins de rue en France. L’image SSANGYONG dans notre pays reste à développer. Notre véhicule d’essai est équipé d’un 1,6 litre Diesel de 136 chevaux, accouplé à une boîte automatique AISIN à six rapports avec palettes au volant, et le mouvement est transmis aux deux roues avant. A noter que le Korando est également disponible en quatre roues motrices pour 2.200 € de plus. A côté de ce moteur Diesel, il est possible d’opter pour une motorisation essence 1.5 GDi turbo de 163 chevaux.

Look passe partout

Avec cette couleur "Cherry Red", notre modèle d’essai se pare d’une note acidulée, plutôt ludique que sport. Le Korando n’est pas un véhicule aux lignes affinées. Il se pose là, bien campé sur ses quatre roues, avec sa jolie robe soulignée çà et là de quelques discrètes touches chromées et d’autres noires, plus conséquentes. Vu de profil, il est bien massif, avec une verticale qui part du bout du capot jusqu’au bas de la caisse à l’avant, et même chose à partir du bas de lunette à l’arrière. Côté protection de carrosserie, point trop n’en faut, juste des inserts noirs qui courent tout autour de la voiture, en encadrant les passages de roue et les bas de caisse. Le design du Korando ne dégage pas vraiment de personnalité. En revanche, le dessin est propre, sans une note plus haute que l’autre, comme si SSANGYONG avait recherché un certain équilibre, voire la neutralité. Tout de même, à l’arrière, on observe le dédoublage des blocs de feux, avec en haut tout ce qui concerne le standard outre-Atlantique et, en bas tout ce qui est nécessaire en Europe, comme les clignotants orange par exemple. Le fait de découpler les indications lumineuses ne va pas vraiment dans le sens de la sécurité, car observer ces feux à partir d’un véhicule le suivant demande à ne pas repérer un endroit précis sur la carrosserie, donc à moduler sa concentration.

La ceinture de caisse est assez haute, tout en étant horizontale, ce qui laisse suffisamment de hauteur aux vitrages. Sur le sujet, le Korando ne se perd pas en multiplicité, pas de vitrage multiple sur les portes, pas de vitre de custode à l’arrière, au total six vitres, le minimum. Bon, notre véhicule d’essai triche un peu car il est équipé du toit ouvrant qui, et c’est un bon point, s’efface entre la carrosserie et le ciel de toit à l’ouverture. Ceci permet l’exploitation des barres longitudinales pour fixer un complément de toit sans se poser de question sur l’utilisation du toit ouvrant.

Passons sous le véhicule et voyons ce que SSANGYONG nous réserve. A l’avant, tout est caréné, juste une importante surface ajourée pour laisser place à l’évacuation des calories d’échappement. Le train avant s’inspire de l’incontournable Mc Pherson, tout est à sa place. A l’arrière, l’espace est prêt pour recevoir la transmission intégrale, qui n’y est pas ici. Le train arrière est à bras multiples plus barre anti-dévers. Tout est bien espacé pour laisser la place aux arbres de transmission. Il y a fort à parier que la version 4WD fait appel au même train arrière, les arbres de transmission en plus. La greffe du réservoir d’AdBlue est bien visible, tout à l’arrière sur le côté gauche, le côté droit étant réservé au silencieux d’échappement. Le réservoir de carburant paraît bien petit dans cet espace. Un réservoir de 55 à 60 litres pourrait aisément s’y loger.

Côté salon

Prenons place à bord. En premier lieu, ce qui se dégage de cet intérieur, c’est la luminosité. Avec ses garnitures faisant largement appel au gris clair, tout comme le cuir des sièges, le Korando est accueillant et se distingue par sa clarté intérieure. Ensuite, l’ambiance perçue est un peu "kitch" avec les différents revêtements durs et brillants, peu flatteurs au toucher. Pour le coup, le style n’est pas très européen. Le touché du volant a également capté mon attention. Si celui-ci correspond tout à fait à notre perception habituelle pour la partie haute, il en va tout autrement pour la partie basse. La jante augmente en section et la circularité est modifiée. Mais ici, pas de méplat en partie basse, juste une forme et une section dont la justification m’échappe. Les sièges en cuir sont bien dessinés, et accueillent bien mon gabarit moyen.

Côté équipements de conduite, tout est là, au niveau fonctions comme au niveau média, sans oublier le cockpit digital dont certaines configurations sont très inattendues, ou bien futuristes, au choix. En évoquant l’inattendu, les inserts qui changent de couleur sur les contre-portes et le panneau lisse devant le passager sont du plus bel effet, et concourent au côté "kitch" de l’ambiance. Pour ce qui est rangements, la boîte à gants est assez profonde mais pas très grande, le compartiment sous l’accoudoir central coulissant a le mérité d’être là, les bacs de portières sont bien dessinés et permettent d’accueillir deux bouteilles de taille différente à l’avant et une à l’arrière. Les soufflets au dos des sièges avant sont présents également. La banquette arrière est bien dessinée et offre une partie assez large au centre pour accueillir le troisième passager, qui devra cependant composer avec le tunnel du sol, et l’absence de bouches de ventilation au dos de la console centrale. Je me demande toujours pourquoi les empreintes aménagées dans la banquette arrière tendent à confiner la place centrale et ne sont pas renvoyées un peu plus sur les côtés. Assis à l’arrière, il n’est pas évident de poser son coude sur l’accoudoir de porte placé à cet effet, un peu loin à mon goût. L’assise de la banquette est fixe, seuls les dossiers basculent en respectant une découpe asymétrique, avec la petite partie sur la droite. L’accès, tant à l’avant qu’à l’arrière est aisé. Les portes s’ouvrent largement et l’espace pour passer le pied est suffisant.

Côté coffre le premier abord est étrange. Le dessin de l’aménagement montre la place pour un faux plancher qui n’est pas là. Du coup, le seuil de chargement paraît trop haut. Le côté positif est le beau volume qui s’offre à nos yeux. Sous le plancher bas de ce coffre prend place le kit de crevaison, difficile à aller chercher en cas de coffre plein. Maintenant, si nous avons un objet encombrant à transporter, le repli des dossiers uniquement, s’il rogne sur la hauteur disponible, correspond tout à fait à la hauteur disponible à l’ouverture du panneau de coffre. En revanche, l’absence du faux plancher empêche d’avoir une continuité plate entre le seuil et la plateforme issue du rabat de la banquette. Le coffre étant habillé de plastique gris clair, il sera obligatoire de les protéger pour éviter griffures et salissures. Sous le capot, qu’il faut réussir à soulever tellement il est lourd, tout est bien rangé. Les différents niveaux et équipements consommables sont accessibles.      

Prestation routière

Avant de prendre le volant, voyons un peu les aides à la conduite que propose le Korando. Nous avons répertorié le freinage d’urgence et autonome, le contrôle actif de la prise de roulis, l’alerte de vigilance du conducteur, le contrôle électronique de trajectoire, le système d’alerte de démarrage du véhicule situé devant, l’allumage automatique des feux, l’aide à la descente et au démarrage en côte. A noter également le système d’alerte de franchissement de ligne parfois gênant en utilisation sur les routes étroites avec lignes de bordure, l’alerte de distance de sécurité qu’il conviendrait de régler pendant le trajet en fonction de certaines configurations, et le régulateur de vitesse adaptatif sur notre voiture à boîte automatique qui avoue très vite ses limites sur autoroute. Les commentaires liés à ces trois derniers points ne sont pas spécifiques au Korando, mais valides sur tous les véhicules qui en sont équipés. Maintenant prenons la route, en ayant pris soin de couper ces aides qui n’en sont pas dans toutes les configurations de conduite. L’installation à bord est aisée et le bon réglage des sièges se trouve aisément. La vue est très bonne vers l’avant, les essuie-glaces trouvent refuge au-dessous de la ligne haute du capot, ce qui dégage la surface totale du pare-brise. Je retrouve le compartiment porte-lunettes devant le rétroviseur intérieur, équipement que j’ai déjà vu, mais pas assez généralisé à mon goût.

A la mise en route, le niveau sonore est contenu, mais perception étrange, le ronronnement du moteur est moins perceptible à l’extérieur du véhicule qu’à l’intérieur, ce n’est pas commun. Le premier rapport est vraiment court et l’emballement du moteur associé fait monter le niveau sonore dans l’habitacle. Ce n’est pas très agréable. Ensuite, cela se passe mieux et les rapports s’égrainent souplement. Le toucher de route est bon, le confort très correct, quoiqu’un peu trop souple à mon goût, avec quelques rebondissements parasites en franchissement de gendarmes couchés. La tenue de route est bonne et les imperfections relativement bien filtrées. Globalement, le Korando se comporte bien sur la route. Bien que notre modèle d’essai soit un deux roues motrices, la transmission à la route est réglable grâce à une molette incluant un mode hiver, c’est plutôt sympa. Les alertes sonores en tout genre sont un peu trop envahissantes et gênent la sérénité à bord sur long trajet. Je ne sais si c’est un effet d’optique, mais si l’on regarde quelques instants le capot en roulant, l’impression perçue est un tressautement continu de fréquence régulière et faible amplitude, étonnant. Peut-être est-ce dû aux butées de capot insuffisamment en appui ? Un autre point prévisible est la réduction de la vue de trois-quarts arrière, dû à l’absence de vitrage sur les côtés de coffre. Les aides au positionnement sur la voie jouent leur rôle, mais nos vieilles habitudes de repères visuels ont la peau dure.

En conduite de nuit, l’éclairage joue bien son rôle. Arrivé à destination, le besoin d’ouvrir le coffre a conduit mon regard au niveau de l’accostage de la porte avec les retours d’aile. La continuité des panneaux n’est franchement pas terrible. Je ne sais dire si c’est une question de réglage, ou non. Du coup, j’ai porté un peu plus d’attention au coffre et, à l’intérieur, j’ai compris pourquoi le couvre bagages souple avait deux logements de positionnement. En fait la banquette est inclinable et cela permet d’ajuster dossier et couvre-bagages au mieux. Dans le coffre, l’éclairage possède un interrupteur, c’est assez rare. Pour finir avec la vie à bord sur route, le Korando apparaît comme un compagnon routier qui se fond dans la masse, fidèle, toujours partant.

Le SSANGYONG Korando est un véhicule qui a du mal à se démarquer. Je n’ai pas vraiment trouvé de point exceptionnel. Je n’ai pas trouvé de gros défauts non plus. Son intérieur peut ravir les fans de matériaux brillants et lisses. Il est ni trop, ni trop peu, le simple équilibre. Avec notre modèle d’essai à la robe "Cherry Red", il devient un peu plus visible, tout en restant dans la discrétion. Reste que pour la somme de 29.900 € en version haute Limited, il est moins cher que ses concurrents coréens, et moins connu aussi. La consommation est contenue, notre essai en configuration mixte ayant montré une valeur affichée proche des données du constructeur.

Jacques FORGE

2020-03-01