ALPINE A110 S

ESPACE Sportive
  • Le mythe ALPINE
  • Performances
  • Look
  • Capital sympathie
  • Coffres trop petits
  • Système multimédia paresseux
  • Pas de rangements
  • Piège à permis

Prix : 67 900 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres - 16 soupapes - Turbo essence - Propulsion - BVA EDC7
Cylindrée 1798 cm³
Puissance maxi 292 ch à 6400 tr/min
Couple maxi 32.60 mkg à 2000.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.18 m
Largeur 1.80 m
Hauteur 1.25 m

Poids

Total 1114 kg

Capacités

Coffre de 190 à 190 dm³
Réservoir 45 L
Nb de places 2

Performances

Vitesse maxi 260 km/h
0 à 100 km/h 4.40 s

Environnement

Emission CO2 146 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 5.20
Urbaine 8.80
Mixte 6.50
Essai 10.50

L’AUTRE CHOIX, MERCI ALPINE

La joie de la renaissance passée en 2017 avec la découverte de la nouvelle ALPINE A110, il est temps de prendre le volant de la version "boostée" : l’ALPINE A110 S. Ce modeste "S" apporte 40 chevaux de plus mais surtout un châssis affuté comme on les aime. Cette ALPINE propose à la fois de rouler dans un mythe automobile, une voiture racée et civilisée toute en promettant de dévorer les vibreurs sur circuit. Face à une concurrence installée dans un fauteuil où règnent la rigueur, la qualité de finition et l’efficacité, l’ALPINE A110 S propose une véritable alternative aux standards du segment du coupé sportif comme la réussie PORSCHE 718 Cayman. Restez avec moi encore quelques paragraphes pour partager mon ressenti lors de cet essai.

Le pari réussi de moderniser la "Berlinette"

Tout le monde connait son nom et la reconnait au premier regard, même le plus novice en matière d’automobile. Le mythe de l’ALPINE est bien installé et cette nouvelle version modernisée sait faire honneur à son ainée tout en trouvant son style. Un petit gabarit, des lignes effilées, le même regard au tempérament agréable mais déterminé et une coupe arrière harmonieuse entre largeur du train arrière et finesse aérodynamique. Bravo aux équipes ALPINE qui ont réussi cet exercice délicat et clivant entre les puristes, les authentiques, les modernes et le tout avec le respect d’un cahier des charges normatif contraignant les designers. Je n’ai eu que des compliments sur le look de cette ALPINE A110 S, pas un seul commentaire négatif et pourtant, elle a attiré bien plus de curiosité que la dernière citadine que j’ai eu le plaisir d’essayer.

En d’autres termes, tout le monde a le béguin pour cette auto. A noter que sur la version S, vous retrouvez un drapeau latéral orange et carbone, des étriers de freins orange, une couleur spécifique gris mat et des surpiqures de sièges orange. Une alternative au désormais communs jaunes et rouges, l’ALPINE se distingue aussi dans les détails de sa concurrence. ALPINE propose aussi une personnalisation atelier si vous rêvez de jantes couleur dorée avec des étriers jaunes. Sur le modèle essayé, une livrée blanc irisé avec le toit carbone finition brillante en option (respectivement 1.000 € et 2.400 €) associé à des jantes Fusch couleur titane (également en option pour 1.000 €) apportent une touche dynamique et renforce le côté "racing" de cette version S.

Un intérieur de compétition civilisé

Sièges baquets confortables et bien finis, repose pied alu pour le co-pilote, pas de miroir de courtoisie, pas de boîte à gants, une casquette de tableau de bord en finition carbone, des boutons rouges sur le volant lui-même orné du repère de position orange, pas de doute, c’est typé course. A côté de ça, les touches de cuir et Alcantara surpiquées en orange bien réparties dans l’habitacle apportent un sentiment de confort et de raffinement. Oui on regrette les plastiques durs à portée de main, mais il faut avouer qu’on en trouve désormais dans n’importe quelle auto de segment premium. Quoi qu’il en soit, quand on ouvre la porte d’une ALPINE, on se focalise sur le volant et les sièges baquets de très bonne facture, puis la seule chose qui vous passe par la tête est de mettre en route cette superbe machine.

L’ALPINE A110 n’est pas restée en 1962, elle propose tous les éléments de confort et multimédia de notre époque, à savoir, hifi haut de gamme par FOCAL, régulateur de vitesse, climatisation, écran tactile avec recopie de smartphone, GPS, caméra de recul… Vous serez probablement plus doué que moi avec les menus disponibles sur l’écran central qui mériteraient d’être plus intuitifs et avec un moindre temps de réaction.

L’ALPINE A110 S ou l’art de concevoir un châssis affuté

C’est probablement le principal point de distinction entre la version S et les autres ALPINE. Malgré les 40 chevaux supplémentaires, les performances classiques (0 à 100 km/h ou encore 1.000 mètres départ arrêté) sont relativement proches de la version 252 chevaux. Pour autant le châssis de la "S" abaissé de quatre centimètres, les suspensions raffermies et les barres antiroulis renforcées et allégées apportent une tenue de route à toute épreuve. L’auto est légère, très légère par rapport à ses concurrentes, elle est littéralement scotchée à la route. Elle suit les consignes du pilote immédiatement et de façon progressive. Les assistances électroniques d’antipatinage et de contrôle de trajectoire sont très rassurantes tout en vous laissant croire que vous êtes un pilote. Elles ne donnent pas la sensation de censurer la puissance et donc la performance. L’auto est parfaitement équilibrée avec son architecture "moteur central arrière". Elle ne sous-vire pas (effet du train avant qui glisse tout droit en courbe), elle survire si on veut (effet de dérive du train arrière en courbe). En d’autres termes, elle s’adapte à tous les styles, conduites douces ou musclées.

Ah oui, j’allais oublier de vous dire ! Une ALPINE, ça accélère fort et ça colle à la route, mais aussi ça freine excellemment bien. Les freins Brembo multi-pistons et la légèreté de l’auto vous décollent la tête des sièges baquets et l’auto s’arrête rapidement sans souffrir d’un transfert de masse qui la déstabiliserait. Vous prendrez ainsi 1,5 G à la décélération… Accrochez vos estomacs en conduite sportive !

Un quatre cylindres persuasif

Ici, pas de frustration de rouler en quatre cylindres. Une ALPINE A110, c’est un "quatre pattes". Je fais un clin d’œil aux Porschistes qui se sont habitués au sublime "Flat 6" et découvrent des Cayman amputés de deux cylindres. Bref, revenons à notre ALPINE dont le moteur est équipé d’un turbo que l’on entend subtilement siffler en décharge rappelant l’ambiance de course sans pour autant être désagréable. La pression du turbo augmentée à 0,4 bar, on profite de plus de puissance sur le même couple. L’A110 S accélère vite, elle surprend par sa vivacité.

Vous avez la possibilité d’activer le mode sport sur le bouton rouge du volant. Cela a pour effet de repousser le passage des vitesses à un plus haut régime et de libérer l’échappement qui ronfle d’avantage. Les crépitements aux décélérations sont envoutants et on ne s’en lasse pas, si bien que l’on roule toujours en mode sport activé. Les passants vous regardent au loin, heureusement, c’est une ALPINE. Ils vous félicitent en expliquant à leurs enfants ce qu’est une ALPINE, là où certains vous auraient pendu sans jugement car vous faites trop de bruit avec votre voiture polluante.

Eh oui, l’A110 S est encore une voiture thermique et personnellement je m’en réjouis, tellement l’ambiance sonore est vivante. Pour autant, par rapport aux presque 300 chevaux, la consommation est maîtrisée bien que très variable en fonction de votre conduite. Sur route, compter 8,5 l/100 km, 10,5 l/100 km en mixte/sport et au-dessus de 14 l/100 km en conduite sportive. Vous descendrez vers les 7 l/100 km sur autoroute au régulateur.

Une boîte auto et manuelle à la fois

La boîte à sept rapports et double embrayage est parfaitement adaptée à l’ALPINE A110 S. Trois boutons poussoirs pour l’activer : "D", "N" et "R", pas de levier mais des palettes au volant, bref, c’est simple et efficace. Par défaut en position automatique, elle bascule en mode manuel si vous actionnez une palette au volant ou si vous appuyer une deuxième fois sur le "D". Si vous êtes perdus avec les palettes, bien que très intuitives, la boîte reprend le contrôle sans vous montrer que vous avez cafouillé dans vos montées/descentes de rapports. Ceux-ci sont bien étagés, le passage est très rapide et sans brutalité, ni de sensation de perte de puissance.

Le mode sport entraine un passage des vitesses à régime supérieur, vous laissant ainsi profiter plus longuement de l’accélération et de l’ambiance sonore qui l’accompagne. L’ensemble moteur/boîte est réussi et s’intègre parfaitement à l’esprit de l’ALPINE.

Sportive et confortable

Les suspensions sont fermes, c’est indéniable, néanmoins, les amortisseurs filtrent bien les défauts de la route, permettant ainsi de ne pas se sentir chahuter dans la voiture, ni d’avoir l’impression de rouler dans une "caisse en bois". Les sièges reprennent aussi une partie de ce confort en assurant un excellent maintien qui semble s’adapter à votre morphologie.

Pour les petits gabarits (1,50 mètre), on regrette le passe harnais du siège baquet positionné au niveau du crâne. A chaque fois que vous vous cognerez dedans, ça vous rappellera qu’une ALPINE ça accélère franchement. En revanche, pour les plus grands (1,90 mètre), vous n’avez aucune difficulté pour intégrer le cockpit et ne souffrirez d’aucun sentiments d’étroitesse. La position de conduite est très bien pensée, les commandes tombent sous les mains.

On peut tout à fait rouler tous les jours en ALPINE. En effet sa conduite est souple grâce à une direction assistée variable, une boîte à la fois automatique et manuelle sans l’embrayage dur d’autrefois qui vous crispe la jambe au bout de dix minutes d’embouteillage.

Vous l’aurez compris, je suis sous le charme et je partage avec vous une dernière expérience. En effet, en excursion parisienne, l’ALPINE, à côté de PORSCHE grises, attire tous les regards et je ne compte plus le nombre de pouces levés. Même le plus abouti des Porschistes fini par esquisser un sourire convivial à la vue de l’ALPINE. Je parie qu’à cet instant, il se demande s’il n’ira pas en concession ALPINE prochainement et envisager de remplacer sa belle. Tout cela non pas pour dénigrer ces magnifiques PORSCHE et concurrentes mais pour m’assurer que vous prendrez au sérieux cette ALPINE dans votre prochaine réflexion d’acquisition, car elle le mérite et vous passeriez à coté de quelque chose. Si vous hésitez entre une version "normale" et une "S", je dirais que votre appétence pour la conduite sportive sur circuit vous fera choisir une "S" parfaitement adaptée à cet environnement.

Matthieu CHAMBERT

2020-09-15