RENAULT Wind 1,6 16s 133 exception

ESPACE ESPACE CABRIOLET
  • Concept du toit
  • Ligne originale
  • Châssis et moteur vivants
  • Tarif
  • Vision arrière
  • Confort basique

Prix : 19 500 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres en ligne, 16 soupapes essence, injection électronique multipoint
Cylindrée 1598 cm³
Puissance maxi 133 ch à 6750 tr/min
Couple maxi 13.00 mkg à 4400.00 tr/min

Dimensions

Longueur 3.00 m
Largeur 1.00 m
Hauteur 1.00 m

Poids

Total 1173 kg

Capacités

Coffre de 270 à 360 dm³
Réservoir 40 L
Nb de places 2

Performances

Vitesse maxi 201 km/h
0 à 100 km/h 9.00 s

Environnement

Emission CO2 160 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 5.00
Urbaine 9.00
Mixte 6.00
Essai 7.00

Roadster Coupé

La RENAULT Wind est, avec la DAIHATSU Copen, l?un des plus petits modèles strictement deux places, avec toit escamotable en dur, du marché français. Dans le cas de la RENAULT, seule la partie haute du toit s?escamote, mais on peut rouler cheveux au vent et profiter du grand air. Aménagé sur la base de la nouvelle Twingo, la Wind n?en présente pas moins une ligne originale, acérée, voire agressive, qui ne laisse pas indifférent. Beaucoup se sont retournés sur son passage, car la jolie livrée bleu Majorelle attire l??il.

Originale

De nos jours, aucune voiture ne présente ce concept de toit escamotable par rotation. Celui-ci impose de réserver un espace important à l’arrière du véhicule pour accueillir le toit d’un seul tenant. De plus, en position découverte, le toit escamoté doit rester au sec, avec la face "interne" orientée vers le haut. Pour une voiture de la taille de la Wind, ceci implique une cellule avancée et un logement moteur assez court. Pour l’arrière, le volume doit être massif, donc présenter une ligne de ceinture haute, une ligne de faîte tendue et fuyante. L’exercice est périlleux, car au final la sensation de lourdeur ne doit pas paraître. En vue latérale, RENAULT s’en tire plutôt bien. En vue arrière, le résultat est plus discutable. Faire appel à un pseudo extracteur noir mat remontant assez haut sur le pare-chocs est un bon début. Intégrer un becquet ajouré sur la porte de coffre est également intéressant. Entre les deux, il reste à jouer du crayon pour couper les effets. Deux arêtes sont venues compléter l’ensemble, l’une en positif et tendue, l’autre en négatif et courbée. Si le résultat final montre une certaine harmonie, l’effet de masse se fait sentir au niveau de l’imposant pare-chocs. Pour l’allure générale, la ligne est réussie et sa réalisation cohérente. En position couverte, peu de joints sont visibles. En configuration découverte, il en va pratiquement de même. A l’intersection de la structure avec les portes, le coffre, et à proximité de l’axe de rotation du toit, il subsiste un raccord multi pièces qui a dû donner du fil à retordre aux concepteurs et autres metteurs au point. Les joints et inserts plastiques sont là pour en attester mais l’important est que le résultat soit à la hauteur des attentes. Pour conserver une rigidité acceptable en partie arrière, imposée par le rangement du toit, RENAULT est intervenu au niveau au dessous, c'est-à-dire sous le coffre et en partie haute du coffre. Deux renforts en vé ont pris place sous le plancher, allant des portes au bac de roue de secours. Deux autres barres sont venues réduire l’accès au coffre, s’étendant des ailes à l’entre sièges. A noter qu’ici, toit en place ou toit rétracté, le volume du coffre reste inchangé. Il est donc possible de partir en vacances avec les bagages dans le coffre et le toit ouvert !

Austère

En s’installant à bord, le pare-brise très incliné se remarque d’emblée, avec son épaisse traverse horizontale coupant notre champ de vision haut. A l’opposé, la vitre arrière verticale façon FERRARI Dino 246 GT est minuscule. Cependant, elle intègre un système chauffant et l’antenne de la voiture, rien que çà ! Le combiné d’instruments est très joli, mais placé un peu trop près du volant, qui masque légèrement les cadrans latéraux. La casquette est noire brillant, et ne se reflète pratiquement pas dans le pare-brise. Les sièges baquets sont très enveloppants, avec des retours latéraux de dossiers gênant les mouvements de bras. Les matériaux sont noirs, plus durs que souples, sans âme réelle malgré la tentative d’implants façon aluminium, trop rares. Les assemblages sont moyens, sans plus, voire médiocres au niveau du raccord de la console radio avec la console centrale, supportant les vitres électriques à commande automatique uniquement sur la descente, la commande de toit et le levier de vitesses. Entre les sièges, c’est le grand vide, avec un frein à main fendant la moquette. La Wind dispose de rangements en nombre limité, d’ouïes d’aérations dont les deux centrales ne se ferment pas, diffusant un léger courant d’air permanent. A préciser au chapitre des rangements, la boîte à gants est de taille très correcte, on regrettera qu’elle n’ait pas verrou. Les portes sont bien pensées, joliment découpées et, si la dragonne semble superflue, il n’en est rien. Essayez d’aller chercher la porte grande ouverte en utilisant la poignée moulée, ce qui est quasi impossible, et vous bénirez le bureau d’études RENAULT d’avoir intégré cette petite sangle. Le coffre maintenant, avec ses 270 litres minimum, est spacieux pour la catégorie. Cela va de pair avec le besoin de place pour ranger le toit. L’accès est particulier avec un seuil étroit, assez haut perché. Il est assez cubique, mais les deux renforts de partie haute empêchent d’y loger des objets imposants. La porte de coffre est assez lourde, surtout lorsqu'elle contient le toit, et les vérins de maintien sont mis à l’épreuve. Côté moteur, l’accès est réduit, avec un capot très court. Cependant, vérifier et compléter les niveaux est aisé. Intéressant pour un modèle essence, le moteur est caréné par le dessous.

Turbulente

Cette Wind, que nous avons pu essayer, disposait de la mécanique la plus puissante proposée aujourd’hui. Le moteur de 1,6 litre à 16 soupapes développe 133 chevaux, de quoi commencer à décoiffer ses occupants avec un zéro à cent placé légèrement au dessus des neuf secondes. A la mise en route du moteur, celui-ci laisse échapper un court instant une sonorité rauque, qui disparaît instantanément au retour au ralenti. Cela se confirme au roulage, avec une mélodie perceptible lors des accélérations, que l’on souhaiterait interminables. Ce moteur s’exprimant véritablement dans les tours, tout va bien, mais c’est assez vite lassant. Pour information, en cinquième, à 90 km /h, le régime est à 3.000 tr/mn, alors à 110 ou 130… Vous l’avez compris, au ralenti ou en décélération, point de musique envoutante, c’est frustrant. En conduite, la vision avant et latérale est très bonne, et assez réduite vers l’arrière, que ce soit au travers de la lunette ou des petits rétroviseurs latéraux. Toit en place, vitres fermées, le confort acoustique est très bon. Vitres ouvertes ou toit rétracté, il ne nous a pas été possible de trouver une configuration exempte de turbulences, si infimes soient elles. Eh oui, la Wind est une voiture turbulente.

Le jouet

Son châssis est vif, sa direction précise, ses roues collées au sol. Montée sur des pneus à flancs très bas, avec des jantes Sphynx de dix sept pouces du plus bel effet, la Wind nous fait vivre la route, filtrant peu les inégalités, répondant sèchement aux variations. Les sièges compensent un peu, au travers de leur excellent maintien. Le freinage, assuré par quatre disques dont deux ventilés à l’avant, est d’un bon niveau, mordant quand il le faut. La voiture enchaîne donc les lignes droites, virages, routes de campagne et tronçons d’autoroute sans sourciller, en vous gratifiant des sensations propres à chacun d’entre eux. En conduite de nuit, l’éclairage est également très bon, et l’entourage des optiques de phare bleuté apporte une touche feutrée à l’ensemble. A l’arrière, le feu de recul intégré très bas dans l’extracteur, façon échappement central, donne la nuit un effet rasant à la lumière produite. Pour en revenir au poste de conduite, le compte-tours, à gauche du combiné de cadrans, nous adresse un clin d’œil avec son aiguille jouant avec ses chiffres jaunes, en rythme avec les sollicitations du pied droit. Au chapitre des équipements, le régulateur et limiteur sont de la partie, ainsi que la commande radio par satellite au volant. Les pare-soleil rigides sont sans miroir, la clientèle féminine appréciera.

Voilà, c?est dit, la Wind est un beau jouet, très compact, et assez cher, pas en regard de la concurrence, qui propose des prix voisins, mais en regard de ce qu?elle propose, tout simplement. Avec une consommation de 7,9 litres pour cent kilomètres en moyenne, lors de l?essai agrémenté de phases de jeu, elle n?est pas réellement gloutonne. Dans ce segment des petits roadsters, pas de tarif attirant aujourd?hui. Débourser plus de 17.000 ? pour accéder à ces véhicules conduit à une diffusion confidentielle, c?est dommage pour le paysage automobile actuel plutôt fade.

Jacques Forge

2011-01-01