RENAULT Latitude 2.0 dCi 175 initiale

ESPACE BERLINE
  • Habitabilité, confort
  • Conduite sûre et agréable
  • Equipement très complet
  • Garantie 3 ans
  • Ligne classique sans originalité
  • Quelques plastiques moyens
  • Boîte automatique chère et un peu lente

Prix : 40 200 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres 16 soupapes Turbo diesel injection directe par rampe commune
Cylindrée 1995 cm³
Puissance maxi 175 ch à 3750 tr/min
Couple maxi 36.00 mkg à 2000.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.90 m
Largeur 1.83 m
Hauteur 1.48 m

Poids

Total 1620 kg

Capacités

Coffre de 477 à 511 dm³
Réservoir 70 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 205 km/h
0 à 100 km/h 9.90 s

Environnement

Emission CO2 170 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 8.40
Urbaine 5.50
Mixte 6.50
Essai 7.50

La Renault du pays du matin calme

Depuis l'arrêt de la Vel Satis fin 2009, RENAULT ne proposait plus de berlines de haut de gamme. Le vide est comblé depuis janvier 2011, car RENAULT, propriétaire à 80 % de la marque sud-coréenne SAMSUMG Automobile, a inscrit à son catalogue la Latitude, en rebadgeant et en européanisant la SAMSUNG SM5 commercialisée en Asie du sud-est depuis 2010.

Classique et élégante

Autant la ligne de la Vel Satis était originale et différente de celle des autres voitures du segment, autant celle de la Latitude est classique et rentre dans le rang. Il est vrai que la Vel Satis n'a pas vraiment rencontré le succès, sa ligne massive n'ayant pas séduit une clientèle préférant les véhicules plus statutaires. Pas de danger de ce côté là avec la Latitude. Il s'agit d'une grande berline trois volumes, aux lignes plutôt élégantes, sans grande originalité non plus, mais qui ne choquera personne. Autre différence notable avec les précédentes grandes RENAULT, l'abandon du hayon, pourtant bien pratique, mais imposant une ligne plus "utilitaire". Enfin, c'est la première grande RENAULT qui n'est pas fabriquée en France, mais dans l'usine SAMSUNG à Busan en Corée du Sud. Le marché potentiel de la Latitude a certainement justifié la décision de ne pas adapter l'usine de Sandouville, où sont fabriquées les Laguna et les Espace, au montage de la Latitude.

Entre deux gammes

Le choix des versions de la Latitude est plutôt réduit. Trois motorisations Diesel, les quelques allergiques au "mazout" choisiront une autre voiture, et deux finitions "Business" et "Initiale", pour cinq versions au total, constituent le catalogue en France. Les prix s'échelonnent de 32.500 € (2.0 dCi 150 Business) à 45.000 € (V6 3.0 dCi 240 BVA6 Initiale) en passant par les 34.700 € et les 40.200 € des versions 2.0 dCi 175 BVA6 Business et Initiale. La finition Initiale coûte 38.000 € avec le 2.0 dCi 150 et la Latitude V6 dCi 3.0 n'est disponible qu'en Initiale. Par ses dimensions - 4,90 mètres de long et 1,83 mètre de large - la Latitude se situe dans le segment des routières où sévissent quelques pointures allemandes telles les AUDI A6, BMW Série 5 et MERCEDES Classe E, mais ses prix d'entrée de gamme correspondent plutôt aux finitions supérieures des familiales comme la RENAULT Laguna ou la nouvelle VW Passat. Pour le trio allemand susnommé comptez plutôt 45.000 € avec un deux litres Diesel, sans prendre trop d'options…

Equipement pléthorique

L’équipement de série de la version Initiale essayée est vraiment impressionnant : sièges en cuir à réglages électriques et chauffants (conducteur et passager) avec mémorisation de trois réglages et fonction massage pour le conducteur, climatisation automatique trois zones (conducteur, passager avant, arrière), quatre vitres électriques séquentielles, capteur de pluie et de luminosité, régulateur / limiteur de vitesse, capteur de pression des pneus, jantes alliage 18 pouces, caméra de recul, radio BOSE® Sound System 10 HP, avec chargeur 6 CD MP3, connectivité Bluetooth®, commandes au volant, navigateur GPS Carminat DVD, cartographie Europe avec écran 7" 16/9 couleur, reconnaissance vocale et commande par joystick sur console centrale... Il y a même un diffuseur de parfums avec sélecteur de choix du parfum et d’intensité de diffusion et un ioniseur d’air Samsung Super Plasma® avec deux fonctions Clean ou Relax. Bon, ça existe, mais l'ioniseur n'a pas d'effet particulier quel que soit le mode choisi et je ne me suis pas risqué avec le diffuseur de parfum, quant au siège massant, on s'en lasse rapidement et son action ne remplace pas une petite pose… A moins de tenir à ces gadgets et à l'intérieur cuir, la version Business pour 5.500 € de moins propose déjà un équipement remarquable ne nécessitant pas d'avoir recours à la liste d'options, d'ailleurs très réduite, même la peinture métallisée étant de série.

Très confortable

L'habitacle de la Latitude est plutôt agréable et correctement fabriqué. Certes on n'atteint pas le même niveau de qualité d'assemblage et de matériaux que dans une AUDI, mais les tarifs ne sont pas les mêmes non plus. Ceci étant dit, la planche de bord est quand même assez massive et quelques plastiques durs sur les contre-portes pourraient être remplacés par des matériaux plus agréables à l'œil et au toucher. Par ailleurs les garnitures et le cuir beige de l'ambiance claire sont plutôt salissants. Je n'ai pas aimé le volant de l'Initiale, recouvert de cuir sur les trois-quarts de sa circonférence et en plastique (?) laqué sur le quart supérieur restant, au contact froid en hiver et probablement chaud en été. Le volant tout cuir de la version Business est certainement plus agréable. Le conducteur retrouve le sourire grâce à une bonne position de conduite et une ergonomie bien pensée. Les passagers sont également satisfaits du confort et de l'habitabilité à toutes les places. Quatre adultes de grande taille sont à l'aise et à l'arrière la banquette accueille deux adultes et un enfant, lui aussi correctement installé à la place du milieu. Le rembourrage des sièges est un juste compromis entre souplesse et maintien, tout comme la suspension qui concilie avec talent absorption des défauts de la chaussée et stabilité du véhicule. L'insonorisation efficace permet d'écouter l'excellente radio dans de bonnes conditions malgré des bruits de roulements un peu trop présents sur revêtements granuleux. Le coffre offre une bonne contenance - 500 litres - mais l'absence de hayon interdit le chargement d'objets volumineux bien que les dossiers de la banquette soient rabattables 2/3-1/3.

Routière

Vu son gabarit, la Latitude est plus à l'aise sur grandes routes et autoroutes qu'en ville ou sur les vicinales. La circulation urbaine est malgré tout facilitée par la direction très souple à faible vitesse et par la boîte de vitesses automatique associée à la motorisation 2.0 dCi 175 passant ses six rapports en douceur et à bon escient. Sur route, cette boîte à convertisseur de couple hydraulique remplit correctement son office, mais n'a pas la rapidité ni le rendement d'un système mécanique robotisé à double embrayage à sec, comme la DSG de VW pour ne pas la nommer. Si vous préférez une boîte manuelle, la seule possibilité est la motorisation 2.0 dCi de 150 chevaux, proposant des performances quasi identiques à celles du dCi 175 associé à la boîte automatique, tout en consommant un bon litre en moins d'après la notice technique et moins chère de 2.200 €. Le moteur 2.0 dCi 175, emprunté à la Laguna, autorise de bonnes performances, les reprises lors des dépassements sont très efficaces, et consomme raisonnablement. Lors d'un trajet Paris-Tours par la N10 et retour par l'A10, la consommation moyenne s'est établie à 7,5 litres aux cent kilomètres en adoptant une conduite dynamique dans le cadre des limitations de vitesse en vigueur. On peut tabler sur 7,0 litres sur route et 8,0 litres sur autoroute, ce qui est très honnête pour une voiture de ce poids équipée d'une boîte automatique. Le châssis et le train avant complètent les qualités routières par une tenue de route rassurante, malgré une petite tendance au roulis due à la souplesse des suspensions, et le freinage s'avère efficace et facile à doser.

Intrinsèquement la RENAULT Latitude est une bonne voiture, confortable, habitable, sûre et agréable à conduire. Mais, prise en tenailles entre le haut de gamme des familiales et les premiers prix des prestigieuses routières allemandes, elle aura peut-être, malgré tout, un peu de mal à trouver sa clientèle.

Daniel Dechene

2011-01-04