RENAULT Mégane CC CC 1.5 dCi 110 FAP EDC eco² Privilège

ESPACE CABRIOLET
  • Mixité Diesel / boîte automatique innovant
  • Ligne esthétique agréable
  • Toit en verre panoramique
  • Confort et tenue de route
  • Vraie quatre places (même si étriquées à l\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\'AR)
  • Gestion électronique de la boîte à revoir
  • Coffre exigu si toit replié
  • Quelques plastiques trop durs
  • Freinage peu puissant

Prix : 31 550 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres en ligne - 8 soupapes -injection direct common rail sphérique
Cylindrée 1461 cm³
Puissance maxi 81 ch à 4000 tr/min
Couple maxi 0.00 mkg à 1750.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.49 m
Largeur 1.81 m
Hauteur 1.43 m

Poids

Total 1535 kg

Capacités

Coffre de 211 à 417 dm³
Réservoir 60 L
Nb de places 4

Performances

Vitesse maxi 190 km/h
0 à 100 km/h 13.20 s

Environnement

Emission CO2 130 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 4.40
Urbaine 6.10
Mixte 5.00
Essai 0.00

AUTOMATISME TOUT AZIMUT

Il fut un temps, pas si lointain, où les cabriolets et coupés ne se pensaient que motorisés par le plus gros moteur de la berline dont ils étaient dérivés et toujours en essence, histoire de privilège et d'une volonté de ne pas s'afficher avec une mécanique roturière : pas question que le ramage ne vaille pas le plumage? Il était par ailleurs impensable d'imaginer qu'une greffe d'un moteur Diesel put prendre et qu'elle rencontre les faveurs de la clientèle. La crise est passée par là, de même qu'une indéniable amélioration du rendement de ce mode d'alimentation, pour que les mentalités changent et que cette motorisation soit même plébiscitée sous une belle carrosserie. Nouvelle Mégane CC, ainsi faut-il l'appeler dans le "milieu", coupé-cabriolet synthétisant la voiture racée en mode fermé et la voiture frivole en mode ouvert, ne déroge donc pas aux lois du marché et est disponible en Diesel, avec trois niveaux de puissance s'étalant de 110 à 160 chevaux. Toujours en gazole, quatre finitions permettent de choisir le niveau d'équipement et la qualité de présentation, avec un prix d'appel à 28.050 ? et culminant à 33.600 ?, hors options. Notre version d'essai possède une intéressante transmission automatique et le plus petit moteur dans la finition haut de gamme.

Un CC bien proportionné

La RENAULT Mégane CC profite d'une belle silhouette, à mon goût plus avantageuse que sa rivale PEUGEOT 308, et évite l'écueil d'un déséquilibre souvent trop prononcé entre l'avant et l'arrière sur ces carrosseries à toit escamotable. Que ce soit capoté, pardon, nous dirons plutôt fermé, ce qui perd quand même un peu de son charme, ou décapoté, là encore, nous utiliserons plutôt rétracté, la Nouvelle Mégane CC conserve des lignes harmonieuses et dans les deux cas intéressantes. En mode coupé, l'arche de toit noire s'accroche idéalement aux longs montants de pare-brise couleur chrome satiné, mais son ancrage sur le coffre apporte une rupture, propre aux toits rétractables. Il ne sera alors pas question de leurrer le quidam, nous sommes bien en présence d'un cabriolet en puissance. Et d'ailleurs, l'unique raison d'être de cette CC est sûrement de se découvrir, et ce pour deux raisons : sa carrosserie devient plus aguichante et plus fluide, et aussi parce qu'il y a un plaisir infini à rouler les cheveux au vent. L'ouverture automatique totale est réalisée en 21 secondes, ce qui peut parfois paraître lent car il est préférable de l'effectuer à l'arrêt et en dehors des parkings couverts, donc sur route ouverte, afin d'éviter de heurter le toit au plafond…Tant qu'on y est, les portes sont tellement longues que, après s'être garé dans nos étroites places de parking, l'extraction du corps de la voiture devient épique voire impossible : on en viendrait presque à regretter de ne pas être anorexique… On notera que le terme capote ne peut pas être utilisé car le toit est totalement en verre, ce qui offre une vision quasi-totale et une belle luminosité. Une petite vitre anti-remous permet de rouler à quatre jusqu'à 90 km/h dans de bonnes conditions, et un filet anti-remous (240 €) peut être clipsé derrière les sièges avant pour améliorer le confort à deux et ainsi profiter au maximum de son cabriolet.

 

La perfection n'est pas de ce monde…

La Mégane CC, en version Privilège, propose un intérieur agréable visuellement et une dotation d'équipements relativement riche. Mais on pourra opposer à la belle finition et à l'harmonisation des couleurs quelques plastiques durs et une ergonomie perfectible : difficile de trouver l'ordinateur de bord, les commandes de radio/téléphone sont cachées derrière le volant, la commande du limiteur/régulateur de vitesse est sous l'accoudoir central, etc… Il est donc bien difficile de trouver rapidement ses marques sans l'aide du carnet de bord ! Côté place, mieux vaut cantonner les enfants à l'arrière, car la place aux jambes y est comptée et la garde au toit (fermé) peu élevée. Même punition dans le coffre, mais cette fois en mode ouvert, la place disponible est divisée de moitié. Cela impliquera donc de ne jamais remplir son coffre sous peine de ne pas pouvoir profiter du soleil à l'improviste… Très pratique, la carte de démarrage main-libre : plus besoin de clé, il suffit d'avoir dans sa poche la précieuse carte et la voiture se ferme et se déverrouille toute seule à votre approche (ou éloignement), il faudra quand même appuyer sur un bouton pour allumer ou éteindre le moteur. Le cuir est malheureusement cantonné aux options (1.200 €), tout comme le système GPS Carminat TomTom (Live ou non à 490 €). Autre mesquinerie, seule la couleur opaque Bleu Roy est sans supplément, les autres métallisées demanderont 520 € de plus et même 670 € pour le Blanc Nacré. Au chapitre des curiosités, il faut remarquer que la zone rouge du compte-tours est matérialisée… en jaune : pourquoi pas, mais l'œil n'y est pas habitué et cela gène plus qu'autre chose !

 

Difficile mariage du Diesel et de l'automatique

Non content d'avoir le moins puissant des Diesel, notre Mégane CC se voit d'autorité équipée de la transmission automatique EDC (Efficient Dual Clutch) à six rapports. Cela lui permet de recevoir le label RENAULT ECO², délivré aux véhicules rejetant moins de 140 grammes de CO2 (entre autres exigences). En effet, cette transmission est sensée réduire jusqu’à 17% les émissions de CO2, soit environ 30 grammes de moins par kilomètre parcouru. Le fonctionnement fait appel à une boîte de vitesses traditionnelle mais commandée par deux embrayages, un sur l'arbre des vitesses impaires, l'autre sur les paires, et le tout piloté par un calculateur et des actionneurs électriques. Pour le conducteur, c'est comme une boîte automatique normale avec possibilité de commandes impulsionnelles. L'intention de RENAULT est plus que louable car l'agrément d'une boîte automatique n'est plus à démontrer, qui plus est sur un cabriolet. En situation, tout va pour le mieux si l'on conduit son CC avec vigueur : les vitesses passent rapidement et le changement n'est que peu perceptible. Par contre, et c'est assez antinomique, sur un filet de gaz, on sentira trop le glissement au changement de rapport et le passage sera véritablement ressenti. Lors de l'essai, j'ai même eu droit à des quasi calages ou trous à l'accélération, qui nécessiteront 1 à 2 secondes pour se "recaler", ce qui peut être long en certaines circonstances. Et cela arrive particulièrement lors d'un changement de cadence, voiture "en charge", comme par exemple pour traverser une route au redémarrage d'un "cédez-le-passage". La technologie n'est pas à remettre en cause, puisque le concept est magnifiquement validé par PORSCHE sur sa PDK, mais plutôt au logiciel qui gère le système : Mr RENAULT, il va falloir travailler un peu si vous voulez que vos clients aient le sourire avec leur EDC… Il est certain qu'accoupler un Diesel à ce type de transmission n'est pas courant, et pour cause, puisque ce moteur produit rapidement un fort couple à même de mettre en difficulté un logiciel peu alerte. Notre 1,5 dCi 110 FAP (ouf !) n'est pas un foudre de guerre sous le capot de la Mégane CC mais il s'en sort honorablement et s'accorde finalement pas si mal avec cette transmission, quand elle ne cafouille pas. Il faudra juste se rappeler que ce n'est pas une sportive, mais plutôt une machine à "cruiser". Côté sonorité, le moteur se fait discret dans l'habitacle fermé, sauf à froid, et n'est pas très loin d'une essence une fois le toit escamoté.

 

Un châssis sain et confortable

La belle surprise, c'est l'excellent confort de roulement, preuve de la maîtrise de RENAULT dans ce domaine. Le plaisir à rouler avec cette CC est réel, tant du point vue du confort que de l'efficacité : les trous sont avalés sans autres formalités et la tenue de route est sécurisante et en accord avec la philosophie de la voiture. L'éternel sportif qui sommeille en moi regrettera le léger sous-virage chronique, de même qu'une rigidité loin d'être parfaite (la cellule avant oscille quelque peu sur les irrégularités) et un ABS un poil susceptible (déclenchement trop rapide à mon goût), doublé d'un manque de mordant au freinage. Certes, une utilisation dans les normes et conforme aux performances du moteur gomme ces défauts, ce qui peut être rassurant pour le conducteur lambda… La version GT dCi 160 FAP aux qualités dynamiques améliorées satisferont sûrement les plus nerveux, au détriment de la "cool attitude" ! 

La RENAULT Nouvelle Mégane CC réussit le pari d'offrir une inhabituelle boîte automatique à sa motorisation Diesel la moins prétentieuse (seulement 110 chevaux). Le concept est idéal et l'utilisation du CC en est facilitée. Il faudra juste que l'heureux conducteur n'ait pas une grande famille ni ne souhaite rouler les cheveux au vent pour partir en vacances, tant le coffre est petit. Le prix est contenu, sans plus par rapport à la concurrence, et l'intérêt de l'acheteur se fera sûrement sur un jugement plus esthétique que mécanique, sauf si la boîte auto fait l'effet d'une sirène?

Stéphane Berger

2010-10-01