PORTES OUVERTES

Le Team AKKA ASP nous ouvre ses portes

25/11/2017

Le Team AKKA ASP nous ouvre ses portes

Des autos de rêves, une équipe française, des pilotes et des courses internationales, tous les ingrédients sont réunis pour concocter un cocktail alléchant. Notre visite chez le Team AKKA ASP nous permet de vous en faire goûter une petite gorgée.

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L'équipe

ASP a été en 1999 par Jérôme Policand qui est toujours aux commandes. Jérôme est un pilote français qui s'est illustré en monoplace puis aux 24 heures du Mans et en GT dans les années 90 et 2000. ASP compte 17 titres Team et pilotes et plus d'une centaine de podiums. De quoi s'assurer une solide carte de visite dans le petit monde de la course automobile. Lorsque que l'on voit ces voitures courir, il est toujours difficile d'appréhender la partie immergée de l'iceberg. La visite du Team AKKA ASP nous permet de vous en dire un peu plus sur tout ce qui se cache derrière. Aujourd'hui, l'équipe est composée d'une dizaine de personnes permanentes. Elle est renforcée d'une autre petite dizaine d'intervenants au moment des courses, du printemps à l'automne. Tous ont une solide expérience de la compétition évidemment. Les métiers représentés vont du manager au mécanicien et passant par l'ingénieur et le logisticien. En terme d'organisation, c'est simple et efficace, un mécanicien est responsable de chaque voiture, plus quelques fonctions transverses pour la réparation des pièces en carbone, les freins, les suspensions et les approvisionnements. La logistique est un poste clé, mais aussi un véritable casse-tête. Comme dans l'aéronautique, les pièces sont calculées pour résister un certain kilométrage. Au-delà, elles sont systématiquement remplacées. Jusque-là, c'est relativement facile à prévoir. Avec les aléas des courses et la cadence du calendrier, cela se complique, lorsque l'on multiplie cela par six, cela devient très pointu. Les courses du calendrier sont autant de dead lines que l'on ne peut pas déplacer. Tout doit être prêt et en parfait ordre de marche le jour J. Avant chaque course, il faut acheminer les autos et le matériel sur le circuit, parfois à l'autre bout de l'Europe. Trois semi-remorques sont nécessaires pour cela, tandis que deux fourgons transportent l'équipe. Après chaque manche, c'est une autre course qui commence, cette fois-ci, contre la montre. Les autos sont quasiment désossées pour effectuer les opérations de maintenance et réparer les bobos de la dernière escapade. Chaque responsable d'auto doit s'assurer que les bonnes pièces ont été commandées et approvisionnées. Certaines doivent être envoyées en réparation, d'autres sont traitées sur place ou remplacées. La charge de travail est de plusieurs jours rien que pour effectuer les opérations de démontage/montage de l'ensemble.

Les locaux

Le camp de base est un atelier de 1000 m2 environ situé à Rabastens (81), à une demie heure de Toulouse. L'atelier principal accueille les 6 autos en même temps. C'est un peu le bloc opératoire. Autour de cela ,sont organisés plusieurs espaces. Un pour assurer les premiers soins à la carrosserie, un autre pour la mécanique réparatrice, sans oublier les zones de stockage des freins, lubrifiants, pneus, panneaux de carrosserie et éléments de suspensions. A côté de cela, un grand espace est dédié à tout le matériel nécessaire sur le circuit. On y trouve par exemple des écrans, des bonbonnes d'air comprimé ou les habillages de stand pour mettre les boxes aux couleurs de l'équipe. Tout est installé dans des caisses spéciales pour être chargées facilement dans les camions et les acheminer dans les boxes sur le circuit. Avec une douzaine de courses d'avril à octobre, l'activité est bien plus concentrée sur cette période de l'année. Certaines manches ne sont espacées que d'une semaine. De quoi bien s'amuser à la logistique. L'hiver est plus calme. Il est mis à profit pour les grosses révisions et le sponsoring.

La discipline

Des autos de rêve parmi lesquelles Lamborghini Huracan, AUDI R3, BENTLEY Continental, ASTON MARTIN Vantage V12, FERRARI 488 et bien sûr la star du jour, l'AMG GT s'affrontent dans leur version GT3. Des plateaux fournis de 30 à 60 voitures, sur les plus beaux circuits européens, un niveau relevé et des luttes acharnées sous le son fantastique des V8, V10 et V12. Bref, Les Blancpain GT Series offrent un spectacle époustouflant pour les vrais amateurs de belles mécaniques de compétition. Les courses se présentent sous deux formats, Sprint et Endurance. Le Sprint se court sur deux manches d'une heure avec un changement de pilote obligatoire. L'Endurance peut durer de 3 heures à 1000 kilomètres en fonction des manches et 24H pour l'épreuve phare de Spa-Francorchamps. Dans ce format, trois pilotes se relaient.

Les autos du Team AKKA ASP

Le team fait courir pas moins de 6 Mercedes AMT-GT3. C'est une véritable auto de course. Plus grand chose à voir avec la version de série dont elle reprend uniquement la caisse et tenez-vous bien, le comodo d'essuie-glaces ! Tout le reste est produit exclusivement pour la version compétition. Les éléments de carrosserie sont en carbone sauf le toit qui fait partie de la caisse. Le moteur est bien sûr d'origine Mercesdes-AMG. C'est un bon gros V8 atmosphérique de 6,2 litres délivrant 550 chevaux et un couple de camion avec 650 Nm. Sur la balance, elle ne pèse que 1235 kg. Pour y parvenir, tous les équipements superflus de l'auto de série ont disparu. Exit la moquette et les garnitures et les divers systèmes de confort ou d'aide à la conduite, la caisse est à nu. L'usage de matériaux légers comme la fibre de carbone est omniprésent pour aller à la chasse aux kilos. Même le porte-bidon de boisson du pilote est en carbone. Au final, si la voiture est plus légère que la réglementation, il faut placer du lest. L'avantage est qu'il est disposé à la place du siège passager. Cela permet de favoriser le centrage des masses et de ne pas relever le centre de gravité plus bas. La boîte est séquentielle à six rapports. La vitesse de pointe est de 280 km/h, mais cela ne veut pas dire grand chose, car les rapports de boîte sont fonction de la longueur des lignes droites des circuits. Rien ne sert de pouvoir atteindre 340 km/h s'il aucun circuit ne présente de ligne droite assez longue. Détail non-négligeable, un moteur peut effectuer 20.00 km sans révision, pour une auto de course, c'est énorme. Cela représente environ le roulage d'une saison pour une voiture. Les révisions des moteurs ne sont pas effectuées sur place, mais directement en Allemagne, chez AMG. A l'intérieur, l'ambiance ressemble plus à celle d'un avion de chasse que d'une auto de série. Le volant n'a plus rien à voir avec celui de la vôtre. Il est plus proche de celui d'un dragster avec ces deux poignées de prise en main et une multitude de boutons et potentiomètres de réglage pour affiner le comportement de l'auto. L'AMG GT3 est une véritable bête de course, à la fois virile, elle garde la ligne élancée du modèle de série.

Travailler sur ces mécaniques de rêve en ajoutant à cela le piment de la course et l'esprit d'équipe est un poste de rêve pour les mécaniciens. Avouez que c'est quand même autre chose que de changer des plaquettes de frein sur un Kangoo à longueur de journée. Surtout quand le travail est récompensé par une victoire, comme se fut le cas lors de la dernière manche de la saison à Barcelone. C'est ce qui s'appelle finir en beauté. Nous souhaitons à toute l'équipe encore plus de réussite en 2018.

Olivier JANIAUD (Novembre 2017)