AUDI RS3

ESPACE COUPE
  • Polyvalence
  • Boîte S tronic 7 rapports
  • Performances
  • Freinage
  • Poids élevé pour une hyper sportive
  • Consommations
  • Soutien siège insuffisant
  • Pas de boite manuelle disponible

Prix : 55 400 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 5 cylindres en ligne – 20 soupapes Turbocompressé à injection directe
Cylindrée 2480 cm³
Puissance maxi 340 ch à 5400 tr/min
Couple maxi 45.00 mkg à 1600.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.30 m
Largeur 1.79 m
Hauteur 1.40 m

Poids

Total 1575 kg

Capacités

Coffre de 0 à 302 dm³
Réservoir 60 L
Nb de places 4

Performances

Vitesse maxi 250 km/h
0 à 100 km/h 4.60 s

Environnement

Emission CO2 212 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 6.80
Urbaine 13.10
Mixte 9.10
Essai 0.00

DOCTEUR JECKYL ET MISTER HYDE…

Après le TT RS en 2009, le 2,5 TFSI fait son arrivée sous le capot de l’A3 qui pour l’occasion se décline en une unique version Sportback (la carrosserie la plus vendue). Juste avant son futur replacement, la compacte d’AUDI, comme toutes ses grandes sœurs, se décline dans une version hyper sport RS (pour Renn Sport) avec pour l’occasion un "petit" moteur de 340 chevaux et un couple de 450 Nm. Il reste donc à savoir si cette combinaison peut être la référence du marché.

Esthétique 16/20

 Sur ce point, on pourra apprécier la sobriété du style de la RS3. En dehors de la face avant avec ses ouvertures béantes pour gaver la bête et ses jantes exubérantes, la suite est assez classique. C’est tout l’art d’AUDI de savoir faire rentrer un "bodybuilder" dans l’enveloppe de Mr-tout-le-monde. Sans action sur le bouton “S” du tableau de bord pour libérer l’échappement, on passerait presque inaperçu. A l’arrière, on retrouve un spoiler et un diffuseur pour optimiser la tenue de route et pour rappeler que vous êtes quand même au volant d’une sportive. Les ailes en composite sont quant à elles plus légères et légèrement élargies de trois centimètres. Seule faute de goût à mon sens, ce sont ces petits échappements pas assez marqués. On aurait aimé pouvoir retrouver la version ovalisée de la gamme RS. Hormis donc un avant exubérant, le reste est assez classique. A noter un petit détail au niveau de la calandre qui, trop basse, risque de frotter sur le premier trottoir qui passe si vous n’y portez pas attention. La faute est à porter aux lèvres protubérantes du spoiler et un bas de caisse rabaissé de 25 mm par rapport à une A3 traditionnelle…

 

Confort 14/20

 L’habitacle lui non plus ne clame pas haut et fort son exclusivité en dehors de quelques marques RS et du volant à méplat avec des surpiqûres blanches. Notre modèle d’essai n’était pas équipé de siège baquet disponible en option pour plus de 3.200 €. Au prix de la RS3, on aurait aimé disposer de l’arme complète ; c’est un peu comme acheter un gruyère sans trous. Autant le dire tout de suite, dès que vous jouez un peu avec la bête, les sièges de série offrent un maintien insuffisant qui fait que l’on se trouve vite balloté de droite à gauche… A l’inverse, ils participent au confort sur route. Il faudra donc faire un compromis à l’achat, mais il serait dommage de s’en passer surtout si on veut exploiter les 340 chevaux de la cavalerie. La RS3 dispose de quatre vraies places et d’un volume de coffre tout à fait acceptable.

 La finition reste toujours une référence mais l’ergonomie a pris un léger coup de vieux par rapport aux derniers modèles de la gamme, ce qui est normal pour un modèle en fin de vie. Ceci implique donc que l’on ne peut toujours pas associer un i-phone avec le système audio sans utiliser le câble qui se trouve dans la boîte à gants. A l’usage, j’ai trouvé le GPS moins précis qu’un simple Tom Tom. Pour pouvoir bénéficier de cela, il vous faudra prendre l’option GPS+ facturée 1.900 €. Dernier détail à noter : il n’y a pas de repère rouge sur la graduation du compteur pour indiquer le 90 km/h. Ces petites indications sont toujours pratiques quand vous avez 340 chevaux sous le capot. Ces remarques sont loin d’être rédhibitoires, effacées par la qualité AUDI...

 

Conduite 18/20

Passons donc aux choses sérieuses. Premiers tours de roue en ville pour remarquer que cette RS3 est d’une facilité déconcertante. Silencieuse, maniable et presque confortable, elle donne envie d’avaler les kilomètres. Sur nationale, grâce à son couple de 430 Nm disponible dès 1.600 tr/mn, le bloc moteur couplé à la boîte S-Tronic 7 rapports au fonctionnement quasi instantané, procure à cette compacte des reprises à faire pâlir bon nombre de sportives.

Il faut commencer par activer le bouton S sur le tableau de bord (à l’arrêt) pour libérer l’échappement et fini le coté silencieux ! Il suffit d’une légère pression sur la pédale de droite pour sentir que le fauve ne demande qu’à rugir… Direction donc les petites routes de campagne sinueuses pour laisser s’exprimer notre RS3. On a l’impression de faire corps avec la bête, les vitesses s’enchainent vite et le compteur s’affole encore plus vite. A titre de repère, la seconde se passe jusqu’à 100 km/h, la troisième à 140 km/h et la quatrième vers les 190 km/h. On se demande à quoi peuvent bien servir les autres rapports... Pour répondre à cette question, il suffit de regarder la jauge : à ce rythme, les 50 litres seront avalés en moins de 260 kilomètres...

 Les routes sinueuses mettent en avant la qualité du châssis qui donne une impression de virer à plat. En cas de limite d’adhérence, la dérive est saine et progressive sur les quatre roues. A noter que la RS3 ne dispose pas du différentiel Quattro Sport, capable d'envoyer plus de couple à droite ou à gauche selon le virage. Mais qu’importe, la tenue de route est exemplaire. Un vrai délice de sensations, même si on a plus naturellement tendance à lever le pied devant les 1.575 kilogrammes de la bête en comparaison avec des petites sportives plus légères type RENAULT Clio RS. A cela, il faut ajouter un freinage surpuissant assuré par des disques à l’avant de 370 mm et de 310 mm à l’arrière.

 Pour ceux qui seraient joueurs, la RS3 est équipée du système "Launch Control" qui, boîte S-Tronic engagée en mode sportif, système ESP déconnecté, bouton "Sport" activé pour libérer les décibels, un pied sur la pédale des gaz, l'autre sur les freins, permet à la voiture de bondir. Dès que l’on relâche la pédale de frein, on est véritablement catapulté, il n’y a pas d’autre mot. La RS3 explose en vous plaquant violemment contre le siège. La poussée est tout simplement phénoménale et la sonorité du cinq cylindres un véritable bonheur. Attention cependant à bien prendre les dimensions de la bête car à ce petit jeu, on peut vite se faire surprendre…

Un vrai bouquet final ! Dans moins d’un an, le modèle actuel de l’AUDI A3 tirera sa révérence. Comment donc ne pas succomber au charme de la RS3 et au diable l’avarice ! Il faut apprendre à se faire plaisir dans la vie pour peu que l’on dispose de 55.400 € (hors options). Mais quel bonheur… Une nouvelle fois, AUDI n’a pas failli à sa réputation. Sa seule concurrente sur le marché serait la BMW M1 mais avec beaucoup moins de polyvalence pour les pères de famille qui ne souhaitent pas sacrifier l’utile sur l’hôtel de la sportivité. A noter que l’AUDI RS3 est disponible en nombre limité par pays. Il faudra donc s’armer de patience pour en avoir une ; elle est bien la référence du marché actuel.

S. PEREZZAN

2012-02-24