FORD Ranger 2.2 TDCi 4x4 Limited Double Cab

ESPACE TOUT-TERRAIN
  • Prise en main
  • Agrément moteur
  • Ambiance à bord
  • Quelques lacunes d’équipement
  • Tarif

Prix : 34 900 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres en ligne, double ACT, 16 soupapes turbo Diesel, rampe commune à haute pression + turbo à géométrie variable
Cylindrée 2198 cm³
Puissance maxi 150 ch à 3700 tr/min
Couple maxi 38.20 mkg à 1500.00 tr/min

Dimensions

Longueur 5.36 m
Largeur 1.85 m
Hauteur 1.82 m

Poids

Total 2048 kg

Capacités

Coffre de 1230 à 0 dm³
Réservoir 80 L
Nb de places 0

Performances

Vitesse maxi 175 km/h
0 à 100 km/h 0.00 s

Environnement

Emission CO2 228 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 7.60
Urbaine 10.30
Mixte 8.60
Essai 0.00

LE RENOUVEAU

Avec ses deux nouvelles motorisations affectées au Ranger, FORD a décidé de refondre totalement son Ranger, franchisseur par excellence. Ici, rien de commun avec les 4x4 des villes que nous croisons tous les jours, plus statutaires que nécessaires. Le Ranger est taillé pour les conditions hostiles, mais doit pouvoir répondre également à un usage courant, comme exigé par certaines contrées de notre planète. Il doit également satisfaire les professionnels, représentant 56% du marché, ayant parfois besoin de se rendre sur  des zones inaccessibles pour des fourgons ou autres véhicules légers. La nouvelle mouture du Ranger a donc gravi quelques échelons pour satisfaire ces critères. Le résultat est plutôt réussi.

Les motorisations

 

L’ancien moteur 2,5 litres a donc cédé sa place à deux nouveaux blocs, un quatre cylindres de 2,2 litres et un cinq cylindres de 3,2 litres. La puissance s’échelonne de 150 à 200 chevaux et le couple de 38,2 à 47,9 mkg. Ainsi doté, FORD annonce un poids tractable de 3,350 tonnes, quelle que soit la motorisation ou même le type de boîte de vitesses, mécanique ou automatique. Aucun de ses concurrents n’annonce ce type de capacité actuellement. Pour notre information, FORD précise que les deux boîtes à six rapports mentionnent, au travers de leur référence respective, la tenue au couple maximal, soit plus de 80 mkg (MT82 mécanique et 6R80 automatique). Seule la motorisation 150 chevaux peut être accouplée à une transmission à deux roues motrices. La boîte de transfert à deux rapports permet la sélection à la volée, avec une vitesse maximale de 120 km/h. Les rapports de réduction 4x4 sont de 1 pour 1 en gamme haute (4x2 et 4x4) et 2,48 pour 1 en gamme basse (4x4). Les capacités de franchissement du Ranger sont respectivement de 27,7° pour l’angle d’attaque, 25,9° pour l’angle de fuite et 24,4° pour le franchissement, ce qui permet de réellement répondre à des situations inhabituelles. 

Les structure et liaisons au sol

 

Le Ranger étant un franchisseur, certaines vieilles recettes ont la peau dure, tant elles sont simples et fiables. Bien que la caisse soit monocoque, elle est posée sur un châssis-cadre en échelle. Cependant, pour éviter l’intrusion d’éléments dans l’habitacle en cas de collision, les formes de cadre et châssis ont été revus pour limiter la décélération et projeter les éléments déformés hors du volume passagers. Les suspensions font appel à des combinés ressorts-amortisseurs avec transmission par cardans pour l’avant, l’arrière conservant les ressorts à lames couplés à l’essieu rigide. Tout cela ne semble pas bien nouveau, me direz-vous, j’en conviens. Nous verrons en essai si cela se ressent au niveau de la conduite, en toutes conditions. Le diamètre de braquage est de 12,4 mètres, et c’est là que le Ranger nous rappelle son gabarit imposant. Côté freinage, pas d’avancée technologique, avec des disques à l’avant et des tambours à l’arrière. En revanche, les assistances électroniques sont maintenant en force pour épauler ce petit monde mécanique, soit un anti patinage (TCA), l’ABS, une aide au freinage d’urgence (EBA), à la stabilité (ESP) et au démarrage en côte (HSA) et un contrôle de la vitesse en descente (HDC), entre autres.

 

Le roulage 

Ici, l’essai ne se limite pas à la route. Mais, cet usage est tout de même nécessaire pour rejoindre le terrain de jeu favori de ce type de véhicule, j’ai nommé le terrain accidenté. Avec ses dispositifs d’assistance multiples, le Ranger est paré pour la route, où il se comporte bien, avec des prises d’angles mesurées. Au niveau sécurité, il revendique cinq étoiles au crash test Euro-Ncap, et s’équipe de sept airbags, y compris pour les genoux, complétés de systèmes Isofix pour la banquette arrière. Nous avons regretté le manque d’homogénéité d’équipement pour le conducteur et son passager. En effet, lorsque le premier est traité comme un coq en pâte, avec vitre électrique à commande impulsionnelle, siège à réglages électriques etc, son voisin doit garder le doigt sur la commande, et opérer tous les réglages de siège mécaniquement, légèrement mesquin, non ? Nous avons eu la possibilité d’emprunter les rues parisiennes, des voies rapides et autoroutes, ainsi que les enchaînements de routes sinueuses du Vexin. Cette jolie palette de conditions routières différentes nous a permis d’apprécier le comportement du Ranger, qui est tout à fait correct. Si ce n’était la hauteur d’assise et le gabarit, force est de constater que l’on a l’impression de conduire un véhicule standard de la gamme légère. J’entends par là qu’il n’est pas question pour le Ranger de lutter avec les compactes, familiales ou routières affûtées de nos constructeurs, mais son comportement est honnête et sans pièges.

En tout terrain, c’est tout autre chose. Le Ranger est à l’aise, évolue sur le couple sereinement, et franchit sans broncher tant que sa garde au sol est suffisante. Le contrôle de la vitesse en descente est appréciable, 6 km/h par défaut, avec réglage possible via les commandes du régulateur de vitesse. La remontée des organes vitaux et le blindage associé permettent un passage de gué jusqu’à 80 centimètres, à faible vitesse. Toutes nos manœuvres ont été réalisées avec la monte en pneumatique d’origine, de diamètre 17 pouces sur notre finition Limited. Les mentions finales de l’essai reviennent à l’incrustation de l’écran de caméra de recul dans le rétroviseur central, ainsi qu’au judicieux choix d’éclairage des indicateurs avec une couleur "bleu océan" très apaisante.

Sur ce Ranger, FORD a su intégrer les améliorations nécessaires à la réalisation d’un véhicule homogène et efficace. Les marges de dimensionnement prises, les motorisations et boîtes de vitesses adoptées, les équipements associés font du Ranger un concurrent solide sur ce créneau des franchisseurs, parti à la conquête du marché en essayant de bousculer les références des marques nippones en particulier. Ceci étant, son tarif est un petit peu élevé, pour les versions du haut de gamme, même si l’apport technologique est ici fort appréciable. Souhaitons-lui bonne chance.   

Jacques FORGE

2012-01-01