RENAULT Clio RS 200 EDC

ESPACE SPORTIVE
  • Moteur / boîte EDC
  • Châssis / freins
  • Equipement
  • Esthétique
  • Budget (consommation, entretien, assurance)
  • Moins exclusive que la RS précédente

Prix : 24 990 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres 16 soupapes Turbo essence injection directe séquentielle
Cylindrée 1618 cm³
Puissance maxi 200 ch à 6000 tr/min
Couple maxi 24.50 mkg à 1750.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.09 m
Largeur 1.73 m
Hauteur 1.43 m

Poids

Total 1204 kg

Capacités

Coffre de 300 à 1146 dm³
Réservoir 45 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 230 km/h
0 à 100 km/h 6.70 s

Environnement

Emission CO2 144 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 5.10
Urbaine 8.10
Mixte 6.30
Essai 0.00

EPOUSTOUFLANTE !

Dans le segment très disputé des sportives du segment B, pas moins de dix concurrentes, la nouvelle Clio RS aura la lourde tâche de succéder à la Clio III RS, unanimement appréciée, et à toute une lignée de sportives populaires RENAULT, depuis la 4CV en passant par la mythique R8 Gordini. A l'occasion de la présentation à la presse de la nouvelle venue, nous avons eu le plaisir d'être invités à la prendre en mains sur le circuit de l'Ouest Parisien à Dreux. Voici le récit d'une journée riche en sensations.

Un peu de technique

 

Avant de nous la laisser piloter, l'équipe RENAULT nous a présenté la dernière réalisation de RENAULT SPORT. Par rapport à la précédente Clio III RS, le changement est radical. Un 1.600 cm3 suralimenté, future configuration des F1, remplace le deux litres atmosphérique et, grand changement également au niveau de la transmission, une boîte six robotisée à double embrayage prend la place de la boîte six manuelle précédente. Cette nouvelle mécanique développe quasiment la même puissance (200 chevaux au lieu de 203) qu'avant mais atteinte à 6.000 tr/mn au lieu de 7.100 et le couple bondit de 215 Nm à 5.400 tr/mn à 240 Nm à 1.750 tr/mn seulement. Par ailleurs, la masse à vide de la nouvelle a diminué de presque 40 kilogrammes. A l'énoncé de ces caractéristiques, on voit immédiatement que la Clio IV RS est moins pointue que la "III" et si les chiffres d'accélération évoluent peu - moins 2/10 de seconde de 0 à 100 km/h (en 6,7 s) - la sensation est différente du fait de la disponibilité immédiate du couple délivré par le turbo et de la réactivité de la boîte EDC qui permet des passages de vitesses très rapides (170 millisecondes en automatique mode Sport et 150 ms en mode manuel séquentiel).

 

Châssis "Sport" ou "Cup" ?

 

Autres spécialités RENAULT SPORT, le châssis, les liaisons au sol et les freins de la Clio ont été adaptés aux performances de la RS. Le châssis est proposé en deux définitions "Sport", permettant une utilisation routière relativement confortable, et "Cup" (option à 600 €), plus radicale, avec une flexibilité de suspension diminuée, une garde au sol abaissée de trois millimètres et le remplacement des déjà très performants 205/45R17 88Y par des 205/40R18 86Y sur des jantes larges de 7,5 pouces. Les freins sont confiés à quatre disques de grand diamètre (320 mm ventilés à l'avant et 260 mm à l'arrière) avec ABS, répartiteur électronique et AFU (Aide au Freinage d'Urgence). Puisqu'on en est à l'électronique, le système RS Drive gère l'antipatinage ASR, le contrôle de la stabilité ESP, la réactivité de la boîte EDC et la cartographie moteur suivant trois modes "Normal" pour une conduite douce au quotidien, "Sport" permettant une conduite très dynamique tout en conservant la sécurité d'un ESP permissif autorisant de belles dérives et "Race" coupant les aides électroniques et n'autorisant que le mode manuel pour changer les vitesses. Pour un départ "canon", on dispose du "launch control". Après avoir tiré simultanément les deux palettes des vitesses, le pied gauche sur la pédale de frein et le droit à fond sur l'accélérateur - le système limite le régime à 2.500 tr/mn - on lâche le frein et la RS part comme une flèche. Amusant, mais à faire dans un endroit dégagé !

 

En piste

 

Toutes ces explications ne font qu'augmenter mon désir d'être au volant, avec quand même une petite appréhension, il y a très longtemps que j'ai conduit sur piste et encore c'était avec une voiture beaucoup moins puissante (SIMCA Rallye II de 86 chevaux…). En prime, ce 26 février, la neige a blanchi le circuit. Heureusement, pendant le "briefing" une saleuse a noirci la piste. La journée a été remarquablement organisée, le service Presse RENAULT ayant mis à disposition des participants trois RS, une "Sport" conduite par un pilote instructeur et deux "Cup", reliées par talkie-walkie à la voiture de l'instructeur. Le moment tant attendu arrive enfin. Je m'installe, j'ajuste ma position de conduite et c'est parti pour un tour de chauffe et de découverte du circuit, l'instructeur nous faisant remarquer les repères de freinages et de trajectoires idéales. Le premier tour effectué, l'instructeur nous demande de passer en mode "Sport", d'utiliser les palettes de changement de vitesses au volant et d'accélérer le tempo. Le 1.600 ne demande que cela et atteint rageusement son régime maxi, ponctué par un rappel sonore et visuel pour passer le rapport supérieur. Pas pour longtemps, car au bout de la petite ligne droite une épingle serrée oblige à un gros freinage qui ne faiblira pas au fil des tours, malgré des sollicitations répétées, et à descendre deux vitesses avant de plonger à la corde. La RS pivote sans inertie, bien guidée par un train avant efficace et un essieu arrière qui participe à la mobilité de la voiture, et repart de plus belle vers le virage suivant. Elle bondit d'un virage à l'autre avec une agilité sans pareil et permet de négocier les courbes à grande vitesse malgré la piste mouillée. Devant, l'instructeur monte encore la cadence et je dois me concentrer pour suivre le rythme. Je prends de l'assurance, j'essaye de peaufiner mes freinages et mes trajectoires jusqu'au moment où j'aborde avec trop d'optimisme un virage qui se referme, lève le pied de l'accélérateur et m'offre un beau travers… Compte tenu que la piste est mouillée et froide, notre coach nous a recommandé de ne pas utiliser le mode "Race" qui déconnecte complètement l'ESP et l'ASR, ce qui m'a probablement évité un tête-à-queue. Ces quelques tours de piste ont été un moment de pur plaisir et je n'ai qu'une envie, recommencer ! Etant peu nombreux, nous avons eu la chance de pouvoir faire plusieurs séries, un vrai bonheur.

 

Equipements spécifiques

 

En versant moins dans l'ostentatoire que la précédente Clio III RS qui montrait ses "muscles", la RS se distingue des versions standard par plusieurs éléments de carrosserie et d'équipements spécifiques. Déjà, ce qui se voit le plus, la RS dispose d'un nuancier qui lui est propre, notamment le jaune Sirius des versions essayées (option à 1.600 € !). C'est vrai qu'elle "en jette" ainsi peinte, mais elle est aussi repérable de loin, y compris par les pilotes de la gendarmerie conduisant leurs Mégane RS, encore plus véloces que la Clio RS, avec dextérité… A l'avant, le bouclier reçoit une lame type F1 et un sigle RS sous le losange, maintenant de grande taille. L'arrière reçoit un diffuseur d'air dans la jupe et un aileron de toit assurant un appui aérodynamique à vitesse élevée, ainsi que deux sorties d'échappement carrées. A l'intérieur des sièges spécifiques, plus enveloppants, remplacent la sellerie classique et le volant à grosse jante et repère de position est débarrassé des inserts en plastique laqué, désagréables au toucher, des versions grand public. La RS bénéficie des mêmes équipements de confort que le reste de la gamme, climatisation automatique, système Média Nav, régulateur / limiteur de vitesse (indispensable sur autoroute !) et peut recevoir le RS Monitor 2.0 (option à 250 €), véritable système de télémétrie embarqué, affichant de manière très détaillée tous les paramètres de performances. Ces données sont enregistrables sur une clé USB (trois MO pour une heure de roulage) pour un "débriefing" après la course.

Que les aficionados des sportives RENAULT se rassurent et que les autres soient convaincus ! La dernière Clio RS, fabriquée à Dieppe dans le berceau des ALPINE et des F1, est digne de celles qui l'ont précédée. La Clio RS est époustouflante d'efficacité en conduite sportive et si ses réactions, lorsqu'elle est menée à la limite sur circuit, sont vives, pour la plus grande joie du pilote, la marge de sécurité sur route ouverte, due à la tenue de route, au freinage et aux reprises, est considérable. Elle devrait combler les sportifs amateurs de rallies ou de courses sur circuit (c'est à son volant que se disputeront l'Eurocup Clio et les championnats nationaux en 2014) et entre deux courses, elle sera utilisable au quotidien, grâce à la souplesse de sa mécanique, son habitabilité et son coffre de 300 litres. Par contre, malgré son prix accessible, il faudra prévoir un budget conséquent pour l'assurance, la consommation (les 6,3 l/100 km annoncés sont très théoriques) et le remplacement des pièces d'usure (pneus, freins, huile haut de gamme) si on sollicite généreusement la mécanique.

D. DECHENE

2013-02-26