PEUGEOT 508 RXH Hybrid 4 Féline

ESPACE HYBRIDE
  • Présentation
  • Agrément en ville
  • Confort
  • Boîte robotisée lente
  • Manque de dynamisme
  • Coffre

Prix : 42 600 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres thermique + Electrique Diesel suralimenté Injection rampe commune
Cylindrée 1997 cm³
Puissance maxi 163 ch à 0 tr/min
Couple maxi 30.60 mkg à 1750.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.79 m
Largeur 2.07 m
Hauteur 1.46 m

Poids

Total 1660 kg

Capacités

Coffre de 355 à 0 dm³
Réservoir 72 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 210 km/h
0 à 100 km/h 8.60 s

Environnement

Emission CO2 95 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 3.70
Urbaine 3.50
Mixte 3.60
Essai 5.30

FELIN ECOLO

Et une, et deux, et trois… PEUGEOT ! La marque au lion continue la déclinaison de son inédite plate-forme hybride maison électrique-Diesel avec son adaptation sur la carrosserie berline de la série 508 après la baroudeuse RXH. Cette dernière mouture, outre d'exercer un attrait certain pour les cadres stressés voulant améliorer l'humeur de leur patron grâce à une TVS allégée, vaut-elle le détour en-dehors de ce cas de figure pour un père de famille à sensibilité verte ? Nous allons essayer de le découvrir.

Classe discrète

Cette troisième déclinaison hybride de la gamme se veut la plus discrète possible : point de logos "Hy4" repris sur les portières sous les rétroviseurs, ni d'enjoliveurs de passages de roues pour ajouter une touche "d'off-road". Non, au niveau du look extérieur, cette grande et sage voiture se veut la plus proche possible de ses équivalents thermiques de finition équivalente, si ce n'est un petit logo sur la calandre indiquant le ramage de la belle. Notre modèle d'essai de finition "Féline" dispose de tous les attributs du haut de gamme : des phares xénons adaptatifs avec feux de jours à LED qui lui donnent un regard très futuriste, ainsi que des jantes en alliage de 17 pouces au dessin très réussi.

Confort sérieux

Les modèles "Hybrid4" étant positionnés vers le haut de gamme, seules les finitions hautes "Allure" et "Féline" sont disponibles sur ce modèle. La finition et l'équipement intérieurs sont donc déjà ceux d'une 508 d'un certain standing. Au niveau de la console centrale, la première différence se situe au niveau du dessin du petit levier de vitesses, spécifique aux modèles hybrides, ainsi que la grosse molette de sélection du mode de transmission. Cette molette permet de sélectionner le mode de fonctionnement de l'hybridation parmi quatre possibilités : ZEV pour une conduite en mode purement électrique, SPORT s'il vous prend l'envie d'utiliser les 200 chevaux de l'auto en polluant sans vergogne, 4WD pour activer la transmission intégrale, et enfin AUTO pour ne s'occuper de rien au quotidien ce qui reste le mode le plus utilisé. La seconde différence frappante apparait lorsque vos yeux se sont attardés sur les graduations du "compte-tours" du très réussi combiné d'instrumentation qui, regroupant les indicateurs de charge/décharge dynamique de la batterie et puissance moteur, vous suggère que cette auto a quelque chose de spécial sous le capot. Bien sûr pour les technophiles le système d'information tête haute sera du voyage : il est maintenant en couleurs et est couplé aux informations venant du GPS. Ce modèle propose en effet de série le système "WIP Nav Plus" dont l'écran principal sept pouces de haute définition est implanté dans le prolongement de la console centrale sur le tableau de bord.

L'équipement embarqué est donc un point fort de ce modèle, avec de surcroit dans cette finition, des sièges en cuir qui deviennent chauffants pour les froids matins d'hiver, des rideaux pare-soleil aux places arrière, l'aide au stationnement avant/arrière ainsi qu'une climatisation spécifique des places arrière afin d'en faire une voiture de maitre écolo-branchée. Le père de famille lambda appréciera la profondeur conservée du coffre, mais notera la hauteur diminuée par rapport au modèle thermique, la faute aux batteries ainsi qu'au système de propulsion électrique. Heureusement, bien qu'il s'agisse ici d'une berline tri-corps, la banquette arrière se rabat de façon asymétrique 2/3-1/3 afin d'y faire entrer des objets longs. Au chapitre de récriminations, on notera une ergonomie perfectible, que ce soit au niveau du manque de rangements ou bien de la multitude de boutons divers sur la console centrale comme sur le volant.

"Devil is in the details"

Le système hybride équipant ce modèle est identique à celui des 3008 et RXH. Prenant une voie différente de ce qui existe actuellement chez TOYOTA ou les moteurs essence et électrique sont en parallèle sur les roues avant, le système inventé par PEUGEOT couple le gros bloc HDi de 163 chevaux à l'avant et un moteur électrique de 37 chevaux à l'arrière. Ceci a plusieurs avantages, dont celui de disposer en bonus d'une transmission intégrale en cas de besoin sur route glissante, par exemple, une ou deux fois l'an, lorsque notre cadre stressé ira se détendre au ski.

L'agrément du système est assez exceptionnel en ville. Le couple de moteurs s'entend bien et fonctionne efficacement sans trop d'à-coups, le démarrage haute tension du moteur HDi, également proposé sur les version eHDi, constituant assurément une maitrise actuelle du groupe PSA. Les évolutions à basse vitesse ainsi que les manœuvres se font principalement en mode électrique dans un silence appréciable. Une fois lancée, et à condition que les batteries soient bien chargées, cette voiture est également capable de croiser à 50 km/h moteur thermique coupé en toute "zénitude". 

Le tableau se dégrade cependant en forçant un peu l'allure. Il y a tout d'abord le surpoids par rapport à la version HDi classique, qui se sentira principalement lors des mises en virage et changements d'appui. Il y a surtout cette boîte robotisée, lente et indécise, qui pénalise véritablement le dynamisme de l'auto et à la place de laquelle nous aimerions trouver un système double-embrayage que PEUGEOT tarde à développer. Les trous d'accélération provoqués par ce système sont en partie gommés, à accélération modérée, par le moteur électrique, mais sa lenteur se fait énormément ressentir en conduite sportive. Le mode "Sport" transfigure effectivement le comportement de l'auto au niveau du dynamisme moteur, mais les passages de vitesse cassent complètement le tableau, même en utilisant les palettes. Comme sur le 3008 Hybrid4 sur lequel nous vous avons déjà proposé un article en avril 2012, nous nous interrogeons donc sur la pertinence du choix d'un moteur thermique aussi puissant là où un moteur "détaré" mais optimisé pour la consommation aurait peut-être suffit, car enfin la quiétude apportée par cette auto en conduite calme et raisonnable vaut le détour. De plus, l'autonomie en mode tout électrique s'avère trop réduite par rapport à une concurrence de plus en plus "branchée" en Plug-In Hybrid ou hybride rechargeable.

Au final le gain en consommation en conduite mixte est trop faible pour être réellement valorisé, ceci constituant assurément un point faible de cette auto. Cependant nous avons réalisé 5,3 lires aux cent kilomètres sur un parcours avec 50% d'autoroute, ce qui constitue une valeur plus qu'honorable pour une auto de ce gabarit mais résultait également d'une conduite adaptée. Afin d'optimiser son bilan écologique à l'heure où le Diesel semble de plus en plus remis en cause, et alors que ses concurrents parient sur des techniques d'hybridation basées sur des moteurs à essence, un système "NOx-Trap" devra sans doute être ajouté par PEUGEOT sur ce véhicule.

Ce système hybride paye-t-il sa place ? Pour y répondre il faut considérer son agrément en ville et la présence en bonus d'une transmission intégrale ainsi que les aides gouvernementales actuelles ajoutées aux remises accordées par certains concessionnaires ou sites internet. D'un autre côté, il faut considérer l'agrément de conduite limité sur route ainsi que la faible autonomie en mode pur électrique alors que les concurrents vont prochainement mettre sur le marché des hybrides rechargeables. Il restera donc à PEUGEOT à corriger dès que possible, l'agrément de sa boîte robotisée pour que cette 508, confortable et bien finie, aille en remontrer à une concurrence de plus en plus affûtée. 

F. JOUSSET

2013-01-30