AUDI A8, A8L et S8

ESPACE Grande berline
  • Niveau de qualité
  • Vitrine technologique
  • Sécurité active
  • Choix et niveau des motorisations
  • Consommation
  • Ecran GPS non tactile
  • Ligne un peu trop sobre

Prix : de 85 400 € à 153 700 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 8 cylindres en V - turbo à injection indirecte d’essence
Cylindrée 3993 cm³
Puissance maxi 520 ch à 5800 tr/min
Couple maxi 66.28 mkg à 1700.00 tr/min

Dimensions

Longueur 5.15 m
Largeur 1.95 m
Hauteur 1.46 m

Poids

Total 1990 kg

Capacités

Coffre de 0 à 520 dm³
Réservoir 82 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 250 km/h
0 à 100 km/h 4.10 s

Environnement

Emission CO2 225 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 7.30
Urbaine 13.60
Mixte 9.60
Essai 0.00

C'EST QUI LE PATRON ?

Présentée au dernier Salon de Francfort, la nouvelle AUDI A8 arrive sur nos routes. Nous avons eu le privilège d’essayer six motorisations sur les routes allemandes. Cela pourrait paraître démesuré. Pas du tout, chacune répond à une attente ou une logique de marché différente. Tous les goûts sont servis.

Evolution en douceur

Comme sait si bien le faire AUDI la ligne évolue mais en douceur. Le capot arbore une double nervure. La calandre et l’ensemble de la face avant sont modernisés, aidés en cela par des blocs phares élégants. Les feux arrière sont affinés, également un clin d’œil à l’A7 sur le profil arrière via l’arrête verticale du coffre. Les sorties d’échappement sont trapézoïdales. L’A8 en impose mais reste sobre. Difficile de faire son choix parmi les modèles de jantes proposés, la monte peut grimper jusqu’à 21 pouces. Cinq nouvelles couleurs sont disponibles. Avec les différentes teintes et qualités de sellerie et de boiseries ou inserts décoratifs, les combinaisons sont innombrables, de quoi satisfaire une clientèle exigeante.

Malgré ses 5,14 mètres de long et la transmission intégrale systématique, l’A8 oscille entre 1.830 et 1.990 kg selon les versions. Paradoxalement, ce n'est pas la A8L la plus lourde mais la S8. Le poids reste relativement modéré grâce à l’utilisation massive d’aluminium. La coque est entièrement fabriquée avec ce matériau. Elle est construite selon la technologie AUDI Space Frame (ASF) et ne pèse que 231 kg. Cela permet d'éviter le surpoids généré par la pléthore d'équipements embarqués.

La taille du coffre est généreuse avec 520 dm3 et profite d’un accès élargi par rapport à l’ancienne version. Le volume reste identique sur la version longue A8L. L'espace supplémentaire est dédié aux places arrière par allongement de l'empattement de 14 centimètres.

Innovation et sécurité

Après avoir inauguré la technologie LED sur les feux de jour, puis les feux "full LED", AUDI maintient son avance en inaugurant les feux Matrix LED. Tout d'abord, un effet esthétique intéressant avec le clignotement fluide qui indique le sens dans lequel vous allez tourner. C'est joli mais pas révolutionnaire. L'innovation la plus intéressante se situe sur le plan de la sécurité. Non contents de mieux éclairer que des phares Xenon, ce nouveau système tient compte d'informations captées par le véhicule. L'éclairage en mode phare fait appel à cinq pavés de cinq LEDs spéciales, d'où l'expression Matrix. Ces diodes sont capables de s'allumer ou de s'éteindre en fonction des informations reçues. C'est là où cela devient intéressant. Si la camera logée dans la calandre capte un signal lumineux, le faisceau dans cette direction s'éteint. En pratique, cela veut dire que vous pouvez rester en pleins phares sans éblouir un véhicule ou un cycliste roulant en sens inverse. Impressionnant ! Mais comme les animaux et les piétons ne pensent pas toujours à circuler la nuit avec un éclairage, les ingénieurs allemands ont trouvé la parade. La caméra infrarouge longue portée détecte les sources émettant de la chaleur et affiche la vision nocturne au tableau de bord. Le sujet détecté reçoit en plus un triple flash lumineux et un signal sonore pour l'avertir. La reconnaissance de silhouette n’est pas encore disponible pour personnaliser le message d’alerte au sujet détecté. Les feux utilisent également les données du GPS pour anticiper l'éclairage latéral à l'approche d'un virage. Avec cette combinaison, AUDI est le premier à proposer un phare réellement intelligent qui de surcroit apporte une valeur ajoutée à la sécurité. Cet équipement est de série sur la finition AVUS Extended et ne représente qu'un surcoût de 970 € sur la finition intermédiaire AVUS.

La préoccupation vis à vis de la sécurité ne s’arrête pas là, elle est omniprésente. Tous les systèmes désormais classiques tels que la détection d'angle mort ou d’alerte de franchissement de ligne sont présents. Celui d'assistance au freinage va plus loin qu'à l'accoutumée. Ce système "distance control" mesure la distance avec le véhicule qui vous précède, freine de façon progressive et surtout accélère et redémarre seul si le véhicule précédant s'arrête et repart. Combiné avec le coup de volant évitant le franchissement de ligne, vous êtes comme dans une rame de métro automatique mais dans une ambiance un brin plus cossue.

L'affichage tête-haute va plus loin que la moyenne. En plus de la vitesse instantanée, il comprend un rappel de la direction du système de navigation et la vitesse limite sur l'axe emprunté. Les limites de vitesse affichée ne viennent pas d'une base de données difficile à tenir à jour mais d'une lecture optique des panneaux. L'intérêt est énorme. Vous bénéficiez de l'information la plus à jour qui soit. C’est très utile lorsque vous traverser une zone de travaux.

Classe affaires

Les équipements de confort sont dignes de la classe affaire dans une cabine "Emirates" d’un AIRBUS A380. Pour répondre à l’utilisation avec un chauffeur, les passagers arrière sont choyés. Sur la version longue, les sièges et les repose-pieds sont réglables électriquement pour adopter une position de repos tout en profitant du grand écran LCD connecté en sirotant une coupe de champagne sorti bien frais du réfrigérateur caché à la place de la trappe à ski.

Le summum des attentions aux passagers est le refroidissement de l’habitacle lorsque le moteur est arrêté. Sans système auxiliaire vous auriez vite fait de vider la batterie. C’est le toit ouvrant qui entre en jeu. Il est équipé de cellules photovoltaïques qui alimentent un système de ventilation.

La qualité sonore du système audio Bang & Olufsen est remarquable. Les 19 haut-parleurs délivrant 1.400 W vous plongent dans une ambiance digne d’une salle de concert. Cerise sur le gâteau, les grilles de hauts parleurs sont en métal satiné et les diffuseurs de hautes fréquences sur le tableau de bord donnent une touche hi-tech en plus de leur performance sonore.

Malgré un pavé tactile avec reconnaissance des caractères, le système multimédia MMI ne brille pas par son ergonomie. Il impacte négativement la conduite en obligeant le conducteur à lâcher le volant plus longtemps qu’avec un écran tactile. Il gagnerait à fonctionner avec écran de ce type plutôt qu’avec une molette et quatre boutons.

La qualité des matériaux et des assemblages est remarquable. Le plus compliqué doit être de faire son choix parmi toutes les possibilités.

Les prix s’échelonnent de 85.400 à 153.700 € selon la version mais nous ne nous attarderons pas sur des considérations aussi futiles lorsqu’il est question d’une telle auto.

Le grand pardon

Sur la route, l’A8 est redoutable. Grâce à la douceur des commandes et à des assistances comme la vision panoramique pour le stationnement, les 5,14 mètres de long s’oublient naturellement. Un ensemble de caméras filmant tout autour du véhicule permet de reconstituer sur l’écran, une image vue de dessus avec une vision à 360°. Plus un obstacle ne vous échappera durant les manœuvres. Nous passerons sur le Park Assist capable de réaliser les créneaux à votre place. Il tient plus du gadget. Encore qu’avec une auto de cette taille cela peut avoir du sens. Mais cela ne reste pas très glorieux pour son conducteur, surtout que celui qui roule en A8 est fier par nature.

Cependant, il ne faut pas forcément être un conducteur aguerri pour se faire plaisir à son volant. Les assistances corrigent vos défauts de pilotage et votre manque d’attention en temps réel. Par exemple, vous pouvez accélérer un peu trop tôt et un peu trop fort en sortie de courbe, l’A8 vous le pardonne. Qui a dit que l’on ne pouvait pas mettre une auto de 500 chevaux entre toutes les mains ? Un avantage de taille face à une concurrence qui a du mal à se sortir de la culture "propulsion". Attention quand même à l’excès de confiance et surtout à l’inconscience. Les correcteurs de comportement et la transmission Quattro ne peuvent quand même pas tout rattraper. Mais vu la facilité avec laquelle on atteint des vitesses très élevées sans s’en rendre compte, il vaut mieux que la limite ne soit pas franchie.

Six motorisations essayées

Les motorisations essayées sont déjà toutes conformes à la norme Euro 6. Le V6 3.0 TFSI (310 chevaux - essence), sans être le plus puissant de la gamme, procure une belle mélodie lors de la montée dans les tours, un couple honorable et une consommation modérée. C’est le choix de la raison en essence., Le V8 4.0 COD (435 chevaux - essence) dispose d’un fonctionnement sur quatre pattes lors des phases de faible sollicitation, de quoi réduire la consommation. Le passage du mode 4 à 8 cylindres est imperceptible. Les bruits de fonctionnement en mode quatre cylindres sont gommés par un système acoustique d’atténuation sonore comme sur les casques audio dernière génération. Lorsque vous désirez faire parler la poudre, le V8 répond présent dans un pur feulement bien plaisant. C’est le compromis idéal en essence.

Le 3.0 TDi (258 chevaux - Diesel), c’est le chameau de la famille. Il revendique 5,9 litres en mode mixte. Avec 155 g/km, les rejets de CO2 sont à un niveau remarquablement bas pour un tel moteur. Par comparaison, c’est moins qu’une RENAULT Laguna dCi 175 Automatique, créditée de 159 grammes. C’est le choix de la sobriété. Mais difficile de ne pas craquer pour un des V8 lorsque vous les avez essayés. Le V8 4.2 TDI (385 chevaux - Diesel), d’une puissance respectable, brille surtout par son couple. Il est "camionesque". C’est le plus reposant en circulation périurbaine tout en restant redoutable pour les voyages au long-cours.

Le V8 turbo de la S8 (520 chevaux - essence) est le plus pimenté comme on pourrait s’en douter. C’est un régal de monter les huit rapports ou de rétrograder avec les palettes au volant. Une incitation à la vitesse indécente. A noter également que tous ces moteurs consomment peu en comparaison aux performances délivrées. Même en sollicitant ce moteur surpuissant, la consommation ne dépasse pas 14 litres. Capable de 4,1 secondes de 0 à 100, c’est mieux qu’une BMW M5 de 560 chevaux qui ne réalise qu’un petit 4,5 secondes sur le même exercice, merci à la transmission Quattro.

Le W12 de l’A8L (500 chevaux - essence) est le plus onctueux de tous. Sa cylindrée de 6.3 litres et son couple généreux sans l’aide d’un turbo, lui procurent une souplesse et une linéarité inégalables. Pour limiter la consommation, cette motorisation dispose également d’une désactivation partielle des cylindres.

L’AUDI A8 est une débauche de technologie et de raffinement. Après avoir conduit une A8, il en devient presque risqué de repasser à une autre auto ! Elle rate la cinquième étoile de peu, à cause de sa ligne un peu trop sobre. Le mix équipements, qualité, motorisations, transmission procurent à l’A8 de sérieux atouts pour devenir LE carrosse des chefs d’entreprise.

Olivier JANIAUD

2013-10-31