RENAULT Captur 1.5 dCi 90 Intens EDC

ESPACE SUV Compact
  • Design avenant
  • Dynamisme
  • Praticité
  • Plastiques de l'habitacle
  • Pas de Stop&start
  • Consommation en hausse

Prix : 23 100 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres K9K - 8 soupapes - Diesel turbo injection directe rampe commune
Cylindrée 1461 cm³
Puissance maxi 90 ch à 4000 tr/min
Couple maxi 22.44 mkg à 1750.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.12 m
Largeur 1.78 m
Hauteur 1.57 m

Poids

Total 1180 kg

Capacités

Coffre de 377 à 1235 dm³
Réservoir 45 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 171 km/h
0 à 100 km/h 13.10 s

Environnement

Emission CO2 103 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 3.60
Urbaine 4.60
Mixte 3.90
Essai 5.20

ATTRAPPE-COEUR !

RENAULT a longtemps hésité avant de se mettre au 4x4 puis au SUV. Timidement d'abord en 2008, avec le Koleos doté d'une plateforme d'origine NISSAN ou indirectement ensuite avec le DACIA Duster. Puis ces dernières années, notre champion national a fait son coming-out conceptuel avec des modèles originaux comme le dernier Scenic XMOD héritier du RX4, ou ce nouveau Captur qui, à la différence de son grand frère, est bien un modèle à part entière et non une version dérivée. Présent depuis avril 2013 sur nos routes, ce petit SUV craquant à souhait, cousin du NISSAN Juke, propose depuis peu une boîte double-embrayage EDC couplée à l'efficace moteur 1.5 dCi. L'occasion de faire connaissance…

Du charisme à revendre

Sculptural… C'est pourtant bien ce mot qui vient à l'esprit en découvrant ce véhicule urbain reprenant les codes du concept-car présenté en février 2011 et invitant à partir à l'aventure à deux, ou un petit peu plus…. Le mélange, bien dosé et campé sur quatre grandes roues, d'une garde au sol relevée de SUV, du pare-brise avancé d'un monospace et de l'encombrement d'une petite berline ne conduit pas à un mélange des genres mais à un ensemble cohérent de petit crossover urbain paraissant bien plus gros qu'il n'est en réalité. Les porte-à-faux sont très courts et accentuent l'effet visuel d'un véhicule prêt à bondir. Le trois quart arrière met en évidence des portes débordant très largement sur les ailes, et souligne le travail très probablement effectué sur les emboutis de carrosserie et l'aménagement de la zone. Bien sûr le logo "king size" orne la face avant comme les dernières créations de la marque et des flancs musculeux masquent les voies élargies.

Sur notre version d'essai "Intens", les vitres arrière fumées et la livrée bicolore à toit ivoire ajoutent la petite touche branchée dans l'air du temps. Notre voiture était parée d'un magnifique bleu marine "fumé", bien que la couleur de lancement officielle de cette voiture soit un orange métallisé très réussi dénommé Arizona. Les jantes sont également personnalisables, entre noir, ivoire ou orange, ainsi que les différents inserts extérieurs ou intérieurs. Nous allions oublier les strippings de toit ou de capot. La personnalisation de ce modèle rejoint donc des productions comme la FIAT 500 ou la CITROËN DS3. Autant dire que la deuxième "vraie" réalisation du nouveau chef designer de RENAULT, Laurens Van den Acker, signe un renouveau stylistique de la marque au losange et que la clientèle ne s'y trompe pas, le Captur ayant fait une entrée tonitruante sur le marché français depuis sa commercialisation, à l'inverse d'un certain Modus qu'il remplace partiellement et qui n'avait jamais vraiment réussi à trouver son public.

Pour résumer avec son toit blanc sur ses flancs bien dessinés, ce Captur nous fait penser à un beau mannequin musclé en marcel blanc : mesdames, vous allez a-do-rer!

Mais dans le segment B

Ce véhicule étant basé sur la plate-forme B de la Clio 4, il ne faut pas espérer de miracle en ce qui concerne l'habitabilité malgré les voies élargies et l'empattement allongé. Il s'avère en effet plus étriqué à l'intérieur qu'il ne parait visuellement. Les places avant, habituellement soignées, ne souffrent cependant pas de critique sur la place disponible et la position de conduite, si ce n'est l'absence d'accoudoir central où poser le bras droit réservé à la gamme supérieure. A l'arrière par contre la place aux jambes est mesurée, ainsi que la largeur et la garde au toit pour y loger des adultes. Ne parlons pas du coffre qui, s'il est bien suffisant pour les courses de la semaine grâce à un compartimentage facile et efficace assuré par une tablette amovible, ne peut contenir les vélos pour la balade dominicale en forêt. Heureusement sa praticité de tous les jours est grandement assurée par la présence d'une banquette arrière coulissante, dans la pure lignée des voitures à vivre.

Au niveau de l'équipement et de l'intérieur d'habitacle, on trouvera de très bonnes idées comme ces habillages de sièges déhoussables et lavables, une fonctionnalité intelligente pour un véhicule à vocation typée "outdoor". Nous avons également remarqué le grand tiroir faisant office de boîte à gants côté passager, ainsi que les multiples rangements présents dans l'habitacle comme celui positionné en haut de la console centrale, pardon du "totem central", afin de ranger lunettes de soleil et autre téléphone portable.

Certaines petites mesquineries déçoivent ou agacent cependant, tout en nous rappelant que ce Captur fait bien partie de la gamme Clio. L'ouverture sans clé de la voiture ne dispose pas de capteurs intégrés aux poignées comme sur les Megane ou Laguna. Il faut donc à chaque fois appuyer sur un petit bouton en plastique noir positionné sur les poignées avant. De même les lève-vitres impulsionnels brillent par leur absence. Enfin on regrettera que les plastiques intérieurs ne soient pas aussi agréables au toucher qu'ils en ont l'air. De petits détails, certes…

Heureusement notre modèle d'essai était équipé de l'option "R-Link", système audio-navigation de dernière génération disponible sur la plupart des véhicules de la marque au losange, et dont nous vous avions déjà vanté les mérites lors de l'essai du Scenic XMOD. Pas de surprise donc dans les performances de ce système connecté doté d'un grand écran de sept pouces, comme sur la Clio, si ce n'est une qualité sonore qui nous a semblé sensiblement en retrait par rapport à l'option BOSE disponible sur le Scenic. De plus, passé les six premiers mois d'utilisation gratuite, l'accès à l'ensemble des services connectés (trafic, alertes Coyote, météo, applications, etc…) nécessitera un abonnement annuel. L'agrément est cependant réel et le système paye sa place, ne serait-ce que par les alertes Coyote disponibles concernant les zones de danger. Pour notre part nous avons beaucoup joué pendant l'essai avec l'application de mesure de la qualité de l'air environnant, ainsi qu'avec "Driving ECO2" qui mesure votre performance écologique de conduite et la visualise par une feuille verte plus ou moins grosse selon votre green-attitude. Au chapitre de l'écologie, ce petit SUV revendique d'ailleurs 16% de ses plastiques issus du recyclage, soit environ 32 kg. De plus, 85% de ses plastiques sont annoncés recyclables en fin de vie par le constructeur.

Fausse tenue de sport

La particularité de notre modèle d'essai était la présence de la boîte à double-embrayage "Efficient Dual Clutch". Celle-ci n'est pour le moment associée qu'au moteur K9K 1.5 dCi 90 sur ce modèle. Il ne s'agit malheureusement pas de la version "Energy" de ce bloc, donc il vous faudra oublier la récupération d'énergie au freinage ainsi que le Stop&Start en ville, à l'opposé des versions à boîte mécanique. Un mode "ECO" est cependant disponible afin d'optimiser la consommation en échange d'une limitation des performances et du confort thermique, mais ce modèle reste bien au-dessus en consommation de celui doté du "dernier" 1.5 dCi Energy associé à une boîte manuelle cinq vitesses. Dommage…

La boite EDC se caractérise principalement par son confort d'utilisation avec des changements de vitesse quasi-instantanés sans perte de couple, comme d'usage pour ce type de système. Cette célérité de la transmission semble donc procurer en ville au petit dCi beaucoup plus que les 90 chevaux qu'il revendique. Le réglage des lois de pilotage nous a cependant semblé un petit peu lâche la voiture patinant sensiblement au démarrage, en particulier lorsqu'il vous prend l'envie de mettre les gaz, et la boîte perdant alors de sa réactivité et de sa lucidité. Enfin, RENAULT n'a pas doté ce modèle de palettes au volant, le mode de changement manuel de vitesses s'activant uniquement au levier.

Rien à signaler au niveau du comportement, dynamique mais sans surprise car très progressif, aidé sans doute par le poids contenu de l'auto. Le confort est également de bon niveau, plutôt moelleux. On notera la présence d'une aide au démarrage en côte, et d'un système anti-retournement en cas d'angle de roulis trop important.   

Joli design, puissance limitée et comportement souple et sûr… Ce Captur fait assurément plus dans le plumage que le ramage mais ce petit SUV possède de réelles qualités à commencer par une praticité exemplaire et des prestations encore améliorées par la fluidité de cette boite EDC malgré une réactivité perfectible. Il vous restera cependant toujours à trancher le dilemme entre des consommations optimisées en boite manuelle et le confort de conduite d'une transmission automatique moderne. 

Frederic JOUSSET

2014-03-13