FORD Focus Electric

ESPACE Compacte
  • Confort de conduite
  • Performances en ville
  • Autonomie trop faible
  • Recharge interminable
  • Coffre petit et peu pratique
  • Tarif exagéré

Prix : 32 990 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type Electrique
Cylindrée 0 cm³
Puissance maxi 143 ch à 0 tr/min
Couple maxi 25.50 mkg à 0.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.39 m
Largeur 1.82 m
Hauteur 1.48 m

Poids

Total 1674 kg

Capacités

Coffre de 316 à 1101 dm³
Réservoir 0 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 136 km/h
0 à 100 km/h 11.00 s

Environnement

Emission CO2 0 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 0.00
Urbaine 0.00
Mixte 0.00
Essai 0.00

UN CONCEPT A AMELIORER

Puisque c’est la mode il faut l’avouer, et que la majorité des constructeurs généralistes ont déjà présenté ou s’apprêtent à le faire, FORD a récemment dévoilé sa première voiture tout électrique de série, sur base Focus. Rien de nouveau côté concept, la Focus dispose de deux moteurs électriques couplés aux roues avant, ainsi que des batteries dissimulées dans le coffre et une prise pour la recharge à l’avant gauche du véhicule. La FORD ne se recharge pour le moment que sur une prise classique, plutôt pratique, mais c’est bien sûr au détriment de la durée de charge.

Une expérience toute… nouvelle 

Je démarre avec joie une nouvelle expérience automobile avec mon premier essai d’une voiture électrique. Je débranche la prise, la range à l’arrière accompagnée de son adaptateur plutôt volumineux d’ailleurs, m’installe et démarre et là comme prévu, pas un bruit. Dès les premiers tours de roues, côté silence, c’est le top ! Jusqu’à 50 km/h je peux même entendre le tic-tac de ma montre. Cette sensation est vraiment très agréable en ville. Par contre, passé 100 km/h, à régime établi, on sent beaucoup moins cette différence avec un moteur à combustion discret, car le plus gros du bruit à cette vitesse, bien présent dans cette Focus, vient plutôt du roulement ou de l’aérodynamique. 

Amusante à conduire

En conduite, la poussée du moteur n’a rien à voir avec celle d’une voiture normale. Le moteur pousse immédiatement, avec un couple constant, sans avoir besoin de passer la moindre vitesse, et tout ceci dans un léger sifflement moins gênant que ce à quoi je m’attendais. Ce qui surprend également, mais qui devient assez motivant, c’est la récupération de l’énergie dès qu’on lâche l’accélérateur. Cette opération provoque un frein moteur très important, le but est de ne plus freiner mais de décélérer au maximum pour économiser de l’énergie. Malgré les 200 kg d’embonpoint sur la balance, le châssis est à la fois confortable et précis, comme la direction qui a tout de même la mauvaise idée de devenir trop légère lorsqu’on accélère un peu fort en sortie de virage. La faute est à attribuer au couple important difficile à passer aux seules roues avant motrices, chaussées en 215 pour l’occasion.

A vivre : Une Focus avec quelques concessions à faire

Pas de surprise à l’intérieur, on retrouve tout l’environnement de la Focus "classique" en finition Titanium suréquipée par le GPS, la caméra de recul, les rétroviseurs extérieurs rabattables et les essuie-glaces à déclenchement automatique. La planche de bord est plutôt bien assemblée mais conserve une ergonomie compliquée. Seul l’affichage est spécifique avec deux écrans, de chaque côté du compteur lui aussi spécifique. Ils sont là pour donner toutes les informations relatives à votre consommation d’énergie, l’autonomie restante et les gains ou perte d’autonomie engrangés depuis le départ. FORD a même ajouté un côté ludique à l’éco conduite en faisant apparaitre un papillon pour chaque kilomètre gagné. L’habitabilité de la Focus, dans la moyenne, est par contre handicapée par un coffre amputé de 75 litres par l’emplacement des batteries. Rien ne sert non plus d’imaginer rabattre les sièges arrière pour obtenir un plancher plat puisque celles-ci sont placées juste derrière la banquette.

La calandre spécifique qui préfigure le facelift dévoilé à Genève de toute la gamme Focus m’a finalement fait regretter le côté sportif du modèle actuel et son dessin d’optique très réussi. Une question de goût voilà tout. Mais dans cette livrée "vert d’eau", cette Focus électrique fait un peu plus discrète et "écolo".

Et là, à l’usage, c’est le drame

Cette Focus, à mon avis comme toutes ses concurrentes "tout électrique", réserve tout de même son (gros) lot de déception à l’usage. Tout d’abord le temps de charge me semble interminable avec quasiment 10 heures nécessaires, sur une prise classique 220 V, pour recharger complètement les 23KW/h des batteries. Il faut bien entendu réserver cette corvée à la nuit. Grâce à une option facturée 250 € pour le câble spécifique et au moins 600 € pour l’installation d’une borne de recharge rapide, cette durée peut descendre théoriquement aux alentours de six heures.

Ensuite, côté autonomie, FORD nous annonce un chiffre plus qu’ambitieux de 162 kilomètres. Mais pour un non initié à la conduite électrique que je suis, l’autonomie n’excédera pas 100 kilomètres, c’est seulement en coupant tout chauffage ou même ventilation et en roulant 20 km/h en dessous des limites de vitesse sur les voies rapides que l’on peut espérer atteindre 120 kilomètres. C’est clairement trop juste pour des grandes distances, on se surprend à penser sans cesse "autonomie" et donc à réfléchir à une possibilité de recharge ou à calculer le nombre de kilomètres restant à faire dans la journée. Jamais je ne me serais imaginé devoir conduire en permanence sans chauffage à 110 km/h sur la file de droite de l’autoroute ! Cela peut vite se transformer en une vraie prise de tête permanente si on ne s’est pas un peu organisé. C’est clairement à la fois une nouvelle expérience de conduite et une nouvelle façon de conduire pour réduire le stress de la "panne sèche".

Finalement, au-delà des qualités intrinsèques de la Focus, qui ne sont pas remises en cause ici, cet essai est donc une vraie déception pour qui n’a pas l’habitude rouler en 100% électrique. Comme dans la plupart des cas, les données économiques n’encouragent pas encore assez de faire le pas. Le prix de 32.990 € (presque 10.000 € de plus qu’une NISSAN Leaf…) bonus écologique de 7.000 € déduit, est encore dissuasif, même avec un plein à 1 €. On rêve toujours d’une voiture électrique avec un temps de recharge d’une heure, une autonomie et un prix plus raisonnables !

Richard STROESLER

2014-04-10