RENAULT Megane Cabriolet 1.2 TCe 130 GT-Line

ESPACE Cabriolet
  • Confort
  • Présentation
  • Toit rigide
  • Moteur timide
  • Consommations
  • Rigidité caisse

Prix : 29 950 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres, 16 soupapes - Turbo Injection Directe essence
Cylindrée 1198 cm³
Puissance maxi 130 ch à 5500 tr/min
Couple maxi 20.90 mkg à 2000.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.49 m
Largeur 2.07 m
Hauteur 1.43 m

Poids

Total 1547 kg

Capacités

Coffre de 211 à 417 dm³
Réservoir 60 L
Nb de places 4

Performances

Vitesse maxi 200 km/h
0 à 100 km/h 11.00 s

Environnement

Emission CO2 145 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 5.50
Urbaine 7.90
Mixte 6.40
Essai 6.80

ELLE ENLEVE LE HAUT

Même si les cabriolets à toit rigide ont actuellement moins la cote que les modèles aventureux et baroudeurs de type SUV, ces vrais véhicules de loisirs continuent à garder leur clientèle désireuse de rouler sans aucune contrainte les cheveux au vent, de préférence en bord de mer. De plus, bien que l'air du temps soit plus au retour de la capote lorsqu'il faut sortir couvert, RENAULT a choisi pour la troisième génération de cabriolet Mégane de rester fidèle à la recette inaugurée en 2003 sur la deuxième génération et a doté cette auto d'un toit rigide rétractable. Restylée début 2014 avec l'ensemble de la gamme Mégane pour arborer la nouvelle identité visuelle et dotée de nouvelles motorisations, a-t-elle toujours autant de sex appeal?

Restylage inspiré

Les modes passent, et celle des coupé-cabriolets à toit rigide n'a pas fait exception à la règle. Ces voitures hybrides ayant pour but d'offrir le meilleur de deux concepts se sont fait plus discrètes ces derniers temps, mais font toujours partie des catalogues bien fournis.

Dernière silhouette du renouvellement de la gamme, miss CC adopte donc la nouvelle face avant voulue par les équipes de Design RENAULT et leur talentueux patron. Articulée autour d'un logo "king size" verticalisé et posé sur un fond noir brillant comme l'emblème d'une fierté retrouvée pour la marque au losange, elle s'étire également en largeur avec de nouveaux feux très effilés et apparemment moins hauts que précédemment. Le bouclier avant est lui aussi redessiné, voire spécifique pour notre finition d'essai GT-Line. Bien que les ailes avant demeurent inchangées, ce nouveau nez apparait beaucoup plus musculeux, voire dynamique, que l'ancien. Il faut dire que la face avant de cette Mégane 3 ne brillait pas par son caractère. Pour l'avant, c'est donc à notre sens une réussite.

Pour cette nouvelle phase de la Mégane 3 le reste de la ligne demeure inchangé. Ce n'est pas forcément un mal pour les faces latérales, tant RENAULT avait réussi une ligne relativement harmonieuse pour souligner l'espace découvrable au niveau de la ceinture de caisse. Vue de profil, les poignées de portes donnent cependant l'impression d'être disposées un peu bas sur la portière, et pour notre part nous n'apprécions que moyennement les feux arrières remontant autant sur la porte de coffre. Enfin au niveau des volumes il n'y a pas de miracle : il faut bien loger dans le coffre le toit rigide replié et malgré tous les efforts des designers, cette voiture garde un arrière... enveloppé. C'est d'ailleurs pour cela qu'actuellement les capotes souples renforcées reviennent sur le devant de la scène (AUDI A3, VW Golf, OPEL Cascada…) lorsqu'il s'agit d'essayer de faire un design le plus fluide et enlevé possible, mais à notre sens, le toit rigide reste un vrai plus en termes d'insonorisation, de sécurité et de confort.

Enfin la finition GT-line, outre un bouclier avant différent quant à l'implantation des antibrouillards, propose une personnalisation extérieure basée sur des coques de rétroviseurs grises, des jantes aluminium grises spécifiques de dix sept pouces ainsi qu'un "extracteur d'air" en bas de bouclier arrière plus esthétique que réellement fonctionnel étant donnée la puissance de l'auto.

Intérieur accueillant… à l'avant !

L'intérieur a lui aussi été revu lors de ce restylage. La planche de bord assez épurée et réussie de la berline est conservée, à l'exception du combiné d'instruments qui revient au classique double-compteurs aiguilles après une incursion dans le digital. Comme sur le reste de la gamme, le système R-Link, un ensemble multimédia connecté avec écran couleur tactile, fait son apparition en option avec ses qualités d'ergonomie et de fonctionnalité. Il amène également ses défauts comme une implantation d'écran fixe et disgracieuse sur ce modèle ou la nécessité de payer un abonnement annuel et la mise à jour des cartes pour profiter pleinement de ses services. L'intérêt de la finition "GT-Line" réside ici dans l'habillage des sièges avec un mix de cuir et de tissu à l'aspect solide et agréable. Quelques touches sportives viennent également égayer l'habitacle comme un pédalier en aluminium digne d'une ALPINE, ainsi que des inserts de planche de bord imitation carbone avec un petit liseré rouge.

La pièce maitresse de cette voiture reste cependant son toit en verre, qui est livré avec un velum bienvenu lorsque le soleil tape trop fort et que vous voulez profiter de la climatisation. Certes la partie en verre n'a pas de fonctionnalité toit ouvrant comme sur la VW Eos, mais l'absence de pied milieu fait que vous pouvez ouvrir totalement la face latérale, et le toit resté en place vous protègera du soleil, ou s'occultera en une vingtaine de secondes si vous en avez finalement envie. La manœuvre du toit reste extrêmement simple puisqu’entièrement automatisée : il suffit de pousser le petit bouton à côté du frein à main et d'attendre que la voiture vous signale la fin de la manœuvre de trois bips. Attention cependant à ne pas la réaliser garé dans une place trop étroite : RENAULT a modifié la cinématique de la malle arrière par rapport à la génération précédente, et alors qu'avant seule la partie supérieure de la malle s'ouvrait, c'est toute la porte de coffre qui maintenant recule et bascule. Cette manœuvre ne peut cependant être réalisée que rigoureusement à l'arrêt, là où d'autres modèles permettent une vitesse modérée. Une fois découvert c'est enfin un vrai plaisir, d'autant que le haut de pare-brise a été avancé au maximum, réduisant l'effet de "casquette" et les risques de se cogner en entrant dans la voiture. La contrepartie apparait lorsque la vitesse augmente, car les ceintures commençant alors à claquer dans le vent. Pas de surprise non plus en ce qui concerne la place aux jambes pour les passagers arrière : elle reste extrêmement limitée.

On regrette cependant quelques fautes de goût, heureusement rares, à l'intérieur de l'habitacle comme par exemple le cache recouvrant la prise d'allume-cigare. De plus, pour les personnes faisant 1,80 mètre et plus la gâche de coffre s'avèrera particulièrement cruelle pour le sommet du crâne, l'angle d’ouverture restant trop limité. Puisque nous parlons du coffre, celui-ci reste relativement petit sur ce type de véhicule, surtout toit replié et si vous avez pris l'option roue de secours il ne reste alors que 211 petits litres. Celle-ci n'est cependant pas à négliger à l'heure du choix, comme nous avons pu en faire l'amère expérience suite à la rencontre d'un sournois et aiguisé bord de trottoir dans une zone de travaux. Une telle mésaventure vous laisse au bord de la route avec une simple bombe anti-crevaison…

Cheveux au vent

Bien installé derrière le volant, aucun dépaysement n'est à attendre par rapport à la berline : on est bien à bord d'une Mégane. En roulant toit fermé la rigidité en torsion, sensible lorsqu'une inégalité de chaussée apparait, reste acceptable. Sans le toit et vitres ouvertes cependant apparait une des faiblesses de cette voiture, car outre son poids conséquent elle a tendance à se dandiner un petit peu, ceci étant alors perceptible aux vibrations latérales du rétroviseur. Il n'y a ici rien de véritablement gênant ni pour le confort ni pour la sécurité, la tenue de route restant de bon niveau aux allures de cabriolet : c'est-à-dire en ballade tranquille.

Le petit 1,2 litre TCe de 130 chevaux fait ce qu'il peut pour mouvoir la tonne et demi de la voiture, mais force est de constater qu'il reste relativement creux en bas du compte-tours. Heureusement il montre une certaine hargne en montant en régime, d'autant plus que sur les versions disponibles depuis le milieu d'année une fonction "overboost" est disponible pour dynamiser l'ensemble en passant temporairement, grâce à une modification de la loi de suralimentation, le couple maximum de 205 à 225 N.m. Autant dire qu'un petit temps d'adaptation sera nécessaire pour judicieusement adapter le rapport engagé à la situation de conduite pour toujours profiter de relances franches, au détriment parfois de la consommation. On ne peut que regretter alors que cette Mégane CC soit la seule de la gamme à ne pas proposer la boîte de vitesses à double-embrayage "Efficient Dual Clutch" sur cette motorisation essence car sa rapidité de changement de rapport améliorerait le dynamisme global.

Sur le plan du confort toit fermé, l'insonorisation est appréciable à notre sens au niveau de celle de la berline. En configuration décapotée, le moteur essence sait se faire discret, mais en forçant l'allure les bruits d'air deviennent vite envahissants, surtout sur autoroute. Autant préférer alors des belles nationales ensoleillées, et en profiter pour admirer le paysage.

Au final cette finition GT-Line peut paraitre quelque peu déplacée par rapport au dynamisme réel de cette auto. Il n'en reste pas moins que poussé dans les tours ce moteur TCe 130 a un tout autre visage, et qu'avec son restylage réussi et ce joli plumage, la Mégane coupé-cabriolet reste une bonne prétendante pour qui cherche un cabriolet à toit rigide et un bon niveau de confort. Il est juste dommage qu'elle fasse payer cher sa ligne agréable et qu'elle ne puisse être pour le moment dotée d'une boîte EDC.

Frederic JOUSSET

2014-07-23